Un Instant, Marcel Proust, Théâtre Gérard Philippe


Un Instant
D’après A la recherche du temps perdu de Marcel Proust
Adaptation Jean Bellorini, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot
Mise en scène, scénographie et lumière Jean Bellorini
Avec Hélène Patarot et Camille de la Guillonnière
Musicien Jérémy Péret
Jusqu’au 9 décembre au Théâtre Gérard Philippe – centre dramatique national de Saint-Denis
Du lundi au samedi à 20h, le dimanche à 15h30, relâche le mardi
Durée 1h45 – salle Roger Blin
Le décor est grandiose, photographique. La scène est recouverte de rangées de chaises souvent empilées les unes sur les autres qui, dans le fond, forment des pyramides suspendues dans les airs. Sur le côté droit, uniquement accessible par une échelle de bois, une pièce aux murs de liège punaisés de papier ressort à 3 mètres du sol comme une capsule intime et futuriste. Les comédiens y grimpent comme pour remonter à la surface de leurs souvenirs et retrouver une mémoire si lointaine. Ils sont deux, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot. Par leur jeu admirable et leur complicité rare, ils interprètent non seulement Proust lui-même, mais également des passages choisis de A la recherche du temps perdu et, plus largement, le thème de la mémoire, embarquant au passage un peu de celle d’Hélène Patarot. L’accompagnement musical, notamment live avec Jérémy Péret présent en bord de scène, est délicat et discret.
Jean Bellorini, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot ont choisi d’adapter A la recherche du temps perdu d'une manière libre mais sélective puisqu’ils se sont focalisés sur l’aspect mémoriel et cathartique de l’oeuvre. En entretissant des épisodes Proustiens finement choisis avec les propres souvenirs d’enfance - plus exotiques - d’Hélène Patarot incarnant une personne âgée souffrant de perte de la mémoire, le trio réalise une adaptation originale et étonnante, sublimant en même temps la lettre de Proust et l'acte de se souvenir, sa puissance émotive, mélancolique et universelle. Dommage que le résultat souffre de longueurs et qu’il soit trop peu usé d’humour alors que les quelques scènes qui en comportent sont exquises. Plus de fantaisie dans la mise en scène, plus de variations de ryhtme, plus de jeux de lumières ou d’audace dans les intervalles musicaux, donnerait au spectateur le temps nécessaire de la respiration et du recul pour pleinement savourer une oeuvre aussi dense.
Certes, Proust est dévoilé sous un angle plus intime et émouvant que celui de dandy auquel on le résume malheureusement si souvent et ce, dans une adaptation libre et originale qui fonctionne, mais on ne savoure pas son écriture autant qu’on l’aurait aimé.
Jusqu’au 9 décembre 2018
au Théâtre Gérard Philippe – centre dramatique national de Saint-Denis
Du lundi au samedi à 20h, le dimanche à 15h30, relâche le mardi
Durée 1h45 – salle Roger Blin
D’après A la recherche du temps perdu de Marcel Proust
Adaptation Jean Bellorini, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot
Mise en scène, scénographie et lumière Jean Bellorini
Avec Hélène Patarot et Camille de la Guillonnière
Musicien Jérémy Péret
L’Avant-dernier des Hommes, Valère Novarina, Lavoir Moderne Parisien

Une soirée en deux mouvements et milliers de mots :
1. Lecture d’Une langue inconnue par l’auteur, sa voix et celle du violon de Mathias Levy, pas un dialogue, un chœur un chant deux langues.
Novarina il élève le cahier chargé de son écriture jusqu’à nous, il projette sa voix vers nous, une voix biographique, l’origine d’un langage, l’énumération d’une vie qui commence avec la naissance de la mère et la naissance du fils et la chanson hongroise, lieu des premières émotions linguistiques et acoustiques, terre du départ.
D’où s’énoncent et s’enroulent les histoires de langue, maternelle donc, et aussi les langues étrangères déportées exterminées dérivées nourricières manquantes traçantes aventureuses enracinées, toutes les langues qui bruissent autour de l’homme qui tend l’oreille. Elles écrivent la fiction de l’enfant Novarina sa feuille toujours tendue vers nous il nous donne sa voix à voir à boire à mâcher à écouter, sa langue d’animal, « la bête respiratoire saisie dans la cage de la scène », le violon comme un animal pris au piège couine et stridule, s’échappe et se déploie, l’éventail sonore ouvre une cartographie de la langue où les frontières se chevauchent, où les verbes se multiplient, une langue paysage, une langue du paysage patois, une langue dé-policée qui marche absorbe, les paysages se modifient à chaque pas à chaque génération.
