Les rayons et les ombres, Xavier Giannoli, Gaumont


De la décadence. Des utopies. Des réalités. Le cinéma de Xavier Giannoli tourne autour de quelques thèmes. Qu’est ce que c’est passionnant !
Pourtant le nouveau film de Xavier Giannoli a tout du truc boursouflé, l’envie de trop d’un réalisateur français qui sait se promener dans la culture française. Car il a ses obsessions. Précieuses et universelles. Dans tous les genres, il marque son empreinte. Pas toujours avec classe mais avec un vrai savoir-faire. On est toujours entre la démonstration et la passion.
Les rayons et les ombres est la suite logique des Illusions Perdues. C’est un calque, à l’époque sombre de la collaboration. Mais c’est toujours la même intrigue : un individu, présomptueux, qui se perd dans la réalité d’un monde qui le dépasse. C’était le sujet de tous les autres films de Giannoli. Ici, il s’agit de Jean Luchaire, journaliste qui rêve d’une paix avec l’Allemagne.
On a le droit d'apprécier davantage un film comme A l’Origine, car il exprime le réel et l’époque. Néanmoins Les Rayons et les ombres est une œuvre habile qui se veut le reflet de notre époque. On a beau être en 1940, les situations ont de lourdes similitudes avec aujourd’hui.
Il y est question de maladie infectieuse envahissante, d’extrême droite qui progresse, d’intellectuels corrompus et de guerres idiotes. Ça ne vous rappelle rien? Giannoli prend plus de trois heures pour vous faire entendre les répétitions éternelles d’une Histoire qui en devient pathétique.
En même temps, il rend ce temps foisonnant. Comme tous ses autres films, il en fait une fresque qui frétille autour de la morale et de l’éthique. Il y a les références mais, surtout, il y a chez ce type là une gourmandise de cinéma populaire.
Là encore, il y a quelques intellectuels qui vont s’étouffer avec ce long film historique, en pleurant le manque d’énergie contemporaine. Il y a dans toute cette démarche, une envie de cinéma. Les images sont belles. Les personnages sont simplement atroces et pathétiques. Mais la reconstitution est impressionnante.
Il y a de l’emphase dans la description du petit monde parisien et de l’ampleur dans les caractérisations des personnages. Jean Dujardin est évidemment très bon car c’est un expressionniste : le visage tendu et l’émotion dans tout son corps. Oui, il est excellent quand il doit être un père attentif et un collabo fatigué dans la même scène. Il passe d’un progressiste à une ordure en quelques scènes mais on devine l’humain constamment. Troublant.
Donc gênant dans une époque où il faut que tout soit clean et propre. Dans les années 40, nous sommes effectivement dans les zones grises de l’humanité et de la bienpensance. On déteste ce que l’on voit mais le film s’obstine à nous renvoyer à nous-mêmes et ce qui nous entoure.
C’était déjà le but du très réussi Les Illusions Perdues. Le style est élégant mais ce qui est montré est monstrueux. Giannoli aime nous mettre mal à l’aise mais avec le respect des conventions et un certain bon goût cinématographique.
Ça ne peut pas plaire à tout le monde mais bon, une œuvre fleuve qui nous montre comment un idéaliste admirable peut devenir le pire des enfoirés ne peut pas être un film de trois heures confortable et divertissant. Effectivement, les vertus de ce film sont rares : la démonstration et la passion. C’est du cinéma effectivement populaire. Abordable. Miroir d’aujourd’hui. Un vrai plaisir d’être enfermé longtemps dans une salle obscure.
Au cinéma le 18 mars 2026
avec Jean Dujardin, August Diel, Nastya Goloubeva et Philippe Torreton
Gaumont | 3h15
La femme de, David Roux, Jour2fete


