Little Joe

De la science fiction à la sauce autrichienne... glacant!
Jessica Hausner, réalisatrice de Little Joe, est une ancienne assistante de ce bon vieux rigolo de Michael Haneke. Comme lui, la rigolade ca n'existe pas et la dépression est bien souvent au bout du métrage.
Ca ne loupe avec son premier film en anglais, Little Joe où la fable dépeint une humanité qui perd son coeur, son ame et ses sentiments alors qu'elle recherche la perfection. Alice est donc une scientifique qui tente de mettre en point la fleur qui rend heureuse.
Elle s'acharne à faire joujou avec l'essence des fleurs, leurs compositions, leur nature même. Et c'est ainsi que naquit Little Joe, drôle de fleur rose qui déploie beaucoup de pollen.
Alice croit en sa création mais comme le docteur Frankenstein, elle ferait bien de se méfier. Nous sommes pas dans le monde gothique de Mary Shelley. On est plutôt dans une clinique qui ressemblerait presque à une prison.
Alice ne sortirait que pour voir un fils qui semble se détacher de plus en plus d'elle. En réalité, sa plante serait pas si inoffensive que cela. Mais on vous laisse la surprise.
Car le film est très étrange. Il se détache totalement du récit. La cinéaste ose un recul absolu avec son histoire et ses personnages. De véritables pantins. Pourtant l'actrice a obtenu le prix d'interprétation au dernier festival de Cannes. Emily Beecham ne montre aucune émotion durant la première partie. Lorsqu'elle lache une petite tension d'inquiétude, cela fait son effet.
Comme Haneke, Jessica Hausner joue la sécheresse pour nous mettre en face d'une réalité absolue. C'est ce qui rend l'ensemble réellement flippant. L'artifice est appuyé mais cela presse sur une vérité... d'une tristesse abyssale.
Tout en longueur, jouant sur les costumes, réduisant les séquences à des travellings lourds de sens, Little Joe est un objet hors du commun, pas évident à appréhender et qui prendra du temps à évaluer... plus une expérience qu'un film.
Avec Emily Beecham, Ben Wishaw, Kerry Fox et David Wilmot - Dire - 13 novembre 2019
Dolemite is my name

Eddie Murphy est de retour. Pour de vrai. Ca fait bizarre.
Mais pourtant il faut l'avouer: le comique est très convaincant dans le rôle de Rudy Ray Moore, alias Dolemite, humoriste bourrin des années 60 et 70 et héros de nanars légendaires de la Blaxploitation.
On avait bel et oublié que l'acteur du Flic de Beverly Hills était un comédien. Il était devenu une star. Un concept. Un gros has been. Le reflet avec son personnage est totalement évident.
Vulgaire, peu futé mais roublard, Rudy Ray Moore est un marginal qui va avoir droit à son petit moment de gloire. Ecrit par les scénaristes du génial, Ed Wood, Dolemite is my name est d'abord un hommage à ce rêve américain qui peut être finalement peu de choses pour certaines personnes. Moore a pourtant trouvé un style et a su s'y accrocher jusqu'à une (relative) gloire qui deviendra culte un peu plus tard.
Pour le réalisateur Craig Brewer, ce musicien raté humoriste grossier et acteur limité, il y a là le grand père graveleux du héros de Hustle & flow ou le cousin californien du bluesman de Black Snake Moan. C'est une fois encore un regard décalé sur la culture américaine qui mélange marginalité et succès, dangers et envies.
Les anecdotes se succèdent avec entrain, tirés effectivement par un Eddie Murphy méconnaissable et assez irrésitible. Il forme autour de lui, une petite bande assez réjouissante qui va tout faire pour s'offrir un peu de reconnaissance. Ce n'est pas nouveau mais c'est assez savoureux. On ne sait pas si Eddie Murphy va revenir au sommet mais le savoir en si bonne forme est une bonne nouvelle.
PS: le film nous venge un peu des scors tout pourris que l'on entend partout désormais. Vive la soul music!
Avec Eddie Murphy, Mike Epps, Wesley Snipes et Craig Robinson - netflix - 1h55
Of the sun

