Hollywood (wednesday) Nights

DTV. Voilà trois lettres qui pourraient intriguer vos adolescents, les millenials de tout poil et les amateurs de Shannon Tweed.

Qui ça? Une pulpeuse actrice qui savait se déshabiller avec la classe d'un fantasme de routier ukrainien. Une magnifique créature blonde qui n'avait pas peur des gros calibres. La femme de Gene Simmons, le célèbre bassiste de Kiss. Une comédienne avec des nuances de far breton dans le regard. L'héroïne d'un paquet de DTV!

Le Direct To Vidéo. Le film fabriqué pour combler les étagères de vidéo clubs. Là, on a perdu vos adolescents et les millenials mais pas du tout les amateurs de Shannon Tweed! On compte sur vous pour un jour leur raconter les visites de vidéo clubs!

shannon et ses canons

Ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Le DTV, ce fut du pain béni pour TF1 qui a réussi à créer l'évenement dans les années 90 avec sa fumeuse deuxième partie de soirée: Hollywood Night!

Un moment particulier sur la première chaine où d'un seul coup s'abattait tout le mauvais goût des thrillers californiens, racoleurs, débiles, complaisants et assez jouissifs par leur médiocrité!

On avait là l'idiotie d'un bon vieux Charles Bronson et le racolage érotique des films du dimanche soir sur M6. Des blondes faisaient l'amour en slip avant de sortir la sulfateuse contre un salaud de démocrate qui a osé avoir une idée progressiste.

Avouez que c'est un super programme. He bien sachez que ca peut se reproduire le mercredi soir sur la TNT grâce à la solide concurrence virile qui agite NRJ 12 (toujours dans les bons coups) et C Star, le mercredi soir.

Alors les vieux, on se calme tout de suite. Il n'y a pas de donzelle au cerveau de moineau qui font cuicui devant le premier crétin à tablettes de chocolat. Ca manque cruellement d'érotisme gratuit.

Mais en matière de mélasse filmique, les deux chaines ont bien le chic pour nous trouver des nanars d'exception qui feraient les beaux jours des vidéo clubs, si ces derniers n'étaient pas devenus des salles de sports ou des boutiques de vapoteuses.

Il y a donc de comédiens qui ne savent plus jouer. On reconnait des vieilles gloires qui ne font plus du tout d'effort. Il y a des acteurs qui doivent payer des impots. Il y a encore des blondes à sauver. Il y a des morales totalement douteuses. Il y a des réalisateurs qui lancent des défis au bon sens du cinéma. Il y a chaque semaine de quoi se souvenir de ce bon vieux Hollywood Night, rendez vous pour cinéphiles totalement détraqués.

Shannon Tweed, je t'embrasse très fort! A bientot sur NRJ 12 ou CStar?

Malade Imaginaire, Claude Stratz, Guillaume Gallienne, Théâtre Montansier

© Christophe Raynaud de Lage, coll. Comédie-Française

Un hypocondriaque naïf,

Des charlatans cupides,

Une épouse vénale,

Des filles désobéissantes (mais aimantes),

Des amours contrariées,

Une servante rusée (mais loyale),

Des ballets époustouflants,

Un décor et des éclairages parfaits…

Voilà quelques ingrédients de cette comédie crépusculaire,
dernière pièce écrite et jouée par Molière qui mourra pratiquement sur scène à
la quatrième représentation.

Molière n’aurait pas renié la mise en scène de feu Claude Stratz qui respecte tant l’époque de l’action que l'ambiguïté d’une pièce à la fois résolument burlesque mais aussi effrayante dans son propos, et dans son atmosphère. Les médecins ont des airs de croque-morts (d’ailleurs, « Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies. »), tandis qu'Argan ressemble à un gros bébé aussi ridicule que pathétique. Claude Stratz n’hésite pas à appuyer cette dualité en montant des saynètes de Commedia dell’Arte et d’ombres chinoises dans une ambiance de mort (la demeure d’Argan est une ruine magnifiquement éclairée à la bougie).

Claude Stratz prouve, s’il en était besoin, qu’il est inutile de vouloir moderniser Molière dont le génie comique suffit à faire rire aux éclats les enfants (et les adultes !) près de trois siècles et demi après sa mort. La mise en scène et pourtant ancrée dans la modernité, notamment par l’utilisation de saisissantes prothèses permettant de transformer littéralement des comédiens en monstres.

