Hugo, l’Interview, Essaion
Jan30

Hugo, l’Interview, Essaion

Une expérience inédite et envoûtante.

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Le Révizor, Nicolas Gogol, Paula Giusti, Montansier
Jan28

Le Révizor, Nicolas Gogol, Paula Giusti, Montansier

  L’histoire se passe il y a très longtemps « quelque part entre la Russie et l’Argentine ». Le bourgmestre d’une petite ville est informé de la visite prochaine, impromptue et incognito, d’un inspecteur du gouvernement. Et comme tous les notables locaux ont quelques « petits péchés » sur la conscience, ils se démènent pour dissimuler le chaos qui règne dans la ville. Au tribunal, les gardes élèvent des oies dans le hall tandis que le juge, passionné de chasse, y a installé un chenil. A l’hôpital, les (trop) nombreux malades sont soignés sans médicaments car, s’ils doivent guérir, ils guériront.   Or justement, se sont récemment installés dans un auberge un saltimbanque fauché comme les blés, Ossip, et son pantin. Les deux inconnus sont immédiatement pris par nos braves mais malhonnêtes notables pour l’inspecteur (le Révizor) et son serviteur. Ossip comprend vite l’aubaine qui se présente et emmène la ville dans un tourbillon mythomaniaque. Plus les mensonges sont gros et plus la ferveur se déchaine car tous pensent avoir à faire à « quasi un général, tant qu’à faire, un généralissime ».   Le Révizor effraye les hommes et charme les femmes, et les événements surnaturels se multiplient. A l’hôpital les malades « guérissent comme des mouches », tandis que l’argent remplit miraculeusement les poches d’un Ossip qui prétend collecter les pots de vin pour son soi-disant maître : « mon maître, il aime que le manger il soit le plus mieux », et il aime qu’on me traite avec égards « moi qui ne suit qu’un esclave ».   Si l’histoire du « Révizor ou l’inspecteur du gouvernement » de Nicolas Gogol est bonne, la représentation proposée dans le magnifique Théâtre Montansier de Versailles (un bijou de théâtre à l’italienne) est excellente à plusieurs égards. Le décor est sobre mais nous n’avons pas besoin de plus pour nous projeter volontiers dans l’histoire. L’interprétation des comédiens est juste : tous dosent parfaitement le ridicule de leur personnage pour nous faire rire sans cabotinage. La scène où les hommes viennent tour à tour corrompre Ossip est très drôle ; il y a juste ce qu’il faut de rythme et d’absurdité pour ne pas verser dans une bouffonnerie trop lourde. Le travail avec la marionnette mérite lui-aussi le détour, particulièrement le tango argentin dans lequel il emporte les femmes subjuguées par le charme qu’elles lui prêtent. Enfin, la musique jouée en direct se met au diapason et au service de l’action, sans se mettre en avant.   Si le Révizor passe dans votre ville, courrez céder à sa folie !  ...

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Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art
Jan24

Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art

      Caramels, bonbons et sourires Les Caramels fous, c’est une véritable institution. Une chorale atypique et tellement douée, qui surprend, réjouit et fait rire depuis plus de trente ans. Les titres amusants, de Pas de banane pour Lady Jane aux Dindes galantes et surtout le formidable Mme Mouchabeurre, attirent les spectateurs, devenus au fil des années des fans, voire des fidèles. Des inconditionnels. Ces comédiens ont deux particularités : ils sont gays et ils sont bénévoles. La recette de leur succès ? Des histoires décalées, inspirées d’opéras ou créées de toutes pièces, mais toujours accompagnées de chansons (très) détournées. Mais tout ça ne serait rien sans les costumes somptueux réalisés par les petites mains de ces messieurs. Et leurs voix, ah leurs voix ! Cirque plein d’airs, leur dernier opus, ne déroge pas à la règle. L’histoire ? Celle d’un cirque aux portes de Paris au début du XXe siècle. Sa vedette, la femme à barbe, meurt, et la faillite guette. Son fils, Fabio, tente de sauver le chapiteau et les numéros. Mais Hanna l’écuyère, Lola la dompteuse, Enzo le clown et d’autres ne l’aident pas franchement. Heureusement, un groupe de tziganes survient, qui pourrait tout changer. Oui mais voilà… Voilà quoi ? Le cirque est vendu, racheté et… Tout cela devient brouillon, on ne sait plus où on en est. Les rires se transforment alors en sourires et c’est un peu dommage. Heureusement, les clins d’œil déjantés et les airs détournés de grands artistes parviennent à effacer ces petits travers. Abba, Mickael Jackson, Supertramp, sans oublier Bourvil et… France Gall. On fredonne, on applaudit. Bref, on retrouve les Caramels. Avec des personnages extraordinaires, en particulier Hanna l’écuyère (Vincent Baillet), qui nous saisit par son talent, sa voix, son humour, bref ses multiples facettes. Quel comédien ! Bien des professionnels doivent être verts de jalousie. Il nous emporte, nous fait sourire, nous touche, nous épate avec ses acrobaties, nous amuse en « ultra-femme »  aux gestes à la fois subtils et outranciers. Enzo, le clown au si beau costume (Miko Bouradier) et à la voix puissante, sans oublier Lola (Alexis Haouadeg), aux divins coups de fouet et aux pas de danse souples et sensuels -malgré un timbre de voix un peu faible­-  atténuent les toutes petites déceptions de ce Cirque plein d’airs. Sans oublier la fidèle chorégraphe Alama de Villalobos. Bon, c’est vrai, il y a la petite leçon gentillette qu’on retrouve à la fin de chaque pièce : « On s’aime tous, on ne doit exclure personne ». Et aussi, « Soyez vous-mêmes ». Mais qu’importe au fond, le plaisir est là. Vous aussi, restez tels que vous êtes. Et faites-nous rire encore longtemps. On vous attend.  ...

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KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini
Jan23

KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini

une comédie drôle et sensible écrite par un auteur israélien (Hanokh Levin), qu’un metteur en scène français (Jean Bellorini) a choisi de faire interpréter, dans sa langue, par la talentueuse troupe de l’immense théâtre Alexandrinski (considéré comme le plus ancien théâtre de Russie) savamment habillée par Macha Makeïeff.

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Actrices, Pascal Rambert, Marina Hands, Bouffes du Nord
Déc17

Actrices, Pascal Rambert, Marina Hands, Bouffes du Nord

“Actrice”, une pièce comme une déclaration d’amour aux acteurs, à leur gloire et à leur fragilité.

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Eugénie Grandet, Balzac, La Guillonnière, Théâtre Montansier
Déc14

Eugénie Grandet, Balzac, La Guillonnière, Théâtre Montansier

  Par le passé, Eugénie Grandet m’a déjà plu deux fois. La première lorsqu’à l’adolescence j’ai lu le roman d’Honoré de Balzac, et la deuxième en visionnant la belle adaptation télévisuelle signée Pierre Moustiers en 1994, avec Jean Carmet dans le rôle du père Grandet. Le 12 décembre dernier, la Compagnie « Le temps est incertain… » m’a donné une troisième occasion d’apprécier cette œuvre, au théâtre cette fois. Le père Grandet est un avare digne de celui de Molière. Homme le plus imposé de sa ville, il n’en compte pas moins jusqu’aux morceaux de sucre et se montre avare en tout, même en paroles (il règle l’ensemble de ses affaires en quatre phrases : « je ne sais pas, je ne puis pas, je ne veux pas et, surtout, nous verrons cela »). Il inculque à sa fille unique, Eugénie, le culte de l’argent qu’il met au-dessus de tout, mais c’est sans compter sur l’Amour qui vient bouleverser la jeune femme et ses certitudes. Un décor réduit à l’extrême (à la façon des Bouffes du Nord) illustre le dépouillement auquel l’avare astreint sa famille et permet au spectateur de mieux se concentrer sur l’écriture magnifique de ce texte visionnaire. « Les avares ne croient point à une vie à venir, le présent est tout pour eux. Cette réflexion jette une horrible clarté sur l’époque actuelle, où, plus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois, la politique et les mœurs. (…) Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? » Le texte est beau mais difficile. Comment adapter au théâtre la richesse de la langue de Balzac sans la réduire aux dialogues ? Le metteur en scène Camille de la Guillonnière trouve la solution en ne distribuant pas vraiment les rôles mais en faisant tourner la parole entre les comédiens, la représentation ressemblant alors plus à une lecture qu’à une pièce de théâtre. Et c’est tant mieux en l’occurrence ! Bien sûr, il y a quelques maladresses dans la mise en scène, comme ces phrases prononcées à l’unisson par les six comédiens. Ce procédé fut à la mode il y a quelques (dizaines d’) années et je me souviens que toutes les adaptations/captations de pièces de théâtre à la radio en ont usé, jusqu’à l’écoeurement. Le problème de la monodie est qu’elle est fatigante pour l’oreille et, surtout, qu’elle bride les comédiens qui sont obligés de trop articuler et d’adopter un rythme artificiel pour pouvoir se caler les uns sur les autres. Maladroite aussi cette tirade dite par Lorine Wolff sur un rythme slamé façon lascar. Mais ces quelques défauts ne...

