Sybil

Après Victoria, Virginie Efira se voit une nouvelle fois offrir un grand rôle féminin par la réalisatrice Justine Triet...

Et bien sûr que la comédienne a dû être un peu déçu lorsque le prix d'interprétation du festival de Cannes est allée à une autre. La vie est parfois cruelle et c'est ce que montre Sybil, sorte de thriller psychologique où Virgine Efira en impose, une fois de plus.

Car Virginie Efira est dans tous ses états. Elle rit. Elle pleure. Elle baise. Elle chante. Elle est la maman et la putain. Elle est une psychologue qui quitte son boulot pour se consacrer à l'écriture d'un livre.

Une de ses patients lui donne l'inspiration... mais le petit jeu va se révéler dangereux. La psy va glisser petit à petit vers une douce folie, nourrie par le cinéma et toutes ses ambiguités. L'art imite le réel. L'effet miroir va être crucial pour cette jeune femme qui voit tous ses fantasmes remonter à la surface.

Celle qui conseille les gens voit ses repères disparaitre et une abime s'ouvre devant elle. Qui a la forme d'un volcan ou d'un ménage à trois explosif. Justine Triet tisse une grande toile d'araignée entre analyse, famille, souvenirs et clients pour le moins hystérique, qui va servir de piège à une femme peut être un peu trop sûre d'elle.

Justine Triet est douée pour nous perdre dans un portrait de femme, de moins en moins léger et de plus en plus désespéré. Comme Almodovar cette année à Cannes, la cinéaste s'interroge sur le rôle de la fiction dans la vie. Elle le fait avec un aplomb surprenant mais appuie un peu trop sur la démonstration. Elle est rusée. Elle le sait. Elle le montre.

La complexité de l'héroïne se transforme en labyrinthe des passions. C'est souvent convaincant mais au bout d'un moment, on a un petit soupçon sur l'envie hitchcockienne de la réalisatrice. Elle en fait trop.

C'est dommage car pour une fois on avait droit de beaux rôles féminins. Il y a Sybil au centre mais toutes les autres femmes du film sont enigmatiques et mériterait bien un film à leur nom.

Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel et Sandra Hüller - le pacte - 24 mai 2019 - 1h40

Aladdin

ET UN NOUVEAU FILM CAPTURÉ POUR DISNEY, ÇA NE DATE PAS D’HIER, APRÈS LES « 101 DALMATIENS », « LA BELLE ET LA BÊTE », « LE LIVRE DE LA JUNGLE »,ET DERNIÈREMENT « DUMBO », RIEN N'ARRÊTE LES EXECUTIFS.

D’AUTRES SONT PRÉVUS POUR CETTE ANNÉE ET LES PROCHAINES. MAIS ALORS CE GÉNIE BLEU SOUS LES TRAITS DE WILL SMITH ET GUY RITCHIE AUX COMMANDES, ÇA VAUT QUOI ? ÇA AURAIT PU ÊTRE N’IMPORTE QUI D’AUTRES DEVANT ET DERRIÈRE LA CAMÉRA, CELA AURAIT ÉTÉ LA MÊME.

LES AUTRES ACTEURS SONT D’AILLEURS INCONNSU ET CE N’EST PAS PLUS MAL. ALADDIN AURAIT MÉRITÉ D’ÊTRE PLUS CHARISMATIQUE ET UN PEU MOINS CARICATURAL. JAFAR MANQUE DE STATURE ET DE TOUT (GROSSE ERREUR DE CASTING). LE SULTAN N’EST PAS ASSEZ VIEUX ET CLAIREMENT AFUBLÉ D’UNE FAUSSE BARBE. EN FAIT, SEULEMENT JASMINE SEMBLE AUTHENTIQUE.

C’EST UNE ADAPTATION MAIS UN PEU DE DIFFÉRENCE AURAIT ÉTÉ BIENVENUE. LE FILM REPREND PLAN PAR PLAN LE DESSIN ANIMÉ QUE J’ADORE. LES DIALOGUES SONT STRICTEMENT LES MÊMES AUSSI. LA CHRONOLOGIE IDEM. CONTRAIREMENT À TIM BURTON QUI AVAIT APPORTÉ SA PROPRE MAGIE DANS DUMBO. CELUI CI EST TOUT CE QU’IL Y A DE PLUS LISSE. BON EN MÊME TEMPS IL EST DIFFICILE DE FAIRE UNE HISTOIRE PLUS BASIQUE QUE CELLE DU PAUVRE QUI VEUT DEVENIR RICHE.

