Not somewhere

On parlait il y a peu du génial Neil Young, Canadien perdu dans les grandes prairies musicales américaines. Voilà un autre Canadien qui bidouille de la musique à sa manière. Old school.
Le groupe Siskiyou réunit deux échappés de Great Lake Swimmers. Leur musique est assez aride mais le duo aime le lyrisme malgré tout. Avec eux, on retrouve le charme de ce son lo-fi, un peu sale mais tout à fait fréquentable.
En tout cas, le premier titre de leur quatrième opus nous charme avec une économie de moyens désarmante. Une douce voix, un piano de bar et une guitare douce. Stop Trying est une opération de séduction. Le reste qui va suivre sera du même niveau.
L'extrème sincérité de l'écriture nous attrape par les oreilles. Le disque ressemble à une confession. Les musiciens se livrent sans détour. Les cris d'enfants, les intrusions incongrues, la voix douce amère, la guitare qui rappelle les premiers Beck...
On a rapidement l'impression de connaître ce groupe qui tout en mid tempo réussit à nous toucher, comme si Leonard Cohen rencontrait des musiciens de Pavement. Comme Neil Young, Colin Huebert branche ses instruments à son âme et en livre les tourments.
Ce n'est pas un album agréable et poli. Mais c'est un disque qui se livre au fil des écoutes. Souvent le signe des grands songwriters...
Constellation - 2019
Tuscaloosa

Encore une archive du Loner qui nous rappelle son importance dans la musique!
Vous plongez dans l'esprit brillant d'un génie de la folk et du rock. Nous sommes en 1973. Neil Young sort ses plus grands disques. After the Goldrush, Harvest, Tonight's the Night... Il est désormais ce chanteur prolifique et politique.
Avec ses copains du Stray Gators, il s'offre une tournée où il défend cette oeuvre inattaquable. Il badine avec ses classiques, le Loner. Accompagné par des hommes qui le connaissent par coeur, il est à l'aise pour écrire sa légende. On entend la maitrise et le style inimitable de Neil Young.
Vieillissant, le chanteur avait pris l'habitude de nous offrir de vieux enregistrements de sa carrière si protéiforme. Il a influencé le grunge mais s'est surtout fait remarquer pour son écriture si folk. Et des expérimentations incroyables.
Ici, sur un même concert, le bonhomme traverse toutes ses envies avec une aisance déconcertante. On a le morceau seul à la guitare qui fait vibrer et on termine sur un long et électrisant Don't be denied. On glisse d'une country classique à des choses plus agressives qui vont très bien au Loner, qui a l'époque était déjà engagé politiquement et le faisait savoir.
Cet album c'est la quintessence de ce qu'on l'aime chez Neil Young. On vous le conseille donc vivement si vous aimez le personnage, ou si (quelle chance), vous le découvrez!
Warner - 2019
Renegade

C'est un type étrange. Il nous rappelle feu Tom Petty avec ce look un peu décalé, ce visage presque naïf et un gout certain pour la six cordes. Dylan LeBlanc a une voix particulière. Elle est assez haute. Cela n'empêche pas de jouer du rock'n'roll. A l'ancienne.
Le rebelle ne fait pas dans la démonstration ou l'outrance. La révolte de Dylan LeBlanc est tranquille. Heureusement elle n'est pas sourde. Comme Petty, il aborde des sujets très américains (les armes à feu à la religion) et les traite avec une douceur déconcertante.
Ce qu'il aime, c'est le lyrisme et l'héroïsme d'un rock profondément américain donc généreux. L'americana dans toute sa splendeur. On se sent donc bien avec ce chanteur qui aurait pu s'échapper d'un film de Jim Jarmusch avec sa silhouette sombre, son visage carré et cette voix qui fait toute la différence.
Ce quatrième album profite de quelques touches vintage comme un synthétiseur ou des solos de guitare venus des années 80. Ca pourrait être too much mais ca fonctionne assez bien. On peut s'ennuyer sur quelques ballades convenues mais on apprécie tellement l'ambiance si personnelle de Dylan LeBlanc. Le petit gars de Louisiane laisse sa place au fil des disques à un auteur universel assez complet.
Ato records - 2019
Murder Mystery

Adam Sandler et sa copine Jennifer Aniston jouent au Cluedo avec un casting européen assez classieux... et puis c'est à peu près tout.
Depuis qu'il a signé avec Netflix un gros contrat pour refourguer ses grosses pitreries, Adam Sandler continue de dériver vers le monde merveilleux du nanar égocentrique mais généreux. Ses comédies sont trop longues. Le réalisateur est à la masse. L'essentiel doit rester sur la performance du comédien, qui à force de trop en faire, atteint un monde inconnu dans la drôlerie. On se perd entre génie et stupidité.
C'est comme ça depuis des années avec ce comique qui n'est pas très connu en France. Ses oeuvres sont un savant mélange de beauferies et d'idioties qui finissent par constituer un magma burlesque qui dépasse toutes les limites. Parfois cela donne des comédies hors normes comme Wedding Singer ou Amour et amnésies
L'aura du comique est telme qu'il amène toutes les stars dans ses délires déconcertants. Pour son nouveau film, on croise donc Terence Stamp, Gemma Aterton, Luke Evans et même Dani Boon. Un casting européen pour tremper les gesticulations farfelues d'un coup de New-yorkais perdu dans un polar à la Agatha Christie.
Comme d'habitude, ce n'est pas toujours drôle. Ce n'est pas très bien filmé. Déjà ensemble dans Le Mytho, Sandler et Jennifer Aniston ont l'air de bien rigoler. C'est assez communicatif. On oublie encore une fois les faiblesses un peu trop voyantes. On devrait détester mais on y arrive pas vraiment. Un autre mystère à résoudre avec cette comédie policière...
Avec Adam Sandler, Jennifer Aniston, Luke Evans et Dani Boon - 2019 - Netflix






