Stillwater

I'm a poor lonesome cowboy...
Voilà un beau spécimen de songwriter typiquement américain. Il a connu plein de petits boulots. Il a appris la musique grâce à sa famille et les virées nocturnes dans les bars du Minnesota.
Et puis il y a eu un premier disque où l'on remarquait aussi son chapeau de cowboy et son regard malin. Il décrit alors le rêve américain à travers le destin de personnages du milieu ouvrier. On pense évidemment à Springsteen et cela se confirme avec ce second album tout aussi roots et rural.
Désormais il faut regarder aussi du coté de Tom Petty. Il y a quelque chose de plus léger dans la musique même si on colle à la grande tradition de l'Americana.
Des détails, il construit avec son groupe de belles chansons mélancoliques et surtout présentes. C'est le vrai working class hero ce Frankie Lee, sorte de cow boy désabusé, qui préfére les décalés et les oubliés. Sans faire dans le discours réactionnaire. En cela il est proche du Boss et Tom Petty.
Les morceaux sont ainsi d'une tendresse incroyable. Ecrit et réalisé dans sa ville natale, Stillwater est un beau portrait de l'Amérique, habile dans sa musique et touchant par ce qu'il raconte, les hommes face au rêve américain. C'est assez classique mais parfaitement réalisé. La personnalité et le style de Frankie Lee fascinent. Sa poésie s'accroche à notre mémoire. Souvent le signe d'un grand auteur!
Loose music - 2019
The answer

Le petit Prog rock illustré!
Franck Carducci est un rêveur. Français, il est tombé dans le rock progressif quand il était petit. Cette marmite électrique, il la désire depuis sa tendre enfance. Il a surtout appris toutes les recettes.
Hors des modes, il a toujours été envouté par le lyrisme de Genesis première génération, le génie technique du Floyd et le gout du conte de Led Zep.
Les références sont costauds. Mais Franck Carducci et son "band" croient fort en ces vertus légendaires, qui sont aux sources de la culture britannique et du hard rock dit traditionnel.
Cela fonctionne. A l'étranger, le succès est au rendez vous. Les esprits chagrins pourraient voir tout ce barnum comme kitsch et dépassé. Mais Carducci et ses camarades ont la foi. Qui est assez réjouissante sur ce troisième album.
Il attache tout son talent à des chansons longues mais spectaculaires. Barde et druide, il controle son déluge de rupures, d'arrangements et d'harmonies. Les architectures sont connues mais souvent elles sont excutées avec une passion qui s'entend réellement. C'est un grand huit musical qui nous met la tête à l'envers. C'est attendu. Mais, en toute franchise, c'est réussi!
Quadrifonic - 2019
La reine des neiges 2

