Une Chambre en Inde, Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine,
Mar21

Une Chambre en Inde, Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine,

Un hymne à la force libératoire du théâtre La lumière du jour se glisse à travers les persiennes. On sent la chaleur de l’air Indien. Au milieu de la pièce, une femme dort. Soudain, la sonnerie du téléphone retentit : la France – peu soucieuse du décalage horaire- appelle. En quelques secondes, la pression monte et la chambre, qui apparaissait jusque là comme un écrin de calme et de fraîcheur, est rattrapée par l’agitation du monde extérieur. Avec “Une Chambre en Inde”, fruit du travail collectif de sa troupe (le Théâtre du Soleil), Ariane Mnouchkine met en scène les tourments d’un auteur de théâtre politisé: que choisir parmi les mille sujets offerts par l’actualité? Comment, une fois son choix fait, lui donner une forme théâtrale? laquelle? la tragédie? l’épopée? l’humour noir ou absurde? et, comment couper l’herbe sous le pied de la critique criant à la vanité du théâtre? Auteur accablé et désemparé face aux terribles événements qui l’entourent (la pièce a été écrite au lendemain des attentats de Paris), le personnage principal d'”Une Chambre en Inde” nous entraîne dans les affres de son parcours créatif. Avec lui, on appelle à la rescousse les plus grands maîtres, aux rangs desquels Shakespeare, Tchekhov et Gandhi, et on s’inspire de tout mais en particulier du théâtre populaire du sud de l’Inde, le Terrukutu. En représentant ce dialogue aussi nécessaire qu’éternel entre le théâtre et l’actualité (dont la “théâtralisation” est flagrante à l’image des films de Daech), Ariane Mnouchkine prouve la capacité du théâtre à incarner le monde chaotique dans lequel nous vivons et, ainsi, à exorciser et à libérer.   Une création collective du Théâtre du Soleil, dirigée par Ariane Mnouchkine, musique de Jean-Jacques Lemêtre ; en harmonie avec Hélène Cixous, avec la participation exceptionnelle de Kalaimamani Purisai Kannappa Sambandan Thambiran Spectacle crée le 5 novembre 2016 et repris, depuis le 24 février 2018, au Théâtre du...

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The Propelled Heart, Alonzo King Lines Ballet, Lisa Fisher, Chaillot
Mar13

The Propelled Heart, Alonzo King Lines Ballet, Lisa Fisher, Chaillot

Formidable alliance de la danse et du chant, le chorégraphe Alonzo King et la chanteuse Lisa Fisher nous offre un spectacle envoutant qui nous touche droit au coeur. Depuis 1982, Alonzo King s’évertue à proposer une danse classique “moderne”. Il n’hésite pas à déstructurer et concilier des influences différentes : jazz, ballet classique, chant lyrique… C’est d’ailleurs ce que l’on peut ressentir en assistant au spectacle “The Propelled Heart”. D’un point de vue chorégraphique, Alonzo King reste fidèle à son esthétique en utilisant un langage basé sur la technique classique : grandes extensions, lignes cassées et angulaires en sont les principales caractéristiques. La compagnie Lines ballet offre une performance que l’on pourrait qualifier d”organique”. Les danseurs évoluent tels des animaux dans les premiers minutes du spectacle. Il y a un jeu qui s’installe entre la voix gutturale de Lisa Fisher et les gestes hypnotiques des danseurs. A mi-chemin entre le combat et la collaboration, le pouvoir du chant répond à la beauté de la danse. Le spectacle nous prend aux tripes. La pièce “The Propelled Heart” s’appuie sur l’enseignement du gourou Sri Yukteswar. Lequel, dans La Science sacré, décrit cinq états du cœur humain : obscur, animé, constant, consacré et pur. L’état du cœur animé (propelled heart) correspond ainsi au moment où l’individu, doutant du réel, se met en quête de vérité. Sri Yukteswar écrit : “Lorsque l’Homme est un peu éclairé, il compare les expériences de la création physique qu’il a à l’état de veille avec les expériences qu’il a dans son sommeil. Il comprend que ces dernières sont simplement des idées, et il se met alors à douter de l’existence substantielle des premières. Son cœur se sent donc poussé à connaître la nature réelle de l’univers. Luttant pour se débarrasser de ses doutes, il cherche des preuves pour établir ce qu’est la vérité.” Si “The Propelled Heart” célèbre la magnifique voix de Lisa Fischer, l’énergie, la passion et l’engagement des danseurs restent remarquables. Ils sont d’une grâce envoûtante et un très grand charisme émane d’eux.   The Propelled Heart Avec Alonzo King Lines Ballet et la chanteuse Lisa Fisher Théâtre National de la Danse –...

