Radum Calls, Radum Calls

Retour du leader des High Llamas pour un album solo, très pop et toujours aussi singulier.
Il y a peu, nous vous parlions du très vintage disque Kino Music et cet hommage élégant aux sons rétros du cinéma des années 70. La pop, à l'époque se mélangeait avec volupté avec les musiques de films!
On ne va pas continuer de regarder dans le rétroviseur mais on va tout de même vous proposer de jeter une oreille sur le disque du revenant Sean O-Hagan. Ce dernier fut la tête pensante des High Llamas, secret le mieux gardé de la pop britannique.
Dans les années 90, O'Hagan et ses potes se sont mis en tête de prolonger l'oeuvre brillante et torturée des Beach Boys. Avec tous les débordements instrumentaux que l'on connait et les fantaisies les plus pures. O'Hagan était l'un des rares à ne pas être un simple ersatz de la fraterie californienne. Un digne descendant.
Le groupe a depuis 2007 mis un peu la sourdine avec des albums trop discrets mais on a souvent entendu l'esprit bouillonant de Sean O'Hagan, qui ose toutes les harmonies et tous les arrangements.
Cela s'entend encore plus sur son disque solo qui répertorie toute la classe d'un Brian Wilson, l'esprit loufoque d'un Randy Newman et les soude à l'esprit enchanteur d'un Robert Wyatt. Des noms prestigieux pour un géant de l'écriture qui s'adapte à ses moyens.
O'Hagan a effectivement ce style foudroyant qui jongle avec des instruments à cordes, des refrains à la fausse candeur réjouissante et des structures totalement libres. C'est baroque mais l'enthousiasme emporte tout sur son passage. Une nouvelle fois, O'Hagan et ses chansons offrent une sorte de trésor bien caché dans l'actualité mais d'une richesse évidente!
Drag City - 2019
Kino Music

Le disque qui se prend pour une machine à remonter dans le temps!
Donc vous allez voir vos pantalons s'élargir sur la base. Au niveau des oreilles, de bonnes rouflaquettes vont s'installer! Le formica, le velour et le cuir coloré nourriront vos idées décos!
Bref, bienvenue dans les années 70. Cette rutilante décennie où Pierre Richard nous faisit rire. Période où Chabrol et Yves Robert croquaient la France. Période où le président faisait de l'accordéon.
Ennio Morricone était le maître de la musique de films, mais pas mal de compositeurs faisaient rentrer de la pop dans les orchestrations des grands films populaires.
C'est en tout cas ce qui a marqué le musicien Pierre Daven Keller, complice de Dominique A, qui rend ici un hommage plus que vibrant à ce style élégant : c'est un hommage vivant! Un régal pour les amateurs d'arrangements soyeux et kitsch!
C'est donc une sorte de voyage sonore et presque spatial dans une bande originale imaginaire, résolument tournée vers des instrumentations d'un autre temps, qui pourrait se passer dans les studios de cinecitta.
Des cordes tendues à des voix féminines. Des clavecins qui se la jouent sensuels. De l'érotisme tout en musique. Des flutes galopantes. C'est drôle et souvent interprété avec une classe assez folle. Ce disque est une sorte d'héritage d'un temps où la musique avait son importance dans les projets cinématographiques. Ici, il y a une empathie certaine avec l'auditeur et un passé pas si loin.
Instrumental, son disque est une oeuvre de passionnée. On a l'impression de faie du cheval avec Clint Eastwood, on rêve d'attendre fébrilement Mireille Darc dans un restaurant. On aurait cru être à table avec Rochefort, Brasseur, Lanoux et Bedos.
C'est donc un sentiment très chaleureux qui émane de ce Kino Music qui rappelle l'importance du souvenir, de la nostalgie mais aussi du cinéma. Un art qui défend un autre: franchement Kino Music est inattaquable!
Kwaidan records - 2019
American son