TRADITION OBLIGE, LE DISNEY DE FIN D'ANNÉE POUR CÉLÉBRER LA MAGIE DE NOËL QUI ARRIVE ET IL N'Y A RIEN DE TEL QU'UNE REINE DES NEIGES POUR OUBLIER LE FROID DEHORS ....😬.
BLAGUE A PART (HUMOUR DE MERDE REVENDIQUÉ), JE N'AURAIS JAMAIS CRU VOIR CE FILM ET POURTANT...., BON IL EST VRAI QUE LA CURIOSITÉ DE VOIR LA PEUT ÊTRE FUTURE PRINCESSE LESBIENNE DE DISNEY L'A EMPORTÉ !
OUI C'EST VRAIMENT LE HAUT DE L'ICEBERG, MAIS IL FAUT BIEN ME MOTIVER NON ? LOL ! ET JE REVIENS DE LOIN, PARCE QUE LE PREMIER VOLET ÉTAIT LOIN LOIN LOIN DE ME CONVAINCRE, AUTANT DANS LE DESSIN QUE JE TROUVAIS ASSEZ PLAT (COMPRENDRE TRÈS MOCHE!) ET TROP BLING BLING, QUE L'HISTOIRE REMPLIE D'INCOHÉRENCES...
ET JE DOIS BIEN RECONNAÎTRE QUE CETTE SUITE REND HONNEUR A SON PRÉDÉCESSEUR ! TOUJOURS AUSSI NULLE ! IL Y A UN TRUC QUI NE FONCTIONNE PAS VISUELLEMENT, LES PERSONNAGES SONT TROP LISSES MAIS LES DÉCORS SONT BIEN MIEUX TRAVAILLÉS C'EST DÉJÀ ÇA (MOINS DE TOUR DE MAGIE GLACÉS GROSSIER ET PLUS DE FLUIDITÉ) .
QUAND ON ARRIVE A PASSER LES 30 PREMIÈRE MINUTES, L'AXE DRAMATIQUE EST PLUS INTÉRESSANT QUE DANS LE 1, MAIS C'EST TOUJOURS PAS ÇA ! ET MÊME SI IL N'Y A PAS DE CHANSONS QUI VA TE RESTER EN TÊTE 2 ANS, IL Y EN A MALHEUREUSEMENT BEAUCOUP TROP ET LA VOIX EST ABOMINABLE, MES OREILLES SAIGNENT !
NAN MAIS SERIEUX C'EST TOUTES LES 15 MINUTES 😱😱 SANS COMPTER LES SCÈNES FURTIVES OU ILS PLACENT UN BOUT DE "LIBÉRÉ DÉLIVRÉ ". L'HISTOIRE EST TOUJOURS AUTANT TIRÉE PAR LES CHEVEUX ! C'EST VRAIMENT LE SEUL DISNEY OÙ ILS JOUENT SUR LEUR SUCCÈS, ET NE FONT AUCUN EFFORT, C'EST BIEN DOMMAGE.
C'EST PAS COMME DANS LES AUTRES QUOI. MAIS LA SÉQUENCE D'OLAF QUI RACONTE L'HISTOIRE DE ELSA ET ANNA EST EXCELLENTE ET LA CHANSON DE KRISTOFF DANS LA FORET EST SYMPA....AU POINT OU J'EN SUIS JE PRENDS TOUT CE QU'IL Y A A PRENDRE. ÇA PLAIRA A COUP SUR AUX TOUT PETITS BIEN PRÉSENTS DANS LA SALLE 🙈 ( MAIS QU'ELLE IDÉE D'Y ALLER UN SAMEDI ) MAIS JE ME PASSERAIS DES BONNES LECONS DE MORALE POUR LES NULS PRÉSENTÉES POUR DES ENFANTS DE 4 ANS.
CETTE REINE DES NEIGES REND BIEN CONS CONS NOS CHERS BAMBINS. C'EST BIEN BÊTE ET CUCUL ! C'EST LE DISNEY AVEC LE MOINS D'ÂME QUI EXISTE, ON SE CROIRAIT DANS UNE HISTOIRE DE POLLY POCKET BIEN NIAISE.....
MÊME CONSTAT QUE LE PREMIER, MÊME NOTE DU COUP, DAMN ILS SAVENT BIEN VENDRE DANS LA BANDE ANNONCE ! ON NE M'Y REPRENDRA PAS UNE 3EME FOIS...IL ME SEMBLE L'AVOIR DIT POUR LE PREMIER AFFAIRE A SUIVRE
AVIS AUX AMATEURS
Walt disney - 20 novembre 2019 - 1h44
La fievre Golby