Oui, il faut aller voir le film pour Mélanie Thierry. La comédienne prouve une fois de plus qu’elle est simplement la meilleure actrice en ce moment. Cela dure depuis quelques films et on aime suivre sa silhouette délicate, son regard interrogateur et sa grâce naturelle.
Elle est le magnifique bibelot dans une grande maison bourgeoise de Province. Épouse modèle d’un industriel, Marianne s’est effacée. Elle aime ses enfants avec passion. Elle suit avec ennui un mari emmuré dans ses affaires. Elle trouve comme elle peut sa place dans une famille venimeuse. C’est une femme qui trompe son ennui et son mari. Sans émotion. Elle traverse tout cela comme un fantôme. Mais le caractère commence à se montrer un peu plus féroce lorsqu’elle doit s’occuper d’un insupportable patriarche.
Le verni s’écaille. Les sourires sont forcés. L’éloignement devient évident. Elle a de plus en plus de mal à cacher son besoin de vivre, s’émanciper, respirer. Ce n’est pas un film féministe, non, le film de David Roux est une chronique de l’enfermement.
La bourgeoisie et ses conventions, c’est un genre en soi dans le cinéma français : les apparences trompeuses, les saloperies polies et les mornes existences d’individus prédestinés à s’enorgueillir d’être riches et beaux.
Chabrol en avait fait sa spécialité. Luis Bunuel a réalisé un chef d’œuvre sur le sujet et il faut avouer que David Roux s’en sort pas mal avec cette femme qui se noie dans une famille disloquée, imbuvable et toxique.
Il arrive à ne pas trop tomber dans le sombre manichéisme. Il y a des maladresses. La description automne hiver est un peu trop appuyée. Certains plans sont trop léchés. Quelques passages sont démonstratifs. Mais dans l’ensemble, il trouve toutes les clefs pour nous faire entrer dans cette famille finalement épouvantable.
On retrouve d’ailleurs pour l’occasion les trop rares Eric Caravaca (en mari égoïste) et Jérome Deschamps (en papy connard). Et l’intervention de Jérémie Rénier est une douce respiration mélancolique. Le film est calme mais montre un cauchemar tellement commun. D’ailleurs on peut signaler à ce niveau la solide musique parfaite pour un film d’horreur.
Le casting est particulièrement soigné et c’est un plus pour une partition que l’on connaît déjà mais qui fait plaisir à voir, toujours contemporaine. Évidemment, la comédienne principale y est pour beaucoup. Mélanie Thierry est le charme discret de la bourgeoisie, et de ce film !
Au cinéma le 08 avril 2026
avec Mélanie Thierry, Eric Caravaca, Arnaud Valois et Jérémie Rénier
1h30 - Jour2fete
Trois choix tout en nuance : Wendy Eisenberg, Shabaka, Mitski


Une jolie guitare sèche. Des notes nuancées. Une simplicité que l’on entend plus. Puis une voix. féminine. Courte mais aventureuse. Les phrases sont espiègles. Le ton est léger. Des cordes viennent se coller à la jovialité de la chanson. Comment allez vous aujourd’hui ? Très bien quand quelqu’un vous prend par la main (ou plutôt les oreilles) et vous demande de vous détendre et de voir les choses autrement.
Wendy Eisenberg fait très bien cela avec une économie de moyens. Elle nous charme avec sa première chanson puis la seconde est tout légèrement un peu plus agressive. Il faut dire que la jeune femme en a gros sur le cœur. Elle partage. Il y a beaucoup de nostalgie dans sa voix et sa guitare se veut l’expression du temps qui passe, des vies qui doivent s’improviser et des amours toujours volatiles et douloureux.
C’est une écriture assez romanesque qu’elle nous propose. Les instruments sont utilisés avec une subtilité qui ressemble à une véritable mise en scène. Il y a vraiment quelque chose de théâtral dans cet album à l’humilité très appréciable, comme une confession d’ami de longue date.

On trouve aussi un lien très fort lorsque l’on écoute le dernier album de Shabaka. Ce monsieur joue du saxo et le son nous traverse dès les premières notes de Of the Earth. Le saxo sera notre guide dans une œuvre de jazz, très libre sans être difficile d’accès.
C’est ce que l’on peut reprocher au jazz : être élitiste. Ici, ça sort comme si cela venait de la rue ou de la campagne. Les instruments à vent nous poussent vers la liberté. De ton ! Les compositions sont contemporaines, se diluent dans les genres.
Pourtant dans l’agitation, se devine une invitation à la méditation. La radicalité peut se faire encore une fois dans les nuances. Les flûtes et le saxo sont des compagnons bienveillants qui effectivement nous proposent d’observer les choses sur Terre ou en l’air de façon différente.

Autre instrument à nous transcender: l’accordéon. On l’entend dans le premier titre de l’album Nothing’s about to happen to Me de la chanteuse Mitski. Elle nous chante l’Amérique mais à sa manière. Assez baroque. Totalement surprenant. L’accordéon fait entrer ses amis pour un petit concerto qui va devenir la porte d’entrée sur un album farfelu et terriblement humain.
Voilà une artiste qui ne veut pas se laisser aller à la facilité. On pense même à la Aimee Mann lorsqu’elle faisait des musiques pour les films de Paul Thomas Anderson. C’est un style americana fait de briques et de (b)rock !
L’artiste n’a pas peur de se triturer l’âme, le corps et l’esprit pour sortir des couplets qui ne ressemblent jamais au suivant. C’est un disque polymorphe qui ne veut pas s’arrêter à un standard et surtout dépeint la personnalité de la chanteuse. C’est plus complexe qu’il n’y paraît. Le disque s’échappe. Nous prend par la main. Les œuvres nous surprennent. De la nuance, bordel, de la nuance.
Ça nous fait tellement de bien !
« Leonora Carrington », Musée du Luxembourg