La Pologne nous offre en ce moment, le meilleur groupe post rock! Une découverte assez précieuse!
En réalité, les musiciens de Trupa Trupa se sont montrés il y a quelques années avec des morceaux taillés dans un roc(k) sombre, émietté et en même temps éclatant!
Depuis ils ne font que confirmer le bien que l'on pense d'eux. Et ce quatrième album commence à montrer un groupe très confiant de ses formes et capables de s'ouvrir au reste du Monde.
Une petite tournée autour de la planète a dû donner de la vigueur à ce groupe polonais qui pourrait être un hybride assez déconcerant de Alice in Chains et Joy Division.
On devine bien les usines, le spleen, l'aliénation, le désespoir mais on entend surtout une énergie folle. La basse tabasse mais le reste des instruments veut rassurer. La tristesse n'est qu'une apparence. Sans le soleil, il y a tout de même une vivacité simplement incroyable loin des habituelles idées noires.
La maitrise du post rock est parfaite. Le quatuor se prend même pour les Beatles avec l'acoustique et magnifique Angle. Ils ne défendent donc pas une formule mais sont bien plus ouverts que l'on pourrait le penser.
On est dans la douce expérimentation. Trupa Trupa ne veut plus choquer le bourgeois. Les gribouillages noires de la pochette n'existent pas ou plus. Désormais Trupa Trupa tente et réussit tout ce qu'il entreprend. L'authenticité explose dans des morceaux qui ne veulent plus prendre la pose. C'est un disque très libre et finalement très frais. Bonne surprise donc!
Glitterbeat records - 2019
Spirou à Berlin


30 ans que le mur de Berlin est tombé. Des décennies que l'empire de Spirou s'impose, pour le bien et la paix, heureusement !
Mais il est le plus vivace de ces vieux héros qui font la bande dessinée. Tintin est intouchable. Blake et Mortimer commencent à échapper aux conventions. Lucky Luke aussi. Astérix a enfin trouvé deux auteurs pour lui donner un peu de pep's. Mais personne de tous ces personnages n'arrive à la cheville de l'explosif Spirou.
Depuis qu'il se voit confier des aventures à des auteurs différents, le célèbre groom journaliste a une actualité chargée. Son univers s'élargit: on a meme eu droit à un petit nanar au cinéma autour de lui et Fantasio.
Et des séries parallèles. Et maintenant ce drôle d'album écrit et dessiné pour le public allemand. C'est donc un auteur germanique qui nous raconte la nouvelle épopée de Spirou au pays des soviets.

Nous sommes en 1989. Fantasio est à la recherche d'un scoop. Lorsque Champignac est invité en RDA, le duo d'aventuriers va se retrouver une fois de plus mêler à des histoires trépidantes entre un état chancelant et des diamants qui font saliver beaucoup de monde. Sans oublier un orang outang! Et un cousin machiavélique de Fantasio!
Flix a bien compris le rythme d'une bédé réussi de Spirou et Fantasio. Il colle aux baskets des deux reporters. Fantasion fait le show tandis que Spirou représente la raison. C'est souvent drôle. On peut reprocher deux trois planches ennuyeuses mais le cahier des charges est rempli.
Ce voyage à Berlin est fracassant. Les deux journalistes font des étincelles et le rythme reste soutenu. Sans grand nouveauté mais toujours avec autant de plaisir!
Dargaud - 60 pages
Radum Calls, Radum Calls