En matière de folk moderne, ce bordelais est un bon cru. Mais hélas, on peut toujours lui reprocher une trop grande humilité!
Ce qu'on aime chez Botibol c'est d'abord ses pochettes. Le garçon a du gout! Depuis 2011, il nous fait plaisir avec des jolis dessins artistiques, simples, délicats et beaux. Pour le plaisir des yeux donc; heureusement les oreilles vont avoir de la joie aussi!
Botibol est le projet songwriting du très indépendant Bordelais, Vincent Bestaven. En anglais il a toujours su construire de belles chansons qui se veulent humbles mais en même temps très modernes dans leurs arrangements.
On retrouve donc son apparente nonchalance avec une voix qui glisse un peu comme celle de Leonard Cohen. Pas mal la référence. Le minimalisme n'est qu'apparent chez Botibol.
Il a l'air de prendre son temps. Pourtant comme dans ses deux disques précédents, les légèretés sont trompeuses. Le musicien fabrique vraiment des petites ritournelles qui révèlent doucement leur complexité et le plaisir que l'on peut prendre à les découvrir.
Parce qu'il y a toujours un peu de retenue chez Batibol. On devine parfois le très grand disque mais sa discrétion, qui l'honore, finit un peu par retenir l'énergie qui semble habiter l'artiste.
Il ne faut pas bouder son bonheur: les titres s'enchainent avec une vénéneuse enve de surprendre, tout en politesse. C'est charmant. Mais ca ne vous donnera peut être pas la fièvre!
Haiku records - 2019
The Southern ground sessions

Mon dieu, les jours ont rétréci. La pensée aussi. La déprime nous guette. Je n'ai pas commencé la cure de jus d'orange pressé. Heureusement dans mon petit lecteur, il traine toujours ce petit disque acoustique et moustachu qui fait du bien au moral!
C'est juste l'archétype du disque qui aide à avancer. Il y a de l'enthousiasme, de l'amitié et quelques substances illicites. Puisqu'il s'agit d'une petite pause acoustique de Blackberry Smoke, vieux routiers du rock texan.
Vous savez, celui qui sent bon le fumier, la virilité et les envies de grands espaces et de liberté. Charlie Starr et ses potes chevelus viennent d'Atlanta comme les Black Crowes. Comme eux, ils représentent la branche progressiste du rock sudiste. Ce sont des rednecks aux idées liberales et de parfaits mélodistes.
Malgré leur look travaillé, ils sont parfaitement fréquentables. Encore plus quand ils débranchent leurs instruments. Cet album est plutot un EP. Un récital où les chansons se jouent de manière dépouillée mais très chaleureuse.
On est bien avec Charlie et toute la compagnie. Ca sent bon le boeuf entre amis. Dehors, c'est la nature, les caribous, les écureuils, ce que vous voulez. Mais en six chansons, on a une envie de chamallow cuit au feu! Les chansons sont très rassurantes et caressantes. Les accents country vont pas mal du tout aux rockeurs. Cette parenthèse est enchantée. On vous la conseille en temps de grisaille!
3 legged records - 2019
Doctor Sleep