Certes,
en cherchant bien, on peut dire qu’on aurait aimé un Cléante (Yoann Gasiorowski)
plus convainquant et une scène du faux médecin jouée par Toinette (Julie
Sicard) un peu plus subtile, mais il faut bien reconnaitre que la
représentation donnée en ce 24 septembre 2019 était formidable.

Gallienne ne se prend pas pour Gallienne (ouf !) mais met toute sa force et son talent au service d’une pièce qui résonne tout particulièrement dans le magnifique théâtre Montansier de Versailles qui – même s’il fut édifié un siècle après la mort de Poquelin – nous donne l’impression d’assister à une représentation à la Cour du Roi Soleil. Les comédiens sont épatants, avec une mention spéciale pour la petite fille incarnant Louison, qui est bluffante de talent).

Une fois de plus, Molière triomphe à Versailles : le public est debout pour l’acclamer, et c'est mérité !

Jusqu'au 26 septembre 2019

Théâtre Montansier, Versailles

The right stuff

Christina Halladay est une rockeuse. Une vraie. A la tête de son groupe bien vintage, elle a évidemment le droit de citer dans nos pages très féminisées ces derniers temps.

Et elle défend chérement sa place pour obtenir le titre de reine du rock. Sur son deuxième album, la leader de Sheer Mag pousse un cri qui va obligatoirement vous prendre à parti.

Ensuite c'est parti pour de la grosse guitare qui nous rappelle les ancetres les Gaulois... à savoir 38 Special ou autres groupes bien ricains qui n'existent que pour écrire des hits de la route 66. La chanteuse n'a rien à envier à tous ces moustachus de légendes: elle a une voix simplement incroyable.

Halladay roule pour le rock, celui qui fait crisser les basses et qui accélèrent les accords pour offrir le grand frisson. Le retour aux sources du heavy metal est totalement dépoussiérer par la jeune chanteuse et ses camarades.

Même en interne, la légende du rock'n'roll semble être respectée: le groupe use un batteur par an et en change automatiquement. La production profite aussi de ce mélange musclé de rock fm de toutes sortes, avec des guitares et des claviers qui se tirent la bourre. Bref, vintage, ce disque est aussi jouissif. Sheer Mag métamorphose nos vieux souvenirs en belle Bande très Originale pour les bars entre copains!

Wilsuns recording - 2019

Deux moi

Ultra moderne solitude! Un refrain connu repris par Cedric Klapisch qui met en avant ses deux nouveaux comédiens chouchous!

Ce qui nous lie réconliait avec le cinéma très généreux de Cédric Klapisch. Un joli film de famille, avec du rire, de l'émotion et du vin. Et surtout de sacrés comédiens. Nous en retrouvons deux: Ana Girardot et François Civil.

Le réalisateur de L'auberge Espagnole aime la direction d'acteurs. Et Ana Girardot est à coup sûr la plus belle actrice du cinéma français actuellement. Grace à lui. En plus c'est la plus juste. La plus intéressante. Force et sensibilité. On peut dire la même chose pour François Civil, sorte d'incarnation idéale du français moyen.

Le duo ne manque pas de charmes et n'a aucun souci à incarner les trentenaires un peu déphasés par le monde moderne qui ne laisse aucun répit. Leurs nuances nous laissent comprendre la difficulté d'exister dans un quotidien parisien sans merci... un monde sans pitié pour paraphraser un film où jouait le papa d'Ana, Hyppolite!

Klapisch a toujours ce sens de la comédie mais son nouveau film fait dans la redite. Le cinéaste a des thématiques mais elle bascule dans un refrain très entendu sur la solitude des hommes et des femmes où l'on communique beaucoup et on ne se parle pas.

Heureusement pour nous, c'est très bien fait. Les seconds rôles sont aux petits oignons. Comme d'habitude, le réalisateur est un incroyable optimiste qui préfère ne pas trop déprimer sur l'état des choses. Et y a en plus la musique. Et les visages familiers comme madame René (qui est décédée depuis). Et Zinedine Soualem...

Non, on est bien dans son nouveau film mais on s'y ennuie un peu. Klapisch reprend des généralités pour un récit qui ne passionne pas vraiment parce qu'on sait ce qu'il désire le plus. Arriver à un happy end. Un incorrigible optismiste, on vous dit!