Comme la Brésilienne Tarsila do Amaral (1886-1973), que le musée du Luxembourg a fait redécouvrir aux Parisiens l’année dernière, Leonora Carrington (1917-2011) est une femme artiste du XXe siècle, peu connue en France et pourtant aussi célèbre que Frida Kahlo (1907-1954) au Mexique, où elle a passé l’essentiel de sa vie.
Née en Angleterre en 1917 dans une famille de la grande bourgeoisie, Leonora, après une formation artistique à Londres et à Florence, puis un passage dans le sud de la France en 1937, en Espagne et à New-York pendant la Seconde Guerre mondiale, s’installe durablement au Mexique à partir de 1942. Peintre, sculptrice et écrivaine, elle s’exprimait et écrivait indifféremment en anglais, en français et en espagnol.
Les trois premières sections du parcours sont chronologiques, depuis l’enfance de Leonora jusqu’à son départ pour le Mexique, tandis que les trois suivantes explorent les thèmes complexes de son œuvre, nourrie de traditions ésotériques et spirituelles telles que la mythologie, l’alchimie, l’astrologie, le tarot ou encore le bouddhisme. Le parcours se déploie dans un vaste espace ouvert et lumineux, aux panneaux couverts de couleurs vives – jaunes, rouges et bleus.
Son enfance dans les manoirs familiaux, bercée par les légendes celtiques que lui racontait sa mère d’origine irlandaise et son opposition à un père autoritaire et aux règles des pensionnats anglais, ont forgé son caractère à la fois rêveur et rebelle.
Toute petite, elle invente déjà un monde peuplé d’animaux fantastiques. La richesse de son imagination et sa sensibilité précoce aux mythes féminins est déjà perceptible dans une série d’aquarelles à l’esthétique symboliste, à la fois étranges et raffinées, intitulée Sisters of the Moon ; elle y fait preuve d’une remarquable maîtrise technique en dépit de son jeune âge – quinze ans seulement.

En 1936, elle est impressionnée par l’exposition surréaliste de Londres ; sa rencontre l’année suivante avec Max Ernst, de vingt-six ans son aîné, marque le début de son émancipation à la fois personnelle et artistique. Ils fréquentent alors le cercle d’André Breton et se lient d’amitié avec Roland Penrose et Lee Miller, Paul et Nush Éluard, Man Ray et Ady Fidelin.
L’idylle avec Max Ernst, dont elle se considère comme l’égale et non la muse, dure jusqu’à l’arrestation de ce dernier par les autorités françaises en septembre 1939 ; lors de sa fuite en Espagne en 1940, Leonora est violée par des soldats franquistes et, à la suite d’une crise psychotique, internée à la demande de son père dans une clinique psychiatrique de Santander pendant plusieurs mois.
Quelques objets peints de créatures chimériques provenant de la maison de Saint-Martin d’Ardèche que le couple rénova et décora sont exposés, mais surtout des œuvres témoignant du traumatisme subi par Leonora et de sa rupture avec Ernst. Certains motifs y sont récurrents, en particulier le cheval, symbole de liberté et d’érotisme, devenu cheval à bascule dans le très sombre Garden Bedroom (1941).

La troisième section évoque les premières années de Leonora au Mexique, l’expérience du déracinement mais aussi celle de la fondation d’une famille, avec des œuvres oniriques émouvantes, dont la technique (tempera ou huile sur panneau), le format (prédelles) et le traitement de la perspective révèlent l’influence des Primitifs italiens (XIIIe-XVe siècles). Le panneau intitulé Les Éléments ou Les Émigrants (1946) semble raconter, sur plusieurs registres, la migration d’une foule sur les chemins glacés de l’exil, tandis qu’un personnage drapé de blanc sorti de terre, au premier plan, apporte le feu de la vie.

Les trois sections suivantes explorent les thèmes qui traversent l’œuvre de l’artiste tout au long de sa vie au Mexique (elle y meurt en 2011) : le voyage intérieur vers l’éveil de la conscience, l’initiation aux sciences occultes (alchimie, magie, astrologie, tarot – de très belles cartes sont présentées, en vidéo –, spiritisme…) et les révélations qu’elles promettent, le lien entre alchimie ou sorcellerie, et cuisine.
Ses œuvres se peuplent alors de créatures et de symboles de plus en plus étranges et complexes, nourris de multiples influences imbriquées. Inutile de chercher à les déchiffrer et à leur donner un sens, puisque l’artiste les a délibérément obscurcies, souhaitant qu’elles demeurent mystérieuses et déroutantes pour les non-initiés. Abandonnant la lecture des cartels qui tentent de donner quelques clés de lecture, on peut simplement se laisser imprégner et même ensorceler par la magie et l’antique sagesse qui s’en dégagent.
La toile Las Tentaciones de San Antonio (1945) devait être une version surréaliste du sujet biblique destinée à figurer dans le film américain Bel-Ami (1947), à l’issue d’un concours entre dix artistes. À la différence des monstres marins effrayants représentés par Max Ernst, finaliste du concours, Leonora peint, dans un style à la fois précis et sobre, un paisible paysage inspiré des œuvres de Jérôme Bosch, probablement le désert égyptien, bordé par le Nil ; dominant les petits personnages aux vêtements colorés qui s’activent autour de lui, Saint-Antoine est un ermite frêle mais majestueux, dont les trois visages expriment détachement et sérénité, son fidèle cochon assoupi à ses pieds.