Retour du leader des High Llamas pour un album solo, très pop et toujours aussi singulier.
Il y a peu, nous vous parlions du très vintage disque Kino Music et cet hommage élégant aux sons rétros du cinéma des années 70. La pop, à l'époque se mélangeait avec volupté avec les musiques de films!
On ne va pas continuer de regarder dans le rétroviseur mais on va tout de même vous proposer de jeter une oreille sur le disque du revenant Sean O-Hagan. Ce dernier fut la tête pensante des High Llamas, secret le mieux gardé de la pop britannique.
Dans les années 90, O'Hagan et ses potes se sont mis en tête de prolonger l'oeuvre brillante et torturée des Beach Boys. Avec tous les débordements instrumentaux que l'on connait et les fantaisies les plus pures. O'Hagan était l'un des rares à ne pas être un simple ersatz de la fraterie californienne. Un digne descendant.
Le groupe a depuis 2007 mis un peu la sourdine avec des albums trop discrets mais on a souvent entendu l'esprit bouillonant de Sean O'Hagan, qui ose toutes les harmonies et tous les arrangements.
Cela s'entend encore plus sur son disque solo qui répertorie toute la classe d'un Brian Wilson, l'esprit loufoque d'un Randy Newman et les soude à l'esprit enchanteur d'un Robert Wyatt. Des noms prestigieux pour un géant de l'écriture qui s'adapte à ses moyens.
O'Hagan a effectivement ce style foudroyant qui jongle avec des instruments à cordes, des refrains à la fausse candeur réjouissante et des structures totalement libres. C'est baroque mais l'enthousiasme emporte tout sur son passage. Une nouvelle fois, O'Hagan et ses chansons offrent une sorte de trésor bien caché dans l'actualité mais d'une richesse évidente!
Drag City - 2019
Kino Music

Le disque qui se prend pour une machine à remonter dans le temps!
Donc vous allez voir vos pantalons s'élargir sur la base. Au niveau des oreilles, de bonnes rouflaquettes vont s'installer! Le formica, le velour et le cuir coloré nourriront vos idées décos!
Bref, bienvenue dans les années 70. Cette rutilante décennie où Pierre Richard nous faisit rire. Période où Chabrol et Yves Robert croquaient la France. Période où le président faisait de l'accordéon.
Ennio Morricone était le maître de la musique de films, mais pas mal de compositeurs faisaient rentrer de la pop dans les orchestrations des grands films populaires.
C'est en tout cas ce qui a marqué le musicien Pierre Daven Keller, complice de Dominique A, qui rend ici un hommage plus que vibrant à ce style élégant : c'est un hommage vivant! Un régal pour les amateurs d'arrangements soyeux et kitsch!
C'est donc une sorte de voyage sonore et presque spatial dans une bande originale imaginaire, résolument tournée vers des instrumentations d'un autre temps, qui pourrait se passer dans les studios de cinecitta.
Des cordes tendues à des voix féminines. Des clavecins qui se la jouent sensuels. De l'érotisme tout en musique. Des flutes galopantes. C'est drôle et souvent interprété avec une classe assez folle. Ce disque est une sorte d'héritage d'un temps où la musique avait son importance dans les projets cinématographiques. Ici, il y a une empathie certaine avec l'auditeur et un passé pas si loin.
Instrumental, son disque est une oeuvre de passionnée. On a l'impression de faie du cheval avec Clint Eastwood, on rêve d'attendre fébrilement Mireille Darc dans un restaurant. On aurait cru être à table avec Rochefort, Brasseur, Lanoux et Bedos.
C'est donc un sentiment très chaleureux qui émane de ce Kino Music qui rappelle l'importance du souvenir, de la nostalgie mais aussi du cinéma. Un art qui défend un autre: franchement Kino Music est inattaquable!
Kwaidan records - 2019
American son