MAIS MERDE C’EST ALADDIN QUOI ! LE FOLKLORE RÉSIDE DANS LES COSTUMES ET LES BEAUX PALAIS EN MODE BIEN KITSCH ET ON SE CONTENTERA DE CELA C’EST ÉVIDENT. TOUT FAIT THÉÂTRALE ET CARNAVALESQUE, ON A L’IMPRESSION D’ASSISTER A LA FANFARE DU PARC DISNEY, TOURNÉE DANS 20m2 DE STUDIO VERT. Y’A MÊME PAS DE BRUITAGE, D’OISEAUX DANS LE CIEL LOL, PAS DE BORDEL DANS LE SOUK, LA BLAGUE ! COMMENT TU VEUT ÊTRE CRÉDIBLE SI TU DONNES L’IMPRESSION QUE TOUT EST EN CARTON !

LA GROSSE FAIBLESSE DU FILM EST CE BESOIN CONSTANT DE FAIRE RENAÎTRE LA COMÉDIE MUSICALE. EN ANIMÉ ÇA PASSE BIEN SURTOUT QUAND ON EST ENFANT MAIS BEAUCOUP MOINS EN FILM. LE PONPON DU RÊVE BLEU, VAUT LE DÉTOUR, C’EST D’UNE LAIDEUR SANS PAREIL ! LES CHANSONS SONT FIDÈLES ET DE CONNAÎTRE LES PAROLES ÇA AIDE. OUI J’ASSUME. MAIS ALORS LES ACCÉLÉRATIONS ET RALENTIS DANS LES CHORÉGRAPHIES ET DANS QUELQUES AUTRES SCÈNES, C’EST JUSTE TRÈS MOYEN.

A CROIRE QUE GUY RTICHIE NE PEUT S’EN EMPÊCHER. POURTANT IL N’Y A PAS MATIÈRE À METTRE QUELQUE EFFET. DÉFINITIVEMENT NOT MY GUY ! QUAND LE FILM COMMENCE AUSSI MAL IL EST DIFFICILE DE SE RATTRAPER, ET C’EST LE CAS ICI. DANS L’ENSEMBLE C’EST UN FIASCO. TOUT CE QUE J’AIME D’ALADDIN A ÉTÉ ENGLUÉ SOUS UNE MONTAGNE DE CLICHÉS, DE CARICATURES, TOUT SEMBLE ARTIFICIEL, MÊME LES BIJOUX DE LA REINE FONT TOC.

LA SCÈNE DE L’ESCALADE VERS LA LAMPE AURAIT PU LE FAIRE MAIS C’EST TELLEMENT MOCHE QUE ÇA FOUT TOUT EN L’AIR. CONTRE TOUTE ATTENTE C’EST LE GÉNIE QUI S’EN SORT LE MIEUX. VISUELLEMENT PAS DEGUEU ET DANS LES SÉQUENCES LES PLUS INTÉRESSANTES ET DROLE DU FILM. WILL SMITH EST PARFAIT ET FAIT OUBLIER LE RESTE, BIEN DOMMAGE QU’IL ARRIVE APRÈS UNE HEURE DE FILM.

C’EST SÛREMENT PARFAIT POUR DES ENFANTS D’AUJOURD’HUI OU C’EST PEUT-ÊTRE MES YEUX QUI SONT BIEN ADULTES OU SIMPLEMENT QUE CE FILM EST UNE BLAGUE. JE PRÉFÈRE OPTER POUR LA DEUXIÈME, ET ME REFAIRE CE RÊVE BLEU DE 1992, LE PRINCE ALI OUI C’EST BIEN LUI.

AVIS AUX AMATEURS.

Avec Will Smith, Mena Massoud, Naomi Scott et Marwan Kenzari - Walt disney - 22 mai 2019 - 2h05

Balthazar: Fever

Flow State

Allez cette semaine, on fait un tour du coté de l'Australie et on se met la tête à l'envers avec des petits disques bien dépaysants, qui donne l'envie de voyager à l'autre bout du Monde.

Honneur aux dames avec Tash Sultana, grande musicienne qui a le cv révé pour être une star ultime. Car, le storytelling de la jeune femme de 23 ans pourrait inspirer un excellent biopic avec grandeur et décadence. Calvaire et renaissance.

La drogue. La psychose. L'adolescence douloureuse, Tash Sultana a été sauvé par la musicothérapie. Elle est devenue une touche à tout sûre d'elle. Elle a joué dans la rue. Elle y a trouvé l'assurance et l'expérience. Un beau jour, le miracle de Youtube se produit. Une vidéo la révèle à son pays et au monde entier.

Le succès est fulgurant et la jeune femme s'y accroche avec un professionnalisme incroyable. Elle monte son label. Engage une tournée mondiale. Son premier disque est une oeuvre pop mais jamais formaté. On sent bien l'esprit libre des Australiens, les bagnards devenus des personnes respectables.

Son univers n'est pas décalé. Il est d'une cohérence impressionnante. Elle joue de tous les instruments dans son disque mais surtout elle impressionne par des compositions directes et s'amuse avec tous les genres. Les plages instrumentales sont d'une générosité totalement inattendue.

