La Magie lente, Denis Lachaud, Benoit Giros, Pierre Notte, Théâtre de la Reine Blanche
Déc18

La Magie lente, Denis Lachaud, Benoit Giros, Pierre Notte, Théâtre de la Reine Blanche

Mais si Louvier n’est pas schizophrène, alors qu’il se définit comme tel depuis 10 ans: qui est-il? C’est cette énigme que la relation de soin va chercher à éclaircir. C’est une révélation et une mue qu’on accompagne.

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Sœurs (Marina et Audrey), Pascal Rambert, Audrey Bonnet, Marina Hands, Bouffes du Nord,
Nov29

Sœurs (Marina et Audrey), Pascal Rambert, Audrey Bonnet, Marina Hands, Bouffes du Nord,

Malgré la gravité de leurs mots, le lien entre ces deux-là ne se rompt jamais, et l’attention entre elles et nous se maintient sans faille pendant 1h30.

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Actrices, Pascal Rambert, Marina Hands, Bouffes du Nord
Déc17

Actrices, Pascal Rambert, Marina Hands, Bouffes du Nord

“Actrice”, une pièce comme une déclaration d’amour aux acteurs, à leur gloire et à leur fragilité.

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Democracy in America, Castellucci, Tocqueville,
Oct23

Democracy in America, Castellucci, Tocqueville,

Une œuvre qui interroge la naissance de la démocratie américaine, et permet de souligner les zones d’ombre de toute démocratie ; un spectacle total inédit. Comment lois, chartes, compromis, batailles et traités de paix, ont émaillé et figé l’Histoire des Etats-Unis, à partir de l’aventure de pionniers puritains guidés par la foi, contre les Indiens, contre les Noirs, contre une Nature à dompter. Le récit ici s’intéresse à une famille de paysans puritains, menacée de famine. Le dispositif nous donne à voir, à travers différents filtres (écran de projection, bâche en plastique), une petite communauté de pionniers. Le dos voûté à travailler la terre, les silhouettes nous rappellent les peintures de Millet. Premier tableau : il pleut sur le plateau, il fait nuit, la femme vient échanger (vendre ?) son enfant à un couple, contre un sac d’outils et de semences. Tableau suivant, deux indiens aux aguets évoquent l’échange, auquel ils ont assisté la nuit précédente. Ils s’enseignent des rudiments de langue anglaise ; l’un veut apprendre, l’autre non. Ils débattent et au sujet des visages pâles, disent en substance : « Leur langue ne désignent pas nos choses, mais c’est par leur langue qu’ils désignent ce qu’ils veulent nous prendre. » Tableau suivant : la femme n’arrive pas à avouer l’échange à son mari. Elle blasphème et c’est par une langue inconnue d’elle (la langue des Indiens précisément), que, possédée, elle avoue l’horreur de l’échange. Revenue à elle, elle est capable de décrire le dilemme qui l’a amené à ce choix. On entend le tribunal communautaire la condamner. Tableau final : une danse mystique, sacrificielle. Surgit alors l’opération cruciale, vertigineuse, le fondement de la tragédie : la catharsis. On se souvient ici du rapport étroit, de la gémellité presque, entre théâtre et démocratie. On rêve éveillé, on admire la danse frénétique (entre derviches tourneurs et prêtres du Ku Klux clan) qui vise au sacrifice de la mère (femme malade, sorcière ?). Surtout on est secoué, saisi physiquement par la bande-son de Scott Gibbons. C’est comme si tout le théâtre vibrait sous les éclats des sabres brandis qui s’entrechoquent. L’œil aussi est fasciné par les images floues, par les reflets des sabres démultipliés, le scintillement de l’eau sur le plateau. On vit donc une expérience de spectacle total qui saisit notre corps et fascine notre esprit. Ce spectacle de Claudia et Romeo Castellucci est concis (1h45), serré autour de son sujet ; moins orgiaque qu’ « Orestie » vu à l’Odéon en décembre 2015, (spectacle rappelons-le interdit aux moins de 16 ans), il donne encore à voir et à sentir une expérience inédite. Les représentations de « Democracy in...

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Une saison en enfer, Arthur Rimbaud, Jean-Quentin Châtelain, Ulysse di Gregorio, Lucernaire
Mar21

Une saison en enfer, Arthur Rimbaud, Jean-Quentin Châtelain, Ulysse di Gregorio, Lucernaire

Pour la 3ème fois, j’ai la chance d’écouter Jean-Quentin Châtelain dans l’art du monologue.