Petit thriller qui tente de retrouver les vertus du théâtre et l'économie de moyens.
Lieu unique. Temps unique (la pluie). Et une seule question: ou est passé Jamal, jeune homme de 18 ans? Kendra est une mère inquiète. Son fils a disparu. Il a pris la voiture et depuis, plus de nouvelle.
Elle déboule dans un commissariat par une nuit pluvieuse et ne peut controler ses angoisses. C'est bien naturel mais c'est compliqué pour un jeune policier novice.
Le mère ne supporte pas les techniques policières. Le mari tarde à arriver. Elle est noire. Il est blanc. Cette attente insupportable va révéler bien des choses sur le couple, la police et l'état de l'Amérique d'une manière générale.
Parce que le film ne fait pas dans la dentelle. C'est démonstratif. Mais ce n'est pas non plus mauvais: au contraire, c'est tout à fait louable de montrer les fractures d'une société qui a du mal à échapper à la lutte des classes, les tensions raciales, etc.
De ce point de vue le film est inattaquable. On peut regretter que Kenny Leon, le réalisateur reproduise trop sagement sa pièce de théâtre, succès à Broadway. Ca tourne un peu en rond et on voit généralement où veut aller l'auteur. Le récit enfonce un peu des portes ouvertes!
Heureusement il y a Kerri Washington. Ce petit bout de femme a souvent montré un incroyable charisme (parfois jusqu'à la parodie dans sa série politique, Scandal). Ici, on sent qu'elle se donne à fond dans le rôle d'une mère meurtrie et une femme délaissée.
Avec Kerri Washington, Steven Pasquale, Jeremy Jordan et Eugene Lee - Netflix - 2019
Malefique le pouvoir du mal

CE N'EST PAS UN SECRET, J'ADORE CE PERSONNAGE ET J'AVAIS BEAUCOUP AIMÉ LE PREMIER VOLET DE CETTE VERSION MOINS FANTASQUE DE LA BELLE AU BOIS DORMANT.
ON Y DÉCOUVRAIT UNE RÉALITÉ ASSEZ SOMBRE DANS L'UNIVERS DISNEY, OÙ TOUT N'EST PAS QUE CONTE DE FÉE ET HAPPY ENDING. LA CRUAUTÉ DU PRINCE STEPHANE ENVERS MALÉFIQUE AVAIT RENDU CETTE DERNIÈRE AVIDE DE VENGEANCE LARGEMENT JUSTIFIÉE.
C'EST DONC AVEC UN PLAISIR NON DISSIMULÉ QUE CETTE SUITE REPRENANT LES MÊMES ACTEURS ET LES MÊMES ENJEUX! RÉÉCRIRE L'HISTOIRE D'UN POINT DE VUE ENCORE INCONNU.
CELUI DE MALÉFIQUE INTERPRÉTÉE PAR UNE ANGELINA JOLIE PLUS VRAIE QUE NATURE. UN PERSONNAGE AUSSI CRUEL QUE SENSIBLE ET DONT LA CARAPACE NE CESSE DE TOMBER AU FIL QUE LA VÉRITÉ SE RÉVÈLE.
ON RESTE DANS UN DISNEY ET MÊME LE PLUS GRAND DES MÉCHANTS A DROIT À SA PART D'HUMANITÉ, A MOINS QUE..... LE DÉBUT DU FILM EST UN PEU MALADROIT, GENTILLET ET CONVENU. DISNEY RENOUE AVEC LES ORIGINES DE SON CONTE, DU CÔTÉ D'AURORE ET ON PREND VITE PEUR QUE LE FILM NE TOURNE A LA MIEVRERIE GÉNÉRALISÉE, MAIS ON SAIT AUSSI CE QUE L'ON VA VOIR.
L'INTENTION DE FAIRE LE BIEN COÛTE QUE COÛTE OU DU MOINS LE PRÉTENDRE EN CONVIANT MALÉFIQUE AU DINER ROYAL CÉLÉBRANT LA FUTURE UNION ET STRATÉGIQUEMENT RAPPROCHER LES DEUX PARTIES AFIN DE DISSUADER LA COUR QUE MALÉFIQUE EST MALFAISANTE... ET C'EST PENDANT CET EXCELLENT DINER, QUE LA MAGIE OPÈRE DE NOUVEAU ET BASCULE LE FILM DU CÔTÉ OBSCUR.
CAR MALGRÉ TOUTE LA BONNE INTENTION D'ENTENTE DU BIEN ET DU MAL, LE SACRIFICE DE VOIR AURORE DEVENIR REINE ET DISPARAÎTRE DE LA VIE DE MALÉFIQUE, SOIT LA SEULE HUMAINE QU'ELLE N'A JAMAIS AIMÉ, LUI EST TROP INSUPPORTABLE.
SANS TROP EN DÉVOILER ON FINIT PAR COMPLÈTEMENT RENTRER DANS CETTE NOUVELLE VERSION. IL Y A UN PETIT CÔTÉ BURTON (PLUS "SLEEPY HOLLOW" QUE "ALICE" ÉTONNEMENT ET CE N'EST PAS PLUS MAL) GRACE A CERTAINS PERSONNAGES ET LA MISE EN SCÈNE. ET PUIS IL Y A MALÉFIQUE (DAH!) QUI EST JUSTE SUBLIME. TOUT CE QU'ELLE APPORTE EN GOTHIQUE CÔTÉ DÉCORS ET EFFETS SPÉCIAUX, SURPASSE DE LOIN TOUT LE COTE ÉDULCORÉ DE L'AUTRE COTE DU MIROIR.
JE SUIS AUTANT CONQUISE QUE DANS LE PREMIER VOLET. C'EST AUSSI BEAU QUE "BLANCHE NEIGE ET LE CHASSEUR", AVEC LES FORÊTS ENCHANTÉES, LES FLEURS,......, ET RIEN QUE POUR CETTE SÉQUENCE AU ROYAUME DES FÉES NOIRES EN MODE NINA RICCI, ÇA VAUT LE COUP D'OEIL. ON SENT LE BUDGET MADE IN DISNEY LÀ, ABSOLUMENT MAGNIFIQUE !
CE FINAL TOUT EN ARTIFICES ROUGE PASSION N'A RIEN NON PLUS A ENVIER A "GAME OF THRONES" DONT LA COMPARAISON SUR BEAUCOUP DE POINTS ME FAIT RIRE....., JE NE PENSAIS PAS DIRE CELA MAIS MÊME SUR 2H C'EST UN PEU COURT POUR APPROFONDIR TOUTES LES NOUVELLES HISTOIRES RACONTÉES ICI.
TOUT N'EST PAS PARFAIT ET SÛREMENT QUE MON AME D'ENFANT SE VEUT MOINS CRITIQUE QUE D'HABITUDE MAIS LE SPECTACLE EST LÀ ET LA PROMESSE D'UNE REVISITE ENCORE TRÈS ORIGINALE, REND CETTE SUITE TOUT AUTANT APPRÉCIABLE QUE SON PRÉDÉCESSEUR. J'ADORE CES ALTERNATIVES ET CHEZ DISNEY VU LE NOMBRE DE LIVE ACTION ET POUR LA PLUPART RATÉS, IL SERAIT BIEN DOMMAGE DE PASSER A CÔTÉ. WELL WELL VOUS FAITES COMME VOUS VOULEZ.......
AVIS AUX AMATEURS
Avec Angelina Jolie, Michelle Pfeiffer, Elle Fanning et Harris Dickinson - Disney - 16 octobre 2019 - 2h
Shaun le mouton la ferme contre attaque