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1 heure 23’14” et 7 centièmes, Jacques Gamblin, Bastien Lefèvre, Rond-Point
Mar04

1 heure 23’14” et 7 centièmes, Jacques Gamblin, Bastien Lefèvre, Rond-Point

1 heure 23’14” et 7 centièmes est une pièce étonnante, subtile, qui amène progressivement à son propos.

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Pursuit of Hapiness, Nature Theater of Oklahoma
Fév15

Pursuit of Hapiness, Nature Theater of Oklahoma

Oubliez tout ce que vous connaissez sur le bonheur.

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Hugo, l’Interview, Essaion
Jan30

Hugo, l’Interview, Essaion

Une expérience inédite et envoûtante.

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Le Révizor, Nicolas Gogol, Paula Giusti, Montansier
Jan28

Le Révizor, Nicolas Gogol, Paula Giusti, Montansier

  L’histoire se passe il y a très longtemps « quelque part entre la Russie et l’Argentine ». Le bourgmestre d’une petite ville est informé de la visite prochaine, impromptue et incognito, d’un inspecteur du gouvernement. Et comme tous les notables locaux ont quelques « petits péchés » sur la conscience, ils se démènent pour dissimuler le chaos qui règne dans la ville. Au tribunal, les gardes élèvent des oies dans le hall tandis que le juge, passionné de chasse, y a installé un chenil. A l’hôpital, les (trop) nombreux malades sont soignés sans médicaments car, s’ils doivent guérir, ils guériront.   Or justement, se sont récemment installés dans un auberge un saltimbanque fauché comme les blés, Ossip, et son pantin. Les deux inconnus sont immédiatement pris par nos braves mais malhonnêtes notables pour l’inspecteur (le Révizor) et son serviteur. Ossip comprend vite l’aubaine qui se présente et emmène la ville dans un tourbillon mythomaniaque. Plus les mensonges sont gros et plus la ferveur se déchaine car tous pensent avoir à faire à « quasi un général, tant qu’à faire, un généralissime ».   Le Révizor effraye les hommes et charme les femmes, et les événements surnaturels se multiplient. A l’hôpital les malades « guérissent comme des mouches », tandis que l’argent remplit miraculeusement les poches d’un Ossip qui prétend collecter les pots de vin pour son soi-disant maître : « mon maître, il aime que le manger il soit le plus mieux », et il aime qu’on me traite avec égards « moi qui ne suit qu’un esclave ».   Si l’histoire du « Révizor ou l’inspecteur du gouvernement » de Nicolas Gogol est bonne, la représentation proposée dans le magnifique Théâtre Montansier de Versailles (un bijou de théâtre à l’italienne) est excellente à plusieurs égards. Le décor est sobre mais nous n’avons pas besoin de plus pour nous projeter volontiers dans l’histoire. L’interprétation des comédiens est juste : tous dosent parfaitement le ridicule de leur personnage pour nous faire rire sans cabotinage. La scène où les hommes viennent tour à tour corrompre Ossip est très drôle ; il y a juste ce qu’il faut de rythme et d’absurdité pour ne pas verser dans une bouffonnerie trop lourde. Le travail avec la marionnette mérite lui-aussi le détour, particulièrement le tango argentin dans lequel il emporte les femmes subjuguées par le charme qu’elles lui prêtent. Enfin, la musique jouée en direct se met au diapason et au service de l’action, sans se mettre en avant.   Si le Révizor passe dans votre ville, courrez céder à sa folie !  ...

