Music of my life

Un film autour de la musique de Bruce Springsteen ne peut pas être mauvais. C’est tout!

Alors on évacue tout de suite le final assez niais et prévisible de cette comédie anglaise mise en scène par la réalisatrice de Joue là comme Beckham. Cette fois ci, elle la joue comme le Boss.

C’est à dire un film bourré d’humanité. Si l’imagination vous manque, vous direz, un “feel good movie”. Là, nous sommes face à l’archétype de ce type de film, plus que Yesterdays qui souffrait de l’égo filmique d’un cinéaste trop visuel pour se confronter à des comédies sentimentales.

Les deux films se ressemblent beaucoup. Les deux héros ont des origines exotiques. Le film va tourner autour de la musique, des monuments du rock qui transforment l’existence à leur écoute. C’était donc les Beatles dans le film de Danny Boyle, ce sera Bruce Springsteen pour l’oeuvre de Gurinder Chadha.

Cette dernière sonde les années 80 en Angleterre. Normalement ce n’est pas de la rigolade avec les années Tatcher et toutes les douleurs sociales que le pays connaît.

Double peine pour Javed, victime du racisme et du conservatisme familial. Il n’arrive pas à s’épanouir jusqu’à ce qu’un de ses camarades de classe lui passe une cassette de Bruce Springsteen. A l’époque les synthés représentent la modernité. La musique plus instrumentale du Boss électrise l’existence du jeune homme.

Les paroles se montrent à l’écran. La cinéaste glorifie la parole du chanteur avec des idées proches des comédies musicales. Le film prend un souffle nouveau dès que Javed appuie sur la touche lecture de son walkman!

Justement, la description des années 80 ne prend jamais le dessus sur l’histoire touchante d’un garçon perdu dans un monde trop douloureux. Les traditions, les plans sociaux, la haine, Javed pourrait être le héros d’un film de Ken Loach.

Mais le récit court après cet optimisme et même cette simplicité que l’on aime dans la musique de Bruce Springsteen. Cette ode à la musique est une source de joie dans le cynisme ambiant.

C’est vraiment le film désarmant parce qu’il s’éloigne avec bienveillance de son époque. Comme chez l’auteur de Born to run, l’oeuvre d’art est ici un reflet de notre temps. L’air du rien, le film nous touche profondément. A l’image de ses comédiens, le film est naturel et innocent. Simple, Music of my life ne peut qu’être un bon film: il célèbre Bruce et sa musique! Ce n’est pas une mauvaise chose, loin de là!

Avec Viveik Kalra, Hayley Atwell, Aaron Phagura et Nell Williams – UGC – 18 septembre 2019 – 1h57


Auteur: Pierre Loosdregt

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