NOUS VOILA DONC PRESQUE 40 ANS APRÈS "SHINNING" DANS CETTE SUITE ÉCRITE UNE NOUVELLE FOIS PAR SIR STEPHEN KING. DANNY TORRANCE S'EST CONSTRUIT TANT BIEN QUE MAL, MALGRÉ LE TRAUMATISME, DE CETTE NUIT OÙ SON PÈRE JACK A TENTÉ DE LE TUER DANS LE LABYRINTHE DE L'OVERLOOK HÔTEL.
DEVENU ADULTE, IL EST BIEN DÉCIDÉ À FAIRE PROFITER DE SON DON, LE SHINNING ( SI VOUS NE SAVEZ PAS, AUCUN INTÉRÊT DE VOIR CETTE SUITE) A CEUX QUI EN ON LE PLUS BESOIN. AVANT TOUT CELA IL A UN SÉRIEUX BESOIN DE REMETTRE DE L'ORDRE DANS SA VIE QUI JUSQU'ALORS S'AVÈRE ÊTRE ASSEZ CHAOTIQUE.
EN MÊME TEMPS, AVOIR DES VISIONS DE MORT, ÇA NE DOIT PAS ÊTRE DE TOUT REPOS. ET PENDANT CE TEMPS, IL Y A UNE TROUPE DE VAGABONDS DOTÉS D'UN AUTRE DON, QUI TUE DES ENFANTS DEPUIS DES DÉCENNIES. ET C'EST REBECCA FERGUSON LA CHEF DE MEUTE (ABSOLUMENT MAGNIFIQUE DANS CE FILM) AFFUBLÉE DE SON JOLI CHAPEAU, ET DONT LES ORIGINES SE DÉVOILENT PETIT À PETIT.
CETTE SUITE EST BIEN PLUS MYSTIQUE QUE SON PRÉDÉCESSEUR EN FAISANT APPEL A DES FORCES OBSCURES, DES TOURS DE PASSE-PASSE. IL Y A UN BEL HOMMAGE A SHINING DANS LES PREMIÈRES MINUTES DU FILM SURTOUT AVEC LA RETRANSCRIPTION DES PERSONNAGES COMME A L'ÉPOQUE QUI EST TRÈS APPRÉCIABLE. (UNE VERSION VRAIMENT DIFFÉRENTE DE CELLE DE SPIELBERG DANS "READY PLAYER ONE" TOUT AUSSI EXCELLENTE).
ON RETROUVE D'AUTRES SÉQUENCES DANS LE FILM AUSSI, ÉVIDEMMENT, SANS PARLER DE LA BANDE SON. MAIS POUR EN REVENIR A CE DOCTEUR SLEEP, LE FILM EST SACRÉMENT BIEN CONSTRUIT, UN PEU LONG PEUT ÊTRE MAIS IL A BEAUCOUP DE CHOSE À RACONTER.
LA RÉALISATION DE MIKE FLANAGAN (MON CHOUCHOU DU PETIT ÉCRAN, PLEASE ALLEZ VOIR CE QU'IL FAIT) APPORTE ÉNORMÉMENT AU FILM, C'EST ÉVIDENT QUE LE RÉSULTAT NE SERAIT LE MÊME SANS SA TOUCHE BIEN PERSONNELLE.
C'EST CLAIREMENT MA PREMIÈRE MOTIVATION POUR VOIR CE DOCTEUR SLEEP A L'ŒUVRE (ET MON PETIT CHÉRI JACOB TREMBLAY QU'IL A DÉJÀ DIRIGÉ ET REBECCA ÉVIDEMMENT !). PARCE QUE POUR AVOIR REVU SHINING RÉCEMMENT, JE CONFIRME QUE MÊME SI C'EST UN CLASSIQUE POUR BEAUCOUP, IL N'EN RESTE PAS MOINS QU'UN FILM SURCÔTÉ POUR MA PART.
COMME TOUJOURS AVEC MIKE, IL Y A DE TRÈS BEAUX PLANS SÉQUENCES, DE TRÈS BELLES IMAGES, QUI METTENT EN VALEUR LES PERSONNAGES. CETTE SÉQUENCES AU DESSUS DE LA TERRE ! WAHOU ! ET MÊME SI LE FILM S'ÉPARPILLE EN PASSANT DE PLANS EN PLANS, DE VILLES EN VILLES (ÇA, JE N'AIME PAS, PEU IMPORTE LE FILM).
J'IMAGINE QUE ÇA REPREND RESPECTIVEMENT LE LIVRE QUE JE NE CONNAIS PAS MAIS CONTRE TOUTE ATTENTE, J'Y AI PASSÉ UN TRÈS TRÈS BON MOMENT, LÉGÈREMENT EXPÉRIMENTALE. LE FILM DISPOSE DE TOUT CE QU'IL FAUT DANS LE CINÉMA DE GENRE HORRIFIQUE UN PEU INTELLO D'AUJOURD'HUI ET JE JE SUIS PERSUADÉ QU'IL AURAIT AUSSI SA PLACE EN FORMAT SERIE TV.
JE ME RÉPÈTE MAIS LA RÉALISATION EST VRAIMENT EXCELLENTE, CE MEC EST UN ARTISTE ! JE L'ADORE ET IL CONFIRME ENCORE UNE FOIS TOUT SON TALENT. ÇA CHANGE DES FILMS D'HORREUR DONT ON A L'HABITUDE, UNE POÉSIE ET UN IMAGINAIRE QUI CRÉER UN NOUVEAU GENRE ET RIEN QUE POUR M'AVOIR FAIT APPRÉCIER L'UNE DES DEUX PIÈCES MAJEURE DE L'ŒUVRE DE KING, TOUT EN DÉPOUSSIÉRANT LA PREMIÈRE AU PASSAGE, ÇA VAUT LARGEMENT LE COUP DE S'ENDORMIR UN PEU,...., APRES LE FILM.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Cliff Curtis et Kyliegh Curran - Warner Bros - 30 octobre 2019 - 2h30
Little Joe