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Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art
Jan24

Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art

      Caramels, bonbons et sourires Les Caramels fous, c’est une véritable institution. Une chorale atypique et tellement douée, qui surprend, réjouit et fait rire depuis plus de trente ans. Les titres amusants, de Pas de banane pour Lady Jane aux Dindes galantes et surtout le formidable Mme Mouchabeurre, attirent les spectateurs, devenus au fil des années des fans, voire des fidèles. Des inconditionnels. Ces comédiens ont deux particularités : ils sont gays et ils sont bénévoles. La recette de leur succès ? Des histoires décalées, inspirées d’opéras ou créées de toutes pièces, mais toujours accompagnées de chansons (très) détournées. Mais tout ça ne serait rien sans les costumes somptueux réalisés par les petites mains de ces messieurs. Et leurs voix, ah leurs voix ! Cirque plein d’airs, leur dernier opus, ne déroge pas à la règle. L’histoire ? Celle d’un cirque aux portes de Paris au début du XXe siècle. Sa vedette, la femme à barbe, meurt, et la faillite guette. Son fils, Fabio, tente de sauver le chapiteau et les numéros. Mais Hanna l’écuyère, Lola la dompteuse, Enzo le clown et d’autres ne l’aident pas franchement. Heureusement, un groupe de tziganes survient, qui pourrait tout changer. Oui mais voilà… Voilà quoi ? Le cirque est vendu, racheté et… Tout cela devient brouillon, on ne sait plus où on en est. Les rires se transforment alors en sourires et c’est un peu dommage. Heureusement, les clins d’œil déjantés et les airs détournés de grands artistes parviennent à effacer ces petits travers. Abba, Mickael Jackson, Supertramp, sans oublier Bourvil et… France Gall. On fredonne, on applaudit. Bref, on retrouve les Caramels. Avec des personnages extraordinaires, en particulier Hanna l’écuyère (Vincent Baillet), qui nous saisit par son talent, sa voix, son humour, bref ses multiples facettes. Quel comédien ! Bien des professionnels doivent être verts de jalousie. Il nous emporte, nous fait sourire, nous touche, nous épate avec ses acrobaties, nous amuse en « ultra-femme »  aux gestes à la fois subtils et outranciers. Enzo, le clown au si beau costume (Miko Bouradier) et à la voix puissante, sans oublier Lola (Alexis Haouadeg), aux divins coups de fouet et aux pas de danse souples et sensuels -malgré un timbre de voix un peu faible­-  atténuent les toutes petites déceptions de ce Cirque plein d’airs. Sans oublier la fidèle chorégraphe Alama de Villalobos. Bon, c’est vrai, il y a la petite leçon gentillette qu’on retrouve à la fin de chaque pièce : « On s’aime tous, on ne doit exclure personne ». Et aussi, « Soyez vous-mêmes ». Mais qu’importe au fond, le plaisir est là. Vous aussi, restez tels que vous êtes. Et faites-nous rire encore longtemps. On vous attend.  ...

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KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini
Jan23

KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini

une comédie drôle et sensible écrite par un auteur israélien (Hanokh Levin), qu’un metteur en scène français (Jean Bellorini) a choisi de faire interpréter, dans sa langue, par la talentueuse troupe de l’immense théâtre Alexandrinski (considéré comme le plus ancien théâtre de Russie) savamment habillée par Macha Makeïeff.