Petit thriller qui tente de retrouver les vertus du théâtre et l'économie de moyens.
Lieu unique. Temps unique (la pluie). Et une seule question: ou est passé Jamal, jeune homme de 18 ans? Kendra est une mère inquiète. Son fils a disparu. Il a pris la voiture et depuis, plus de nouvelle.
Elle déboule dans un commissariat par une nuit pluvieuse et ne peut controler ses angoisses. C'est bien naturel mais c'est compliqué pour un jeune policier novice.
Le mère ne supporte pas les techniques policières. Le mari tarde à arriver. Elle est noire. Il est blanc. Cette attente insupportable va révéler bien des choses sur le couple, la police et l'état de l'Amérique d'une manière générale.
Parce que le film ne fait pas dans la dentelle. C'est démonstratif. Mais ce n'est pas non plus mauvais: au contraire, c'est tout à fait louable de montrer les fractures d'une société qui a du mal à échapper à la lutte des classes, les tensions raciales, etc.
De ce point de vue le film est inattaquable. On peut regretter que Kenny Leon, le réalisateur reproduise trop sagement sa pièce de théâtre, succès à Broadway. Ca tourne un peu en rond et on voit généralement où veut aller l'auteur. Le récit enfonce un peu des portes ouvertes!
Heureusement il y a Kerri Washington. Ce petit bout de femme a souvent montré un incroyable charisme (parfois jusqu'à la parodie dans sa série politique, Scandal). Ici, on sent qu'elle se donne à fond dans le rôle d'une mère meurtrie et une femme délaissée.
Avec Kerri Washington, Steven Pasquale, Jeremy Jordan et Eugene Lee - Netflix - 2019
Malefique le pouvoir du mal

CE N'EST PAS UN SECRET, J'ADORE CE PERSONNAGE ET J'AVAIS BEAUCOUP AIMÉ LE PREMIER VOLET DE CETTE VERSION MOINS FANTASQUE DE LA BELLE AU BOIS DORMANT.
ON Y DÉCOUVRAIT UNE RÉALITÉ ASSEZ SOMBRE DANS L'UNIVERS DISNEY, OÙ TOUT N'EST PAS QUE CONTE DE FÉE ET HAPPY ENDING. LA CRUAUTÉ DU PRINCE STEPHANE ENVERS MALÉFIQUE AVAIT RENDU CETTE DERNIÈRE AVIDE DE VENGEANCE LARGEMENT JUSTIFIÉE.
C'EST DONC AVEC UN PLAISIR NON DISSIMULÉ QUE CETTE SUITE REPRENANT LES MÊMES ACTEURS ET LES MÊMES ENJEUX! RÉÉCRIRE L'HISTOIRE D'UN POINT DE VUE ENCORE INCONNU.
CELUI DE MALÉFIQUE INTERPRÉTÉE PAR UNE ANGELINA JOLIE PLUS VRAIE QUE NATURE. UN PERSONNAGE AUSSI CRUEL QUE SENSIBLE ET DONT LA CARAPACE NE CESSE DE TOMBER AU FIL QUE LA VÉRITÉ SE RÉVÈLE.
ON RESTE DANS UN DISNEY ET MÊME LE PLUS GRAND DES MÉCHANTS A DROIT À SA PART D'HUMANITÉ, A MOINS QUE..... LE DÉBUT DU FILM EST UN PEU MALADROIT, GENTILLET ET CONVENU. DISNEY RENOUE AVEC LES ORIGINES DE SON CONTE, DU CÔTÉ D'AURORE ET ON PREND VITE PEUR QUE LE FILM NE TOURNE A LA MIEVRERIE GÉNÉRALISÉE, MAIS ON SAIT AUSSI CE QUE L'ON VA VOIR.
L'INTENTION DE FAIRE LE BIEN COÛTE QUE COÛTE OU DU MOINS LE PRÉTENDRE EN CONVIANT MALÉFIQUE AU DINER ROYAL CÉLÉBRANT LA FUTURE UNION ET STRATÉGIQUEMENT RAPPROCHER LES DEUX PARTIES AFIN DE DISSUADER LA COUR QUE MALÉFIQUE EST MALFAISANTE... ET C'EST PENDANT CET EXCELLENT DINER, QUE LA MAGIE OPÈRE DE NOUVEAU ET BASCULE LE FILM DU CÔTÉ OBSCUR.
CAR MALGRÉ TOUTE LA BONNE INTENTION D'ENTENTE DU BIEN ET DU MAL, LE SACRIFICE DE VOIR AURORE DEVENIR REINE ET DISPARAÎTRE DE LA VIE DE MALÉFIQUE, SOIT LA SEULE HUMAINE QU'ELLE N'A JAMAIS AIMÉ, LUI EST TROP INSUPPORTABLE.
SANS TROP EN DÉVOILER ON FINIT PAR COMPLÈTEMENT RENTRER DANS CETTE NOUVELLE VERSION. IL Y A UN PETIT CÔTÉ BURTON (PLUS "SLEEPY HOLLOW" QUE "ALICE" ÉTONNEMENT ET CE N'EST PAS PLUS MAL) GRACE A CERTAINS PERSONNAGES ET LA MISE EN SCÈNE. ET PUIS IL Y A MALÉFIQUE (DAH!) QUI EST JUSTE SUBLIME. TOUT CE QU'ELLE APPORTE EN GOTHIQUE CÔTÉ DÉCORS ET EFFETS SPÉCIAUX, SURPASSE DE LOIN TOUT LE COTE ÉDULCORÉ DE L'AUTRE COTE DU MIROIR.
JE SUIS AUTANT CONQUISE QUE DANS LE PREMIER VOLET. C'EST AUSSI BEAU QUE "BLANCHE NEIGE ET LE CHASSEUR", AVEC LES FORÊTS ENCHANTÉES, LES FLEURS,......, ET RIEN QUE POUR CETTE SÉQUENCE AU ROYAUME DES FÉES NOIRES EN MODE NINA RICCI, ÇA VAUT LE COUP D'OEIL. ON SENT LE BUDGET MADE IN DISNEY LÀ, ABSOLUMENT MAGNIFIQUE !
CE FINAL TOUT EN ARTIFICES ROUGE PASSION N'A RIEN NON PLUS A ENVIER A "GAME OF THRONES" DONT LA COMPARAISON SUR BEAUCOUP DE POINTS ME FAIT RIRE....., JE NE PENSAIS PAS DIRE CELA MAIS MÊME SUR 2H C'EST UN PEU COURT POUR APPROFONDIR TOUTES LES NOUVELLES HISTOIRES RACONTÉES ICI.
TOUT N'EST PAS PARFAIT ET SÛREMENT QUE MON AME D'ENFANT SE VEUT MOINS CRITIQUE QUE D'HABITUDE MAIS LE SPECTACLE EST LÀ ET LA PROMESSE D'UNE REVISITE ENCORE TRÈS ORIGINALE, REND CETTE SUITE TOUT AUTANT APPRÉCIABLE QUE SON PRÉDÉCESSEUR. J'ADORE CES ALTERNATIVES ET CHEZ DISNEY VU LE NOMBRE DE LIVE ACTION ET POUR LA PLUPART RATÉS, IL SERAIT BIEN DOMMAGE DE PASSER A CÔTÉ. WELL WELL VOUS FAITES COMME VOUS VOULEZ.......
AVIS AUX AMATEURS
Avec Angelina Jolie, Michelle Pfeiffer, Elle Fanning et Harris Dickinson - Disney - 16 octobre 2019 - 2h
Shaun le mouton la ferme contre attaque