Le personnage c’est la langue, Novarina c’est la langue.
La richesse des mots sonnants et trébuchants.
Le mouvement de la parole sa course sa lenteur.
Sa résistance face à l’écriture numérique sa norme.
Choisissez : tête baissée sur l’écran ou tête relevée de l’air plein les naseaux galoper et chanter une chanson hongroise.
Dans cette allégresse voici le solo du violon cette langue qui monte et qui descend, danse et gémit, frotte et cisaille, unifie.
Cette langue du geste et du corps.
2. Puis s’approche L’Avant-dernier des Hommes c’est Claude Merlin l’avant-dernier c’est lui entre les murs marqués d’histoires du Lavoir Moderne, les murs éclairés comme des peintures, l’avant-dernier des hommes s’approche avec sa lampe de poche qui éclaire les premiers mots, spéléologue il entre dans la caverne de la scène déverse son sac sur la table son sac de fragments, son sac d’objets son sac de mots il déverse la langue sur la table ça tombe ça s’empile ça remplit ça fait du bruit ça démarre.
Le vertige de l’homme l’animal la langue la pierre tout se percute se répercute jusqu’aux murs et retour dans la bouche et les oreilles
Les objets ont des oreilles si l’homme à une bouche tout communique
Le sujet les objets leur nom quel casse-tête quelle puissance le mot sa déferlante ses paradoxes ses inventions
La parole en forme
de corps
de cadavre
d’avant-dernier
de premier
de mien
de tien
le lieu du corps ses trépidations ses phrases
celles qui coulent se taisent
de la bouche aux pieds à la table
La langue son bruit, la langue de l’objet qui roule traverse la scène à sa suite le corps traverse la scène en parlant ils traversent nos vies, les voix les histoires avec des conjugaisons des périphéries elles traversent nos ouïes
Nous traversons
une forêt de langues de paroles de sens
sortir du langage y revenir s’y cacher s’y blottir s’y retrouver
la parole dans son instant -le son- dans son immortalité - le sens-
le sens premier les sens cachés
Se réunir sans cesse se réunir, lutter contre l’éclatement le morcellement la perte du sens
Pourquoi ‘sang’ se dit ‘sang’ s’écrit ‘sang’ ?
L’éclatement du corps de la pensée sous l’afflux des mots si nous étions objet quelle stabilité
Tandis que les trinités de mots en déroute, il y a une histoire derrière tout ça, une histoire de famille, d’accident, d’objets, une vie par les objets leur nom.
Des mots.
Lorsque le dernier mot s’éteint le public applaudit le fabuleux comédien secoué de mots s’incline devant les objets acteurs remplis de mots ils saluent, tous et un par un, sous les applaudissements.
L’Avant-dernier des Hommes
Avec Claude Merlin
Mise en scène Claude Buchvald
Lumière Yves Collet
du 21 novembre au 1er décembre 20118à 20h30
Précédé de lectures de Valère Novarina et de Mathias Levy au violon les 21 et 28 novembre
LAVOIR MODERNE PARISIEN
35, rue Léon Paris XVIIIème
Tripote-moi 10 fois le Brexit avec les doigts


Oh my God, Oh my queen, the british population de l’autre côté de la Manche nous l’ont joué anti-Europe il y a deux ans et ont voté assez massivement pour le Brexit, comprenez un “bye bye yourope”, terme/jeu de mot avouons-le que le français le roumain l’espagnol l’italien le danois moyen, comprend moyennement.
Surtout le Roumain d’ailleurs et c’est pas pour dire du mal, hein, ah si ! j’ai discuté Brexit avec un Roumain pas plus tard qu’hier à la station Porte-Maillot alors qu’il lorgnait sur mon Iphone, bah impossible de comprendre les arguments du men.
Bref, sur le Brexit, les mois passent et le truc là maintenant s’éternise s’embourbe pue un peu beaucoup pour eux, dans le cadre des négos entre britishs d’un côté et membres représentatifs des autres européens de l’autre.
