Trois soeurs, Anton Tchekhoc, Christian Benedetti

(c) Roxane kaspersky
(c) Roxane kaspersky

Ni drame, ni comédie, mais une danse rythmée où les 2 genres s'entrelacent: c'est ce que proposent Christian Benedetti et sa troupe avec cette nouvelle interprétation des "Trois sœurs" de Tchekhov, en ce moment à l'Athénée Théâtre, et bientôt en tournée.

"A Moscou! A Moscou! A Moscou! (...) Si on savait! Si on savait! Si on savait!"... Entre ces deux souhaits, celui d'Irina à la fin de l'Acte II, et celui d’Olga à la fin du dernier acte, cinq ans passent. Cinq ans d'une vie de province, où les jeunes gens commencent à travailler, où les femmes trompent leur mari, où "les maris mentent et font semblant de ne rien voir", où les parvenus s'embourgeoisent et où les aristocrates perdent progressivement leurs privilèges et possessions.

Comme ailleurs dans le théâtre de Tchekhov, il est question d'une époque de transition (où le père vient de mourir, où l'Ancien Régime vacille...) : une situation risquée qui donne à voir des personnages dans leur fragilité. Et peut-être plus qu'ailleurs, on y philosophe sur le sens de l'Histoire, et par extension, sur le sens de l'existence: sens questionné, ardemment désiré, radicalement nié et finalement caché ou en tout cas muet.

Ceux qui connaissent bien cette pièce, souvent montée, seront surpris de l'entendre comme pour la première fois: Benedetti prend le parti d'un tempo rapide, les acteurs déclamant allegro, évitant pathos et pesanteur. Même les dernières répliques du Docteur et d'Andreï, pourtant déprimantes sorties de leur contexte, ne peuvent entraîner l'ensemble vers le sombre.

Les êtres se reconnaissent, se déclarent leur flamme, se demandent en mariage, se quittent et meurent dans une étrange et lumineuse valse à mille temps. Et s'intégrant à ce tempo, de longues pauses, de longs silences ridicules (quand une blague fait un bide) ou vertigineux (quand tout le monde regarde tourner une toupie, jusqu'à l'épuisement de son mouvement) s'intercalent, fidèles aux didascalies. Au final, l'ensemble est enlevé et ne dure qu'1 heure 50.

Le plus important étant que, grâce à ces contraintes formelles (et aussi artificielles qu'elles puissent paraître, du moins au départ) les acteurs font des merveilles. Ces personnages mille fois entendus sont éclairés d'une lumière nouvelle: le mari de Macha est carrément méchant, l'amoureux d'Irina (le baron Touzenbach), d'une innocence virginale, la crise de nerfs d'Irina et les aveux de Macha à l'Acte III, totalement bouleversants...

Bref, c'est une merveille d'intelligence qui réveille et actualise ce "classique" du théâtre moderne.

A (re-)découvrir à l'Athénée Théâtre-Louis Jouvet jusqu'au 14 février: le mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h, et le dimanche à 16h.

Le parlement des invisibles, Anne Collod, Arsenal, Metz

Le Parlement des invisibles_cop_Laurent Philippe (4)

Une pièce chorégraphique qui questionne l’influence des morts sur les corps vivants et qui réactive la puissance de la gestualité expressionniste.

Dès le début, la nouvelle pièce d’Anne Collod nous plonge dans une ambiance sombre et captivante dans laquelle vaguent des corps-squelettes. Des silhouettes abstraites, des mouvements précis et stylisés : tout évoque clairement une ambiance expressionniste, dont l’intensité est redoublée par des projections sur les rideaux noirs du fond et sur des écrans-miroirs portés par les danseurs.

Cette référence historique assumée par une abstraction géométrique extrême est le fil conducteur de la pièce, dans laquelle les corps des danseurs figurent la vie et la mort, leurs possibilités représentatives, leurs dialogues discontinus et imparfaits.

Le parlement des invisibles travaille le concept de vitalisme (la séquence carnavalesque en est l’apogée), sa survivance à un siècle de distance ; elle questionne le sens que ce courant philosophique peut acquérir aujourd’hui.

En travaillant différentes couches et qualités d’images, le flou des corps dans l’obscurité, l’ambiance de mystère associée à la puissance des compositions de Camille Sain-Saëns reprises par Pierre-Yves Macé, Anne Collod pousse le spectateur à un effort constant de compréhension des actions jouées sur scène et le surprend par moment avec des images puissantes et énigmatiques.

