Une saison en enfer, Arthur Rimbaud, Jean-Quentin Châtelain, Ulysse di Gregorio, Lucernaire
Mar21

Une saison en enfer, Arthur Rimbaud, Jean-Quentin Châtelain, Ulysse di Gregorio, Lucernaire

Pour la 3ème fois, j’ai la chance d’écouter Jean-Quentin Châtelain dans l’art du monologue.

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Drôles de vampires, Richard Demarcy

Comédie musicale rock tout public (à partir de 6 ans)

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GRAND SYMPOSIUM : TOUT SUR L’AMOUR, Emma la clown, Catherine Dolto, Théâtre de Belleville 
Jan17
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Tartuffe, Molière, Luc Bondy, Odéon
Mar06

Tartuffe, Molière, Luc Bondy, Odéon

Comment décrire Micha Lescot en Tartuffe? Bluffant et glaçant. Il rampe presque. Il se déplace pieds nus, se tortille comme une anguille.

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Le Discours aux animaux, Valère Novarina, André Marcon, Bouffes du Nord
Fév14

Le Discours aux animaux, Valère Novarina, André Marcon, Bouffes du Nord

J’ai quelque difficulté à rédiger une chronique digne de ce nom sur ce spectacle…

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Dans la solitude des champs de coton, Bernard-Marie Koltès, Bouffes du Nord
Fév11

Dans la solitude des champs de coton, Bernard-Marie Koltès, Bouffes du Nord

Vous connaissez peut-être la célèbre (3ème) mise en scène de Patrice Chéreau ou du moins quelques images de la pièce interprétée par lui-même et Pascal Greggory, émergeant du brouillard dans le décor de Richard Peduzzi. Ici c’est une proposition inédite qui est donnée au Théâtre des Bouffes du Nord, née de la collaboration de Roland Auzet, metteur en scène-compositeur-percussionniste (il se définit comme un « écrivain de plateau »), et de Wilfried Wendling et sa compagnie La Muse en circuit qui développe depuis 2007 les « Concerts sous Casque ». Les deux personnages traditionnellement interprétés par des hommes (le dealer, le client) sont ici interprétés par deux comédiennes talentueuses et chevronnées, Audrey Bonnet et Anne Alvaro. Au départ, le dealer attend aux pieds des tours d’immeubles, la nuit tombée. Il a quelque chose à vendre, il cherche un contact (une autre solitude?). Quelqu’un (le client), parmi tous les passants qui se font plus rares à cette heure, croise son regard. Il l’aborde. C’est le début d’une joute verbale. D’un combat où l’on esquive les coups. Et comme dans un long jeu psychologique, à un moment donné, les rôles s’inversent. Dans le triangle dramatique*, on occupe toujours l’un de ces trois rôles: la Victime, le Persécuteur ou le Sauveteur.  Tant que le racket fonctionne, les deux personnes impliquées jouent leur rôle et l’échange peut durer interminablement. C’est ce qu’il se passe au début de la pièce de Koltès, entre le dealer et le client. Le dealer, d’abord Persécuteur (on le dit « retors »), suggère qu’il peut satisfaire tout désir, même inavoué, même inespéré, du client, d’abord Victime supposée (comparé à une poule chassée dans une cour de ferme ou à un gamin craignant un coup de son père). Le client hésite. Et l’on pense vraiment que c’est une question de temps avant qu’il n’exprime son désir, que le dealer s’empressera de satisfaire. Mais tout à coup, patatras: coup de théâtre: le client quitte son rôle. Il ne quémandera rien. Ne devra rien. Ne sera en rien débiteur. Il refuse le contact sur son bras, la familiarité d’un souvenir partagé, la simple camaraderie, et tout plaisir. Il ne veut rien. Alors le dealer exige quand même d’être payé. Pour quoi? Pour le temps passé, à espérer le deal, « à faire l’article ». Le client, devenu Persécuteur, lui assène le coup de grâce. Et propose de sortir du « jeu psychologique », de se défaire des étiquettes, d’être, tous deux « des zéros ». Dans la théorie de Berne, la fin du jeu psychologique correspond au début de l’authenticité. On s’arrache aux rôles prédéfinis (par nos croyances et par le regard des autres) pour entrer dans la communication véritable, une relation d’enrichissement mutuel. Mais c’est ici hors-plateau, hors sujet....