Il n’empêche, vu de notre fenêtre, nous braves vulgum pecus, si des millions de gens, aussi anglais soient-ils, a priori évolués (du moins sur la moyenne), décident de faire une connerie tous ensemble quitte à mettre à mal un avenir commun, mais qui sait aujourd’hui, comment les empêcher. Un peu comme un groupe de potes qui, une fois bien chargés à la vodka pomme vers 1h du mat’ le samedi en rase campagne, décident tous autant bourrés qu’ils sont de prendre la bagnole pour aller en boîte à 100km de leur lieu de beuverie originelle, ça fini rarement bien. Mais encore une fois, rien n’est écrit ! Et ils sont grands, alors ils assument ! Si et seulement si, ils ne percutent pas une brave famille croisée sauvagement lors de l’endormissement du conducteur bourré, et que lors du procès ledit conducteur hurle à l’injustice et clame un « c’est pas de ma faute c’était mes potes », auquel cas, du coup, là, bah t’es plus d’accord.
Alors gageons d’être un peu moins con que la moyenne et tentons d’analyser, pour eux, les dix conséquences possibles de ce comique out à l’anglaise, mieux, soyons comique out nous aussi !
1. Brexit Fossey et Brexit Lahaie vont de fait perdre leur passeport européen.
2. La famille de Freddy Mercury, revenu lui aussi à la mode avec son film aussi bien que la série Queen Peaks paraît-il, annonce l’arrêt de la diffusion du titre “I want to brexit” sur les radios européennes…
3. Sir Rocco King Siffredi, en plein tournage de « Viens dans le Sussex voir mon Bukkake in Glam Salace », a réécrit les dialogues pour y intégrer la phrase désormais culte « Tripote-moi le Brexit avec les doigts ».
4. Les moustiques bretons seront désormais appelés « Breizh bzittt » et seront dressés à piquer, le mois de juillet venu, toutes les peaux de rouquins rosbifs en villégiature près de Roscoff.
5. Theresa May va demander l’asile politique au Paraguay, se teindre en brune, se fera pousser la moustache, mettra des pantalons qui brillent, et demandera à se faire appeler Fréda Maycurry.
6. Paul Mc Cartney a décidé de reformer un groupe de quatre de mecs mal peignés avec des chansons guimauve qui s’appellera Les Brexittles dont le 1er premier album s’intitulera « Euro submarine ».
7. Toutes les grands-mères de France auront interdiction de convoquer leurs petits-fils pour venir « écosser les petit-pois » mais devront désormais leur demander de « brexiter les petit-pois ».
8. Un concert hommage à France Gall aura lieu près de la Tamise avec en ouverture la fameuse chanson « Brexit, mooontttreeee que tu brexxxiiitttttt !!! »
9. Les migrants qui arriveront à traverser les steppes syriennes, puis la méditerranée, puis la frontière grecque, puis la frontière moldave, puis la frontière albanaise, puis la frontière autrichienne, puis la frontière française, qui auront résisté à la chaleur, aux tempêtes, au froid, à la jungle de Calais, auront le droit de traverser La Manche à la nage avec 0 Euro et 0 Livre pour prendre un nouveau départ. Si c’est pas cool ça !
10. Brexit Fontaine et Brexit Bardot seront dans le même cas que Brexit Fossey et Brexit Lahaie, voir point N°1.
Allez, j’vous brexit bien fort là où vous voulez,
Ces garcons là

Quand tu penses à Bashung ou à Talking Heads, tu as le droit de te demander si tu n'es pas en face de petits génies!?
Puisque Radio Elvis avait réussi un premier album, tricoté avec soin et un talent pop proche de la perfection. On pouvait croire que c'était le coup d'essai et le coup de maître. Le succès est passé par là et on avait le droit de s'inquiéter pour le trio. La barre était bien haute.
Heureusement, le temps a fait son effet. L'expérience a été digéré. Le second disque de Radio Elvis est encore une belle expérience musicale. Les garcons ne sont plus des innocentes graines de star. Ce sont des musiciens, à l'aise dans leur époque et conscient de ce qu'il s'est passé avant. Ils acceptent le rôle d'héritiers mais pas seulement!