La force conceptuelle de l’expressionnisme est ici réactivée comme image pure.

 

 

 

Polly & the Fine Feathers

Folk dépouillé. Petit disque amer et délicieux en même temps. Polly et ses copains sucrent parfaitement de vieilles traditions qui pétillent à nouveau!

Promenons nous dans les bois... la musique est connue et effectivement dans les bois, en ce moment on rencontre un paquet de jeunes Français qui cherchent l'inspiration pour défendre la country et le blues de leurs papas et même de leurs grands parents. Ils sont hype mais ils aiment les vieilles choses vintage, les guitares en bois, les harmonies vocales et les grands espaces mythiques.

Pollyanna, alias Isabelle Casier, a traversé le Tennessee en chantant. Elle s'est laissée bercer par les légendes américaines et revient en France avec deux nouveaux copains et des nouvelles chansons. Des titres simples, sans grand chambardement instrumental. Une petite musique très yankee.

Difficile de se plaindre. Pollys assure les cordes et le chant tandis qu'un batteur et un contrebassiste protègent les angles d'une musique véritable, mélancolique et assez attendrissante. Le disque nous met dans une humeur douce heureuse.

Pourtant les paroles sont respectueuses du genre: ce n'est pas très drôle avec des rêves douloureux ou des digressions qui laissent deviner des bleus à l'âme. Au fond des bois, le groupe parvient à trouver un équilibre, discret, délicat et souvent communicatif. Promenons dans les bois.... Avec Polly et ses amis, c'est vraiment une chouette balade...

Microcultures - 2015

Snow Therapy

Justement présenté dans la section « Un certain regard » au Festival de Cannes 2014, ce drame de saison original et magistralement filmé s’interroge sur les réactions instinctives face au danger et présente une analyse psychologique très fine de la perception de l’autre dans le couple.

Snow Therapy nous propose une curieuse expérience de psychologie sociale : soit un couple de Suédois et ses deux enfants venus se réunir en famille dans une station de ski des Alpes françaises ; alors qu’ils sont attablés dans un restaurant d’altitude, une avalanche se dirige vers eux ; le père de famille, pris de panique, s’enfuit en abandonnant femme et enfants, puis revient comme si de rien n’était, une fois l’avalanche maîtrisée. Comment sa femme va-t-elle réagir ? Comment la famille va-t-elle surmonter cette épreuve ?

On pourrait s’attendre, d’après la bande-annonce, à une comédie nordique à l’humour glacial. Or il s’agit plutôt d’un drame en cinq actes pour cinq jours de ski, au rythme lent, qui pose des questions sérieuses et met plus mal à l’aise qu’il ne fait rire, ou alors nerveusement.

Les questions qu’il soulève sont universelles (d’ailleurs, l’anecdote dont le réalisateur s’est inspiré était différente du prétexte qu’il a finalement imaginé – il s’agissait d’une fusillade en Amérique latine) : comment réagit-on face à un danger vital ? Est-ce l’instinct de survie individuelle qui prime ou bien l’instinct de protection de ses proches ? Qui peut réagir en héros et faut-il se sentir coupable si l’on n’en est pas un ?

L’épouse suédoise, très choquée, s’efforce sincèrement de comprendre ce qui s’est passé et de sauver son couple. D’où de nombreuses discussions avec son mari ou avec des tiers pour tenter d’analyser la situation – une thérapie par la parole – et peu de scènes d’hystérie comme une véritable comédie aurait pu en montrer.

La neige qui a fait émerger les problèmes d’un couple dont les liens s’étaient relâchés est aussi l’instrument apaisant de leur thérapie. Comme la station de ski et, plus largement, tout le massif montagneux et ses inquiétants canons à neige, théâtre du drame filmé en plan large, accompagné des vibrants violons de L’Eté de Vivaldi (mouvement du « presto » de L’Eté, dans Les Quatre Saisons), en introduction à chaque nouvelle journée, c’est un personnage à part entière. Immaculée, enveloppante, elle efface les aspérités et offre le silence feutré de ses grands espaces aux cris de désespoir des hommes.