De la science fiction à la sauce autrichienne... glacant!
Jessica Hausner, réalisatrice de Little Joe, est une ancienne assistante de ce bon vieux rigolo de Michael Haneke. Comme lui, la rigolade ca n'existe pas et la dépression est bien souvent au bout du métrage.
Ca ne loupe avec son premier film en anglais, Little Joe où la fable dépeint une humanité qui perd son coeur, son ame et ses sentiments alors qu'elle recherche la perfection. Alice est donc une scientifique qui tente de mettre en point la fleur qui rend heureuse.
Elle s'acharne à faire joujou avec l'essence des fleurs, leurs compositions, leur nature même. Et c'est ainsi que naquit Little Joe, drôle de fleur rose qui déploie beaucoup de pollen.
Alice croit en sa création mais comme le docteur Frankenstein, elle ferait bien de se méfier. Nous sommes pas dans le monde gothique de Mary Shelley. On est plutôt dans une clinique qui ressemblerait presque à une prison.
Alice ne sortirait que pour voir un fils qui semble se détacher de plus en plus d'elle. En réalité, sa plante serait pas si inoffensive que cela. Mais on vous laisse la surprise.
Car le film est très étrange. Il se détache totalement du récit. La cinéaste ose un recul absolu avec son histoire et ses personnages. De véritables pantins. Pourtant l'actrice a obtenu le prix d'interprétation au dernier festival de Cannes. Emily Beecham ne montre aucune émotion durant la première partie. Lorsqu'elle lache une petite tension d'inquiétude, cela fait son effet.
Comme Haneke, Jessica Hausner joue la sécheresse pour nous mettre en face d'une réalité absolue. C'est ce qui rend l'ensemble réellement flippant. L'artifice est appuyé mais cela presse sur une vérité... d'une tristesse abyssale.
Tout en longueur, jouant sur les costumes, réduisant les séquences à des travellings lourds de sens, Little Joe est un objet hors du commun, pas évident à appréhender et qui prendra du temps à évaluer... plus une expérience qu'un film.
Avec Emily Beecham, Ben Wishaw, Kerry Fox et David Wilmot - Dire - 13 novembre 2019
Dolemite is my name

Eddie Murphy est de retour. Pour de vrai. Ca fait bizarre.
Mais pourtant il faut l'avouer: le comique est très convaincant dans le rôle de Rudy Ray Moore, alias Dolemite, humoriste bourrin des années 60 et 70 et héros de nanars légendaires de la Blaxploitation.
On avait bel et oublié que l'acteur du Flic de Beverly Hills était un comédien. Il était devenu une star. Un concept. Un gros has been. Le reflet avec son personnage est totalement évident.
Vulgaire, peu futé mais roublard, Rudy Ray Moore est un marginal qui va avoir droit à son petit moment de gloire. Ecrit par les scénaristes du génial, Ed Wood, Dolemite is my name est d'abord un hommage à ce rêve américain qui peut être finalement peu de choses pour certaines personnes. Moore a pourtant trouvé un style et a su s'y accrocher jusqu'à une (relative) gloire qui deviendra culte un peu plus tard.
Pour le réalisateur Craig Brewer, ce musicien raté humoriste grossier et acteur limité, il y a là le grand père graveleux du héros de Hustle & flow ou le cousin californien du bluesman de Black Snake Moan. C'est une fois encore un regard décalé sur la culture américaine qui mélange marginalité et succès, dangers et envies.
Les anecdotes se succèdent avec entrain, tirés effectivement par un Eddie Murphy méconnaissable et assez irrésitible. Il forme autour de lui, une petite bande assez réjouissante qui va tout faire pour s'offrir un peu de reconnaissance. Ce n'est pas nouveau mais c'est assez savoureux. On ne sait pas si Eddie Murphy va revenir au sommet mais le savoir en si bonne forme est une bonne nouvelle.
PS: le film nous venge un peu des scors tout pourris que l'on entend partout désormais. Vive la soul music!
Avec Eddie Murphy, Mike Epps, Wesley Snipes et Craig Robinson - netflix - 1h55
Of the sun