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Baba Yaga,  Héloïse Martin, compagnie Carabistouilles, Comédie Bastille
Fév07

Baba Yaga, Héloïse Martin, compagnie Carabistouilles, Comédie Bastille

  LA BABA YAGA, c’est un conte traditionnel russe, cité notamment par Clarissa Pinkola Estés dans son excellent essai “Femmes qui courent avec les loups”. C’est un modèle de résilience. Et c’est surtout un bon moment de théâtre à partager en famille, le week-end à la Comédie Bastille.* Vassilissa, une petite fille gracile et attachante, aux couettes blondes bientôt chiffonnées, vit dans la taïga. Son père s’absente souvent. Sa mère meurt quand elle a seulement six ans, non sans lui remettre un objet magique, une poupée fétiche qu’elle pourra appeler à l’aide au besoin. Ses ennuis commencent quand son père se remarie avec une femme dure et sèche ; la marâtre l’exploite et, cherchant à se débarrasser d’elle, envoie Vassilissa chercher du feu chez le seul être qui en possède dans cette sombre forêt: la vieille et cruelle (supposée ogresse ou sorcière) BABA YAGA. Grâce à l’amour de sa mère qui vit toujours en elle, grâce à sa poupée magique, et surtout grâce à ses propres qualités, Vassilissa échappera à son sort. Et plus: elle réhabilite la grand-mère BABA YAGA, retrouve son père, envoie la marâtre brûler en Enfer et, brillante de sa toute nouvelle énergie, séduit le Tsar qui passait par là… Vous l’aurez compris, Vassilissa l’emporte malgré ses doutes, peurs et fragilités, grâce à ses qualités et à sa force intérieure. Une leçon de sagesse et de “vraie vie”, pour nos enfants gavés d’aventures de super-héros plutôt invraisemblables… Le costume de la BABA YAGA ne manquera pas de vous étonner. Le spectacle de la compagnie Carabistouilles réserve aussi des chansons russes et pas mal d’interactivité. Les petits spectateurs en sortent excités et ravis. Comédie Bastille, 5 rue Nicolas Appert, 75011 Paris Tel: * Samedi à 14h30, dimanche à 10h30 ; pendant les vacances scolaires, du lundi au samedi à...

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Ben, Eco-responsable, Lucernaire
Déc15

Ben, Eco-responsable, Lucernaire

Le Lucernaire, ce lieu mythique de Saint Germain des Prés, qui a accueilli Laurent Terzieff mais aussi Sylvie Joly ou Michel Boujenah, a aussi une tradition du stand-up !

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Orestie, une comédie organique, Romeo Castellucci, Odéon
Déc10

Orestie, une comédie organique, Romeo Castellucci, Odéon

Un spectacle hors-normes, différent, dérangeant sûrement. Pour les amateurs de sensations fortes et les psychologies un peu barrées.

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Le Maniement des larmes, Nicolas Lambert, Grand Parquet
Déc06

Le Maniement des larmes, Nicolas Lambert, Grand Parquet

Nicolas Lambert ne vient ni du spectacle, ni du journalisme, c’est peut-être pour cette raison qu’il a su créer un genre hybride, trouver le point de jonction entre ces deux univers.

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FOI AMOUR ESPÉRANCE, Odon von Horvath, Usine Hollander
Nov30

FOI AMOUR ESPÉRANCE, Odon von Horvath, Usine Hollander

C’est un travail minutieux au service d’une esthétique sophistiquée. Et pourtant ça respire, ça vit, ça n’est pas figé comme une image. Sans doute parce que les choix sont audacieux,

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Primera carta de San Pablo a los Corintios
Nov26

