Ca chapitre 2

Deuxième volet de l’ambitieuse adaptation d’un gros roman de Stephen King. Bienvenue à la fête foraine.

On ne sait pas trop pourquoi mais l’adaptation des années 80 du livre fleuve de King avait marqué les esprits. Nous retrouvons donc la bande des Ratés face au terrible Pennywise, sombre créature qui hante les égouts d’une petite ville du Maine.

Il y a trente ans, on rigolait bien devant les facilités du téléfilm servi par un cabotinage simplement inoubliable de Tim Curry. L’année dernière, on versait dans la nostalgie avec le retour du clown tueur. Maintenant on assiste à une grande fête foraine avec une multitude d’attractions plus ou moins terrifiantes.

Andy Muschietti, le réalisateur, a donc fait attention de lisser les tristes aventures de la bande des Ratés dans un premier film assez sympa, rustique dans le bon sens du terme. Une sorte de Stand by Me de la terreur.

Le second volet se consacre aux mêmes personnages. Devenus adultes, ils ont oublié leurs angoisses d’enfants. Suite à d’odieux meurtres dans la ville, ils doivent revenir pour affronter Ca qu’ils avaient vaincu il y a 27 ans!

Le livre est dense. Le second film l’est aussi: presque trois heures de jeu du chat et de la souris entre le clown proteiforme et les grands dadais qui semblent redécouvrir leur terreur de jeunesse.

Un à un, nos amis vont faire face à ce qui se cache derrière leurs déceptions d’une vie d’adulte sans charme ou quasiment deséspérante. Se suivent donc des scènes cauchemardesques mais qui ne gacheront pas l’amitié scellée dans le sang et le combat de la bande des Ratés.

Il y a des passages risibles. Il y a de vrais moments touchants. L’oeuvre oscille entre le très bon et le grotesque. Certains personnages de la bande sont sacrifiés, simples outils au récit. Le clown en fait parfois trop si bien qu’il ne fait plus peur.

Après une introduction électrisante avec la mort violente d’un homosexuel (joué par Xavier Dolan!), le film ne cherche plus spécialement à nous faire peur ou nous provoquer . Il soigne le décor. Quelques dialogues font sourire. Mais on est bel et bien devant un divertissement avant tout.

C’est une sorte d’attraction géante où l’on retrouve le clown qui fait peur, des araignées géantes, une maison hantée, tout le protocole pour effrayer sans trop se fouler. Le malaise du livre est une fois de plus évacué. De la part d’un grand studio il ne faut trop s’étonner. Stephen King fait une apparition pour dire que ca lui va: l’essentiel est là. Ce monde de l’enfance et son influence sur la vie d’adulte.

Avec ses comédiens concernés (Jessica Chastain au milieu d’un casting essentiellement masculin est une belle idée) et ses quelques vérités cachés sous le tapis de la fiction, ce second chapitre peut être vu… Mais pas grave si vous l’oubliez. Dans 27 ans, ce ne sera qu’un vage souvenir.


Avec Jessica Chastain, James Mcavoy, Bill Hader et Bill Skarsgard – Warner – 18 septembre 2019 – 2h50

Auteur: Pierre Loosdregt

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