Ils parlent de leurs contemporains, du Monde actuel mais le font avec la poésie des deux géants cités au début de ce papier. La musique est subtile, entrainante et sert avant tout un propos, des textes travaillés, entiers et fascinants. Il y a une espèce d'urgence dans les paroles. Et la voix de Pierre Guénard! Que dire? Avec le grand corbeau de Feu Chatterton!, Radio Elvis a une voix romantique... ou romanesque. En tout cas, elle enroule tellement bien les phrases directes!
On est donc entre les eaux de la chanson française et les bourrasques plus rock'n'roll. Ces garcons là sont en train de se faire une place. Ils devraient être essentiels dans les années à venir.
Pias - 2018
Millenium: ce qui ne me tue pas

Si tu aimes les courses en volvo, les geeks devant leurs écrans, le sosie de Thomas Dutronc et les brumes suédoises, ce nouveau chapitre cinématographique de Millenium est pour toi!
La bonne idée de ce film c'est le réalisateur! Fede Alvarez. Un petit génie virtuose à qui l'on doit le remake très premier degré d'Evil Dead et le redoutable Don't Breath. Spécialiste de l'horreur, il semble assez judicieux de de le mettre derrière la caméra de Millénium.
Après une trilogie locale et un excellent premier film avec Rooney Mara et Daniel Craig, signé David Fincher, le studio Sony n'a pas su gérer les épisodes suivants et saute donc deux volets pour arriver au quatrième tome, écrit par un autre que Stieg Laarson, disparu il y a bien longtemps. Mais le filon est entretenu. Et Sony veut rentabiliser ses droits.
Donc on se concentre désormais sur Lisbeth Salander, punkette et hackeuse, rebelle et justicière. Elle a plein de démons intérieurs, et surtout elle veut venir en aide aux désespérés. Un ingénieur pense avoir mis en place un logiciel hautement dangereux et veut que la jeune femme le vole. Rien de plus facile! Sauf qu'elle a désormais des hommes patibulaires et violents à ses trousses...
Claire Foy reprend le rôle de la jeune femme un peu tordue. Elle se débrouille bien. Tout comme Fede Alvarez qui fait virevolter sa caméra entre les paysages froids de la Suède.
Mais le problème tient d'un scénario basique qui empêche les personnages d'exister, sacrifiés pour un polar d'action jamais très convaincant, sans grande profondeur. Les rebondisssements sont maladroits. Le style graphique fascine mais ne peut sauver un thriller bigger than life, jusqu'au ridicule.
Donc le célébre journaliste Mikael Blomkvist est réduit à un faire valoir qui a la tronche de Thomas Dutronc. Alvarez doit assurer l'efficacité du récit avec des moments génants comme la poursuite en volvo, assez risible et une vie de hackeurs qui sombre dans les clichés. Très rarement, l'impressionnante Lisbeth... est impressionnante.
Trop froid, ce film n'est pas plus fort que les autres. Bien au contraire.
Avec Claire Foy, Sverrir Gudnason, Sylvia Hoeks et Lakeith Stanfield - sony - 14 novembre 2018 - 1h50
Le Grand Bain

UNE BANDE DE 6 GARS PAUMÉS, DÉPASSÉS DANS LEUR QUOTIDIEN ET QUI N’ONT DE TOUTE ÉVIDENCE RIEN A FAIRE ENSEMBLE! ILS CHERCHENT UNE ÉCHAPPATOIRE EVIDENTE A LEUR TRAIN TRAIN BIEN POURRAVE (MAIS QUI RESSEMBLE A CELLE DE MONSIEUR TOUT LE MONDE) ET VONT SE RETROUVER AUTOUR D’UNE PISCINE POUR DE LA NAGE SYNCHRONISÉE MASCULINE.
SUR LE PAPIER CA PEUT FAIRE RIRE, LA METHAPHORE DE GARS A NU DANS LE BAIN EST BIEN TROUVÉE MAIS SUR L’ECRAN C’EST LOIN D’ÊTRE LE CAS. JE CHERCHE ENCORE LA DÉFINITION DANS LE TERME COMÉDIE (PAS COMPRIS LES SPECTATEURS S’ESCLAFFANT, FAUDRA M’EXPLIQUER!) .