Primera carta de San Pablo a los Corintios

Un dérèglement de tous les sens : c’est la douloureuse expérience de l’Amour mystique par Angelica Lidell. Le spectacle “Primera carta de San Pablo a los Corintios”, “Première épître de saint Paul aux Corinthiens”, de et par Angelica Liddell, est le dernier volet d’une trilogie sur l’Amour, sur les émotions primitives de l’être en quête de Dieu (ou de l’Amour). Il clôt le “cycle des Résurrections” qui comprend “Tandy” et “You are my destiny”. Dans “Primera carta…” on entend et on lit la Bible, mais aussi une lettre (lettre de Marta à Tomas) extraite du film “Les Communiants” d’Ingmar Bergman, et une création d’Angelica Liddell: “Lettre de la Reine du Calvaire au Grand Amant”. Angelica Liddell nous parle de l’Amour, ou plutôt de son impossible venue; elle compare sans cesse nos pauvres expériences de misérables vivants avec nos idéaux de fusion, de transcendance, d’auto-guérison et d’auto-transformation par l’Amour. Cela donne une étrange fête avec d’obscures apparitions. Premier tableau: La scène comme un majestueux canapé rouge. Des rideaux rouges tombent des cintres, tombent en volutes, s’amassant côté cour et côté jardin, dessinant des vagues de velours sur toute la surface de la grande scène de l’Odéon. En fond de scène, une majestueuse odalisque veille et invite d’abord au désir. Une jeune femme au regard magnétique, dont les cheveux bouclés volent sur un coussin blanc. Sa main gauche couvre pudiquement son pubis, le pied droit enfoui sous le mollet blanc de la jambe opposée, un petit chien dormant en boule à ses pieds. Elle ne rougit pas de sa nudité, et affirme une jeunesse sereine, une disponibilité offerte. Silence. Sur scène, une jeune fille muette est surprise par l’irruption d’un homme nu, grand, fort, aux cheveux longs, la peau entièrement dorée. L’homme se sert du vin dans une coupe qu’il vide; le linge qui essuie la trace de ses lèvres, la jeune fille le gardera jusqu’à la scène finale. Au 2ème tableau, Angelica fume en déambulant sur le tapis de velours rouge. Les volutes de fumée cachent bientôt entièrement l’odalisque. La sensualité s’obscurcit et le désir devient mortifère. On écoute la lettre de Marta à Tomas, de Bergman. Au tableau 3, Angelica fume encore, ses longs cheveux noirs coulent de part et d’autre de sa poitrine. Elle dit la “lettre de la Reine du Calvaire.” Une lettre d’amour à un homme qui n’est que le substitut de Dieu, une étape vers Dieu. Une lettre de manque, d’inassouvissement, de désespoir. Où des questions telles que “Est-ce-que la haine est une forme d’amour?” émergent. Quelque rires émergent aussi, du public. L’amour, juste expression du cœur ou débordement du cœur et dérèglement de tous...

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La fin de l’homme Rouge ou le temps du désenchantement
Nov16

La fin de l’homme Rouge ou le temps du désenchantement

Trois grandes parties se distinguent: Svetlana Alexeievitch nous parle de son travail d’écrivain-journaliste: sa méthode, ses motivations, et par là, sa place et son identité. Une jeune femme à l’accent russe, pleine de ferveur, joue le coryphée.

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Merlin l’apprenti enchanteur
Nov11

Merlin l’apprenti enchanteur

Le décor est simple, astucieux et élégant, composé de paravents peints représentant tout à tour des scènes d’intérieur et d’extérieur. L’univers est sympathique, mélange d’objets anciens et de high-tech: exemple, Merlin reçoit des messages instantanés, mais sans téléphone, car des rubans colorés volent ou sont dissimulés dans le décor, rubans que Merlin déroule et lit comme des télégrammes du futur

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Battlefield, Peter Brook, Bouffes du Nord
Oct09