Hommage appuyé à Spielberg, le second film de Shaun le Mouton fera rire les petits sans oublier les grands!
Les films Aardman sont d'une qualité assez variable mais il est vrai que l'intrépide Shaun le Mouton est plutôt en haut du panier. La série est hilarante. Le premier film fut une belle surprise. Le second est encore du même niveau malgré un scénario assez paresseux!
Puisqu'il singe joyeusement le ET de Steven Spielberg. Dans le rôle de la créature, on a un facétieuse créature venue d'ailleurs, sorte de poulpe avec une tête de chien. Et pour l'acceuillir sur Terre, il tombe sur Shaun, toujours alerte, et toute sa petite bande de la ferme.
Et il y aura des scientifiques un peu effrayants, des tours de magie et une cascade de rebondissements avec des personnages toujours expressifs et peu causants.
Les auteurs du Studio Aardman continuent de croire aux vertus du burlesque pur et dur. Shaun est le digne descendant de Charlie Chaplin ou Buster Keaton.
Au delà de l'hommage au papa d'ET, il y a une deferlante de gags. Pour les petits et pour les plus grands. Le film est une énorme farce comique, où l'économie de moyens, son apparence rudimentaire et sa simplicité graphique font finalement des merveilles.
Techniquement, c'est charmant mais surtout cela donne du corps à des situations drôles et absurdes. Et finalement touchantes. C'est aussi cela magie de l'animation: cette émotion naissante sur des artifices flagrants.
Mais c'est avant tout un spectacle familial, généreux et finalement spectaculaire. Cette suite pourrait faire partie des meilleures comédies de cette fin de décennie!
StudioCanal - 16 octobre 2019 - 1h30
Midway