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My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point
Jan21

My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point

“La femme est le présent de l’homme” My Ladies Rock est un spectacle de danse contemporaine qui revient sur l’histoire du rock et de ces femmes qui ont réussi à casser ce plafond de verre qui ne leur donnait pas accès aux chemins du rock et du succès, de Wanda Jackson jusqu’à Tina Turner en passant par Brenda Lee, Betty Davis, Christine ou Aretha Franklin… La scénographie didactique et simple–un diaporama de portraits sur le cyclo de fond de scène en alternance avec des ballets en musique sur un plateau nu- donne une réelle lisibilité à ces femmes du rock qui surplombent la scène et le public. Au-delà des figures du Club des  27, les photographies apportent une vision trans-générationnelle. Au-delà des visages vieillissants de Joan Baez ou Patti Smith, reste l’âme des musiques et l’histoire de combats pour être, chanter et transgresser, à l’égal du possible de l’homme et de la femme, parfois jusqu’à l’autodestruction. Sur le plateau, c’est une explosion de joie et de sensualité qui s’exprime au travers des onze danseurs du groupe Emile Dubois. Les duos, trios, quatuors, dixtuors s’enchaînent avec énergie et fantaisie. Magnifique duo sensuel sur Sister Morphine de Marianne Faithfull, superbe sextuor sur le grave My Funny Valentine de Nico, provoquant Dread Love de Nina Hagen et si joyeux Proud Mary collectif de Tina Turner en tableau final. Une scène qui vibre de liberté et d’égalité. Grâce aux costumes et aux corps des danseurs, Gallotta joue avec les genres et l’androgynie souvent présente dans le rock, de Bowie à Jagger, preuve que la question du genre n’est pas propre aux débats actuels mais transcende à travers l’art de nombreuses icônes du rock. Si on aurait sans doute aimé plus d’audace et de provocation pour retranscrire les routes ô combien chaotiques de ces femmes aventurières du rock, l’hommage rétrospectif est réussi. Les danses cherchent à faire du bien et ça marche. Ce spectacle est d’utilité publique. La chorégraphie est à vivre et partager avec les plus jeunes pour comprendre le monde d’aujourd’hui et mieux le faire avancer. Ce combat courageux pour l’égalité des droits des femmes passe aussi par les chemins du rock et de la danse. Gallotta finit  la chorégraphie  en rêvant d’une « femme présent de l’homme », comme une volonté de ne pas différer dans le temps les droits de celle-ci. I have a dream…...

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Songes d’un illusionniste – Rémi Larrousse – Théâtre du Lucernaire
Jan06

Songes d’un illusionniste – Rémi Larrousse – Théâtre du Lucernaire

Quand la logique du réel vient rejoindre les rêves… L’illusion existe. Rémi Larrousse est mentaliste. Son objectif est de créer l’illusion de conditions paranormales (télépathie, hypermnésie…) sur scène. Dans le domaine, le monsieur n’en est pas à ses débuts. En 2014, il est récompensé du Mandrake d’Or, l’Oscar de la Magie. Rapidement, on comprend les raisons du succès. L’art de la parole, l’utilisation de Haïkus, les éclairages, les décors s’organisent méthodiquement pour mettre à rude épreuve le réel et tout grincheux rationaliste. Dès le début du spectacle, les spectateurs sont mis à contribution pour écrire quelques rêves personnels que M. Larrousse prendra plaisir à retrouver. Suivent alors des moments aussi étonnants que suspects. La Magie est en oeuvre. Le spectateur alterne dès lors ses pensées entre questionnement sur les faits, les paroles prononcées et moments de poésie. Devant la complexité des agencements pouvant expliquer ce joli numéro d’illusion, le plus simple est probablement de se laisser porter et de rêver avec ce mentaliste de talent. Une jolie réussite à partager en famille. L’illusion existe....

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La fresque, Angelin Preljocaj, Chaillot
Déc19

La fresque, Angelin Preljocaj, Chaillot

Une bulle poétique, langoureuse et dynamique à la fois.

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Actrices, Pascal Rambert, Marina Hands, Bouffes du Nord
Déc17

Actrices, Pascal Rambert, Marina Hands, Bouffes du Nord

“Actrice”, une pièce comme une déclaration d’amour aux acteurs, à leur gloire et à leur fragilité.

