Imaginate

Ha les vacances de la Toussaint... face à la fraicheur, on se met à l'abri et on retrouve des étrangetés, de objets curieux qui ne manquent pas de charme dans nos poussiéreuses discothèques!

Et on retrouve un vieux disque de rock made in Australia. Là, on est dans des choses plus classiques. Une musique qui sort des pubs, des soirées arrosées et des troisièmes mi temps. Ca sent bon la sueur et la testostérone.

Heureusement nous sommes en 1999 et c'est la britpop qui mène la danse dans le commonwealth. Les sitcoms ressemblent tous à la série Friends. Taxiride est une sorte de réponse au mouvement musical, de l'autre coté de la planète. Il y a donc derrière ce quatuor toute la force de frappe du rock australien.

Celui qui cogne et qui fait d'ACDC, l'étendard d'un pays et d'une vision du rock. Dan Hall et ses copains ont l'air de connaître les coutumes très locales. Pourtant ils mettent beaucoup d'eau dans leur bière.

Inimaginate est une succession de hits possibles, qui pourrait être entre deux chansons des Gallagher ou dans la bande son de Friends. Ce disque méconnu chez nous sent très fort les années 90. C'est un vestige efficace de ce qu'il se faisait dans les années 90.

Car si les instruments sont affutés, le disque avale aussi toute une culture pop, qui fait bien rire, allant de Crosby Stills & Nash jusqu'à Bon Jovi. Bah oui. Le résultat est donc aujourd'hui particulièrement kitsch. Les harmonies vocales sont douces mais les riffs veulent nous secouer les cheveux. L'album vaut le détour car la mélancolie s'en mèle. On devine les défauts mais on leur découvre du charme.

Le groupe a connu son heure de gloire puis a disparu aux oubliettes. Ils tournent encore sur le continent Australien depuis 2015... La nostalgie finit toujours par faire son travail.

Warner - 1999

the laundromat

Jeune retraité, Steven Soderbergh continue finalement sa carrière sur Netflix. Il y trouve effectivement une seconde jeunesse!

Soderbergh est un type assez difficile à suivre. Faut mettre le turbo tellement il est prolixe le garçon. Il a commencé dans le cinéma indépendant puis a réalisé des énormes succès au box office.

Tous les acteurs veulent jouer pour lui. En 2013, il claque la porte d'Hollywood. En 2017, il revient aux affaires avec le mésestimé Logan Lucky. Parce que c'est un bide, il fait la tronche et part sur Netflix. Entre temps, il prend un iphone et tourne un thriller, Paranoïa.

Le gars n'est pas du genre à s'asseoir sur son glorieux passé. Donc après le dynamique High Flying Bird, Soderbergh continue de gratter le capitalisme sauvage qui ronge son pays, les Etats Unis.

Cette fois, il chronique les fameux Panama Papers, fantastique scandale qui a mouillé tous les milieux, des artistes aux banques et qui a mis en lumière, un sport pourtant bien connu: l'optimisation fiscale.

Ellen Martin, retraitée heureuse, perd son mari lors d'une croisière. Un accident stupide. L'assurance devrait jouer en sa faveur. Mais hélas, le bateau a une assurance qui a été racheté par un autre pour par une nouvelle entité. Bref, le contrat ne correspond plus à rien et la pauvre dame ne peut pas réaliser ses vieux rêves...

C'est un point de départ qu va ensuite nous mener sur des îles bien exotiques où vivent de drôles de crabes. Le réalisateur ne veut pas nous abattre sous des tonnes de faits. Il suit juste les causes et les conséquences d'une avarice qui ressemble à une fièvre contagieuse chez les fortunés.

Effectivement le casting aide beaucoup à éviter le piége d'une oeuvre didactique. Gary Oldman et Antonion Banderas sont des hotes admirables. Meryl Streep est toujours merveilleuse et on trouve une ribambelle d'acteurs que l'on aime dans des petits rôles. Ca c'est la touche Soderbergh!

Reste le ton: il emprunte pas mal au résolument engagé, Adam McKay, auteur de Big Short et Vice. C'est une comédie. Très ironique. Très sarcastique. La légèreté cache l'indignation et l'amertume. L'utile se joint à l'agréable. Que demander de plus?

Avec Meryl Streep, Gary Oldman, Antonio Banderas et Robert Patrick - 1h35 - Netflix.

Willy et le lac gelé

En attendant la tempête de la Reine des Neiges, profitez d'une bucolique promenade au lac gelé, avec des petits compagnons verts!

Les Verdis vivent près d'un lac. Ils le préservent. Ces petits êtres verts ont même une petite armée pour défendre les terres et tous les biens que la nature offre.