À la fin du parcours, plusieurs scènes de « cuisine alchimique » sont plongées dans un rouge profond et lumineux réellement fascinant. Les personnages fabuleux et inquiétants qui évoluent dans Grandmother Moodhead’s Aromatic Kitchen (1975), notamment l’oie blanche géante, contrastent violemment avec ce fond rougeoyant. Quelques sculptures en bois sont aussi exposées, notamment Bird Woman and her egg, une pièce articulée d’une grande délicatesse réalisée en collaboration avec le sculpteur José Horna. Cette œuvre rappelle encore le profond respect que l’artiste portait au monde animal, qui fut pour elle une infinie source d’inspiration et auquel elle conférait une dignité égale à celle des êtres humains.

jusqu’au 19 juillet 2026
TR 10€ | TP 14€
Musée du Luxembourg, Paris VIème
Projet Dernière chance, Phil Lord, Chris Miller, MGM Sony


L’optimisme comme moteur d’un film ? Vous connaissez le monde cynique dans lequel on vit? Comment un énorme blockbuster peut-il se permettre cela ?
Le film de Phil Lord et Chris Miller est un gros carton. Pourquoi ? Parce qu’il est à contre-courant. La science-fiction est par nature un peu dépressive. Ici, elle rayonne de joie, d’humour et d'intelligence. Il y a quelqu’un à la Maison blanche qui devrait s’étrangler devant les valeurs défendues par Le Projet dernière chance.
Le film est tiré d’un bouquin écrit par le gars qui a imaginé Seul sur Mars. Le jeu des 7 différences est simplement incroyable. Mais ce qu’il en sort, c’est ce mouvement humaniste : l’intelligence est ce qui peut nous sauver. La logique. L’observation. Le partage. Comme le film de Ridley Scott avec Matt Damon, l’essentiel du propos se concentre sur cette fête que peut être la survie mais surtout la raison et la pensée.
Notre nouvel astronaute se réveille dans un vaisseau. Au milieu de nulle part. Les deux autres spationautes sont morts. Il ne se souvient de rien. Il sait plein de choses mais ne comprend pas pourquoi il est au fin fond d’une galaxie, en face d’un soleil qui n’est pas le nôtre.
Les souvenirs reviennent doucement : notre soleil est attaqué par une bactérie. Il va s’éteindre et Grace, parce que c’est son nom, comprend qu’il est le biologiste qui doit sauver la Terre. Panique, il est seul et perdu. Ouf, il va rencontrer un extra terrestre… seul et perdu lui aussi.
C’est naïf. C’est tendre. C’est totalement désarmant. Lord et Miller sont des habitués : Tempêtes de boulettes géantes et sa suite, Lego, 21 JumpStreet, les Spider Man version Miles Morales. A chaque fois, de la culture légère et un traitement beaucoup plus ambigu, fantaisiste et totalement cinématographique.
Projet dernière chance est une œuvre de cinéma : comme dans leurs films précédents, il est question de perspective et de caractérisation. L’infiniment grand. Le tout petit. Le sentiment simple. L’émotion universelle. Le burlesque pourrait même convoquer Charlie Chaplin ou Buster Keaton. Lord et Miller ont le sens de la dérision mais il se fait sans cynisme.
Ryan Gosling est aussi incroyable qu'agaçant. Il se sait de tous les plans mais il est constamment à la limite du cabotinage… D’un autre coté, il joue un type qui ne sait pas ce qu’il doit faire et qui comprend la lourde responsabilité qui lui tombe dessus.
Comme tous les films des deux auteurs, il y en a trop mais cela montre autre chose qu’un ton emphatique : le film s’apparente à un pamphlet. Ils nous rappellent un autre duo de l’humour trash, les frères Farrelly (Mary à tout Prix, Fous d’Irène, Osmosis Jones). Nous sommes aux limites nucléaires de la parodie mais l'œuvre conserve tout un ton philosophique qui dépasse nos petits soucis et nous embarque vers du vrai cinéma. Une réflexion. Une pensée. Un plaisir.
Il est impossible de ne pas être sensible aux images, aux sons, aux décors, à l’alien, à la musique ou les dialogues, hilarants car le film vulgarise cette envie de savoir et de connaissances. C’est peut être le meilleur cours de bio de votre vie.
De toute façon, le film ne ressemble à rien de connu. Il semble même s’improviser. les auteurs nous abandonnent dans une contrée unique en son genre et de la science fiction comme on n’en fait peu. Un projet unique et passionnant !
Au cinéma le 18 Mars 2026
avec Ryan Gosling, Sandra Huller, Ken Yeung et James Ortiz
MGM Sony - 2h36
La guerre des prix, Anthny Dechaux, Diaphana