La Pologne nous offre en ce moment, le meilleur groupe post rock! Une découverte assez précieuse!
En réalité, les musiciens de Trupa Trupa se sont montrés il y a quelques années avec des morceaux taillés dans un roc(k) sombre, émietté et en même temps éclatant!
Depuis ils ne font que confirmer le bien que l'on pense d'eux. Et ce quatrième album commence à montrer un groupe très confiant de ses formes et capables de s'ouvrir au reste du Monde.
Une petite tournée autour de la planète a dû donner de la vigueur à ce groupe polonais qui pourrait être un hybride assez déconcerant de Alice in Chains et Joy Division.
On devine bien les usines, le spleen, l'aliénation, le désespoir mais on entend surtout une énergie folle. La basse tabasse mais le reste des instruments veut rassurer. La tristesse n'est qu'une apparence. Sans le soleil, il y a tout de même une vivacité simplement incroyable loin des habituelles idées noires.
La maitrise du post rock est parfaite. Le quatuor se prend même pour les Beatles avec l'acoustique et magnifique Angle. Ils ne défendent donc pas une formule mais sont bien plus ouverts que l'on pourrait le penser.
On est dans la douce expérimentation. Trupa Trupa ne veut plus choquer le bourgeois. Les gribouillages noires de la pochette n'existent pas ou plus. Désormais Trupa Trupa tente et réussit tout ce qu'il entreprend. L'authenticité explose dans des morceaux qui ne veulent plus prendre la pose. C'est un disque très libre et finalement très frais. Bonne surprise donc!
Glitterbeat records - 2019
Spirou à Berlin


30 ans que le mur de Berlin est tombé. Des décennies que l'empire de Spirou s'impose, pour le bien et la paix, heureusement !
Mais il est le plus vivace de ces vieux héros qui font la bande dessinée. Tintin est intouchable. Blake et Mortimer commencent à échapper aux conventions. Lucky Luke aussi. Astérix a enfin trouvé deux auteurs pour lui donner un peu de pep's. Mais personne de tous ces personnages n'arrive à la cheville de l'explosif Spirou.
Depuis qu'il se voit confier des aventures à des auteurs différents, le célèbre groom journaliste a une actualité chargée. Son univers s'élargit: on a meme eu droit à un petit nanar au cinéma autour de lui et Fantasio.
Et des séries parallèles. Et maintenant ce drôle d'album écrit et dessiné pour le public allemand. C'est donc un auteur germanique qui nous raconte la nouvelle épopée de Spirou au pays des soviets.

Nous sommes en 1989. Fantasio est à la recherche d'un scoop. Lorsque Champignac est invité en RDA, le duo d'aventuriers va se retrouver une fois de plus mêler à des histoires trépidantes entre un état chancelant et des diamants qui font saliver beaucoup de monde. Sans oublier un orang outang! Et un cousin machiavélique de Fantasio!
Flix a bien compris le rythme d'une bédé réussi de Spirou et Fantasio. Il colle aux baskets des deux reporters. Fantasion fait le show tandis que Spirou représente la raison. C'est souvent drôle. On peut reprocher deux trois planches ennuyeuses mais le cahier des charges est rempli.
Ce voyage à Berlin est fracassant. Les deux journalistes font des étincelles et le rythme reste soutenu. Sans grand nouveauté mais toujours avec autant de plaisir!
Dargaud - 60 pages