Willy a les cheveux verts. C'est pour cela qu'il ne peut pas devenir gardien du lac. Il attend d'avoir une tignasse de couleur marron. Il grandit avec sagesse mais sa gentillesse va provoquer une catastrophe. L'attention des rats. Ces derniers veulent s'allier aux Bougons, un peuplade moins évolué qui ne veut pas travailler pour subvenir à ses besoins...

On sait que la politique hongroise n'est pas très reluisante ces dernieres années. Dans ce dessin animé, cette société organisée autour d'une armée vivant avec des fainéants en face de chez eux, c'est un peu bizarre. Ne voyons pas le mal partout

Mais Willy et le lac gelé n'est pas une oeuvre politique. C'est surtout une petite fable écologique et tourné vers les plus petits. L'animation ne fait pas dans la grandiloquence.

C'est simple mais pas niais. Le petit héros et ses amis sont tendres. Leurs aventures ne sont pas démesurés. Cela a mille fois plus de charme qu'un épisode de Arthur et les Minimoys. Loin des standards de l'animation mainstream, ce promenade sur le lac est agréable...

Ufo distribution - 2 octobre 2019 - 1h10

High Water II

C'est une étrangeté toute relative. La recomposition partielle des Black Crowes pour un projet qui remotive les troupes. L'art du copié collé!

Rich Robinson est le guitariste taciturne et discret des Black Crowes. Le frangin, Chris, est un heureux drille psychédélique! Ils se sont séparés et mis fin à une belle histoire du rock'n'roll avec tous ses clichés.

Rich est peu expressif mais il a toujours la hargne avec des projets successifs, toujours aussi bluesy. Au point de s'éparpiller. Mais ce guitariste hors pair est un passionné.

Au point de retrouver des anciens des Black Crowes dont le surdoué Marc Ford, frère d'arme des premières épiques tournées et des riffs les plus fameux. Ensemble, ils s'attachent les uns aux autres pour fonder le Magpie Salute, sorte de jam band qui défend les valeurs de ce rock blues, poussiéreux et électrique.

Puisque Chris ne veut pas fumer le calumet de la paix avec son frère, Rich a trouvé un clone réussi pour la voix, fiévreuse et acrobatique, celle de John Hogg.

Après un premier album sympa, le groupe réussit son deuxième opus avec des chansons surprenantes. Elles sont courtes et efficaces. Pour un jam band ca étonne!

Mais ca n'empêche nullement les orgies de guitares qui se répondent, un orgue hammond qui glisse sur un blues rock souvent irrésistible. Le temps a amené un peu de sagesse, aux compositions plus calmes que par le passé. Les musiciens sont aussi à l'aise dans l'harmonie acoustisque que dans le riff tout en rupture. Les envies sont là.

Ca ressemble parfois à un copieux catalogue mais c'est sacrément agréable d'entendre de vieux corbeaux continuer de piaffer ou même rugir!

Provogue records - 2019

I Want You

Ha les vacances de la Toussaint... face à la fraicheur, on se met à l'abri et on retrouve des étrangetés, de objets curieux qui ne manquent pas de charme dans nos poussiéreuses discothèques!

On se trouve donc devant une évidente bizarrerie avec The Wantones, album concept autour de ce titre utilisé jusqu'à la nausée: "i want you". En 2008, JP Nataf des Innocents et Albin de la Simone rassemblent des musiciens pour refaire le répertoire de tous les I Want You!

Il y a donc des standards comme Dean Martin ou Tom Waits. Ce sont la première et dernière chanson de l'album. Entre les deux, on va croiser le style incandescent de Kiss, la rigueur de Bob Dylan ou Elvis Costello. Et d'autres auteurs moins connus.

Mais tout cela est réinterprété par des artistes proches de la scène pop française. Il y a donc une atmosphère assez réjouissante dans ce répertoire assez précis de la chanson "i want you". On croise encore Bertrand Bonello, pas encore le cinéaste de la décadence. Les nombreux musiciens imposent leur style et les titres sont aspirés vers un inclassable disque qui se fait un malin plaisir à déconcerter, à jouir pleinement de son concept absurde et rigolard.

tot ou tard - 2008

The 7th road

Tio Manuel est à la croisée des routes. Cela se ressent dans son blues ouvert tous les vents. Un road movie passionnant

Le nouveau disque de Tio Manuel vous emmène aux frontières. Le petit Franchouillard a bel et bien, avec son expérience de vieux routard du rock'n'roll, obtenu son passeport pour les Etats Unis et son rêve américain qui peut facilement tourner au cauchemar.