A la redondante marvelisation des films hollywoodiens, le retour de Roland Emmerich est presque une très bonne nouvelle. Les temps sont durs.
Moins difficiles que la Seconde Guerre Mondiale tout de même. Et l'attaque fourbe des Japonais sur Pearl Harbor! L'Amérique fut surprise par la technique et la modernité de l'armée nippone.
Les avions de l'Amérique sont vieillots et seul, le courage des pilotes pouvait faire la différence. Tout cela n'est pas rassurant pour les généraux qui devine tout le drame qui déroule dans l'Océan Pacifique, lieu d'enjeux considérables et qui atteindra son apogée avec la bataille de Midway.
L'histoire, et le film avec Henry Fonda, Charlton Heston et Toshiro Mifune, sont connus. En grand fan de Spielberg devant l'éternel, le maladroit mais ambitieux Roland Emmerich s'offre lui aussi son film de guerre plein d'héroïsme.
Un con trop loin. Roland Emmerich rêve d'être Spielberg mais il a toujours été un concurrent sérieux de Michael Bay. Un spécialiste de Blockbuster boursouflé et crétinoïde. Midway a au moins le mérite de nous faire oublier cette grosse casserole rouillée qu'était Pearl Harbor.
C'est moins long déjà. Et c'est plus rythmé. On retrouve chez Emmerich une idée assez naïve du cinéma qui n'existe plus à Hollywood. Pas très doué, ce type poursuit un rêve. Sans baisser les bras. Avec une conviction intacte.
Il a détruit mille fois la planète avec des récits délirants, hilarants ou débiles. Il a aussi défendu la cause des homosexuels ou raconter la vie tumultueuse de Shakespeare. Emmerich n'a peur de rien et quand il aime un sujet, il y va à fond... sans contrôle. Donc ici, c'est pareil. Il nous raconte avec son insistance habituelle, la partie de touché coulé entre deux nations.
Donc ca va pétarader dans tous les sens. Des cockpits, il donne le tournis et nous montre la dextérité et le talent des pilotes. Le plus dans tout cela, c'est qu'il ne donne pas dans le patriotisme exagéré, ce qui est tout de même sa marque de fabrique. Ici, l'ennemi japonais n'est pas absent ou tout simplement fourbe. Merci pour eux. Merci pour nous.
Mais on sent aussi qu'il est heureux de jongler avec des clichés datés qui nous rappellent au mieux nos doux souvenirs de l'émission de La Dernière Séance. Les épouses inquiètes, l'amitié virile, le général bienveillant, le sacrifice ultime, les beaux décors formica et la présence saugrenue au milieu de tout cela, du futur cinéaste de génie, John Ford.
On ne parlera pas de l'interprétation limité d'un casting d'Américains qui serrent très fort les machoires. C 'est risible. On se demandera aussi pourquoi Emmerich s'est disputé avec David Arnold, son compositeur des premiers succès. Avec une bonne musique, Midway aurait pu être un vibrant hommage aux films de guerre à l'ancienne.
Mais non, rien de tout cela: Midway est un film de Roland Emmerich! Aussi jubilatoire qu'inégal. Comme tous ses films, on voudrait bien les aimer... mais le "trop" est souvent l'ennemi du "bien"...
Avec Ed Skrein, Luke Evans, Patrick Wilson et Woody Harrelson - Metropolitan film export - 06 novembre 2019 - 2h15
Colorado

Neil Young et son éternelle jeunesse. Il retrouve encore le Crazy Horse pour de nouvelles et fougueuses aventures!
Et cela court encore dans tous les sens. On pouvait dernièrement reprocher à l'auteur de Harvest, une activité incroyable entre ses idées de technologies propres, de furieuses idées électriques avec le fiston de Willie Nelson et des idées de cinéma avec sa nouvelle amoureuse, la blonde Daryl Hannah!
A 73 ans, il est sur tous les fronts et il ne semble plus s'arrêter. En plus de tout cela, il ouvre ses archives pour nous sortir tous les six mois des pépites en live qui expliquent toujours et encore pourquoi Neil Youn est l'un des tous meilleurs songwriters de la planète.
Nouveau projet donc, Colorado ramène de vieilles connaissances. Elles recadrent vite le vieux Loner. Nils Lofgren, camarade des premières expériences solo, revient aux affaires et forme le trio légendaire, le Crazy Horse, avec Ralph Molina et Billy Talbot.
Eux, ils n'ont pas peur des riffs durables de Neil Young. Cela entraine une chanson longue et rocailleuse qui s'installe au début du disque. La suite alterne entre des envies douces et des plaisirs complices entre de vieux routards ravis de se revoir.
Les sujets traités sont toujours les mêmes! Neil young est sensible aux soubresauts de l'histoire et l'état du Monde. Colorado n'apporte rien de nouveau à la légende du Loner mais la complicité musicale est éclatante et presque rassurante. Il y a encore quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes!
Reprise 2019
Le roi des ruines