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Drôles de vampires, Richard Demarcy

Comédie musicale rock tout public (à partir de 6 ans)

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GRAND SYMPOSIUM : TOUT SUR L’AMOUR, Emma la clown, Catherine Dolto, Théâtre de Belleville 
Jan17
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Tartuffe, Molière, Luc Bondy, Odéon
Mar06

Tartuffe, Molière, Luc Bondy, Odéon

Comment décrire Micha Lescot en Tartuffe? Bluffant et glaçant. Il rampe presque. Il se déplace pieds nus, se tortille comme une anguille.

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Le Discours aux animaux, Valère Novarina, André Marcon, Bouffes du Nord
Fév14

Le Discours aux animaux, Valère Novarina, André Marcon, Bouffes du Nord

J’ai quelque difficulté à rédiger une chronique digne de ce nom sur ce spectacle…

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Dans la solitude des champs de coton, Bernard-Marie Koltès, Bouffes du Nord
Fév11

Dans la solitude des champs de coton, Bernard-Marie Koltès, Bouffes du Nord

Vous connaissez peut-être la célèbre (3ème) mise en scène de Patrice Chéreau ou du moins quelques images de la pièce interprétée par lui-même et Pascal Greggory, émergeant du brouillard dans le décor de Richard Peduzzi. Ici c’est une proposition inédite qui est donnée au Théâtre des Bouffes du Nord, née de la collaboration de Roland Auzet, metteur en scène-compositeur-percussionniste (il se définit comme un « écrivain de plateau »), et de Wilfried Wendling et sa compagnie La Muse en circuit qui développe depuis 2007 les « Concerts sous Casque ». Les deux personnages traditionnellement interprétés par des hommes (le dealer, le client) sont ici interprétés par deux comédiennes talentueuses et chevronnées, Audrey Bonnet et Anne Alvaro. Au départ, le dealer attend aux pieds des tours d’immeubles, la nuit tombée. Il a quelque chose à vendre, il cherche un contact (une autre solitude?). Quelqu’un (le client), parmi tous les passants qui se font plus rares à cette heure, croise son regard. Il l’aborde. C’est le début d’une joute verbale. D’un combat où l’on esquive les coups. Et comme dans un long jeu psychologique, à un moment donné, les rôles s’inversent. Dans le triangle dramatique*, on occupe toujours l’un de ces trois rôles: la Victime, le Persécuteur ou le Sauveteur.  Tant que le racket fonctionne, les deux personnes impliquées jouent leur rôle et l’échange peut durer interminablement. C’est ce qu’il se passe au début de la pièce de Koltès, entre le dealer et le client. Le dealer, d’abord Persécuteur (on le dit « retors »), suggère qu’il peut satisfaire tout désir, même inavoué, même inespéré, du client, d’abord Victime supposée (comparé à une poule chassée dans une cour de ferme ou à un gamin craignant un coup de son père). Le client hésite. Et l’on pense vraiment que c’est une question de temps avant qu’il n’exprime son désir, que le dealer s’empressera de satisfaire. Mais tout à coup, patatras: coup de théâtre: le client quitte son rôle. Il ne quémandera rien. Ne devra rien. Ne sera en rien débiteur. Il refuse le contact sur son bras, la familiarité d’un souvenir partagé, la simple camaraderie, et tout plaisir. Il ne veut rien. Alors le dealer exige quand même d’être payé. Pour quoi? Pour le temps passé, à espérer le deal, « à faire l’article ». Le client, devenu Persécuteur, lui assène le coup de grâce. Et propose de sortir du « jeu psychologique », de se défaire des étiquettes, d’être, tous deux « des zéros ». Dans la théorie de Berne, la fin du jeu psychologique correspond au début de l’authenticité. On s’arrache aux rôles prédéfinis (par nos croyances et par le regard des autres) pour entrer dans la communication véritable, une relation d’enrichissement mutuel. Mais c’est ici hors-plateau, hors sujet....