En plus de poser de manière pertinente des questions fondamentales, Snow Therapy présente plusieurs séquences filmées de manière très originale, qui cassent le rythme – que certains trouveront trop lent – et suscitent un regain d’intérêt ou bien ouvrent une porte sur l’irrationnel : caméra au poing, par exemple, pour une scène de ski dans le brouillard, caméra fixée sur un drone ludique qui percute l’un des convives d’un dîner, ou encore, vues de loin dans la nuit, les lumières mystérieuses de ce même drone qui explore la station, piloté depuis les hauteurs de l’hôtel. Ces séquences sont aussi des incursions plus profondes dans le ressenti des protagonistes, qui oscillent entre apaisement cosmique avant la tempête et chaos intérieur.

Le père de famille n’est pas épargné par cette thérapie qui ne lui fait grâce d’aucune faiblesse – lâcheté, mensonge, orgueil… Mais il est finalement, comme nous peut-être, invité à se racheter et à donner le meilleur de lui-même.

Avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara et Vincent Wettergren - Bac Films / DistriB Films - 28 janvier 2014 -  1h58

Arlington Park

Un livre admirable sur les reculades de la condition féminine, dans une ville de province. Voilà ce que nous montre Rachel Cusk. Voilà un livre où le mot espoir n’a pas sa place.

En 2007, Rachel Cusk est une romancière anglaise de 40 ans dont le roman, Arlington Park, vient de sortir pour la rentrée littéraire. Ce roman, grace au bouche-à-oreille est dans les dix meilleures ventes de livres. On est un brin étonné qu’un roman à la structure à la fois linéaire et répétitive, connaisse un tel succès. Etonné et dubitatif, sans que cela remette en cause le réel talent de l’auteure.

Cela révèle que les lecteurs français sont sans doute friands de romans où le pessimisme se déploie avec intensité.

Nous attendrons l'année suivante et la publication de son roman suivant pour comprendre si Miss Cusk a réellement du talent ou bien si elle est surcôtée parce qu’elle dresse un tableau terrible des frustrations féminines dans un quartier résidentiel d’une ville de banlieue anglaise. Tableau dans lequel beaucoup de nos concitoyens et concitoyennes se retrouvent.

L’action du roman se situe durant une journée d’automne ou d’hiver, durant laquelle il pleut beaucoup. Le roman est composé de tableaux durant lesquels quelques femmes sont dépeintes dans leurs actions de la journée, dans leurs pensées mais aussi dans leur essence, une essence qui va de la frustration au desespoir.

A la fin du roman, quelques-unes des femmes que Rachel Cusk a dépeintes, se retrouvent pour un diner d’une affligeante médiocrité, qui est comme un miroir d’un diner dépeint dans les cinquantes premières pages. Les diners décrits par Rachel Cusk sont des moments où les maris de ces dames, apparaisent sous un jour gris. Soit ils tiennent des propos racistes, soit sexistes. Et puis le roman se termine.

Par paresse intellectuelle, les médias français ont apparenté Arlington Park à Desperate housewives. Cela n’a rien à voir. Arlington Park se situe du côté de la tragédie humaine, d’une description anthropologique de l’humaine condition.

En fait, il pourait s’agir d’un livre admirable. Le bémol qu’on oppose à une telle réussite, est le suivant : à la lecture, passé le premier intérêt de la découverte, le livre vous tombe des mains parce que les personnages ressassent leurs frustrations. Il est difficile d’être passionné par des personnages qui s’enlisent dans les sables mouvants.

On aurait envie de demander naïvement à l’auteure, s’il n’y a pas un coin de ciel bleu dans ce qu’elle décrit. Eh bien non, tout est gris. Vous qui lisez ce livre, perdez tout espoir.

Points - 263 pages

The Age of Reason

On est une bande de djeun’s à Etat Critique. La preuve : on écoute le dernier Gramatik. Il est chanmé ! Et nous on se sent un peu ridicule !

Pour tout vous avouer, il y a peu, je ne connaissais pas du tout Gramatik. Ma curiosité s’est éveillé dans le métro devant une affiche. Gramatik à l’Olympia. L’affiche est très jolie, avec un style retro qui me rappelle les joyeux délires utopistes de Druillet ou Moebius. Tout ca m’intrigue.