L'anglais se succède à l'espagnol. Les petits airs andalous vont se confronter au gros blues qui tache. Pour ce voyage, Tio Manuel a ajusté un costume de mariachi aussi énervé que dans un film de Robert Rodriguez. Il y a de la sueur, de la tequila et de la musicalité.

Car ce n'est pas une posture! Tio Manuel transpire le blues et toute la culture qui tourne autour. Ce qu'on apprécie chez lui c'est cette vision. En effet sa musique (et surtout sa guitare) fait du cinéma.

On pense évidemment aux films poussiéreux et populaires de Rodriguez mais on a dans la tête les paysages fantasmés de Paris Texas ou même des ambiances ouatées de David Lynch. Comme tous ces cinéastes, l'artiste se tient à coté des marginaux, des hobos et des mal aimés.

Ce donne une oeuvre qui bourlingue, qui s'accroche à des riffs de guitare comme à une croyance. C'est roots et en même temps délicats. C'est la bonne route vers le bonheur!

La fugitive - 2019

La politique fiction

Mon dieu, de la politique comme on en rêve!

Il y a peu le comédien Kiefer Sutherland était sur la scène du Café de la Danse pour défendre sa passion pour la country, cette musique que l'on juge à tort au ras des paquerettes.

Le fils du respectable Donald Sutherland a interprété pendant trop de saisons, l'agent spécial Jack Bauer, roi de la torture express et de la réponse expéditive aux affaires courantes du Monde. Les terroristes sont nombreux et la réponse de l'agent de la série 24 Heures Chrono est toujours la même: l'action!

Kiefer Sutherland a joué dans les films réactionnaires de Joel Schumacher. Il pourrait être un joyeux partisan des Républicains, ce groupe étrange qui dirige les Etats Unis avec des idées plus ou moins exotiques pour nous. Souvent choquantes. Complétement déformées par le président Trump!

Pourtant le comédien est le principal interpère de Designated Survivor, série politique qui donne le sourire et rend l'espoir aux spectateurs. Le concept est simple: tout le gouvernement américain disparait dans un sinistre attentat. La régle veut qu'un ministre soit toujours désigné pour survivre. Préservé, l'indépendant Tom Kirkman devient le nouveau président des Etats Unis et doit gérer de multiples crises.

Celui qui ne veut pas le pouvoir régnera avec clairvoyance et logique. Voilà le doux idéal que défend cette série qui va frontalement au combat avec une époque où les populistes sont élus.

La lutte est clairement inégale. Le show n'aura duré que deux saisons et demi. Il a de nombreux défauts, tentant la critique politique et le thriller paranoïaque. Mais la sagesse des protagonistes, l'absence de cynisme du politique est telle que Designated Survivor est une série doudou!

La conscience politique de ce président inattendu est une consolation de chaque instant. L'Amérique aime rêver. Mais face à l'obscurantisme actuel, la série pourrait presque resssembler à un acte de résistance, rappelant au passage l'importance de la fiction dans l'appréhension du réel!

Comme Star Trek, cette énorme saga indescructible, il y a une Foi passionnante pour l'humanisme... Mais hélas, cette série politique pourrait bien se ranger au niveau de la science fiction par les temps qui courent... et désolé Kiefer pour le procés d'intention! T'es le meilleur!

A voir sur Netflix

Hits hits hits hourra

Allez dans quelques jours ce sont les vacances. On se met dans l'ambiance avec les joyeux drilles de Marcel et son orchestre qui revisitent leur cataloguge punk et festif! Youpi la récré recommence!

Au Nord, il y a les corons mais il y a surtout Marcel et son Orchestre, crétins mélomanes qui jouent avec tous les clichés de la région. Bons vivants, ils chantent l'art de vivre assez déluré dans le Nord. Depuis leur début en 1986, le groupe a toujours donné l'impression de ne pas s'être remis du carnaval de Dunkerque.

Avec eux, la musique se déguise et emprunte des chemins étonnants entre punk, chanson francaise, parodie et ska! Au fil du temps, les musiciens finissent par tirer la langue et l'orchestre décide de s'arrêter.

Quelques années de repos puis les zouaves rigolards ont l'envie de chanter à nouveau. Pour se refaire une santé, ils puisent dans leurs succès pour se refaire une santé musicale. D'abord sur scène, leur lieu priviligié et désormais ils reviennent chez nos disquaires!

C'est donc un best of mais les morceaux sont de nouveau joués en 2019. L'énergie est donc bien de retour. La fournée est copieuse. Deux galettes avec des inédits, des live et des incontournables qui de toute facon vous donneront la banane!

C'est bien l'assurance du rire, de la bétise (pas gratuite) et de la douce ironie de Marcel et son Orchestre qui rend si précieux ce nouveau rendez vous!