Avec Ana Girardot, Francois Civil, Francois Berléand et Camille Cottin - Studiocanal - 11 septembre 2019 - 1h50

Un jour de pluie a New York

Cure de jouvence pour Woody Allen. Une fontaine de charme et de bons mots! New York comme on l'aime! Même par mauvais temps!

Cette fois ci, c'est la bonne! On retrouve Big Apple ! Après deux oeuvres au charme rétro, Woody Allen se remet à filmer sa ville. Le décor de Manhattan et Annie Hall. Aidé une fois de plus par la lumière raffinée de Vittorio Storaro, le cinéaste enchante sa ville. Il convoque ses aspects snobinards. Il la filme comme s'il s'agissait d'un personnage, écho protéiforme de la vie foisonnante qui l'anime.

Il ne sera jamais Spike Lee ou Abel Ferrara. New York reflète les petites tragédies bourgeoise avec une exquise ironie, une douceur très amère et une beauté incroyable.

Un endroit que connait parfaitement le jeune Gatsby, étudiant blasé qui décide d'organiser un week end romantique avec Ashleigh, ravissante blonde, à New York. Cette dernière a un entretien avec un célèbre cinéaste en mal d'inspiration. Le rendez vous ne doit durer qu'une petite heure. Ce sera le début d'une cascade d'imprévus qui va séparer les deux tourtereaux...

L'apprentie journaliste va découvrir le monde névrosé des artistes tandis que le jeune homme va replonger dans ses souvenirs en rencontrant de vieilles connaissances.

A l'épreuve de New York, l'amour peut il résister? On le sait chez Woody Allen, le couple est un incessant sujet de conversations et surtout de dialogues assez croustillants.

Il a la bonne idée de choisir de jeunes comédiens pour vivre ces mésaventures sentimentales. Cela donne un style totalement désuet mais d'une élégance folle. Selen Gomez et Elle Fanning n'ont jamais été aussi belles. Le jeune Timothée Chalamet est une version jeune du cinéaste. Que l'on reconnaitra aussi dans le portrait hilarant du cinéaste qui doute. Tout le casting se régale d'une multitudes d'affres amoureux.

Ce film, qui ne sort pas aux Etats Unis pour cause de mauvaise foi généralisée, est un moment délicieux parce qu'il fuit tous les canons actuels et se perd avec délicatesse dans une ville labyrinthique, qui fait battre les coeurs.

Il y a de la mélancolie, de la comédie, de la dérision. Allen ressort toute la panoplie. Mais dans sa ville, il retrouve une sève diabolique. Il tend un piège tendre. C'est du romantisme dans ce qu'il a de mieux.

Les quiproquos sont enlevés mais surtout laisse la place à des vérités souvent mordantes. Allen n'est pas un nostalgique. Son film est sacrément vivant même si l'Amérique puritaine le boude. Inutile de vous dire qu'il s'agit là d'un rayon de soleil en période de rentrée toujours difficile! Une comédie romantique. Une vraie!

Avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez et Diego Luna - Mars films - 18 septembre 2019 - 1h30

Boat

Faites nous confiance et embarquez!

On vous prévient que la barque est assez vétuste. Basse guitare et batterie. A la voix, vous trouverez une hollandaise qui aime gronder et pousser la chansonnette.

Elle a visiblement beaucoup aimé le rock minimaliste des années 90. A l'heure où les Breeders refont surface, la chanteuse et son groupe montre que la jeunesse sait retenir la leçon. Les compositions de Pip Blom sont donc simples mais sacrément électriques.

Les Sonic Youth ou Pavement apprécieraient. Les dissonances sont absolument contenues et distinguées. Les notes tapissent des mouvements musicaux qui dépassent les apparences. Ce n'est pas une succession de chansons proches de l'amateurisme

Heureusement, ca tangue. C'est du rock bien libéré. La radicalité est une preuve de sincérité. La sophistication c'est bel et bien de la planquer dans des chansons simplifiées jusqu'à la vérité du rock'n'roll.

On navigue au milieu d'un océan de titres réussis et purifiés. L'énergie est soft mais accrocheuse. La pochette est sublime mais cet immeuble bleu cache une marée de belles surprises!

On ne veut plus abandonner le navire.

Pias - 2019

Anak Ko

On a fait tout l'été sur les filles mais on peut encore continuer tellement les talents se montrent prolifiques et subtiles. La geekette de service évolue vers un rock planant assez surprenant.