Le visage d’Ana Girardot est un marqueur précis et passionnant dans le film militant de Anthony Dechaux. Dallas n’est pas un univers impitoyable : c’est le monde des bisounours à côté de la vie commerciale des agriculteurs bien de chez nous, confrontés à la grande distribution.
Audrey travaille dans un supermarché ; elle bosse dur et intéresse sa direction. Elle est pugnace. Elle grimpe les échelons et propose à sa boss de faire travailler son frère sur la production de yaourts. Il a fondé une entreprise florissante avec des agriculteurs indépendants. Il y a donc de la réticence à s’allier à une géant de la distribution.
Le visage d’Ana Girardot peut être doux. Il est surtout dans ce film traversé par une tourmente constante. C’est l’enjeu de ce film qui bien entendu montre la dure réalité du travail des producteurs face des distributeurs intraitables.
La Guerre des Prix pourrait être un film manichéen si il n’y avait pas justement ces personnages hantés par tout le mal qu’on leur demande de faire. Il est une sorte de thriller: c’est de la fiction qui prend en charge la réalité.
Le cinéma devient alors un aiguilleur vers une vérité qui n’est pas forcément bonne à dire ou révéler. Le film n’est pas d’une grande subtilité mais il est politique : il veut raconter une réalité. Ce n’est pas un reportage: c’est un récit. Avec donc Audrey mais aussi son mentor joué par Olivier Gourmet, excellent dans un mutisme sincère. Lui aussi a du mal à cacher sa douleur et sa résignation dans un monde de brutes.
On connaît ce monde mais la description est clinique. Les héros sont fragiles, pris dans un piège commercial qui devient kafkaïen. L’individu se résigne et le cinéaste en fait une tension quasi permanente, ce qui a tendance à nous surprendre.
Ce n’est pas surprenant mais c’est vraiment prenant. Du début jusqu’à la fin. La mise en scène gomme les éléments prévisibles. Les acteurs nous prennent par la main dans ce dramatique jeu du chat et de la souris. C’est un film qui dénonce avec un goût assez exquis et une envie de nous convaincre. Autant de conviction au cinéma, ce n’est pas banal.
Au cinéma le 18 mars 2026
avec Ana Girardot, Julien Frison, Olivier Gourmet et Aurélia Petit
Diaphana - 1h35
« Une journée au XVIIIe siècle, Chronique d’un hôtel particulier », musée des Arts décoratifs (mAd),

Sans vidéo ni technologie futuriste, le musée des Arts décoratifs offre au visiteur une expérience immersive dans un âge d’or de la vie parisienne pour les privilégiés, avant la chute de l’Ancien régime : grâce à une habile mise en scène depuis la rue jusqu’aux multiples pièces d’un hôtel particulier typique, les objets, vêtements et meubles, souvent insolites, racontent la vie quotidienne de ses occupants au XVIIIe siècle.
Pour parfaire l’immersion, des fragrances et des sons différents sont associés à chaque espace : claquement de sabots et odeur de cuir suggèrent une cour pavée, tandis que chants d’oiseaux et parfum de jasmin éveillent l'image d'un jardin, par exemple.
Les hôtels particuliers parisiens, édifiés depuis le Moyen-Âge et jusqu’à la Belle Époque, sont une spécificité bien française. Demeures des aristocrates puis des grands bourgeois, ils étaient intégrés au tissu urbain quand les princes des autres capitales européennes préféraient bâtir des palais entourés de jardins.
À la fin du XVIIe siècle, il ne reste plus de terrains disponibles à l’intérieur des enceintes de Charles V ; pour satisfaire le désir de prestige des classes les plus fortunées, nombreuses à s’être enrichies, les faubourgs à l’ouest de Paris sont peu à peu lotis de prestigieux hôtel particuliers.
Le parcours de l’exposition se compose de deux espaces distincts : une première grande salle situe l’hôtel particulier dans la ville et dans la rue, détaille ses extérieurs (jardin et cour) et sa maisonnée ; puis, à l’emplacement des anciens appartements du palais du Louvre, sept pièces typiques d’un hôtel particulier sont reconstituées, correspondant chacune à un moment de la journée.
Pour la conservation des objets, toutes les baies ont été soigneusement occultées. La grande salle introductive est plongée dans une lumière bleutée, évoquant les premières heures du jour, tandis qu’une douce lumière tamisée rend leur intimité aux pièces de l’hôtel particulier, comme le firent autrefois bougies et chandelles.
La journée commence de bonne heure : à 5h15, le visiteur est dans la rue, où le peuple de Paris s’active déjà, face au majestueux portail d’un hôtel particulier, matérialisé ici par le très beau tympan cintré en chêne sculpté d’une porte cochère. Elle s'achève à 23h15 dans le salon de compagnie et le petit salon où Madame et Monsieur, avec quelques convives, s'adonnent aux plaisirs de la musique, de la conversation et du jeu.