LES ACTEURS SONT DES POTES COMME ON PEUT RÉGULIÈREMENT LES TROUVER DANS LES FILMS DE CANET, C’EST D’AILLEURS A PEU D’ACTEURS PRÊTS, LA MÊME BANDE FIDELE. ON COMPREND BIEN CE QU’A VOULU FAIRE GILLES LELLOUCHE (QUE J’APPRÉCIE BEAUCOUP EN TEMPS NORMAL) POUR SON SECOND FILM EN TANT QUE RÉALISATEUR.
MAIS AU DELÀ D’UN FILM DE « FAMILLE”, LES DIALOGUES SONT INSIPIDES, LES ACTEURS SONT TRÈS MOYEN ET PORTÉS AUX MAXIMUM DE LEUR CARICATURE DE MÂLE EN BESOIN DE RECONNAISSANCE ET BESOIN DE VIVRE TOUT COURT.
GUILLAUME CANET FAIT DU CANET, LE MEC EXCESSIF QUI SE VEUT PLUS IMPORTANT QU’IL N’EST. VIRGINIE EFFIRA, L’ENTRAÎNEUSE ET PRESQUE SEULE FIGURE FÉMININE, EST ININTÉRESSANTE AU POSSIBLE. MARINA FOIS (QUI SE RÉVÈLE A 10’ DE LA FIN, ON A FAILLI ATTENDRE DIS DONC, J’AI EU PRESQUE PEUR QU’ELLE JOUE MAL TOUT LE FILM!) EN COUPLE AVEC MATHIEU AMALRIC DEPRESSIF COMME DANS TOUT SES RÔLES, ON Y CROIT PAS UNE SECONDE.
PHILIPPE KATERINE, JOUE L’ÉCERVELÉ PERDU DANS L’ESPACE TEMPS. ET POELVOORDE EST PEUT ETRE EN DESSOUS DE L’EXCESSIVITE HABITUELLE... QUOIQUE. ON PASSE D’UNE VIE A L’AUTRE SANS GRANDE CONVICTION. ON A BIEN DU MAL A S’INTERESSER A LEUR PROBLÈME ET C’EST LA TOUT L’ECHEC DU FILM.
JE NE VOUS PARLE MÊME PAS DE LA BANDE SON, MIELLEUSE A SOUHAIT, QUI SE VEUT EN MODE FEEL GOOD MOVIE. EN FAIT TOUT EST TÉLÉGUIDÉ. AUCUNE ORIGINALITÉ. LA PHRASE DE L’ENTRAÎNEUSE “ON A TOUS BESOIN D’UNE MÉDAILLE” RESUME COMPLÈTEMENT LE FILM. OU COMMENT DONNER PLUS D’IMPORTANCE A CE FILM BIEN FRANCHOUILLARD COMME ON SAIT SI BIEN FAIRE.
DANS SA SIMPLICITÉ, LA BANDE DE LOOSERS CA SE RÉVÉLE BLABLABLA. PLUS BANAL, Y A PAS. LA SEULE BONNE CHOSE DU FILM C’EST LEILA BEKHTI, MAIS HEUREUSEMENT QU’ELLE EST LA MAIS ARRIVE TROP TARD (AU BOUT D’UNE HEURE), QUAND LE FILM COMMENCE ENFIN A ÊTRE DRÔLE (C’EST PAS NON PLUS L’EXTASE HEIN !) JE ME SUIS BIEN FAIT CHIER DU DÉBUT A LA FIN.
ET MALGRÉ QUELQUES SOURIRES, JE ME VOIS OBLIGÉE DE DIRE QUE CE FILM PREND L’EAU MALGRÉ TOUTE L’ENVIE D’EN FAIRE UN GRAND FILM TOUCHANT, ET SINCÈRE SUR L’ESTIME DE SOI. CE N’EST PAS UN GRAND BAIN MAIS UN GRAND PLOUF. TOUCHÉ, COULÉ.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Mathieu Almaric, Benoit Poelvoorde, Virginie Efira et Felix Moati - Studiocanal - 24 octobre 2018 - 1h40
En Liberté

HA LE PIED ! QUE CA FAIT DU BIEN CETTE COMÉDIE FRANÇAISE. OUI JE PRECISE FRANÇAISE PAR CE QUE C’EST TELLEMENT RARE QUAND C’EST FAIT AVEC CE NIVEAU D’EXCELLENCE, QU’IL EST TOUJOURS BON DE LE RAPPELER.