Elle a désormais 25 ans. Jay Som est connue comme une petite surdouée qui compose des belles chansons au fond de sa chambre. Avec ses lunettes et son look passe partout, on avait bien compris qu'il fallait la ranger avec les autres chanteuses qui s'évertuent à rendre plus belle, une vie morne derrière un ordinateur et une guitare.

Bidouilleuse, elle s'est réalisée assez rapidement. Ce troisième album prouve bien ce que l'on soupconnait: les clichés ont la vie dure et Jay Som, de son vrai nom Melina Duterte, est une bonne compositrice qui sait se servir de choses simples pour faire de sa musique, une intense réflexion... sans être rasoir.

Ce n'est donc pas un disque mignon et anecdotique. Anak Ko (mon enfant en philippin) ne prend pas la pose pour plaire aux midinettes et aux réveuses. C'est un album maitrisé qui cherche un plaisir élégiaque.

Jay Som avec ses sobres moyens et sa petite expérience, réussit à nous élever grace à une guitare virtuose et plein d'idées discrètes mais vite essentielles. C'est un disque qui vous entraine dans un rythme particulier et très singulier. C'est ce qui rend ce disque, très étonnant et confirme tout le bien que l'on pense de cette artiste un peu trop discrète et très talentueuse. Personne ne la traitera plus de geekette!

Polyvinyl - 2019

Music of my life

Un film autour de la musique de Bruce Springsteen ne peut pas être mauvais. C'est tout!

Alors on évacue tout de suite le final assez niais et prévisible de cette comédie anglaise mise en scène par la réalisatrice de Joue là comme Beckham. Cette fois ci, elle la joue comme le Boss.

C'est à dire un film bourré d'humanité. Si l'imagination vous manque, vous direz, un "feel good movie". Là, nous sommes face à l'archétype de ce type de film, plus que Yesterdays qui souffrait de l'égo filmique d'un cinéaste trop visuel pour se confronter à des comédies sentimentales.

Les deux films se ressemblent beaucoup. Les deux héros ont des origines exotiques. Le film va tourner autour de la musique, des monuments du rock qui transforment l'existence à leur écoute. C'était donc les Beatles dans le film de Danny Boyle, ce sera Bruce Springsteen pour l'oeuvre de Gurinder Chadha.

Cette dernière sonde les années 80 en Angleterre. Normalement ce n'est pas de la rigolade avec les années Tatcher et toutes les douleurs sociales que le pays connaît.

Double peine pour Javed, victime du racisme et du conservatisme familial. Il n'arrive pas à s'épanouir jusqu'à ce qu'un de ses camarades de classe lui passe une cassette de Bruce Springsteen. A l'époque les synthés représentent la modernité. La musique plus instrumentale du Boss électrise l'existence du jeune homme.

Les paroles se montrent à l'écran. La cinéaste glorifie la parole du chanteur avec des idées proches des comédies musicales. Le film prend un souffle nouveau dès que Javed appuie sur la touche lecture de son walkman!

Justement, la description des années 80 ne prend jamais le dessus sur l'histoire touchante d'un garçon perdu dans un monde trop douloureux. Les traditions, les plans sociaux, la haine, Javed pourrait être le héros d'un film de Ken Loach.

Mais le récit court après cet optimisme et même cette simplicité que l'on aime dans la musique de Bruce Springsteen. Cette ode à la musique est une source de joie dans le cynisme ambiant.

C'est vraiment le film désarmant parce qu'il s'éloigne avec bienveillance de son époque. Comme chez l'auteur de Born to run, l'oeuvre d'art est ici un reflet de notre temps. L'air du rien, le film nous touche profondément. A l'image de ses comédiens, le film est naturel et innocent. Simple, Music of my life ne peut qu'être un bon film: il célèbre Bruce et sa musique! Ce n'est pas une mauvaise chose, loin de là!

Avec Viveik Kalra, Hayley Atwell, Aaron Phagura et Nell Williams - UGC - 18 septembre 2019 - 1h57

L’horizon

L'ex chanteuse du groupe Dolly propose un long album complet et passionnant. Manu regarde au loin et nous invite dans ses pérégrinations rock toujours authentiques.

On parlait hier de Last Train, petit bolide de jeunots qui faisaient constamment référence aux années 90 et son univers supersonique. Aujourd'hui nous retrouvons une vieille connaissance de ce rock débridé qui se fait plus rare aujourd'hui.

Dolly et son hit "je ne veux pas rester sage" ont connu les joies d'un immense succès. Les Nantais sont montés au sommet grâce à une solide réputation de groupe de scène. Puis Manu, la chanteuse, s'est lancée dans une course en solitaire.