A l’Olympia, ce sont des stars qui montent sur la scène mythique. Alors qui est ce type qui va squatter une soirée cette salle alors qu’il n’est pas aussi célèbre que Frédéric François ou Dave ? Est-ce le projet psychédélique de Laurent Gerra ? C’est vraiment bizarre.

La réponse est en fait assez simple : Gramatik est un dj slovène. Déjà je commence à comprendre mon inculture. L’exotisme est total. Je suis assez mauvais en culture urbaine des Balkans. Mais bon, après un passage sur internet, je comprends que le gars assure devant les platines. Les beats, il en débite !

Il a avec cet album atteint l’âge de raison le super dj slovène. Est-ce que ca veut dire qu’il va nous faire de l’électro pour publicitaires en manque d’inspiration ? Un petit peu : on pense à C2C dans l’alliage entre vieux chants soul et gros beats dévastateurs.

J’entends certains qui vont citer Moby mais franchement c’est un peu vache : ce disque remplit sa mission. Vous finirez par danser ou secouer la tête. Le gaillard a visiblement le sample dans le sang. L’adjectif « efficace » a sa place dans cette chronique. Ce n’est pas la révolution folle mais à la fin de plusieurs écoutes, on aurait presque aimé avoir une place à l’Olympia. Il faut toujours être curieux: ce n’est pas un défaut.

Lowtemp - 2014

De Beaux Lendemains

De beaux lendemains est un très beau roman raconté à quatre voix, celui d’un drame frappant un petit village de l’état de New York. Russel Banks s’affirme vraiment comme un auteur américain incontournable.

L’histoire a pour fond l’Amérique profonde : un village confronté à un hiver rigoureux et surtout à un drame qui affecte la plupart de ses habitants. La brume, la neige et le froid sont omniprésents et participent de l’ambiance éthérée, de l’humeur cotonneuse qui envahit les gens démolis par un accident venu bouleverser leurs vies.

Russel Banks donne successivement la parole à quatre personnages, chacun nous racontant avec sa propre sensibilité les répercussions du drame sur sa vie.

Les uns se montrent ivres de douleur : "J’étais complètement soûl et je réagissais automatiquement comme si ma bouche avait été un répondeur téléphonique : Vous êtes bien chez Billy Ansel, il a subi une perte irréparable et s’est rendu compte qu’il est inconsolable et par conséquent, afin de vous éviter de la gêne et à lui-même de l’embarras, il s’est retiré de tout contact humain normal"…

… Tandis que d’autres cherchent à se blinder en relativisant : "Notre façon de considérer la mort dépend de l’image qui nous en est préparée par nos parents et les gens qui les entourent, et de ce qui nous arrive au tout début de notre vie. Et si on avait une juste conception de la mort - comparable à la certitude qu’on a de la réalité des impôts, par exemple - si on ne s’obstinait pas à se figurer qu’on peut y échapper, il n’y aurait peut-être jamais eu de guerre."

Russel Banks a incontestablement un grand talent pour restituer l’état d’esprit de ses personnages, leur intériorité. Il parvient étonnamment à changer d’écriture et de style selon le tempérament du personnage à qui il donne vie.

Il est fascinant de voir comme l’auteur réussit à créer chez le lecteur une empathie, une identification à chacun de ses personnages qui sont pourtant très différents les uns des autres.

336 pages - Babel

Taken 3

Luc Besson use et abuse de ses succès en tant que producteur. Il confirme avec ce très dispensable Taken 3. Reste le charme maussade du comédien principal.

Liam Neeson est le nouveau Charles Bronson. Depuis le décès tragique de son épouse, le comédien enchaîne les polars et les séries B comme s'il voulait oublier sa douleur. Certains films trouvent un écho avec sa vie. Cela rend cette succession de films assez passionnante même si le niveau ne vole pas très haut. Généralement, ca se passe comme ça: Liam n'est pas content. Il casse tout autour de lui pour trouver le coupable, le tueur, le véreux, le psychopathe, c'est au choix.

Là, il redevient le super mercenaire qui casse du badguy en un seul coup d'oeil, Bryan Mills. Après Paris et Istanbul, c'est au tour de Los Angeles de subir la loi de Mills. Effectivement il n'est pas content: on a buté son ex femme!