Battlefield, Peter Brook, Bouffes du Nord

Sept-cent millions de victimes, dont vingt-quatre mille chefs massacrés gisant sur un immense champ de bataille… Ces chiffres donnent le vertige; ils sont démesurés, comme l’épopée dont est tirée la pièce “Battlefield”. Oui, le “Mahabharata”, considéré comme le plus long poème jamais écrit, date de plusieurs milliers d’années. Il conte la guerre entre deux familles cousines, les Pandavas et les Kauravas, de la jalousie des débuts à l’immense conflit final, en passant par les tentatives de conciliation. On y voit des amours contrariées, des apparitions et interventions divines, des actions héroïques: c’est un feuilleton de récits enchâssés, émaillé de fables, de contes de sagesse, dont la morale est à l’opposé de celle de La Fontaine (univoque et simpliste): subtile et surprenante. En 1985, Peter Brook présentait en Avignon une version “épurée” de cette grande épopée de la mythologie hindoue, longue de 9 heures, d’après le texte de Jean-Claude Carrière. Aujourd’hui, avec la collaboration de Marie-Hélène Estienne, il en recrée (en 1h15) un passage seulement. “Battlefield” commence au moment où le vainqueur de la guerre, Yudishtira, réalise l’ampleur de la catastrophe et l’immense tâche à accomplir: gouverner. Comment trouver l’espoir et le courage nécessaires sur ce champ de batailles où ont péri presque tous ses proches? Yudishtira est épaulé par sa mère, son oncle, le vieux Roi aveugle, son grand-père et le Dieu Krishna. Ils évoquent pour lui des contes où les vers de terre parlent aux sages, où les hommes parlant aux Dieux font preuve de ruse, de couardise ou d’audace.  Comme toujours, Peter Brook réunit une troupe d’acteurs très expérimentés venus des quatre coins du monde : Carole Karemera (qui est belge d’origine rwandaise), Jared McNeill (américain, qui interprétait en 2014 “The Suit” sous la direction de Peter Brook), Ery Nzaramba (formé à Bruxelles et au Royaume-Uni) et Sean O’Callaghan (irlandais). Le percussionniste japonais Toshi Tsuchitori accompagne sur scène les métamorphoses des différents personnages. A la lumière, on retrouve Philippe Viallatte, qui a avait créé la lumière pour le Mahabharata en 1985 et qui, depuis 1993, a signé la lumière de toutes les créations de Peter Brook aux Bouffes du Nord.   La direction d’acteurs est d’une simplicité, d’un dépouillement extraordinaires; le jeu, sans être dénué d’émotion, est d’une grande efficacité. C’est une interprétation “mûre”, évidemment. A 90 ans, Peter Brook nous transmet la sagesse des textes anciens et continue à nous impressionner.  Un très beau moment à partager. Au Théâtre des Bouffes du Nord 37 boulevard de la Chapelle, métro La Chapelle. Du 15 septembre au 17 octobre, du mardi au samedi à 20h30; matinées les samedis 3, 10 et 17 octobre à 15h30.  Réservations: 01.46.07.34.50.   Ce...

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Adolf Cohen, Jean-Loup Horwitz, Comédie Bastille
Sep28