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Eugénie Grandet, Balzac, La Guillonnière, Théâtre Montansier
Déc14

Eugénie Grandet, Balzac, La Guillonnière, Théâtre Montansier

  Par le passé, Eugénie Grandet m’a déjà plu deux fois. La première lorsqu’à l’adolescence j’ai lu le roman d’Honoré de Balzac, et la deuxième en visionnant la belle adaptation télévisuelle signée Pierre Moustiers en 1994, avec Jean Carmet dans le rôle du père Grandet. Le 12 décembre dernier, la Compagnie « Le temps est incertain… » m’a donné une troisième occasion d’apprécier cette œuvre, au théâtre cette fois. Le père Grandet est un avare digne de celui de Molière. Homme le plus imposé de sa ville, il n’en compte pas moins jusqu’aux morceaux de sucre et se montre avare en tout, même en paroles (il règle l’ensemble de ses affaires en quatre phrases : « je ne sais pas, je ne puis pas, je ne veux pas et, surtout, nous verrons cela »). Il inculque à sa fille unique, Eugénie, le culte de l’argent qu’il met au-dessus de tout, mais c’est sans compter sur l’Amour qui vient bouleverser la jeune femme et ses certitudes. Un décor réduit à l’extrême (à la façon des Bouffes du Nord) illustre le dépouillement auquel l’avare astreint sa famille et permet au spectateur de mieux se concentrer sur l’écriture magnifique de ce texte visionnaire. « Les avares ne croient point à une vie à venir, le présent est tout pour eux. Cette réflexion jette une horrible clarté sur l’époque actuelle, où, plus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois, la politique et les mœurs. (…) Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? » Le texte est beau mais difficile. Comment adapter au théâtre la richesse de la langue de Balzac sans la réduire aux dialogues ? Le metteur en scène Camille de la Guillonnière trouve la solution en ne distribuant pas vraiment les rôles mais en faisant tourner la parole entre les comédiens, la représentation ressemblant alors plus à une lecture qu’à une pièce de théâtre. Et c’est tant mieux en l’occurrence ! Bien sûr, il y a quelques maladresses dans la mise en scène, comme ces phrases prononcées à l’unisson par les six comédiens. Ce procédé fut à la mode il y a quelques (dizaines d’) années et je me souviens que toutes les adaptations/captations de pièces de théâtre à la radio en ont usé, jusqu’à l’écoeurement. Le problème de la monodie est qu’elle est fatigante pour l’oreille et, surtout, qu’elle bride les comédiens qui sont obligés de trop articuler et d’adopter un rythme artificiel pour pouvoir se caler les uns sur les autres. Maladroite aussi cette tirade dite par Lorine Wolff sur un rythme slamé façon lascar. Mais ces quelques défauts ne...

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Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois
Nov26

Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois

L’hyperréalisme comme alerte Michu, Les Vacances, Rixe, La Vocation sont quatre courtes pièces de Jean-Claude Grumberg regroupées par Jean-Louis Benoit sous le titre Les Autres. Avec comme fil conducteur une famille composée du père, de la mère et de deux fils, Les Autres s’attaque aux mécanismes du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie, de la différence incomprise, source de peurs et d’horreurs. Le père joué par un excellent Philippe Duquesne a l’apparence du type banal et simple. La mère jouée par Nicole Max a tout de la femme soumise au système patriarcal. Le couple navigue ainsi du lit conjugal, au restaurant de vacances, en passant par la vie de famille au domicile en compagnie des deux fils. A chaque fois, l’étranger, l’autre, l’imprévu, le mauvais fils,  surgit au milieu de la fable et déstabilise le père qui réagit alors avec toute sa monstrueuse bassesse, parfois avec orgueil, parfois avec lâcheté mais jamais sans sourciller, sans se questionner. Le pouvoir aveugle et destructeur du père y est montré comme réducteur des différences et volonté de faire l’autre à son image, en s’en moquant, en le chassant ou en le tuant. Dans cette mise en scène épurée de la vie quotidienne, les textes acérés et crus de Grumberg prennent toute leur ampleur et mettent en tension le spectateur avec les comédiens. Celui-ci ne peut que s’interroger sur la violence des mots employés, directs, et en dehors de tout contrat social. Le rire du spectateur agit aussi bien pour marquer le désaccord devant la radicalité que pour exprimer un malaise devant un discours décomplexé de la haine de l’autre ou des relations familiales malsaines. Seule une porte battante acharnée contre un personnage finira par rappeler que nous sommes dans une comédie théâtrale et que tout n’est que bouffonnerie. Les Autres est d’utilité publique, c’est certain. Le discours idéologisé et outrancier de Grumberg permet très efficacement à chaque spectateur de se situer et d’observer les dérives de la haine dans une France de l’ombre, une France animée parfois de rencontres ratées avec l’altérité et l’humanité de l’homme.   http://www.epeedebois.com/ Durée : 1h40 Représentations : Du 23 novembre au 23 décembre 2017 Du jeudi au samedi à 20h30 Samedi et dimanche à...