Un grand nombre de figurines en porcelaine de Vincennes-Sèvres, Meissen (Saxe) ou encore Chantilly illustre dans la première salle le goût raffiné de l’aristocratie parisienne : toute une collection de statuettes expressives représentant les Cris de Paris, d’après les dessins d’Edme Bouchardon (1798-1762), des fleurs (roses, œillets, lilas), composant des bouquets impérissables, de ravissants oiseaux (canaris, perroquets) ainsi que des chiens (carlins, épagneuls) et quelques chats, témoins de la passion nouvelle, au XVIIIe siècle, pour les animaux de compagnie.
Des personnages de gouvernante et enfants, nourrice et bébé emmailloté, serviteur et esclave noir – dont le nombre augmente à Paris à partir du XVIIe siècle, avec l’expansion coloniale aux Antilles – offrent, en porcelaine, un aperçu de la diversité des hôtes de ces lieux.

Tout au long du parcours sont présentés des objets ingénieux dont l'usage s'est perdu, accompagnés de cartels très instructifs. Qui se souvient, ainsi, de la table pliante à rebords, parfaite pour voyager en berline, ou des socques surélevées dans lesquelles les élégantes glissaient leurs souliers fins pour éviter la fange du pavé ? Nos ancêtres avaient aussi inventé le pense-bête ou semainier, un objet oblong scandé par sept compartiments dans lesquels étaient insérées les informations relatives à chaque jour de la semaine. (Le terme de semainier désigne aussi une sorte de commode à sept tiroirs apparue sous la Régence). L’exposition permet d’en admirer une rare paire en bronze doré et ciselé de la fin du XVIIIe siècle.

Dans l’espace de la chambre et ses dépendances (cabinet de toilette et garde-robe), chaque meuble ou objet dévoile une étape du rituel du lever et de la toilette, qui commence vers 7h. Une extraordinaire baignoire en chaise longue en tôle émaillée, bois et cannage – encore exceptionnelle pour l’époque –, permet à Madame de paresser dans son bain avant de confier sa longue chevelure à une domestique, confortablement assise dans un fauteuil à coiffer au dossier échancré. Sur la coiffeuse en marqueterie de bois précieux sont posées plusieurs boîtes à poudre et une à mouches ; le minuscule objet en porcelaine qui ressemble à un coquetier est en fait une « baignoire » pour le soin des yeux !

Chaque pièce réserve de nouvelles curiosités, telle que l’écran à main, pour se protéger des ardeurs du feu de cheminée, dans le boudoir, le saint suaire portatif, naïve copie de la relique médiévale de Besançon, dans l’oratoire, ou encore, parmi les jeux de société présentés dans le petit salon, l’énigmatique « bague du tricheur ».

Jusqu’au 5 juillet 2026
au musée des Arts décoratifs (mAd), Paris Ier
TP 15€
Amadeus, Peter Shaffer, Olivier Solivérès, Théâtre Marigny


Olivier Soliveres reprend Amadeus, la pièce de Peter Schaffer adaptée en film par Milos Forman. Je n’avais pas vu le film couronné de 8 oscars en 1985... Cet Amadeus ne m’en donne absolument pas envie !
La pièce oppose Antonio Salieri (Jérôme Kircher), compositeur officiel de l’empereur Léopold II, au jeune et impertinent prodige Wolfgang Amadeus Mozart (Thomas Solivérès). A 25 ans, le virtuose arrive à la cour de Vienne. Il suscite toutes les jalousies tant sa musique semble tout droit descendue du ciel.
On se plaisait à imaginer Mozart tiré à quatre épingles dans les salons aristocratiques policés de la cour de Vienne. On le retrouve ici grossier, gueulard, vulgaire comme dans une basse cour. Il surjoue des plaisanteries scatologiques dans des scènes de débauche obscène avec des femmes cantonnées au rôle de potiche. Pourquoi lui prêter une vie dépravée ? Le parti-pris de caricaturer un Mozart d’une vulgarité sans nom m’échappe. Quel intérêt de mettre tant de lumière sur ces personnages, incarnations de la médiocrité ? Certainement un plaisir à détruire les idoles, à salir l’image du génie. Quand on pense à tout ce que sa musique apporte à notre monde, quelle ingratitude !
La musique de Mozart nous élève, le texte de la pièce nous rabaisse.
Je n’en veux garder que la beauté absolue de sa musique, heureusement mise à l’honneur dans les envolées des talentueux chanteurs lyriques.
à partir de 22 janvier 2026
Théâtre Marigny
2h05
« Face au ciel. Paul Huet en son temps », Musée de la Vie romantique