CELA NOUS PROUVE ENCORE QUE L’ON PEUT FAIRE DES FILMS COMME CELUI-CI. C’EST COMPLÈTEMENT DÉCALÉE ET LOUFOQUE VOIR BURLESQUE PAR MOMENT. JE NE CONNAIS PAS DU TOUT LE TRAVAIL DE PIERRE SALVADORI MAIS JE VAIS M’EMPRESSER DE RATTRAPER CE FAUX PAS.
IL Y A BEAUCOUP DE DUPONTEL (UNE AUTRE TRÈS BONNE RÉFÉRENCE) DANS CE POLAR AUX ALLURES RETRO. C’EST ADMIRABLEMENT BIEN ÉCRIT. LES DIALOGUES SONT A MOURIR DE RIRES ET BIEN DOSÉS DANS LEUR DEGRÉ DE NEVROSE.
JE VOUS RAPPELLE LE PITCH, YVONNE EST LIEUTENANT DE POLICE ET SE REND COMPTE QUE FEU SON MARI N’ETAIT PAS L’HOMME QU’ELLE CROYAIT ET QUE PAR SA FAUTE UN HOMME A PASSÉ 8 ANS DERRIÈRE LES BARREAUX.
QUAND CELUI CI SORT ENFIN DE PRISON, ELLE SOUHAITE PLUS QUE TOUT SE FAIRE PARDONNER POUR CETTE ERREUR. C’EST DONC SUR CETTE DÉCOUVERTE QUE DÉCOULE 2H DE QUIPROQUOS, DE SITUATIONS INTENSÉMENT ABSURDES.
LES ACTEURS SONT FORMIDABLES, ADELE HAENEL QUE JE NE CONNAISSAIS PAS NON PLUS EST JUSTE GÉNIALE ET LES AUTRES NE SONT PAS EN RESTE. JE NE SAIS QUE DIRE DE PLUS, J’AI KIFFÉ COMME RAREMENT SUR CE GENRE DE GENRE!!!
C’EST DRÔLE, FIN ET POÉTIQUE. CA RACONTE UNE HISTOIRE QUI SEMBLE TRÈS AUTHENTIQUE ET QUI PREND AU COEUR LES PERSONNAGES DE CETTE FICTION RÉELLE ET NOUS AUSSI DU COUP. C’EST TOUCHANT ET TELLEMENT DRÔLE, FIN ET TRAVAILLÉ. LA MISE EN SCÈNE EST PARFAITEMENT ADAPTÉE. IL Y A DU RYTHME, ET DE LA RETENUE. DE LA PREMIÈRE MINUTE A LA DERNIÈRE, ON NE PEUT QUE SOURIRE ET RIRE DE BON COEUR.
CA COMMENCE DIRECT ET CA DOIT SUREMENT PASSER OU CASSER TOUT DE SUITE. SI L’INTRO NE PLAIT PAS ALORS LE RESTE DU FILM NE PLAIRA PAS NON PLUS C’EST SUR. UN FILM JUBILATOIRE SANS FAUSSE NOTE QUI REHAUSSE D’UN CRAN TRÈS CERTAIN L’AVENIR DU CINÉMA FRANÇAIS . ET QUAND ON VOIT LES NOTES DE SPECTATEURS (2/5) ON NE PEUT QUE SOURIRE FACE A SES IGNORANTS DU TRES BON CINOCHE COMME A L’ÉPOQUE. SI VOUS PREFEREZ REGARDER CAMPING 5 (ATTENTION JE NE DENIGRE PAS JE COMPARE JUSTE, J’AI COMME BEAUCOUP VU LE 1!;) GRAND BIEN VOUS FASSE MAIS SI VOUS ÊTES AUSSI CURIEUX DE VOIR DU GRAND CINEMA LIMITE D’AUTEUR, NE VOUS PRIVEZ PAS DE CETTE PETITE BOMBE, EXPLOSIVE.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Adèle Haenel, Pio Marmaï, Vincent Elbaz et Damien Bonnard - memento - 31 octobre 2018 - 1h40
Navegador

Quand il commence à faire moche. Quand la pluie froide fait tomber les feuilles mortes. Quand les vacances de la Toussaint sont passées... au coin du feu, rien ne vaut l'écoute d'un disque bien chaud et mélodique. Un plaid grosse maille et musical!