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Sulki et Sulku, Jean-Michel Ribes, Rond-Point
Nov20

Sulki et Sulku, Jean-Michel Ribes, Rond-Point

  L’immense Jean-Michel Ribes est de retour, à travers les personnages de Sulki et Sulku, pour des divagations toutes plus inattendues et ravissantes   Tirés à quatre épingles dans des costumes aux couleurs et motifs hautement improbables (jaune et violet pour l’un, orange et violet pour l’autre, Sulki (Romain Cottard) et Sulku (Damien Zanoly) sont de ceux qui s’habillent pour un rendez-vous amical.    Et quand l’un engage la conversation, c’est sur un sujet qu’il a déjà mûrement réfléchi mais dont son immense estime de l’autre lui garantit qu’il saura l’éclairer et le libérer de ses tourments. Très sérieusement, chaque interrogation est analysée, chaque réponse contredite et les esprits avancent. Aucune susceptibilité n’existe, l’écoute est totale, l’ordre est de s’interroger et tout mérite réflexion.   Qu’est-ce qui peut bien ennuyer autant Sulki dans le football? Pourquoi Sulku n’arrive t-il pas à méditer? Faudrait-il, comme se le demande Sulku, raccourcir les mots de notre vocabulaire pour augmenter notre productivité nationale? Comment évolue l’état du beau-frère de Sulki qui s’est mis, depuis peu, à uriner de l’essence? Comment se fait-il que Sulku ne croise plus le Pape au supermarché? Comment expliquer que personne d’autre que Sulku n’ait reconnu Mona-Lisa alors qu’elle était assise sur un banc à Barbès?   Le monde dans lequel vivent Sulki et Sulku ne connaît aucune certitude, aucune vérité générale, aucune frontière du réel. TOUT y est possible. TOUT y est imaginable et ainsi TOUT y est discutable. L’imagination peut battre son plein, la pensée s’envoler sans aucune limite et les deux s’auto-alimenter. On les suit avec un plaisir certain, régalés par leurs divagations toutes plus inattendues les unes que les autres, fascinés par leur liberté, la vivacité de leurs esprits. On sourit, on rit, on voudrait les observer encore longtemps, apprendre leur innocence, et leur force de résistance pour nous aussi vivre à la Sulki et Sulku, voir l’art partout et nous imposer des conversations exigeantes.   Il y a assurément du génie dans l’écriture de Jean-Michel Ribes et dans les interprétations de Romain Cottard et Damien Zanoly.   On en redemande!!!     SULKI ET SULKU ONT DES CONVERSATIONS INTELLIGENTES Jusqu’au 10 décembre 2017 Théâtre du Rond Point du mardi au samedi à 21h le dimanche à 15h30 Relâche les lundis et les 11 et 14...