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Baba Yaga,  Héloïse Martin, compagnie Carabistouilles, Comédie Bastille
Fév07

Baba Yaga, Héloïse Martin, compagnie Carabistouilles, Comédie Bastille

  LA BABA YAGA, c’est un conte traditionnel russe, cité notamment par Clarissa Pinkola Estés dans son excellent essai “Femmes qui courent avec les loups”. C’est un modèle de résilience. Et c’est surtout un bon moment de théâtre à partager en famille, le week-end à la Comédie Bastille.* Vassilissa, une petite fille gracile et attachante, aux couettes blondes bientôt chiffonnées, vit dans la taïga. Son père s’absente souvent. Sa mère meurt quand elle a seulement six ans, non sans lui remettre un objet magique, une poupée fétiche qu’elle pourra appeler à l’aide au besoin. Ses ennuis commencent quand son père se remarie avec une femme dure et sèche ; la marâtre l’exploite et, cherchant à se débarrasser d’elle, envoie Vassilissa chercher du feu chez le seul être qui en possède dans cette sombre forêt: la vieille et cruelle (supposée ogresse ou sorcière) BABA YAGA. Grâce à l’amour de sa mère qui vit toujours en elle, grâce à sa poupée magique, et surtout grâce à ses propres qualités, Vassilissa échappera à son sort. Et plus: elle réhabilite la grand-mère BABA YAGA, retrouve son père, envoie la marâtre brûler en Enfer et, brillante de sa toute nouvelle énergie, séduit le Tsar qui passait par là… Vous l’aurez compris, Vassilissa l’emporte malgré ses doutes, peurs et fragilités, grâce à ses qualités et à sa force intérieure. Une leçon de sagesse et de “vraie vie”, pour nos enfants gavés d’aventures de super-héros plutôt invraisemblables… Le costume de la BABA YAGA ne manquera pas de vous étonner. Le spectacle de la compagnie Carabistouilles réserve aussi des chansons russes et pas mal d’interactivité. Les petits spectateurs en sortent excités et ravis. Comédie Bastille, 5 rue Nicolas Appert, 75011 Paris Tel: * Samedi à 14h30, dimanche à 10h30 ; pendant les vacances scolaires, du lundi au samedi à...

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Ben, Eco-responsable, Lucernaire
Déc15

Ben, Eco-responsable, Lucernaire

Le Lucernaire, ce lieu mythique de Saint Germain des Prés, qui a accueilli Laurent Terzieff mais aussi Sylvie Joly ou Michel Boujenah, a aussi une tradition du stand-up !

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Orestie, une comédie organique, Romeo Castellucci, Odéon
Déc10

Orestie, une comédie organique, Romeo Castellucci, Odéon

Un spectacle hors-normes, différent, dérangeant sûrement. Pour les amateurs de sensations fortes et les psychologies un peu barrées.

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Le Maniement des larmes, Nicolas Lambert, Grand Parquet
Déc06

Le Maniement des larmes, Nicolas Lambert, Grand Parquet

Nicolas Lambert ne vient ni du spectacle, ni du journalisme, c’est peut-être pour cette raison qu’il a su créer un genre hybride, trouver le point de jonction entre ces deux univers.

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FOI AMOUR ESPÉRANCE, Odon von Horvath, Usine Hollander
Nov30

FOI AMOUR ESPÉRANCE, Odon von Horvath, Usine Hollander

C’est un travail minutieux au service d’une esthétique sophistiquée. Et pourtant ça respire, ça vit, ça n’est pas figé comme une image. Sans doute parce que les choix sont audacieux,

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Primera carta de San Pablo a los Corintios
Nov26

