Berlin Kabarett, Stéphan Druet, Théâtre de Poche Montparnasse
Juin03
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Mon Lou, Guillaume Apollinaire, Christian Pageault, Lucernaire
Mai13

Mon Lou, Guillaume Apollinaire, Christian Pageault, Lucernaire

  En 1914, le grand poète Guillaume Apollinaire fait la connaissance à Nice d’une jeune aristocrate dont il tombe éperdument amoureux. Louise de Coligny-Châtillon le fait immédiatement rêver, suscite en lui des sentiments forts, des émois érotiques aussi, au fur et à mesure qu’il lui écrit et surtout après qu’il ait passé avec elle leurs seuls moments charnels. N’oublions pas que le poète est aussi l’auteur du sulfureux Les onze mille verges. Louise est belle, jeune, tout à la fois frivole et mutine. Féministe avant l’heure, elle ose porter des pantalons (interdits pour les femmes à l’époque), fume, a les cheveux courts et multiplie les amants. Ce sont en grande partie leurs échanges, les lettres charmeuses, tendres puis inquiètes qui vont l’amener le poète à s’engager dans la « grande boucherie ». Louise, pour son amant, devient Lou. Devient tout. (« Mon unique amour et ma grande folie »). Les moments profondément sensuels qu’ils ont passé exacerbent l’imagination d’Apollinaire, qui oublie ensuite les rebuffades de sa maîtresse en rêvant d’elle dans les tranchées. Puis ils rompent, chacun entamant une nouvelle vie amoureuse tout en continuant à entretenir une correspondance. Ils ne se reverront qu’une fois, bien plus tard, à Paris. Retrouvailles froides et distantes. La comédienne qui lit les superbes lettres du grand poète à son aimée le fait avec un talent époustouflant. Quelle justesse dans l’interprétation ! Elle les aime, ces textes, elle les aime, ces amoureux. C’est une véritable prouesse que de dire ces mots si beaux et qui n’ont pas vieilli. A l’heure des textos, ces lettres, l’une après l’autre, nous touchent et nous émeuvent. Qui n’a pas rêvé de recevoir de si beaux témoignages d’amour ? La voix, la gestuelle, les regards et les silences de Moana Ferré nous entrainent avec délicatesse dans un univers où l’amour dépasse tout, transcende la douleur, la peur, où la guerre « est si jolie / Avec ses chants, ses longs loisirs ». Les attentes entre deux batailles sont propices aux mots tendres que l’aviatrice, l’infirmière sur le front, Louise en un nom, reçoit et auxquels elle répond parfois. On a retrouvé six lettres d’elle envoyées à Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky. Aristocrate comme elle. Comte russe d’origine polonaise. Moana Ferré nous fait pénétrer dans leur intimité sans impudeur. La mise en scène de Christian Pageault y contribue. Papiers disposés, jetés, lus, devenus cocottes ou figures, lettres froissées ou envolées, le premier tableau entraine d’emblée le spectateur dans cette histoire d’amour fou. Sur un écran défilent des paysages, on entend des airs de l’époque fredonnés, tels « Ma Tonkinoise ». Elle prend les phrases – tour à tour sensuelles et...

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Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson, éditions 10/18
Fév01

Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson, éditions 10/18

Ils sont rares, ces écrivains français qui parlent d’eux-mêmes sans prétention. Ils sont rares et c’est d’autant plus appréciable. Besson a l’art de nous faire douter. Est-ce tout à fait lui ? Ou est-ce un autre ? L’emploi de la première personne du singulier brouille les pistes. L’utilisation des descriptions physiques (très) proches de son apparence laisse perplexe.

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Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art
Jan24

Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art

      Caramels, bonbons et sourires Les Caramels fous, c’est une véritable institution. Une chorale atypique et tellement douée, qui surprend, réjouit et fait rire depuis plus de trente ans. Les titres amusants, de Pas de banane pour Lady Jane aux Dindes galantes et surtout le formidable Mme Mouchabeurre, attirent les spectateurs, devenus au fil des années des fans, voire des fidèles. Des inconditionnels. Ces comédiens ont deux particularités : ils sont gays et ils sont bénévoles. La recette de leur succès ? Des histoires décalées, inspirées d’opéras ou créées de toutes pièces, mais toujours accompagnées de chansons (très) détournées. Mais tout ça ne serait rien sans les costumes somptueux réalisés par les petites mains de ces messieurs. Et leurs voix, ah leurs voix ! Cirque plein d’airs, leur dernier opus, ne déroge pas à la règle. L’histoire ? Celle d’un cirque aux portes de Paris au début du XXe siècle. Sa vedette, la femme à barbe, meurt, et la faillite guette. Son fils, Fabio, tente de sauver le chapiteau et les numéros. Mais Hanna l’écuyère, Lola la dompteuse, Enzo le clown et d’autres ne l’aident pas franchement. Heureusement, un groupe de tziganes survient, qui pourrait tout changer. Oui mais voilà… Voilà quoi ? Le cirque est vendu, racheté et… Tout cela devient brouillon, on ne sait plus où on en est. Les rires se transforment alors en sourires et c’est un peu dommage. Heureusement, les clins d’œil déjantés et les airs détournés de grands artistes parviennent à effacer ces petits travers. Abba, Mickael Jackson, Supertramp, sans oublier Bourvil et… France Gall. On fredonne, on applaudit. Bref, on retrouve les Caramels. Avec des personnages extraordinaires, en particulier Hanna l’écuyère (Vincent Baillet), qui nous saisit par son talent, sa voix, son humour, bref ses multiples facettes. Quel comédien ! Bien des professionnels doivent être verts de jalousie. Il nous emporte, nous fait sourire, nous touche, nous épate avec ses acrobaties, nous amuse en « ultra-femme »  aux gestes à la fois subtils et outranciers. Enzo, le clown au si beau costume (Miko Bouradier) et à la voix puissante, sans oublier Lola (Alexis Haouadeg), aux divins coups de fouet et aux pas de danse souples et sensuels -malgré un timbre de voix un peu faible­-  atténuent les toutes petites déceptions de ce Cirque plein d’airs. Sans oublier la fidèle chorégraphe Alama de Villalobos. Bon, c’est vrai, il y a la petite leçon gentillette qu’on retrouve à la fin de chaque pièce : « On s’aime tous, on ne doit exclure personne ». Et aussi, « Soyez vous-mêmes ». Mais qu’importe au fond, le plaisir est là. Vous aussi, restez tels que vous êtes. Et faites-nous rire encore longtemps. On vous attend.  ...

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La femme au serpent, Claude Izner, éditions 10/18
Oct05

La femme au serpent, Claude Izner, éditions 10/18

Lorsque Laurence et Liliane, les deux sœurs qui se cachent sous le pseudonyme de Claude Izner, ont décidé de mettre fin aux aventures du libraire Victor Legris, nul doute que leurs lecteurs ont été déçus. Euphrosine, Joseph, Tasha et les autres allaient nous manquer.

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Les vacanciers, Emma Straub, éditions 10/18
Août30

Les vacanciers, Emma Straub, éditions 10/18

Pour la plupart d’entre vous, les vacances sont finies et bien finies. Voici un livre qui vous en rappellera certaines sensations. La chaleur, l’eau, les repas entre amis qui traînent, les apéritifs sur la terrasse à n’en plus finir. Les retrouvailles, chaleureuses ou distantes.

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Colette & l’amour, Poche Montparnasse
Juin16

Colette & l’amour, Poche Montparnasse

Sensuelle, amoureuse, passionnée, Colette était également audacieuse et courageuse. Et Philippe Tesson comme Elisabeth Quin font partager avec délectation leur admiration pour ce personnage hors normes.

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Les fils d’Odin, Harald Gilbers, éditions 10/18
Mai06

Les fils d’Odin, Harald Gilbers, éditions 10/18

Le style d’Harald Gilbers est fluide, les descriptions si subtiles et précises qu’on vit littéralement ce récit. Les abris anti-aériens paraissent réels : escaliers, odeurs de terre, odeurs de peur, le temps qui passe si lentement.

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Une saison en enfer, Arthur Rimbaud, Ulysse di Gregorio, Lucernaire
Mar13
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Hôtel Feydeau
Jan20

Hôtel Feydeau

Drôle, immensément drôle, le roi des quiproquos demeure actuel. Mais n’te promène donc pas toute nue, L’Hôtel du libre-échange, Le système Ribadier : ces histoires de mari cocu, de femme infidèle, de domestiques insolents sont intemporelles.

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Brasseur et les enfants du paradis, Théâtre du Petit Saint-Martin
Oct01

Brasseur et les enfants du paradis, Théâtre du Petit Saint-Martin

J’ai découvert dans cette pièce un comédien magnifique.

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Le Goujon Folichon, cabaret de Maison Close, Julien Fanthou, Théâtre du Marais
Avr10

Le Goujon Folichon, cabaret de Maison Close, Julien Fanthou, Théâtre du Marais

Loufoque, tendre et délicat, ce spectacle donne une seule envie au spectateur : qu’il continue, qu’il soit connu.

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Le pas du Renard
Mar07

Le pas du Renard

L’un, grand blond, beau gosse et tombeur est un scientifique. J’ai nommé Nathan Masson. L’autre, brun, à la fine moustache bien datée est Etienne Kaplan, colonel des services secrets français. Comme dans le binôme british on retrouve un scientifique et un militaire.

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Il est de Retour
Déc30

Il est de Retour

Passé l’étonnement des premiers jours, Hitler se ressaisit et revient à sa préoccupation première : rendre à l’Allemagne sa grandeur et, pour ce faire, se débarrasser de la femme qui dirige désormais le pays. Bien évidemment, personne ne le prend au sérieux et ne croit un instant que ce monstre est de retour.