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Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois
Nov26

Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois

L’hyperréalisme comme alerte Michu, Les Vacances, Rixe, La Vocation sont quatre courtes pièces de Jean-Claude Grumberg regroupées par Jean-Louis Benoit sous le titre Les Autres. Avec comme fil conducteur une famille composée du père, de la mère et de deux fils, Les Autres s’attaque aux mécanismes du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie, de la différence incomprise, source de peurs et d’horreurs. Le père joué par un excellent Philippe Duquesne a l’apparence du type banal et simple. La mère jouée par Nicole Max a tout de la femme soumise au système patriarcal. Le couple navigue ainsi du lit conjugal, au restaurant de vacances, en passant par la vie de famille au domicile en compagnie des deux fils. A chaque fois, l’étranger, l’autre, l’imprévu, le mauvais fils,  surgit au milieu de la fable et déstabilise le père qui réagit alors avec toute sa monstrueuse bassesse, parfois avec orgueil, parfois avec lâcheté mais jamais sans sourciller, sans se questionner. Le pouvoir aveugle et destructeur du père y est montré comme réducteur des différences et volonté de faire l’autre à son image, en s’en moquant, en le chassant ou en le tuant. Dans cette mise en scène épurée de la vie quotidienne, les textes acérés et crus de Grumberg prennent toute leur ampleur et mettent en tension le spectateur avec les comédiens. Celui-ci ne peut que s’interroger sur la violence des mots employés, directs, et en dehors de tout contrat social. Le rire du spectateur agit aussi bien pour marquer le désaccord devant la radicalité que pour exprimer un malaise devant un discours décomplexé de la haine de l’autre ou des relations familiales malsaines. Seule une porte battante acharnée contre un personnage finira par rappeler que nous sommes dans une comédie théâtrale et que tout n’est que bouffonnerie. Les Autres est d’utilité publique, c’est certain. Le discours idéologisé et outrancier de Grumberg permet très efficacement à chaque spectateur de se situer et d’observer les dérives de la haine dans une France de l’ombre, une France animée parfois de rencontres ratées avec l’altérité et l’humanité de l’homme.   http://www.epeedebois.com/ Durée : 1h40 Représentations : Du 23 novembre au 23 décembre 2017 Du jeudi au samedi à 20h30 Samedi et dimanche à...

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Sulki et Sulku, Jean-Michel Ribes, Rond-Point
Nov20