C'est une bonne raison de tout casser. On le comprend. Sauf qu'il ne s'énerve pas vraiment notre Bryan. On l'a connu plus costaud et plus vénère.Là, il profite de la situation pour refaire Le Fugitif. Liam Neeson fait donc le fuyard que tout accable mais qui n'est pas coupable. Forest Whitaker interprète le super flic qui a deux neurones de plus que ses collègues pour comprendre que Neeson n'est pas si dangereux que ça!

Derrière tout cela, c'est encore la bande de Luc Besson. Olivier Megaton, gros filmeur frimeur, réalise comme un clip. Tout dans l'effet, rien dans la visibilité. Le récit est mou et pas loin d'être nauséabond avec un éloge de la famille et toutes ses bonnes valeurs rassurantes que Mills défend de manière violente. Sauf qu'en passant aux Etats Unis, l'efficacité mortelle du personnage a été totalement asceptisé pour des scènes d'action beaucoup moins hard boiled!

Le seul intérêt: la carcasse de Liam Neeson. Sa lassitude et son imposante carrure suggèrent bien que le héros est fatigé. On espère que la trilogie s'arrêtera là!

Avec Liam Neeson, Maggie Grace, Forest Whitaker et Dougray Scott - EuropaCorp - 21 janvier 2015 - 1h40

Mellanoisescape

Gros morceau de musique expérimentale, ce disque coloré nous fait passer par tous les états!

Car Olivier Mellano est un romantique. Un musicien qui se lancent dans des élans artistiques douloureux et souvent héroïques. Il est rare de voir un Français se promener sur les terres bruitistes du noise et du rock plutôt grave et presque littéraire.

Ce n'est surtout pas élitiste. Dans la première chanson, une mélodie nous rappelle les péripéties soniques de Radiohead: on peut être exigeant et populaire. C'est le cas de ce disque hors des modes. On devine le passionné de musique sur chaque morceau, plus ou moins abordable.

Olivier Mellano est un aventurier. Il court après les expériences. Il rentre dans le lard et ne veut pas laisser indifférent. Au point de dérouter dans certains passages qui pourraient être brouillons. On ne va pas se plaindre: il ose et c'est déjà bien.

La pochette est colorée et cela souligne les innombrables nuances qui composent ce disque électrique et bouillonnant. Il est un peu lassant par instants. Néanmoins Mellano ne nous abandonne pas, obsédé par son chaos sonores visiblement bien organisé.

On sort un peu lessivé à la fin de cet album spécial mais emballant. On est tiraillé entre joie et amertume. Il est aussi généreux que trop envahissant. Un disque bizarrement trop bavard!

Ulysse productions - 2014

Le Ver à Soie

Après avoir réglé son compte avec les médias dans L'Appel du Coucou, Robert Galbraith s'en prend au monde de l'édition. Ca ne manque pas de piquant lorsque derrière cet auteur se cache la milliardaire JK Rowling!

Résumé des épisodes précédents: l'écrivain JK Rowling, heureuse créatrice de Harry Potter, tente un polar. La presse lui tombe dessus. Sous un pseudo, elle sort un thriller aussitôt acclamée. Joli pied de nez qu'elle assume avec ce second roman tout aussi excitant que le premier.

Robert Galbraith donc, nous ressort l'enquêteur Cormoran Strike, chargé par une femme désorientée de retrouver son écrivain de mari. Strike découvre alors que le petit monde feutré de l'édition londonienne est un panier de crabes où un psychopathe se planque!

Il faut dire que le détective privé et sa secrétaire débrouillarde, Robin Ellacott, vont tomber au milieu d'une guerre d'ego. Le type recherché est une pure ordure. Détesté par d'autres artistes, plus ou moins doués, plus ou moins tarés.

Le portrait est cinglant et très drôle. JK Rowling profite de son double masculin pour dépeindre avec cruauté l'édition. Comme dans L'appel du Coucou, l'auteur mène très bien son enquête pour que la satire ne soit pas trop aigre ou violente.

Rowling nous divertit. Son personnage principal est charismatique. Et touchant. Elle sait mélanger l'intrigue avec une description plus intime de son duo d'enquêteurs. Le moindre personnage existe en quelques lignes. Ce qui fait un nombre de suspects assez conséquent!

Le Ver de Soie est totalement réjouissant. Il paraîtrait que Rowling s'intéresserait de nouveau au magicien binoclard: il ne faut pas que cela se fasse au détriment de ce détective privé d'un nouveau genre!

Grasset - 568 pages

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