Hommage appuyé à Spielberg, le second film de Shaun le Mouton fera rire les petits sans oublier les grands!
Les films Aardman sont d'une qualité assez variable mais il est vrai que l'intrépide Shaun le Mouton est plutôt en haut du panier. La série est hilarante. Le premier film fut une belle surprise. Le second est encore du même niveau malgré un scénario assez paresseux!
Puisqu'il singe joyeusement le ET de Steven Spielberg. Dans le rôle de la créature, on a un facétieuse créature venue d'ailleurs, sorte de poulpe avec une tête de chien. Et pour l'acceuillir sur Terre, il tombe sur Shaun, toujours alerte, et toute sa petite bande de la ferme.
Et il y aura des scientifiques un peu effrayants, des tours de magie et une cascade de rebondissements avec des personnages toujours expressifs et peu causants.
Les auteurs du Studio Aardman continuent de croire aux vertus du burlesque pur et dur. Shaun est le digne descendant de Charlie Chaplin ou Buster Keaton.
Au delà de l'hommage au papa d'ET, il y a une deferlante de gags. Pour les petits et pour les plus grands. Le film est une énorme farce comique, où l'économie de moyens, son apparence rudimentaire et sa simplicité graphique font finalement des merveilles.
Techniquement, c'est charmant mais surtout cela donne du corps à des situations drôles et absurdes. Et finalement touchantes. C'est aussi cela magie de l'animation: cette émotion naissante sur des artifices flagrants.
Mais c'est avant tout un spectacle familial, généreux et finalement spectaculaire. Cette suite pourrait faire partie des meilleures comédies de cette fin de décennie!
StudioCanal - 16 octobre 2019 - 1h30
Midway