Adolf Cohen, Jean-Loup Horwitz, Comédie Bastille

“Adolf Cohen”, un titre en forme d’oxymore qui annonce avec humour noir une comédie grinçante. En réalité, le récit d’une vie où la petite histoire rencontre la Grande, souvent dramatique. En bref: les parents d’Adolf Cohen n’étaient pas pratiquants, ils croyaient en l’assimilation. Même au milieu du ghetto d’Europe centrale où ils ont vécu la montée du nazisme, ils dénotaient. C’est Adolf qui a réclamé à sa mère de cuisiner casher et qui a amené ses parents aux prières quotidiennes. Réfugiée à Paris, la famille tente de nouveau l’assimilation mais les parents doivent se séparer de Georges à cause du danger que représente la collaboration. Confié à une institution catholique puis à une paysanne pétillante qu’il appelle bientôt maman, Adolf baptisé devient séminariste! Après bien des années et deux procès pour l’arracher à l’institution catholique, sa vraie mère le retrouve (1). Il regagne Paris, erre dans Saint Germain des Prés, rencontre Boris Vian, se cherche une véritable identité dans les dédales de son histoire. Il choisit finalement l’aventure et l’inconnu total: Israël! Devenu psychiatre, il soigne uniquement ses compatriotes juifs avant d’ouvrir les yeux sur la souffrance des musulmans palestiniens. Que de revirements dans une vie d’homme! Combien de révolutions intérieures sont nécessaires pour que chacun avance vers l’autre dans un esprit de tolérance? Combien de racines doit-on arracher, de combien d’influences doit-on se défaire, pour voir l’autre comme un autre soi-même? Ce sont toutes ces questions que soulève “Adolf Cohen”. Jean-Loup Horwitz interprète son propre texte avec bonté et humilité, tandis qu’Isabelle de Botton jubile (2), entre et sort, change de peau, passe de la mère juive à la paysanne catholique, puis à la palestinienne revendicative, avec brio. Venez revisiter notre Histoire récente avec ces comédiens talentueux à la Comédie Bastille, 5 rue Nicolas Appert dans le 11ème; du jeudi au samedi à 19h, le dimanche à 15h. “Adolf Cohen”, un texte de Jean-Loup Horwitz, interprété par Jean-Loup Horwitz et Isabelle de Botton, dans une mise en scène de Jacques Rosner.   (1) sur ce sujet délicat et passionnant, lire “Les Enfants cachés en France” de Nathalie Zajde et “Je me souviens” de Boris Cyrulnik (2) vous l’avez découverte au Petit Théâtre de Bouvard ou dans le trio “Les Filles” avec Mimie Mathy et Michèle Bernier: Isabelle de Botton, c’est...

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Gauthier Fourcade, Essaïon
Sep24

Gauthier Fourcade, Essaïon

Un one-man show intelligent sur la place de l’enfance et de la poésie dans une vie d’homme. Si vous attendiez une révélation sur le Saint Graal, vous êtes mal tombés car le “seul-en-scène” de Gauthier Fourcade ne nous emmène pas du tout dans la Grande Histoire des Templiers, mais dans les méandres de la petite histoire d’un homme que sa femme vient de quitter. Le temps d’une nuit blanche, tout en veillant sur le sommeil de son fils, il se livre à des élucubrations poético-magiques sur le sens de la vie et de l’amour. Gauthier Fourcade évoque un clown triste qui cherche à comprendre “qu’est-ce-que l’amour?”, “Comment ça marche?”, “A quoi ça sert dans l’univers?”, tout en répondant à la question plus urgente: “Comment reconquérir ma femme?”… Cela donne une sorte de conférence burlesque, avec détours par les souvenirs d’enfance, emprunts à la physique quantique, mais surtout à la pataphysique, car si les bases du raisonnement sont fondées, les conclusions sont elles, complètement fantaisistes! Amateurs de jeux de mots et de délires physico-magiques, vous serez servis! Vous pourrez même en redemander car Gauthier Fourcade joue 2 spectacles en alternance à l’Essaïon à 19h30 : Les lundis : “Le secret du temps plié” Les mardis : “Le bonheur est à l’intérieur de l’extérieur de l’extérieur de l’intérieur, ou l’inverse” Il est également possible de relire ses textes en les commandant via son site officiel: http://www.gauthier-fourcade.com/ Un bémol: à l’oral, les traits d’esprit fusent parfois si vite que le spectateur, bien qu’averti, peine à suivre… A voir du 7 Septembre 2015 au 30 Novembre 2015  à l’Essaïon 6, rue Pierre au lard (à l’angle du 24 rue du Renard) 75004 Paris   ...

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“LE BOURGEOIS GENTILHOMME” de Molière, mis en scène par Denis PODALYDES, au Théâtre des Bouffes du Nord
Juil13

“LE BOURGEOIS GENTILHOMME” de Molière, mis en scène par Denis PODALYDES, au Théâtre des Bouffes du Nord