C’est par cette exposition qui invite à plonger nos regards dans l’azur que le musée de la Vie romantique a rouvert ses portes, le jour de la Saint-Valentin, après près d’un an et demi de travaux. Il rend ainsi hommage à un peintre paysagiste un peu oublié, Paul Huet (1803-1869), contemporain et ami d’Ary Scheffer (1795-1858), qui fréquenta sa maison-atelier devenue musée.
Élève malheureux de Pierre-Narcisse Guérin puis d’Antoine-Jean Gros, Paul Huet ne suivit pas leur voie, trop académique à son goût, leur préférant Delacroix, avec lequel il noua une profonde amitié. Avec son autre grand ami, le peintre anglais Bonington, il pratiqua dès les années 1820 la peinture de plein air, lors de séjours en Normandie. C’est alors que le traitement des effets atmosphériques, dans ses paysages, devint plus subtil.
Il faut cependant préciser que l’exposition n’est pas une monographie sur Paul Huet. Il s’agit plutôt une promenade, en cinq étapes, parmi les paysages peints par les artistes en France, dans la première moitié du XIXe siècle.
La cohérence de l’accrochage avec le propos n’est pas toujours très claire, mais il faut se laisser guider par cette balade – romantique, bien sûr – pour découvrir les paysages, souvent somptueux, de nombreux peintres peu connus. La cinquantaine d’œuvres exposées – parmi lesquelles une quinzaine de toiles et quelques estampes de Huet – provient de Paris et de nombreuses villes de France.
La première section, « À la découverte du paysage », fait le point sur l’évolution de ce genre, longtemps considéré comme mineur, situé entre la scène de genre et la nature morte, dans une hiérarchie qui plaçait à son sommet la peinture d’histoire. La création, en 1816, sous l’impulsion de Pierre-Henri de Valenciennes, d’un prix de Rome du paysage historique, lui fit gagner en reconnaissance, mais les normes associées lui firent perdre en spontanéité et le prix fut supprimé en 1863.
L’influence conjointe des artistes anglais, notamment Constable ou Bonington, admirés au Salon de 1824, et des « plein-airistes », mouvement initié par l’école de Barbizon dès les années 1820, incita les paysagistes à s’affranchir des codes académiques pour mieux observer la nature.
Les paysages historiques d’Achille Bénouville, Xavier de Maistre ou Paul Flandrin, à la composition classique et rigoureuse et aux nuées bien dessinées dans le ciel, peuvent être comparés aux études de Bonington, Constable et Delacroix, plus rapidement brossées et qui témoignent d’une intention de saisir les variations de l’atmosphère. Le Paysage d’Écosse de Jean-Bruno Gassies (1826) semble se situer entre ces deux pôles, avec sa brume épaisse qui laisse apparaître dans ses trouées les lignes ciselées des collines rocailleuses.

Les quatre sections suivantes suivent la chronologie de la vie de Paul Huet, depuis sa « passion précoce » pour les ciels, puis ses débuts difficiles au Salon et ses voyages, l’épanouissement et la reconnaissance officielle de son talent dans les années 1830-1840, et enfin ses dernières années, au cours de laquelle, par son travail sur les effets de la lumière, il fit figure de pionnier pour la nouvelle génération.
Parmi ses œuvres de relative jeunesse figure l’Esquisse pour un orage à la fin du jour (vers 1831), dite aussi Le Retour du grognard : une toile très expressive, occupée aux quatre cinquièmes par un ciel tourmenté hâtivement brossé, dont la noirceur à gauche contraste avec une fulgurance d’un blanc éblouissant à droite.

Plusieurs très grandes toiles représentant des vues panoramiques d’Avignon, de Rouen ou de Dieppe sont exposées dans cette section. La Vue du château d’Arques, près de Dieppe (115 x 187 cm) est la réduction d’une composition de treize mètres de long peinte en 1829 pour le Diorama Montesquieu – ensemble de quatre toiles animées par des jeux de lumière –, aujourd’hui disparue. La composition foisonnante est construite à la fois en plongée et de face et ses multiples plans successifs donnent une impression de profondeur presque vertigineuse. La lumière changeante du ciel normand baigne ce vaste horizon.

Paul Huet connaît enfin le succès au Salon à partir des années 1830, grâce aux critiques élogieuses de Théophile Gautier, notamment, au soutien de Delacroix et du prince Ferdinand-Philippe d’Orléans fils aîné du roi Louis-Philippe, qui lui achète plusieurs tableaux. Proche de Victor Hugo, Alexandre Dumas, Georges Sand et Alphonse de Lamartine, il insuffle à ses toiles une sensibilité romantique. Le Val d’Enfer, au pied du Sancy (1847), en Auvergne, devient sous son pinceau un paysage hostile et sombre sous l’orage, qui menace d’engloutir le petit personnage égaré près du torrent déchainé. Dans le célèbre Gouffre du musée d’Orsay (1861), au paysage mouvant et presque irréel, il va plus loin encore dans le romantisme teinté de fantastique, alors même que ce genre est passé de mode.

Les dernières œuvres de l’artiste vieillissant, des paysages faisant la part belle à l’eau – rivière ou mer – et au ciel, sont présentées aux côtés de sujets proches peints par Eugène Boudin ou Léon Bonnat. Par leur spontanéité et la liberté de leur touche, elles peuvent être qualifiées de pré-impressionnistes. Le Ciel entrouvert, exécuté peu avant la mort de Huet, en 1869, avec son immense ciel qu’un soleil levant éclaire peu à peu, constitue une sorte de testament.