Primera carta de San Pablo a los Corintios

Un dérèglement de tous les sens : c’est la douloureuse expérience de l’Amour mystique par Angelica Lidell. Le spectacle “Primera carta de San Pablo a los Corintios”, “Première épître de saint Paul aux Corinthiens”, de et par Angelica Liddell, est le dernier volet d’une trilogie sur l’Amour, sur les émotions primitives de l’être en quête de Dieu (ou de l’Amour). Il clôt le “cycle des Résurrections” qui comprend “Tandy” et “You are my destiny”. Dans “Primera carta…” on entend et on lit la Bible, mais aussi une lettre (lettre de Marta à Tomas) extraite du film “Les Communiants” d’Ingmar Bergman, et une création d’Angelica Liddell: “Lettre de la Reine du Calvaire au Grand Amant”. Angelica Liddell nous parle de l’Amour, ou plutôt de son impossible venue; elle compare sans cesse nos pauvres expériences de misérables vivants avec nos idéaux de fusion, de transcendance, d’auto-guérison et d’auto-transformation par l’Amour. Cela donne une étrange fête avec d’obscures apparitions. Premier tableau: La scène comme un majestueux canapé rouge. Des rideaux rouges tombent des cintres, tombent en volutes, s’amassant côté cour et côté jardin, dessinant des vagues de velours sur toute la surface de la grande scène de l’Odéon. En fond de scène, une majestueuse odalisque veille et invite d’abord au désir. Une jeune femme au regard magnétique, dont les cheveux bouclés volent sur un coussin blanc. Sa main gauche couvre pudiquement son pubis, le pied droit enfoui sous le mollet blanc de la jambe opposée, un petit chien dormant en boule à ses pieds. Elle ne rougit pas de sa nudité, et affirme une jeunesse sereine, une disponibilité offerte. Silence. Sur scène, une jeune fille muette est surprise par l’irruption d’un homme nu, grand, fort, aux cheveux longs, la peau entièrement dorée. L’homme se sert du vin dans une coupe qu’il vide; le linge qui essuie la trace de ses lèvres, la jeune fille le gardera jusqu’à la scène finale. Au 2ème tableau, Angelica fume en déambulant sur le tapis de velours rouge. Les volutes de fumée cachent bientôt entièrement l’odalisque. La sensualité s’obscurcit et le désir devient mortifère. On écoute la lettre de Marta à Tomas, de Bergman. Au tableau 3, Angelica fume encore, ses longs cheveux noirs coulent de part et d’autre de sa poitrine. Elle dit la “lettre de la Reine du Calvaire.” Une lettre d’amour à un homme qui n’est que le substitut de Dieu, une étape vers Dieu. Une lettre de manque, d’inassouvissement, de désespoir. Où des questions telles que “Est-ce-que la haine est une forme d’amour?” émergent. Quelque rires émergent aussi, du public. L’amour, juste expression du cœur ou débordement du cœur et dérèglement de tous...

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La fin de l’homme Rouge ou le temps du désenchantement
Nov16

La fin de l’homme Rouge ou le temps du désenchantement

Trois grandes parties se distinguent: Svetlana Alexeievitch nous parle de son travail d’écrivain-journaliste: sa méthode, ses motivations, et par là, sa place et son identité. Une jeune femme à l’accent russe, pleine de ferveur, joue le coryphée.

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Merlin l’apprenti enchanteur
Nov11

Merlin l’apprenti enchanteur

Le décor est simple, astucieux et élégant, composé de paravents peints représentant tout à tour des scènes d’intérieur et d’extérieur. L’univers est sympathique, mélange d’objets anciens et de high-tech: exemple, Merlin reçoit des messages instantanés, mais sans téléphone, car des rubans colorés volent ou sont dissimulés dans le décor, rubans que Merlin déroule et lit comme des télégrammes du futur

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Battlefield, Peter Brook, Bouffes du Nord
Oct09