A la redondante marvelisation des films hollywoodiens, le retour de Roland Emmerich est presque une très bonne nouvelle. Les temps sont durs.
Moins difficiles que la Seconde Guerre Mondiale tout de même. Et l'attaque fourbe des Japonais sur Pearl Harbor! L'Amérique fut surprise par la technique et la modernité de l'armée nippone.
Les avions de l'Amérique sont vieillots et seul, le courage des pilotes pouvait faire la différence. Tout cela n'est pas rassurant pour les généraux qui devine tout le drame qui déroule dans l'Océan Pacifique, lieu d'enjeux considérables et qui atteindra son apogée avec la bataille de Midway.
L'histoire, et le film avec Henry Fonda, Charlton Heston et Toshiro Mifune, sont connus. En grand fan de Spielberg devant l'éternel, le maladroit mais ambitieux Roland Emmerich s'offre lui aussi son film de guerre plein d'héroïsme.
Un con trop loin. Roland Emmerich rêve d'être Spielberg mais il a toujours été un concurrent sérieux de Michael Bay. Un spécialiste de Blockbuster boursouflé et crétinoïde. Midway a au moins le mérite de nous faire oublier cette grosse casserole rouillée qu'était Pearl Harbor.
C'est moins long déjà. Et c'est plus rythmé. On retrouve chez Emmerich une idée assez naïve du cinéma qui n'existe plus à Hollywood. Pas très doué, ce type poursuit un rêve. Sans baisser les bras. Avec une conviction intacte.
Il a détruit mille fois la planète avec des récits délirants, hilarants ou débiles. Il a aussi défendu la cause des homosexuels ou raconter la vie tumultueuse de Shakespeare. Emmerich n'a peur de rien et quand il aime un sujet, il y va à fond... sans contrôle. Donc ici, c'est pareil. Il nous raconte avec son insistance habituelle, la partie de touché coulé entre deux nations.
Donc ca va pétarader dans tous les sens. Des cockpits, il donne le tournis et nous montre la dextérité et le talent des pilotes. Le plus dans tout cela, c'est qu'il ne donne pas dans le patriotisme exagéré, ce qui est tout de même sa marque de fabrique. Ici, l'ennemi japonais n'est pas absent ou tout simplement fourbe. Merci pour eux. Merci pour nous.
Mais on sent aussi qu'il est heureux de jongler avec des clichés datés qui nous rappellent au mieux nos doux souvenirs de l'émission de La Dernière Séance. Les épouses inquiètes, l'amitié virile, le général bienveillant, le sacrifice ultime, les beaux décors formica et la présence saugrenue au milieu de tout cela, du futur cinéaste de génie, John Ford.
On ne parlera pas de l'interprétation limité d'un casting d'Américains qui serrent très fort les machoires. C 'est risible. On se demandera aussi pourquoi Emmerich s'est disputé avec David Arnold, son compositeur des premiers succès. Avec une bonne musique, Midway aurait pu être un vibrant hommage aux films de guerre à l'ancienne.
Mais non, rien de tout cela: Midway est un film de Roland Emmerich! Aussi jubilatoire qu'inégal. Comme tous ses films, on voudrait bien les aimer... mais le "trop" est souvent l'ennemi du "bien"...
Avec Ed Skrein, Luke Evans, Patrick Wilson et Woody Harrelson - Metropolitan film export - 06 novembre 2019 - 2h15