On devine bien chez elle, le désir de féminiser le principe du guitar hero mais Flow State est d'une richesse qui nous fait tout oublier et nous embarque pour un très joli voyage sonore...

Lonely lands records - 2018

Copain de la semaine: Balthazar

JJ Cale: anyway the wind blows

Deluxe hotel room

Deluxe Hotel Room est une adresse conseillée et bien agréable.

C'est le second album de la jolie Lucette, chanteuse du Canada mais qui ne tentera pas à faire exploser les fenêtre avec sa voix et une bonne dose de mauvais gout. lucette ne cherche pas la lumière. Son premier album affirmait que le noir était une couleur.

Cette fois ci elle nous donne un rapide rendez vous (28 minutes). Mais elle fait rêver avec la promesse d'une adresse prestigieuse. Il faut se laisser tenter. Quand on sait que Sturgill Simpson qui gère le lieu, on est plutot rassuré.

Pour ceux qui ne connaissent pas le bonhomme (ou qui n'ont pas vu le dernier film d'horreur de Jim Jarmusch), il s'agit d'un artiste de country très indépendant qui n'a pas peur d'emprunts à d'autres genres et qui sait mettre les tripes sur la table. La jeune femme ne triche pas. Ses chansons sont courtes et incisives.

Elles vont à l'essentiel. Il y a beaucoup d'émotions. Dans les paroles ou les instruments. On reconnait la sensibilité de Simpson mais le talent est bien celui d'une chanteuse qui a retranscrit tous les spleens qui peuvent se cacher dans une chambre d'hotel. Même luxueuse.

Cela donne un disque étrange qui place la demoiselle dans une suite que peut fréquenter une Marianne Faithfull ou Fiona Apple. Juste pour la réhabilitation du saxophone dans une chanson, Deluxe hotel room mérite le maximum d'étoiles!

Rock creek - 2019

Môa, Sacha, Christophe Barbier, Théâtre Poche Montparnasse

 

Formidable. Voilà qui résume la prestation de Christophe Barbier et des deux autres comédiens (Chloé Lambert et Pierre Val).

Volontairement, le « journaliste qui a un avis sur tout », comme il le précise avec humour dans la pièce, est le grand Sacha, mais également son double. Et différent. Comme son prédécesseur, il réinvente. Loin de l’élégante veste intérieure de Guitry, il a opté pour un peignoir rouge informe. Mince, quand l’autre était imposant, sa coiffure, ses lunettes, tout le rappelle pourtant. Et c’est ça, le miracle. Guitry est là, avec nous, qui ne l’avons pas connu, mais l’imaginons parfaitement ainsi, lorsqu’il est interrogé par un juge en août 1945, pour des soupçons de collaboration, et ne peut s’empêcher de jouer avec les mots.
Mais ce « prélude » n’est qu’un voyage à travers la vie du grand homme : son œuvre, ses amours, ses personnages… Et lui, lui, quel personnage !

 

Guitry est partout présent ici, dans ses mots, ses opinions, sur la vie, l’argent, la mort. Et surtout, les femmes, qu’il a tant aimées. On songe surtout à trois d'entre elles : Yvonne Printemps, Jacqueline Delubac, Lana Marconi. Bien sûr, elles avaient une vie, voire une carrière, avant Guitry, mais que seraient-elles devenues sans lui ? Sans ce mécène, ce Pygmalion, sensible et cynique à la fois…
Il a aussi permis à l’ineffable Pauline Carton de jouer les bonniches, les gouvernantes effrontées, les concierges… Après lui, d’autres y ont pensé.

Christophe Barbier, qui a conçu le spectacle, a fait le choix d'une mise en scène originale. Par moments, alors qu'on s'y attend le moins, il redevient lui-même et apostrophe ses deux acolytes qui, eux aussi, se transforment. Celui qui joue tout à la fois le juge et le père, l’écrasant Lucien Guitry, c’est le comédien Pierre Val, qui change de peau, de style sans aucune difficulté, avec naturel, humour et aisance.
Quant à Chloé Lambert, elle EST les cinq femmes de Sacha Guitry. « Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre,» (Paul Verlaine).
Et dans ses robes charleston, ses manteaux, ses tenues parfois sensuelles et souvent chic, on y croit, à chaque seconde. Ses trouvailles scéniques (choix de l’ombre, paravent ou lumière), les chansons qu’elle fredonne, lui confèrent une touche supplémentaire de talent. Frissonnante à la fin, je fais un rêve : avoir connu Sacha, Lana, Jacqueline, Yvonne et les autres.

 

Moâ, Sacha !
Théâtre de Poche-Montparnasse, jusqu’au 10 juillet 2019, les mardis et mercredis à 21 H

 

JJ Cale : city girls

JJ Cale: after midnight

Trending

Most Discussed

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

Et la laïcité bordel !

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?