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Bella Figura, Yasmina Reza, Emmanuelle Devos, Rond Point
Nov18

Bella Figura, Yasmina Reza, Emmanuelle Devos, Rond Point

  En ce soir de novembre, il aura fallu attendre quelques longues et terribles secondes après l’extinction des feux pour que le public commence à applaudir mollement. Au départ, les spectateurs semblaient pourtant bien disposés ; pour preuve les rires provoqués par cette première réplique pas forcément très drôle : ” BORIS… Ou alors on prend une chambre à l’Ibis et je vais directement te sauter… Je préférerais ! ANDREA… A l’ibis…!” L’histoire en bref : une femme découvre d’abord que son amant l’a invitée dans un restaurant recommandé par son épouse, puis elle finit conviée à la table de la meilleure amie de la légitime. Ambiance. Tout dans cette pièce sonne faux : des décors au texte, en passant par le jeu des comédiens, sans parler de l’image que la parisienne Yasmina Reza – qui signe à la fois le texte et la mise en scène de la pièce – a de la province. L’écrivain(e) entend paraît-il dénoncer les fissures (le vernis qui se craquelle) de la bourgeoisie de province… il faut croire qu’elle ne connait de la province que des clichés. Et puis d’abord, un entrepreneur à gourmette et une préparatrice en pharmacie, cela ne fait pas une bourgeoisie, pas même petite, même en province. Le rôle de la maîtresse boudeuse sied à merveille à Emmanuelle Devos et à son sempiternel air narquois. Elle ne se départ pas de sa moue moqueuse ou, devrais-je plutôt dire, de sa tête à claques. Lorsqu’elle dit “je me sens tellement seule”, ça tombe à plat au lieu de nous émouvoir. (Je l’avoue, je n’apprécie pas la comédienne et ne suis donc pas forcément objectif ; mais après tout, qui m’oblige à l’être ?!) Louis-Do de Lencquesaing incarne sans relief le mari trompeur tandis que Camille Japy, dans le rôle de la meilleure amie de l’épouse cocufiée, surjoue un peu la bourgeoise pètesec. Micha Lescot et Josiane Stoléru, dans le rôle respectivement du mari et de la belle-mère de la copine, sauvent la soirée en insufflant un peu de vie à cette pièce fadasse. Micha Lescot est savoureux dans son rôle de tête à claque (heureusement d’un autre genre qu’Emmanuelle Devos). Yasmina Reza nous convie à la table ennuyeuse de gens ennuyeux qui ont des problèmes ennuyeux. Au bout d’une demi-heure poussive, un mini coup d’éclat nous fait espérer que la pièce commence enfin. La poussière retombe malheureusement aussitôt, ce qui permettra aux plus fatigués des spectateurs de se rendormir tranquillement. C’est dommage car l’on était presque prêt à mettre la monotonie du début sur le compte d’un subtil effet d’ambiance. Soyons honnêtes, la pièce n’est pas particulièrement mauvaise et l’on a...

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Mon amour fou, Elsa Granat, Théâtre de la cité internationale
Nov12

Mon amour fou, Elsa Granat, Théâtre de la cité internationale

La comédienne nous raconte l’histoire folle qu’elle a vécue pendant huit années durant avec un bipolaire. C’est une histoire rythmée de souvenirs hallucinés et d’épisodes trépidants.

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Cendrillon, Karine Tabet, Compagnie Nomadesques
Nov11

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Après les succès du Loup est revenu, Le Chat Botté et Tout Molière… ou presque !, la compagnie Les Nomadesques revisite aujourd’hui le célèbre conte de Perrault.

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Tout est bon dans le Macron, Théâtre des deux ânes
Oct28

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Les Deux Ânes se mettent en Marche… et le paysage politique qui défile fait bien rire.

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F(l)ammes, Ahmed Madani, Maison des métallos
Oct27

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Présenté l’année dernière, le spectacle « F(l)ammes » revient à nouveau à la maison des Métallos jusqu’au 29 octobre. Pleine de vie et d’énergie, dix femmes se succèdent pour se raconter : leurs origines, leurs passions, leurs combats…

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