Musique

La B.O de l’espace : Daniel Pemberton & John Williams

Space, the final frontier, these are the voyages of the starship Enterprise. Its continuing mission: to explore strange new worlds, to seek out new life and new civilizations .To boldy go where no men has gone before.

Quand le soleil nous écrase de toute sa chaleur, il n’est pas anormal d’avoir la tête dans les étoiles. La science fiction inspire et dépasse nos limites. Elle projette souvent nos angoisses et nous offre très souvent des spectacles qui échappent à toute gravitation, cohérence ou croyance.

La musique dans un film de science-fiction est primordiale. Après les belles paroles de chaque épisode de Star Trek, déroulait ce générique incroyable porté par une voix qui participe à la mythologie de la saga. 2001 est lié à la musique classique. Le thème de Star Wars a quasiment fait le film. Interstellar est marqué par sa musique étrange. Et quand le Monde ne tourne plus très rond, l’intérêt pour la science-fiction se vérifie.



Cette année a été marquée par le succès du Projet Dernière Chance, film quasi parodique des grandes enquêtes scientifiques que peuvent être ces films de genre assez codifiés depuis 2001 l’Odyssée de l’Espace. La musique de ce film, signée par Daniel Pemberton, rentre dans cette optique humoristique.

Ce qui rend l’écoute extrêmement ludique. En 2026, Pemberton offre à la science-fiction une liberté qu’on n’attendait pas. On craint dans un premier temps, un sound design avec des notes métalliques, et des sonorités plus que des mélodies. Mais le compositeur amène tout un bordel qu’il maîtrise à la perfection.

On entend un chœur d’église de temps en temps pour donner de la sentence à une œuvre qui dure deux heures mais Pemberton apporte une légèreté et une vraie sensibilité de mélomane. Comme le film, il se dégage du score un éloge de la curiosité dans ce brassage instrumental.



Et on retrouve ce goût bienvenu pour l’humour avec sa partition pour le film fantastique et rigolard Les Maîtres de l’Univers. La nouvelle adaptation de Musclor contre Skeletor n’a pas la chance de sortir sur nos écrans. Vous la trouverez sur une plateforme. Mais le travail de Pemberton est une fois de plus assez caustique.

Il est allé chercher Brian May, le guitariste de Queen, pour lorgner clairement du coté de Flash Gordon, gourmandise kitsch des années 80. Il reprend aussi The Cure et Abba pour jouer sur une nostalgie douce heureuse. Tout cela avec un orchestre et un guitar hero qui intervient quand il le souhaite.

Les riffs tranchent dans un bande son épique. Les synthétiseurs décrochent nos sourires amusés. La bande originale est vertueusement drôle car Pemberton joue constamment avec son auditeur. Il ne fait pas que piquer des idées : il introduit un coté heavy metal qui va très bien au héros de la série animée. C’est musclé et puissant. Et ça ne prend pas au sérieux. Un plaisir enfantin donc assez précieux.



Ce qui provoque un vrai contraste avec l’événement de l’année en matière de musique de film et de science-fiction: John Williams a signé la musique du dernier Spielberg. Il est sorti de sa retraite pour accompagner son ami de toujours. Il signe encore une partition pour un film de science-fiction, Disclosure Day.

Évidemment, on retrouve cette mélancolie qui marque les derniers efforts de John Williams avec Steven Spielberg. Quelques messieurs trop tranquilles ? Non ! Deux artistes aux subtilités rassurantes. Plus besoin d’être spectaculaires. Spielberg réalise un thriller surnaturel et Williams donne de la matière à l’ensemble avec une grâce qui n’a pas d’égal actuellement. Ce que fait Daniel Pemberton est très bien pour la SF d’aujourd’hui mais John Williams donne vraiment du corps à l’image avec une partition nuancée.

Ce n’est pas le final de Rencontres du 3e Type. Ce n’est pas l’exaltation de ET. Ni l’énergie de La Guerre des Mondes. Disclosure Day propose encore une fois autre chose. Le film est surprenant (ou déroutant) et le travail de Williams participe à cela grâce un score assez caressant presque atmosphérique.

On entend toujours ses envolées lyriques et de la tension instrumentale. La savoir-faire est là mais il y a cette délicatesse qui s’accentue au fil des collaborations. En une heure de temps, John Williams capte encore de belles émotions et les partagent avec son talent unique et génial. La science-fiction et la pop culture lui doivent beaucoup: au crépuscule de son existence, le compositeur est sacrément vivant. Quand les orchestres symphoniques nous font décoller !

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