Après l’exposition située dans les ateliers attenants, ne manquez pas de visiter la maison d’Ary Scheffer, en accès libre : les collections permanentes y sont désormais présentées dans des pièces qui ont retrouvé l’élégance des années 1830, selon un parcours de visite pédagogique et bien documenté.
Jusqu’au 30 août 2026
Musée de la vie romantique, Paris IXème
Plein tarif : 12€ / Tarif réduit : 10€
Sourions à l’Amérique, Black Crowes, Jay Buchanan, Counting Crows

Holala la section musique est vide depuis un petit bout de temps. La sidération de la guerre. Le discours de Adjani aux Césars... je ne sais pas mais peut être que l'on était scotché par les événements assez anxiogènes autour de nous.

Bon aller, on va repartir dans le bon sens avec de louables sentiments et des élans optimistes. La musique est un doudou rassurant. Et on va tenter de vous réconcilier avec cette Amérique profonde qui aimerait tant le président Trump et son dangereux ego disparaissent.
Des contrées lointaines, moites ou sableuses des Etats Unis, on a pu voir sortir un rock musclé, qui s'appuyait sur les traditions pour tenter une idée progressiste de la musique. Un scandale lorsque vous êtes dans la Bible belt ! Et pourtant c'est ce que continue de faire les Black Crowes.
Le groupe a explosé mille fois en plein vol. Maintenant il se limite au duo de frangins. Rich et Chris Robinson. L'un gratte sa six cordes avec un génie discret et l'autre confirme qu'il reste un hurleur de talent. Pas pour rien qu'un certain Jimmy Page fut l'invité d'une de leur tournée légendaire.
Désormais les corbeaux ne volent plus en haute altitude mais conservent leur dextérité pour nous survoler un rock blues qui correspond à la période Mick Taylor des Stones. C'est un peu crasseux. Un peu lyrique. Extrêmement jouissif.
A pound of Feathers ne sera pas le chant du cygne du groupe. Mais il rappelle toutes les qualités des Robinson. Les riffs ont une âpreté incroyable et la voix est celle d'un Monsieur Loyal joyeusement décadent. Il n'y a plus grand chose de scandaleux chez eux mais la croyance en ce bon vieux rock'n'roll, rebelle et virevoltant, subsiste !

C'est aussi cela l'American Way of life ! Autre hurluberlu du rock, Jay Buchanan cherche lui aussi cet agréable mysticisme américain avec son premier album solo, Weapons of beauty.
Le chanteur surprend. Cela fait plus de quinze ans qu'il fait monter les décibels avec Rival Sons, grosse machine qui lorgnait sur les années 70. Le leader du groupe descend soudainement de la locomotive en surchauffe. Il s'arrête au milieu du désert du Mojave. Il y reste plusieurs mois.
Le célèbre producteur de Nashville, Dave Cobb, va le voir durant son exil. Il en sort alors un disque intimiste mais basé sur toute la mythologie du rock : la soul, la country, le gospel, le folk. Ça pourrait être caricatural mais c'est juste beau. Comme Jim Morrison, Jay Buchanan devient un shaman de la musique américaine.
Il nous console avec tous les poncifs guerriers et virilistes d'une Amérique belliqueuse. Les deux disques dont nous parlons, donnent à voir autre chose. Un bien fou nous traverse lors des écoutes.

Tout comme le retour discret des Counting Crows. Le chanteur avait perdu ses fameuses dreads et l'inspiration avait elle aussi disparue. En tout cas, Adam Duritz et ses camarades de longue date rebootent le petit EP qu'ils avaient pondu il y a trois ans, pour un véritable album.
Là encore, on retrouve le goût de cette Amérique intelligente, verbeuse et inspirée. Duritz défend un rock à la fois élitiste et très électrique. C'est populaire et accessible mais pas que ! Butter Miracle the complete sweets conserve la profondeur des précédents disques même si sa création fut chaotique.
Le chanteur a toujours su mener ses chansons comme de petits contes contemporains. Le groupe a toujours oscillé entre pop classique et quelques sons très alternatifs. Butter Miracle est le premier vrai disque depuis plus de dix ans : on sent que tout le monde se remue pour retrouver la vista qui a provoqué le succès de ce groupe californien.
Et par moments ça fonctionne très bien. C'est un peu rouillé mais le charme se répand doucement mais sûrement sur ces 9 titres différents, délicats et plaisants. Là encore c'est une voix américaine, qui réconforte et qui donne à imaginer ou penser... Loin des abrutis que l'on entend à la télé !
Voilà trois disques pour faire la paix avec nos voisins de l'Atlantique !
Black Crowes - A pound of feathers
Jay Buchanan - Weapons of beauty
Counting Crows - Butter Miracle the complete sweets



