Cinéma

Evil Dead Burn, Sébastien Vaniček, New line cinema

14 Juillet oblige : soyons fiers de la présence d’un réalisateur français derrière la caméra du nouveau Evil Dead. Le Français a toujours de l’imagination pour imaginer le pire et Ce Evil Dead Burn nous brûle les rétines de violence !

Et on se souvient avec émotion de cette période bénie où les auteurs français prenaient des acteurs et les découpaient façon puzzle dans des fictions plus ou moins convaincantes. MartyrsHaute tensionA l’intérieur ou Ils ne décevaient pas en matière d’hémoglobine et d’autres trucs gluants qui sortaient de petits corps meurtris. Le cinéma d’horreur s’était mis en mode CAP boucherie !

Cela a visiblement marqué le jeune Sébastien Vanicek. Auteur d’un premier film prometteur, Vermines, avec de méchantes araignées et une mise en scène efficace, il réussit donc à intéresser les Américains. Ils lui confient alors la mise en chantier du nouveau Evil Dead.

Depuis le premier film, la franchise a beaucoup changé. L’humour burlesque s’est effacé au profit d’histoires bien gore avec des héros qui passent de très mauvais moments, entourés de démons bien énervés.

Ça ne rigole plus mais la franchise a gagné en intensité. La violence y devient un enjeu graphique étonnant. Le réalisateur français a donc le droit d’écrire et de réaliser un pur moment d’horreur avec des os brisés, des crânes éclatés, des objets du quotidien qui traversent les chairs et même un chien zombifié ! Aidé par son complice, Florent Bernard, Sébastien Vaniček va respecter cette vieille tradition d’un cinéma bien craspec qui refuse l’hypocrisie.

Cette fois-ci la victime choisie par les monstres du Livre des morts est une jeune veuve. Son mari violent vient de mourir mais sa famille est tout aussi intraitable. Le père passe son temps à jouer avec son couteau, la mère refuse de voir la réalité, le frangin est lâche et la grand-mère sucre les fraises. Seule une belle sœur semble être un vrai soutien. La jeune femme doit donc passer quelques jours dans la maison familiale où se trouve un objet caché qui ferait peur aux démons du Nécronomicon. Ils veulent à tout prix mettre la main dessus et multiplient les possessions de plus en plus effrayantes.

Et au fil des minutes, nos pauvres protagonistes finiront en saucisse fumante ou tout simplement en bouillie rougeâtre ! Il faut avoir le cœur accroché. Mais comme le récent Obsession, le film se la joue #metoo. La masculinité toxique devient une sorte de malédiction dans cet Evil Dead. Une astuce plaisante qui permet de justifier des scènes d’horreur incroyables.

Le cinéaste a de la suite dans les idées et sa mise en scène est d’une virtuosité incroyable pour nous montrer l’impensable. On est loin de l’ambiance drolatique de L’armée des Morts de Sam Raimi, producteur de ce nouvel épisode. C’est un huis clos étouffant et grandiloquent. Vanicek semble plutôt bien s’adapter au système hollywoodien et le film profite pleinement de son énergie. On en prend plein la gueule. Et vous savez quoi ? A la fin on en redemanderait presque !


Avec Souheila Yacoub, Luciane Buchanan, Tandi Wright et Errol Shand

Metropolitan filmexport – 1h45

Previous Article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.