Un parcours atypique et toujours cabossé. La belle n'aime pas la facilité et se promène vers des terrains qui réclament de la vérité. Manu n'est pas du genre à se laisser aller. Ses disques sont exigeants parce qu'ils sont entiers.

Par passion, elle a même fait un album charmant en japonais. Ici, dans ce nouvel album qui continue à aller de l'avant, Manu s'offre des plages acoustiques, au fil de l'eau, au milieu de la nature. Elle reprend son souffle pour mieux prendre la poussière. Son disque est une fois de plus dense car il est révélateur de la générosité du personnage. L'un de ses précédents albums se nommait La Vérité. Il semblerait que c'est ce qu'elle recherche dans ses disques.

L'horizon est donc particulièrement touchant. Il y a des passages assez "nineties" mais Manu vit bien dans son époque et elle ne se limite pas à la recette qui a fait le succès de Dolly. Loin de là. Les guitares sont omniprésentes mais les ambiances diffèrent d'un titre à l'autre. Effectivement l'horizon est bien large pour cette chanteuse passionnante à suivre...

Tekini records - 2019

Ca chapitre 2

Deuxième volet de l'ambitieuse adaptation d'un gros roman de Stephen King. Bienvenue à la fête foraine.

On ne sait pas trop pourquoi mais l'adaptation des années 80 du livre fleuve de King avait marqué les esprits. Nous retrouvons donc la bande des Ratés face au terrible Pennywise, sombre créature qui hante les égouts d'une petite ville du Maine.

Il y a trente ans, on rigolait bien devant les facilités du téléfilm servi par un cabotinage simplement inoubliable de Tim Curry. L'année dernière, on versait dans la nostalgie avec le retour du clown tueur. Maintenant on assiste à une grande fête foraine avec une multitude d'attractions plus ou moins terrifiantes.

Andy Muschietti, le réalisateur, a donc fait attention de lisser les tristes aventures de la bande des Ratés dans un premier film assez sympa, rustique dans le bon sens du terme. Une sorte de Stand by Me de la terreur.

Le second volet se consacre aux mêmes personnages. Devenus adultes, ils ont oublié leurs angoisses d'enfants. Suite à d'odieux meurtres dans la ville, ils doivent revenir pour affronter Ca qu'ils avaient vaincu il y a 27 ans!

Le livre est dense. Le second film l'est aussi: presque trois heures de jeu du chat et de la souris entre le clown proteiforme et les grands dadais qui semblent redécouvrir leur terreur de jeunesse.

Un à un, nos amis vont faire face à ce qui se cache derrière leurs déceptions d'une vie d'adulte sans charme ou quasiment deséspérante. Se suivent donc des scènes cauchemardesques mais qui ne gacheront pas l'amitié scellée dans le sang et le combat de la bande des Ratés.

Il y a des passages risibles. Il y a de vrais moments touchants. L'oeuvre oscille entre le très bon et le grotesque. Certains personnages de la bande sont sacrifiés, simples outils au récit. Le clown en fait parfois trop si bien qu'il ne fait plus peur.

Après une introduction électrisante avec la mort violente d'un homosexuel (joué par Xavier Dolan!), le film ne cherche plus spécialement à nous faire peur ou nous provoquer . Il soigne le décor. Quelques dialogues font sourire. Mais on est bel et bien devant un divertissement avant tout.

C'est une sorte d'attraction géante où l'on retrouve le clown qui fait peur, des araignées géantes, une maison hantée, tout le protocole pour effrayer sans trop se fouler. Le malaise du livre est une fois de plus évacué. De la part d'un grand studio il ne faut trop s'étonner. Stephen King fait une apparition pour dire que ca lui va: l'essentiel est là. Ce monde de l'enfance et son influence sur la vie d'adulte.

Avec ses comédiens concernés (Jessica Chastain au milieu d'un casting essentiellement masculin est une belle idée) et ses quelques vérités cachés sous le tapis de la fiction, ce second chapitre peut être vu... Mais pas grave si vous l'oubliez. Dans 27 ans, ce ne sera qu'un vage souvenir.

Avec Jessica Chastain, James Mcavoy, Bill Hader et Bill Skarsgard - Warner - 18 septembre 2019 - 2h50

Trending

Most Discussed

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

Et la laïcité bordel !

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?