Il est dieu. Il est un roi. Il est en colère. Il est tout ca et surtout un musicien à la poésie sans concession.
C'est un homme qui voyage. Andoni Iturioz a eu la chance de voyager partout. Il y a muri une manière de penser et de chanter. Il a un rapport brutal au Monde pour mieux l'appréhender.
Les paroles de son disque ne sont pas confortables. La joie noire qui ouvre l'album est effectivement une belle engueulade de sa part. Il pourrait nous coller une bonne claque avec une chanson en colère.
Puis il se calme et nous permet d'échapper aux tristes constats avec des mélodies acoustiques délicieuses qui atténuent le propos sombre ou le constat amer. Il emprunte au slam, à la musique orientale. Il cherche à nous hypnotiser sur des rythmes séduisants. Le coté protéiforme et omniscient de l'artiste est une vraie performance.
Le Basque possède cette parole du juste. Ses textes ne sont pas toujours agréables mais tout est magnifiquement orchestré pour ne pas que l'on tombe (pas totalement) dans le cliché du chanteur rebelle et désespéré.
The talkies

Bon en Irlande ce n'est pas la joie. Une élimination rapide au dernier tournoi mondial de rugby et un gros problème dans la chaussure du Brexit. Voilà donc un disque qui pourrait bien représenter l'état d'esprit de ce pays si vert et si riche en musique!
Le premier titre se nomme Prolix. Pourtant vous n'entendrez pas un seul mot mais seulement une respiration plus ou moins rapide. Une partie de jambes en l'air? Une course éperdue? Une crise de panique?
C'est plutot la dernière solution qui prime lorsque l'on entend le furieux Going Norway, décharge électrique qui refuse de rentrer dans les refrains et les couplets.
Shoulderblades fait dans le binaire gris et solide. Girl Band rogne sur le rock. Les chansons vont se suivre et nous mettre dans un état peu confortable. C'est un groupe qui ronge les riffs et les paroles affolés d'un chanteur qui ne semble pas très bien dans sa peau.
Dara Kiely hante tous les titre avec une voix qui n'hésite à crier. Si le garçon a des angoisses existentielles (le groupe a failli disparaitre après un album et une tournée) alors la musique s'applique soigneusement à retranscrire le mal être, le spleen énergisant ou l'aliénation moderne. C'est au choix.
Ce n'est pas réjouissant mais c'est pas mal fait du tout.
Rough trade records - 2019
I shouldn’t telling you this

On l'adore. Il joue toujours de sa nonchalance dans le ciné indépendant ou dans de grosses productions hollywoodiennes. Il est à l'aise partout. Maintenant, c'est derrière un piano!
La Mouche. Jurassic Park. Independence Day. Mais aussi le cinéma de Robert Altman: ce grand dadais de Jeff Goldblum arrive toujours à faire le grand écart avec une dextérité qui force le respect. Sa silhouette et sa voix lui permettent d'avoir un style rien qu'à lui. Il est une valeur ajoutée. C'est pourquoi c'est un second rôle de luxe.
Mais le comédien est devenu musicien. Sa passion pour le jazz a pris le dessus et l'artiste a sorti un chouette premier album à son image: tout en maitrise et espiègle.
La suite est déjà là: Jeff Goldblum joue derrière son piano accompagné d'un orchestre champagne et paillette. C'est très classique. Ce n'est pas du tout désagréable. Si vous n'avez pas de disque pour les fêtes, prenez celui ci. En plus ca renouvelle un peu le genre.
Parce que Jeff Goldblum est un petit malin. Au lieu d'aller chercher des stars du jazz, il a proposé la reprise de petits classiques à des personnes peu habitués aux ambiances feutrées.
Donc le casting est atypique dans ce genre de disque: Sharon Von Etten, Miley Cyrus, Ana Calvi et surtout Fiona Apple, grande dame du rock à la discrétion légendaire. C'est jubilatoire!
L'ego du comédien ne semble pas exister. Il laisse sa place à des chanteuses de rock et surtout un orchestre assez spectaculaire. On se croirait à Broadway. Certains trouveront ca efficace mais franchement c'est très orgasmique tellement tous les acteurs de ce disque prennent vraiment leur pied!
Jeff Goldblum a toujours ce gout du décalage qui fait bien la différence et rend son envie de musique tout à fait louable. Il est dans la légèreté. L'entertainment pur. C 'est la classe américaine.
decca - 2019