Sulki et Sulku, Jean-Michel Ribes, Rond-Point

  L’immense Jean-Michel Ribes est de retour, à travers les personnages de Sulki et Sulku, pour des divagations toutes plus inattendues et ravissantes   Tirés à quatre épingles dans des costumes aux couleurs et motifs hautement improbables (jaune et violet pour l’un, orange et violet pour l’autre, Sulki (Romain Cottard) et Sulku (Damien Zanoly) sont de ceux qui s’habillent pour un rendez-vous amical.    Et quand l’un engage la conversation, c’est sur un sujet qu’il a déjà mûrement réfléchi mais dont son immense estime de l’autre lui garantit qu’il saura l’éclairer et le libérer de ses tourments. Très sérieusement, chaque interrogation est analysée, chaque réponse contredite et les esprits avancent. Aucune susceptibilité n’existe, l’écoute est totale, l’ordre est de s’interroger et tout mérite réflexion.   Qu’est-ce qui peut bien ennuyer autant Sulki dans le football? Pourquoi Sulku n’arrive t-il pas à méditer? Faudrait-il, comme se le demande Sulku, raccourcir les mots de notre vocabulaire pour augmenter notre productivité nationale? Comment évolue l’état du beau-frère de Sulki qui s’est mis, depuis peu, à uriner de l’essence? Comment se fait-il que Sulku ne croise plus le Pape au supermarché? Comment expliquer que personne d’autre que Sulku n’ait reconnu Mona-Lisa alors qu’elle était assise sur un banc à Barbès?   Le monde dans lequel vivent Sulki et Sulku ne connaît aucune certitude, aucune vérité générale, aucune frontière du réel. TOUT y est possible. TOUT y est imaginable et ainsi TOUT y est discutable. L’imagination peut battre son plein, la pensée s’envoler sans aucune limite et les deux s’auto-alimenter. On les suit avec un plaisir certain, régalés par leurs divagations toutes plus inattendues les unes que les autres, fascinés par leur liberté, la vivacité de leurs esprits. On sourit, on rit, on voudrait les observer encore longtemps, apprendre leur innocence, et leur force de résistance pour nous aussi vivre à la Sulki et Sulku, voir l’art partout et nous imposer des conversations exigeantes.   Il y a assurément du génie dans l’écriture de Jean-Michel Ribes et dans les interprétations de Romain Cottard et Damien Zanoly.   On en redemande!!!     SULKI ET SULKU ONT DES CONVERSATIONS INTELLIGENTES Jusqu’au 10 décembre 2017 Théâtre du Rond Point du mardi au samedi à 21h le dimanche à 15h30 Relâche les lundis et les 11 et 14...

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Bella Figura, Yasmina Reza, Emmanuelle Devos, Rond Point
Nov18

Bella Figura, Yasmina Reza, Emmanuelle Devos, Rond Point

  En ce soir de novembre, il aura fallu attendre quelques longues et terribles secondes après l’extinction des feux pour que le public commence à applaudir mollement. Au départ, les spectateurs semblaient pourtant bien disposés ; pour preuve les rires provoqués par cette première réplique pas forcément très drôle : ” BORIS… Ou alors on prend une chambre à l’Ibis et je vais directement te sauter… Je préférerais ! ANDREA… A l’ibis…!” L’histoire en bref : une femme découvre d’abord que son amant l’a invitée dans un restaurant recommandé par son épouse, puis elle finit conviée à la table de la meilleure amie de la légitime. Ambiance. Tout dans cette pièce sonne faux : des décors au texte, en passant par le jeu des comédiens, sans parler de l’image que la parisienne Yasmina Reza – qui signe à la fois le texte et la mise en scène de la pièce – a de la province. L’écrivain(e) entend paraît-il dénoncer les fissures (le vernis qui se craquelle) de la bourgeoisie de province… il faut croire qu’elle ne connait de la province que des clichés. Et puis d’abord, un entrepreneur à gourmette et une préparatrice en pharmacie, cela ne fait pas une bourgeoisie, pas même petite, même en province. Le rôle de la maîtresse boudeuse sied à merveille à Emmanuelle Devos et à son sempiternel air narquois. Elle ne se départ pas de sa moue moqueuse ou, devrais-je plutôt dire, de sa tête à claques. Lorsqu’elle dit “je me sens tellement seule”, ça tombe à plat au lieu de nous émouvoir. (Je l’avoue, je n’apprécie pas la comédienne et ne suis donc pas forcément objectif ; mais après tout, qui m’oblige à l’être ?!) Louis-Do de Lencquesaing incarne sans relief le mari trompeur tandis que Camille Japy, dans le rôle de la meilleure amie de l’épouse cocufiée, surjoue un peu la bourgeoise pètesec. Micha Lescot et Josiane Stoléru, dans le rôle respectivement du mari et de la belle-mère de la copine, sauvent la soirée en insufflant un peu de vie à cette pièce fadasse. Micha Lescot est savoureux dans son rôle de tête à claque (heureusement d’un autre genre qu’Emmanuelle Devos). Yasmina Reza nous convie à la table ennuyeuse de gens ennuyeux qui ont des problèmes ennuyeux. Au bout d’une demi-heure poussive, un mini coup d’éclat nous fait espérer que la pièce commence enfin. La poussière retombe malheureusement aussitôt, ce qui permettra aux plus fatigués des spectateurs de se rendormir tranquillement. C’est dommage car l’on était presque prêt à mettre la monotonie du début sur le compte d’un subtil effet d’ambiance. Soyons honnêtes, la pièce n’est pas particulièrement mauvaise et l’on a...