At(h)ome - 2019

Joker

Will Ferrell est un clown. Grace à ses succès, il aurait donc révélé des auteurs. Ses réalisateurs font désormais des films amples, sérieux et décompléxés. La preuve avec un film qui nous venge des super héros.

Adam McKay, complice du héros de Ricky Bobby, roi du circuit, est l'heureux papa de deux films américains importants, The big short et Vice. On n'attendait pas cet auteur de Saturday Night Live à ce niveau là.

Todd Philips a réalisé un film culte, Retour à la Fac avec une fois encore Will Ferrell. Il a fait ensuite dans la comédie lourdingue avec la trilogie de Very Bad Trip. Désormais il a gagné le prix le plus prestigieux du festival de Venise avec un film qui nage à contre courant d'Hollywood.

En effet Joker est jubilatoire pour toute personne qui commence à en avoir marre des super héros de toute taille et de tout poil. On parle de la starbuckisation de la société. On peut parler aussi de la Marvelisation de l'industrie cinématographique. Lissé, poli, universel. Tout ce que n'est pas le film de Todd Philips. Ouf!

Comme McKay, la bouffonerie cache un esprit plus sarcastique et c'est le cas de ce Joker, sombre et violent. Pour faire passer la pilule, le cinéaste rend un hommage à Martin Scorsese. Celui des débuts.

Gotham devient une triste ville, sale et dangereuse. L'espoir n'existe plus. Les plus faibles sont obligés de devenir de sérieux criminels. Le film raconte donc la lente transformation d'un homme simple(t) en sociopathe coloré.

Joaquin Phoenix incarne vraiment le célèbre ennemi de Batman. Le Joker nait sous nos yeux dans un ballet désespéré et urbain. Evidemment que le comédien est parfait mais ça, on le sait depuis un paquet de compositions. Aucune faute de gout (sauf la musique un peu trop expressive). Philips applique toutes les lecons de Scorsese avec un soin qui dépasse la pale imitation.

Le film réussit à gérer le malaise que suscite le personnage loin de la frilosité hollywoodienne qui a bien trop peur de choquer le "consommateur". Philips a le mérite de tout remettre à sa place. La violence. La haine. La société. Le film déforme à peine la réalité. Ce conte désorienté par la folie de son héros solitaire vient taquiner les valeurs refuge comme la famille.

Mais là où Adam McKay invente, Todd Philips reste encore un peu schématique et roublard dans sa mise en scène. Il flatte le spectateur en citant les nobles références du cinéma des années 70. Il retrouve presque le souffle. Mais manque un peu d'originalité là où le personnage pouvait permettre tous les excès.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Joker est une oeuvre agressive, faisant un pied de nez aux conventions super héroïques. Peut être racoleur, Joker a le grand mérite de ne pas ennuyer et même de passionner! Mais de Will Ferrell à Joker, Todd Philips a eu raison de jaunir les sourires!

Avec Joaquin Phoenix, Frances Conroy, Robert de Niro et Zazie Beets - Warner Bros - 9 octobre 2019 - 2h02

Engine of paradise

Après un très loufoque concept album, Adam Green revient vers sa folk de poche, délicate et renversante.

Il a donc tourné avec son téléphone il y a trois ans, une version cheap d'Aladdin où l'on croisait Macaulay Culkin. Depuis Adam Green continue de gérer aves ses moyens modestes, une folie créatrice qui ne l'a pas quittée depuis ses débuts.

Héros du mouvement lo-fi, le gringalet des débuts a laissé sa place à un étrange crooner et un drôle de touche à tout! Parfois, on le déteste. De temps en temps, c'est un génie à la simplicité déconcertante.

C'est le cas de ce disque incroyable où Green ne fait aucune vague et pas de fausse note. L'album ne dure que 21 minutes mais c'est un bain de jouvence. Le disque nous rappelle l'importance de la modestie. Quelques violons et une guitare peuvent vous emporter et vous faire rêvasser. Comme l'enfance, tout semble simple ici.

L'esprit tourmenté et bouillant de l'auteur se met en ordre de marche dès qu'il faut aligner des notes sur des arrangements désarmants. La voix est sublime: trainante et chaude.

Adam Green joue la carte vintage mais ne fait pas dans la nostalgie. On devine qu'il n'a pas le temps pour ça. Au même moment que la parution de son album, il sort un roman graphique encore bien barré. Il ne s'arrête jamais mais cet exercice qu'est la création d'un album canalise son talent et sa vérité d'un auteur saugrenu mais terriblement attachant.

30th century records - 2019

Trending

Most Discussed

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

Et la laïcité bordel !

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?