On sort de ce spectacle réjoui par tant de beauté et d’intelligence, régénéré au contact d’un Molière tout neuf. Puis l’on se demande: “Comment a -t-on pu représenter cette pièce si longtemps sans musique, ni chanteur, ni danseur?” C’est pourtant une comédie-ballet, soit la comédie musicale du XVIIème siècle? Il aura fallu réunir de nombreux talents pour orchestrer cette fête des sens : Denis Podalydès à la mise en scène, Christophe Coin à la direction musicale, Eric Ruf à la scénographie, Stéphanie Daniel aux lumières, Christian Lacroix à la création des costumes, Kaori Ito à la chorégraphie, Véronique Soulier-Nguyen au maquillage et coiffures, notamment (on a envie de citer et de louer les mérites de tous les interprètes présents sur scène !). Donc, comment faisait-on, avant cette mise en scène, pour monter le “Bourgeois” sans musique? La pièce s’ouvre justement sur le dialogue entre le Maître de Musique et le Maître de Danse, qui se disputent chacun la supériorité de son Art, mais pas seulement. Le débat porte sur la place de la culture dans la société, sur le travestissement supposé des artistes dès lors qu’ils sont soumis à la volonté et au goût des puissants (leurs mécènes). Oui, Monsieur Jourdain, notre Bourgeois, notre héros qui se veut “gentilhomme”, se paie des leçons de danse, de musique, d’escrime et même de philosophie. On ne peut pas mépriser ce désir de savoir, cette soif de culture. C’est pourquoi M. Jourdain attire tout d’abord notre adhésion, et ses grands yeux ébahis, notre tendresse. Du coup, on en veut presque à sa femme de moquer ses leçons et de contrecarrer ses plans. C’est vrai que Monsieur Jourdain, en matière de culture générale, revient de loin, et Molière le fait littéralement débuter sous nos yeux. A la question de son prof de philo: “Que voulez-vous que je vous enseigne? La logique? (…) La morale?”, il répond modestement: “Apprenez-moi l’orthographe”. Comme un service minimum, l’homme sage lui apprendra à distinguer les consonnes des voyelles et à articuler ces dernières. Et Monsieur Jourdain de s’extasier comme un enfant à prononcer des “a” et des “u”… C’est une des mille scènes qui ravive notre mémoire d’écolier (ou de spectateur) et l’on se dit: “Mais oui bien sûr! J’ai aimé cette scène, ce dialogue, je l’avais oublié…” De même, comment faisait-on pour monter la grande scène de cérémonie initiatique (catharsis, chamanisme ou vaudou), à l’issue de laquelle notre héros est sacrée “Mamamouchi” ? Comment ne pas convoquer tous les arts pour créer ce grand envoûtement ? Dans la mise en scène de Denis Podalydès, sont convoqués aux côtés des comédiens, 3 danseuses, 3 chanteurs, et les solistes de l’ensemble “La...

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L’art du rire, Jos Houben, Rond Point
Juin11

L’art du rire, Jos Houben, Rond Point

« L’art du rire », de et par Jos Houben: conférence ou one-man show? Nommé aux Molières 2015 catégorie « seul en scène », « L’art du rire » est surtout un énorme succès qui tourne depuis des années. « En réalité, ce spectacle n’a jamais eu l’intention d’en être un », c’est Jos Houben qui l’affirme. L’acteur de 56 ans, formé à l’Ecole Jacques Lecoq, membre original de la compagnie Complicité, a pendant dix ans enseigné « le mouvement, le théâtre gestuel et burlesque » dans des cadres divers (compagnies, écoles de théâtre, de danse, de cirque, ou à l’université…); peu à peu, le public a remplacé les élèves et « la première partition de l’Art du Rire est née ainsi en 1998 ». Cours magistral basé sur des observations du quotidien, « L’art du rire » nous en dit long sur notre humanité: Comment réagit-on, par exemple, quand on trébuche? Si l’on évite de peu une chute, on fera certainement… comme si de rien n’était! On s’assure qu’il n’y a pas de témoin à notre ridicule moment d’indignité, et on passe à autre chose. Comment cela se traduit-il dans le corps? C’est là tout l’art de Jos Houben: il s’étonne du naturel et déconstruit les évidences. Avec lui, les réactions physiques sont décortiquées, puis jouées (avec parfois la complicité d’un spectateur averti). Le plus drôle est que, même prévenus, nous rions   de nous-mêmes… Le rire implique une prise de distance et/ou le relâchement d’une tension. Dans la moquerie, nous témoignons de notre cruauté face à la fragilité d’autrui, à moins que cela ne soit l’inverse: nous rions de notre propre fragilité, témoignant, soit de notre cruauté, soit de notre impuissance… Jos Houben a étudié cette société particulière que forme le public. Il nous observe, nous compare et relève des points communs entre tous les publics. Par exemple, il faut tout d’abord chauffer la salle, c’est-à-dire réchauffer physiquement les corps par de légers soubresauts. Ensuite, progressivement, amener le public vers le relâchement de ses tensions et garder pour la fin certains sujets (ou imitations improbables…) pour qu’enfin libre, chacun s’esclaffe sans plus se soucier du ridicule, riant à gorge déployée, ou recroquevillé, se tapant sur les cuisses, bref, complètement désaxé, dépassé ou terrassé par le rire.     Jusqu’au 28 juin 2015 Savoir faire rire, ce n’est pas une science exacte mais c’est un art parfaitement maîtrisé par Jos Houben: démonstration tous les soirs sauf le lundi, à 18h30 au Théâtre du Rond-Point,      ...