Battlefield, Peter Brook, Bouffes du Nord

Sept-cent millions de victimes, dont vingt-quatre mille chefs massacrés gisant sur un immense champ de bataille… Ces chiffres donnent le vertige; ils sont démesurés, comme l’épopée dont est tirée la pièce “Battlefield”. Oui, le “Mahabharata”, considéré comme le plus long poème jamais écrit, date de plusieurs milliers d’années. Il conte la guerre entre deux familles cousines, les Pandavas et les Kauravas, de la jalousie des débuts à l’immense conflit final, en passant par les tentatives de conciliation. On y voit des amours contrariées, des apparitions et interventions divines, des actions héroïques: c’est un feuilleton de récits enchâssés, émaillé de fables, de contes de sagesse, dont la morale est à l’opposé de celle de La Fontaine (univoque et simpliste): subtile et surprenante. En 1985, Peter Brook présentait en Avignon une version “épurée” de cette grande épopée de la mythologie hindoue, longue de 9 heures, d’après le texte de Jean-Claude Carrière. Aujourd’hui, avec la collaboration de Marie-Hélène Estienne, il en recrée (en 1h15) un passage seulement. “Battlefield” commence au moment où le vainqueur de la guerre, Yudishtira, réalise l’ampleur de la catastrophe et l’immense tâche à accomplir: gouverner. Comment trouver l’espoir et le courage nécessaires sur ce champ de batailles où ont péri presque tous ses proches? Yudishtira est épaulé par sa mère, son oncle, le vieux Roi aveugle, son grand-père et le Dieu Krishna. Ils évoquent pour lui des contes où les vers de terre parlent aux sages, où les hommes parlant aux Dieux font preuve de ruse, de couardise ou d’audace.  Comme toujours, Peter Brook réunit une troupe d’acteurs très expérimentés venus des quatre coins du monde : Carole Karemera (qui est belge d’origine rwandaise), Jared McNeill (américain, qui interprétait en 2014 “The Suit” sous la direction de Peter Brook), Ery Nzaramba (formé à Bruxelles et au Royaume-Uni) et Sean O’Callaghan (irlandais). Le percussionniste japonais Toshi Tsuchitori accompagne sur scène les métamorphoses des différents personnages. A la lumière, on retrouve Philippe Viallatte, qui a avait créé la lumière pour le Mahabharata en 1985 et qui, depuis 1993, a signé la lumière de toutes les créations de Peter Brook aux Bouffes du Nord.   La direction d’acteurs est d’une simplicité, d’un dépouillement extraordinaires; le jeu, sans être dénué d’émotion, est d’une grande efficacité. C’est une interprétation “mûre”, évidemment. A 90 ans, Peter Brook nous transmet la sagesse des textes anciens et continue à nous impressionner.  Un très beau moment à partager. Au Théâtre des Bouffes du Nord 37 boulevard de la Chapelle, métro La Chapelle. Du 15 septembre au 17 octobre, du mardi au samedi à 20h30; matinées les samedis 3, 10 et 17 octobre à 15h30.  Réservations: 01.46.07.34.50.   Ce...

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Adolf Cohen, Jean-Loup Horwitz, Comédie Bastille
Sep28

Adolf Cohen, Jean-Loup Horwitz, Comédie Bastille

“Adolf Cohen”, un titre en forme d’oxymore qui annonce avec humour noir une comédie grinçante. En réalité, le récit d’une vie où la petite histoire rencontre la Grande, souvent dramatique. En bref: les parents d’Adolf Cohen n’étaient pas pratiquants, ils croyaient en l’assimilation. Même au milieu du ghetto d’Europe centrale où ils ont vécu la montée du nazisme, ils dénotaient. C’est Adolf qui a réclamé à sa mère de cuisiner casher et qui a amené ses parents aux prières quotidiennes. Réfugiée à Paris, la famille tente de nouveau l’assimilation mais les parents doivent se séparer de Georges à cause du danger que représente la collaboration. Confié à une institution catholique puis à une paysanne pétillante qu’il appelle bientôt maman, Adolf baptisé devient séminariste! Après bien des années et deux procès pour l’arracher à l’institution catholique, sa vraie mère le retrouve (1). Il regagne Paris, erre dans Saint Germain des Prés, rencontre Boris Vian, se cherche une véritable identité dans les dédales de son histoire. Il choisit finalement l’aventure et l’inconnu total: Israël! Devenu psychiatre, il soigne uniquement ses compatriotes juifs avant d’ouvrir les yeux sur la souffrance des musulmans palestiniens. Que de revirements dans une vie d’homme! Combien de révolutions intérieures sont nécessaires pour que chacun avance vers l’autre dans un esprit de tolérance? Combien de racines doit-on arracher, de combien d’influences doit-on se défaire, pour voir l’autre comme un autre soi-même? Ce sont toutes ces questions que soulève “Adolf Cohen”. Jean-Loup Horwitz interprète son propre texte avec bonté et humilité, tandis qu’Isabelle de Botton jubile (2), entre et sort, change de peau, passe de la mère juive à la paysanne catholique, puis à la palestinienne revendicative, avec brio. Venez revisiter notre Histoire récente avec ces comédiens talentueux à la Comédie Bastille, 5 rue Nicolas Appert dans le 11ème; du jeudi au samedi à 19h, le dimanche à 15h. “Adolf Cohen”, un texte de Jean-Loup Horwitz, interprété par Jean-Loup Horwitz et Isabelle de Botton, dans une mise en scène de Jacques Rosner.   (1) sur ce sujet délicat et passionnant, lire “Les Enfants cachés en France” de Nathalie Zajde et “Je me souviens” de Boris Cyrulnik (2) vous l’avez découverte au Petit Théâtre de Bouvard ou dans le trio “Les Filles” avec Mimie Mathy et Michèle Bernier: Isabelle de Botton, c’est...

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