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Mon amour fou, Elsa Granat, Théâtre de la cité internationale
Nov12

Mon amour fou, Elsa Granat, Théâtre de la cité internationale

La comédienne nous raconte l’histoire folle qu’elle a vécue pendant huit années durant avec un bipolaire. C’est une histoire rythmée de souvenirs hallucinés et d’épisodes trépidants.

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Cendrillon, Karine Tabet, Compagnie Nomadesques
Nov11

Cendrillon, Karine Tabet, Compagnie Nomadesques

Après les succès du Loup est revenu, Le Chat Botté et Tout Molière… ou presque !, la compagnie Les Nomadesques revisite aujourd’hui le célèbre conte de Perrault.

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Tout est bon dans le Macron, Théâtre des deux ânes
Oct28

Tout est bon dans le Macron, Théâtre des deux ânes

Les Deux Ânes se mettent en Marche… et le paysage politique qui défile fait bien rire.

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F(l)ammes, Ahmed Madani, Maison des métallos
Oct27

F(l)ammes, Ahmed Madani, Maison des métallos

Présenté l’année dernière, le spectacle « F(l)ammes » revient à nouveau à la maison des Métallos jusqu’au 29 octobre. Pleine de vie et d’énergie, dix femmes se succèdent pour se raconter : leurs origines, leurs passions, leurs combats…

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Democracy in America, Castellucci, Tocqueville,
Oct23

Democracy in America, Castellucci, Tocqueville,

Une œuvre qui interroge la naissance de la démocratie américaine, et permet de souligner les zones d’ombre de toute démocratie ; un spectacle total inédit. Comment lois, chartes, compromis, batailles et traités de paix, ont émaillé et figé l’Histoire des Etats-Unis, à partir de l’aventure de pionniers puritains guidés par la foi, contre les Indiens, contre les Noirs, contre une Nature à dompter. Le récit ici s’intéresse à une famille de paysans puritains, menacée de famine. Le dispositif nous donne à voir, à travers différents filtres (écran de projection, bâche en plastique), une petite communauté de pionniers. Le dos voûté à travailler la terre, les silhouettes nous rappellent les peintures de Millet. Premier tableau : il pleut sur le plateau, il fait nuit, la femme vient échanger (vendre ?) son enfant à un couple, contre un sac d’outils et de semences. Tableau suivant, deux indiens aux aguets évoquent l’échange, auquel ils ont assisté la nuit précédente. Ils s’enseignent des rudiments de langue anglaise ; l’un veut apprendre, l’autre non. Ils débattent et au sujet des visages pâles, disent en substance : « Leur langue ne désignent pas nos choses, mais c’est par leur langue qu’ils désignent ce qu’ils veulent nous prendre. » Tableau suivant : la femme n’arrive pas à avouer l’échange à son mari. Elle blasphème et c’est par une langue inconnue d’elle (la langue des Indiens précisément), que, possédée, elle avoue l’horreur de l’échange. Revenue à elle, elle est capable de décrire le dilemme qui l’a amené à ce choix. On entend le tribunal communautaire la condamner. Tableau final : une danse mystique, sacrificielle. Surgit alors l’opération cruciale, vertigineuse, le fondement de la tragédie : la catharsis. On se souvient ici du rapport étroit, de la gémellité presque, entre théâtre et démocratie. On rêve éveillé, on admire la danse frénétique (entre derviches tourneurs et prêtres du Ku Klux clan) qui vise au sacrifice de la mère (femme malade, sorcière ?). Surtout on est secoué, saisi physiquement par la bande-son de Scott Gibbons. C’est comme si tout le théâtre vibrait sous les éclats des sabres brandis qui s’entrechoquent. L’œil aussi est fasciné par les images floues, par les reflets des sabres démultipliés, le scintillement de l’eau sur le plateau. On vit donc une expérience de spectacle total qui saisit notre corps et fascine notre esprit. Ce spectacle de Claudia et Romeo Castellucci est concis (1h45), serré autour de son sujet ; moins orgiaque qu’ « Orestie » vu à l’Odéon en décembre 2015, (spectacle rappelons-le interdit aux moins de 16 ans), il donne encore à voir et à sentir une expérience inédite. Les représentations de « Democracy in...