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La princesse au petit pois, Comédie Française
Juin02

La princesse au petit pois, Comédie Française

  Du swing dans l’air du Studio-théâtre pour cette réinterprétation irrévérencieuse du conte d’Andersen. Qui ne connaît pas la trame du conte d’Andersen « LA PRINCESSE AU PETIT POIS »? Un couple royal cherche une épouse pour leur fils héritier; comme dans d’autres contes populaires « Cendrillon » ou « Peau d’Âne », les jeunes prétendantes au trône se succèdent pour passer une sorte de test, une épreuve qui permettra de distinguer l’heureuse élue. Dans le conte d’Andersen, la Reine imagine ce stratagème: la jeune fille dormira sur un lit composé de 20 matelas et de 20 édredons, parmi lesquels sera glissé un vulgaire petit pois. Seule une Princesse est assez sensible pour voir son sommeil gâché par la présence d’un petit pois, tel un minuscule caillou dans la chaussure. C’est certes un principe tout à fait absurde qui préside à cette histoire. D’ailleurs, pour le metteur en scène Édouard Signolet (remarqué entre autres pour ses mises en scène de textes de Sofia Freden à Théâtre Ouvert et ses nombreuses collaborations à l’opéra avec Jeanne Roth « La cenerentola » de Rossini et « La servante maîtresse » de Pergolèse, par exemple), le conte d’Andersen est une parfaite parodie de conte.Alors pourquoi ne pas en rajouter dans l’absurde et le plaisir de la moquerie? Dans cette version écrite par Édouard Signolet himself, Antoine Guémy et Elsa Tauveron, c’est le Prince qui va parcourir le monde à la recherche d’une Princesse, encouragé par ses parents d’un royal coup de pied au derrière. Car il est bien innocent ce Prince qui réclame une présence à ses côtés, sans savoir ce qu’est l’amour. Et les parents de s’exclamer en chœur: « On aurait dû lui parler plus tôt! » Le Prince, malhabile et mal conseillé, part donc à la recherche d’une Princesse, oui mais, selon le précepte royal, d’une « vraie Princesse »! Et il est bien pauvre ce précepte! Aucune définition, aucune description, ni des valeurs de cette caste, ni des qualités à attendre d’une « vraie Princesse »! Encore un principe absurde, celle de la sauvegarde de la caste par son auto-suffisance et son auto-reproduction. Le hasard du conte faisant bien les choses, une Princesse qui n’avait pas l’air d’une Princesse déboule au château du Prince, revenu de son tour du monde. La Reine la soumet à la terrible épreuve du petit pois et…vous connaissez la suite. Quoique cette suite et fin orchestrée par Édouard Signolet réserve une belle surprise de grâce et de jeunesse. Bravo à Édouard Signolet et à son quatuor d’acteurs: Elsa Lepoivre, Elliot Jenicot, Georgia Scalliet et Jérémy Lopez (qui interprètent en tout 16 personnages). La mise en scène sobre met en valeur les corps et visages expressifs des comédiens,...

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