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Projections macabres
Oct20

Projections macabres

Bon, c’est vrai, les premières pages peuvent agacer le néophyte, ou celui qui ne connaît pas les célébrités du début du vingtième siècle. Se retrouver à chaque page avec des références à Emilienne d’Alençon, Cléo de Mérode ou la grande Marguerite Moreno, peut lasser.

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La Belle Saison
Sep11

La Belle Saison

Le film est tout sauf passéiste et, dans la deuxième partie, grâce au talent des deux comédiennes, il prend une autre dimension, toute d’ampleur et de force. Les images de lumière et de blés – comme sur l’affiche magnifique – la campagne opulente, les corps enlacés sans voyeurisme mais avec un étonnant naturel, tout cela est superbement filmé par Catherine Corsini.

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Comme un Avion
Juin19

Comme un Avion

Certains trouveront peut-être cela un peu facile : oui, les gens qu’il rencontre semblent plus détendus, plus simples. Oui, les gags rapides, clins d’œil aux débuts du burlesque, sont vraiment drôles. Mais cela n’empêche pas les déconvenues, les déceptions, les embûches. Pourtant, plus le film passe, plus Michel « lâche prise ». Certes, la technologie n’est jamais loin :

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Voyage en Chine
Avr05

Voyage en Chine

Cadrages serrés, demi-teintes et clair obscur, le réalisateur choisit délibérément de filmer l’intime, tout en nuances et en expressions mêlées. Il sait faire passer mille sentiments en cadrant des mains, des regards, des larmes. Avec une justesse étonnante. Pas de mièvrerie ici, ni de sensiblerie.

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David Bowie is, Philarmonie de Paris
Avr01

David Bowie is, Philarmonie de Paris

On est tous un peu David Bowie, on a tous une chanson de lui en tête, une image, un visage.

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Il était une fois complètement à l’Ouest, Caramels fous, Théâtre Dejazet
Jan29

Il était une fois complètement à l’Ouest, Caramels fous, Théâtre Dejazet

Ça y est, ils sont enfin revenus ! Les Caramels fous, troupe de chanteurs et comédiens gays, est de retour pour notre plus grand plaisir. Et le leur aussi, visiblement. Ils ont l’air tous tellement heureux d’être sur scène, de nous offrir ce moment de bonheur et d’éclats de rire que, forcément, ça rejaillit sur la salle, conquise d’avance cependant. Les Caramels, c’est une aventure incroyable, qui dure depuis plus de trente ans. Depuis le début, ces fous chantants ont leur cohorte de fans, leurs adeptes inconditionnels. Et peu importe que l’auteur change –Michel Heim vient de laisser la place à Antony Puiraveaud – que de nouveaux comédiens en remplacent d’autres, le public est là, fidèle au poste. Les Caramels sont bénévoles et pourtant, bien des troupes professionnelles pourraient les prendre en exemple. Cela dit, c’est un bénévolat particulier… Un vrai sacerdoce. En effet, chacun des volontaires sait qu’il signe pour une période donnée (qu’il peut ou non renouveler) durant laquelle ses loisirs vont être presque totalement couleur caramel. Répétitions, apprentissage du chant et de la danse, coup de main pour les décors, la couture et j’en passe : le temps libre est consacré au futur spectacle. Et ça marche. Mais qu’ils en ont fait, du chemin, depuis Les Dindes galantes ! Ah, l’incroyablement hilarante Madame Mouchabeurre et Pas de gondoles pour Denise… Textes détournés, personnages féminins étonnants, petits clins d’œil à l’air du temps… Chaque fois, le bonheur est au rendez-vous. Cette fois, la troupe nous accueille au Crazy Pony Saloon et nous reviennent en mémoire les films de western de notre enfance, sans oublier les BD de Lucky Luke… Il y a Ma, les danseuses, la Cheyenne, le croque-mort, le chercheur d’or, bref personne n’est oublié. Mais ô surprise, dans cet univers très macho arrive un charmant coiffeur. Et là, l’histoire dérape et nous entraine dans des péripéties toutes plus loufoques et tendres les unes que les autres. Le décor, sobre et réaliste à la fois, est à la hauteur et les costumes sont particulièrement réussis. Des danses country et des bavardages surréalistes font écho aux voix, dont certaines sont particulièrement belles. Xavier Sibuet, croquemort déjà remarqué en marin dans Madame Mouchabeurre, nous donnerait des frissons. Et il faut entendre Thierry Quessada chanter « Femme d’1mètre 80 » pour saisir totalement l’univers des Caramels. Laury André, inoubliable Bécassine de Mme Mouchabeurre –sans oublier son clin d’œil à Britney Spears dans Pas de gondoles – est toujours aussi doué, qu’il chante, qu’il grimace, qu’il danse. Il est là depuis 2003 et, espérons-le, pour longtemps encore. Laissez-vous entrainer dans ce saloon d’un autre temps, venez rire en reconnaissant des musiques familières, laissez-vous bercer par cette...

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