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Ex Anima, Zingaro, Bartabas
Oct22

Ex Anima, Zingaro, Bartabas

Une invitation à regarder la “société” des chevaux.

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Intramuros, Alexis Michalik, Pépinière Théâtre
Oct19

Intramuros, Alexis Michalik, Pépinière Théâtre

Du grand Michalik inspiré, engagé, aux accents de Pagnol et d’Audiard. « La vie c’est être traversé par des émotions, sinon c’est pas la vie. »

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Gala, Jérôme Bel, Théâtre du Rond-Point
Oct18

Gala, Jérôme Bel, Théâtre du Rond-Point

Voué aux arts contemporains et à la rencontre des disciplines, le spectacle « Gala » ouvre le Festival d’Automne qui se tient à Paris jusqu’en Décembre. Ce spectacle questionne les notions d’arts et de spectacle via le prisme de la pratique amateur. « Gala » est un spectacle que Jérôme Bel a créé en 2015 suite à une série d’ateliers effectuée en Seine-Saint-Denis. Lui, qui n’enseigne pas, a accepté de participer à un projet de travail avec des amateurs. Cette expérience a été l’opportunité de questionner les limites de la pratique artistique : qu’est-ce que le beau, qu’est-ce qui peut être qualifié d’art ? En définitive, qu’est ce qui fait qu’un spectacle peut être considéré comme spectacle ? « Gala » s’ouvre sur une série d’image de scène théâtrale à travers les âges et les styles. Le point de vue varie du spectateur aux « artistes ». Cette ouverture dure pratiquement 10mn comme si le public devait être préparé à réfléchir sur les notions de représentation théâtrale, de spectateur et d’artiste. La consigne est simple, la même pour tous, répéter chacun à son tour le mouvement de danse écrit sommairement sur un panneau à l’avant-scène. Des genres très différents sont utilisés et traités à égalité. Dans la première partie, certains amateurs s’en sortent mieux que d’autres mais il y a un décalage flagrant avec les interventions menées par les professionnels. Boudinés dans des justaucorps lamés et des jambières, on oscille entre le rire et la gêne. Les rires fusent et s’apparentent parfois à de la moquerie. Qu’est-ce que nous pouvons attendre d’une personne corpulente qui réalise un saut ? Qu’est-ce que nous pouvons attendre d’une personne qui chante « Moi, je veux mourir sur scène » avec une voix chevrotante avec comme seule aide, la musique qui vient de son portable ? Nous avons la vague impression d’assister à un gala de danse d’une fin d’année scolaire sauf que nous ne sommes pas les parents de l’un des participants. Et puis la seconde partie arrive. La petite troupe doit reproduire la proposition d’un amateur ou d’un professionnel. Dès lors, on dépasse le cadre de la technique pure pour découvrir que la danse peut-être un moment de partage. Comme l’exprime Jérôme Bel : «Chacun porte des savoirs – non pas chorégraphiques, mais «dansés» – savoirs plus ou moins sophistiqués selon les personnes». L’objectif n’est pas de gommer la frontière entre professionnels et amateurs mais de proposer une vision de la représentation et du spectacle. Cette seconde partie est apparue plus intéressante car on se situe dans le partage : chacun peut illustrer son « soi » dansant alors qu’auparavant, on...

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Sourds doués, Théâtre Trévise
Oct18

Sourds doués, Théâtre Trévise

Un quatuor bourré d’humour et de souffle !

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Mère Teresa, Catherine Salviat, Lucernaire
Sep28

Mère Teresa, Catherine Salviat, Lucernaire

 Portrait intime d’une femme d’exception, Prix Nobel de la Paix, au service des plus pauvres. Un chemin de Sainteté non sans obstacles surmontés.

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Le dernier jour d’un condamné, William Mesguich, Studio Hébertot
Sep26

Le dernier jour d’un condamné, William Mesguich, Studio Hébertot

Journal intime d’un condamné à mort racontant les six dernières semaines de sa vie. Glaçant.

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