C'est l'effet que fait en tout cas, le second disque de Tonio Thulo qui se cache derrier le nom de Cubalibregrupo. Il y a de la chaleur, de la qualité et des idées! Ce drole de punk, de la génération des Thomas Fersen ou des Manu Chao, s'est retrouvé dans la musique latine. La salsa de Cuba fut un choc dont il s'est jamais remis, visiblement.
Le Français se prend donc pour un pirate des Caraïbes. Il réalise son rêve. Après un premier album déroutant et décomplexé, la formule est désormais connue et fonctionne parfaitement: de la musique cubaine en version française. Cela surprend mais cela plait car on entend surtout un musicien se réaliser.
Les chansons sont généreuses et remplies de toutes les amitiés de Tonio. Ce dernier a invité tous ses amis cubains. Il a créé un lien que l'on écoute avec presque de la jalousie. Cela se fait en toute simplicité, sur des rythmes chaloupées, que l'on connait mais surtout que l'on apprécie.
Les cuivres jouent sur la jovialité. Le tempo fait transpirer. Les paroles amusent et s'adaptent aux influences africaines ou sud américaines. On se réchauffe auprès de cet album. Ca fait du bien!
Mayerling

La dernière sortie en solitaire, Xavier Plumas nous invitaint dans un coloré Cabinet Vaudou. Cette fois ci, il nous promène dans un atelier d'artistes. L'art de l'esquisse...
Xavier Plumas est un héros très discret de la musique française. Avec son groupe Tue loup, il fait des choix radicaux et souvent justes. Il touche à tout et on le retrouve sur d'autres projets. En solo, il se livre un peu plus et fait preuve d'une délicatesse que l'on pourrait comparer à celle d'un peintre.
C'est ce que pourrait rappeler la pochette de son troisième effort en solo. Un patchwork de coups de pinceaux. Suggestifs. Bariolés. Vifs. Ses chansons sont un peu comme cela. Elles sont le travail réel de l'artiste. Pas de bidouillage. L'instrument et l'inspiration seront les seuls armes pour offrir une image du Monde et des émotions à l'auditeur!
Il réussit cela très bien. Le chant se fait avec les contours d'une musique assez introspective. Les instruments semblent à l'affut du moindre vague à l'âme. Les mots ont leur importance et leur poésie. Xavier Plumas fignole avec une grâce des titres vibrants. Les sentiments sont crayonnés sur des accords toujours bien choisis et des refrains qui n'en font pas des tonnes.
C'est ce sens de l'évocation qui fait de l'art de Xavier Plumas, un moment simple et important. Ce type est précieux. Ses chansons, si proches de nous.
La lezarde l'autre distribution - 2018
Here if you listen

Mais qu'est ce qui fait courir David Crosby?
Il est l'un des figures discrètes mais imposantes de la musique folk. C'est dans le collectif qu'on le respecte. Avec Stephen Stills et Graham Nash. Les trois chevelus font de la résistance en ce moment. Ils multiplient les projets. Mais Crosby est celui qui semble vouloir rivaliser avec la productivité quasi hystérique du vieux complice solitaire, Neil Young.
Quatre albums depuis 2014. L'inspiration a repris le dessus sur ce roi fainéant. Les réunions d'anciens combattants ne lui suffisent plus. Il tourne à travers la planète et sort des disques qui ne sentent pas la vulgaire redite. Comme Young, il n'est pas du genre à recycler.
La course de fond impressionne. Le Californien sort donc Here if you listen qui rassemble une fois de plus de belles chansons pleines de coeur, d'espoir et d'activisme doux. Il s'est associé à quelques jeunes: Becca Stevens, Michael League et Michelle Willis. Le membre de CSN sait que l'union fait la force.
Ensemble, ils font de jolies compositions qui ondulent de vibrations et d'harmonies vocales, grosse spécialité de David Crosby. Le style est sage mais aussi sympathique qu'une réunion autour d'un ancien professeur qui n'a pas fini d'enseigner ses leçons d'humanité et de joie.
On se sent bien dans cet album. Les températures baissent mais lui fait l'effet d'un feu qui réchauffe. C'est du scoutisme folk. Ca a son charme, c'est certain!
Bmg - 2018



