Last train

Dans un petit train de banlieue, les bluesmen français se font leur crossroad rien qu'à eux!

Phil Fernandez aime le blues. Celui qui fait vibrer, celui qui électrifie les six cordes, celui qui a consacré Gary Moore et quelques héros du blues puissance mille. Le blues musclé et viril. Le francilien monte donc un groupe pour jouer les bons vieux classiques.

Puis un jour, le groupe ose des compositions. Il n'y a pas de raison de rougir. Big Dez réalise aujourd'hui son huitième album. Leur passion a permis au groupe de voyager. Evidemment ce sera le sud des Etats Unis. Ils ont des liens avec des musiciens du coin. Ils apprennent et respectent la musique qui les hante sans fin.

Ce nouveau disque tire donc un wagon de sacrées bonnes chansons. Les guitares se saturent de sons issus du delta. Ca joue fort mais c'est souvent juste. La justesse vient du plaisir. Big Dez est un véritable groupe. Ca communique à tous les étages. Les égos sont bannis. Seule, l'harmonie reste l'ambition de ce groupe assez captivant!

L'envie de défendre le blues, la communion entre les musiciens, des riffs qui griffent comme il faut et des refrains repris par un choeur de gospel, non rien à dire sur ce nouvel album de Big Dez. Comme des stations, les plaisirs rustiques s'enchainent. Ce n'est pas neuf. Le trajet est connu. Mais il est assuré. Et rassurant.

Allez bon voyage!

socadisc - 2018

Miranda Mirianashvili, Gypsy melodies

Pour la première d’une tournée européenne, la chanteuse était au théâtre Athénée-Jouvet le 12 novembre dernier, pour un moment tout à la fois beau et différent.

Dès le début, la scène est dans l’ombre avec, par-ci-par-là, quelques petites lumières, et l’on devine un piano. Soudain, voici Miranda, applaudie par un public conquis d’avance. Sa voix s’élève et envoûte immédiatement. Toute de puissance et de cristal, elle emporte dès les premiers instants. Et tant pis si on ne comprend pas la langue, les romances russes qu’elle interprète font frémir la salle, attentive et silencieuse, qui applaudit à la fin de chaque air avec conviction. Miranda s’avance sur la scène, tellement belle dans sa robe rouge, clin d’œil aux tenues « gypsies », et s’assied près des deux guitaristes qui l’accompagnent avec brio. L’un, Edouard Chvidchenko, a participé à des concerts de musique tsigane, tandis que l’autre, Mikail Ivanov, a fait ses classes à Moscou. Quant au pianiste Riad Mamedov, il apporte une touche élégante aux interprétations de chants géorgiens traditionnels. Puis Miranda entonne des chansons d’Edith Piaf et de Luz Casal, dont son célèbre Piensa en mi,avec une justesse et une sensibilité qui amène des bravos. La mise en jeu de Laurent Frechuret et la direction artistique de Christina Burrus renforcent la cohérence de ce beau spectacle, à voir ou revoir bientôt en tournée.

 

Pour en savoir plus sur la  tournée et la sortie de l’album  « Gypsy Mélodies »  :

Production ATELIER du Coudray , Christina Burrus.

Tel.  : 01 45 44 40 12

http://www.mirandamir.com/  

Simulation theory

Après Drones, Muse continue de faire dans la grande production hollywoodienne. A l'heure de Stranger things et Ready Player One, le groupe goute aux plaisirs vintage!

Donc on a bel et bien l'impression d'être dans un remake ou reboot de Tron. Le trio aurait bien la même envie que Daft Punk: un retour sincère dans les années 80. Avec les débuts de l'ordinateur et le rubik's cube. Ce genre de délire un peu platonique, il faut l'avouer.

La nostalgie, ce n'est tout de même pas trop leur truc. Ils racontent des choses. De la science fiction. Des albums concepts. Des trucs de plus en plus lourds et sans grande saveur.

Drones voulait faire penser à 1984. Ce nouveau volet serait plus coloré et pop. Une grosse bédé fantastique! Matthew Bellamy et ses copains à méche (Muse est le groupe le plus mal sappé de la planète rock aujourd'hui) multiplie les rebondissements sonores. Il y a du bon et du mauvais.

C'est très inégal. Il est très loin de temps de Showbiz! Maintenant il y a du bidouillage à tous les étages. L'humilité a totalement disparu. Le groupe veut être énorme et remplir les stades. Il s'emploie à ne présenter que des hymnes pour grandes enceintes.

Ce huitième album sera sans surprise. Muse fait de la musique qui bouillonne pour les masses. Les guitares sont décortiquées pour trouver le rythme le plus lourd. Le trio tente la funk avec une maladresse confondante. N'est pas Prince qui veut.

C'est de la musique de geek qui controle désormais le Monde et la culture populaire. C'est de la fausse audace. Même un film Marvel, avec ses super héros interchangeables, pourrait être plus original. Le lyrisme est parti: place à l'efficacité!

Warner - 2018

Sauver ou périr

Pompier: Qualifie un artiste, son art ou son style lorsqu’ils sont jugés trop académiques, démodés et pompeux! Tiens, tiens, ca tombe parfaitement pour disserter quelques instants à propos du dernier film de Frédéric Tellier, Sauver ou Périr...

Le réalisateur avait mené un chouette polar sec, l'Affaire SK1. Un regard neutre, froid, sur une enquête bien francaise sur un serial killer bien de chez nous. Maintenant il décide de parler de nos fiers pompiers, héros discrets et tellement nécessaires.

Inspiré de faits réels, Sauver ou périr raconte le triste destin d'un sergent des pompiers de Paris. Ambitieux et amoureux, le pauvre homme est victime d'un terrible feu. Il est désormais un grand brulé et doit totalement se reconstruire.

On croit rêver: le début du film se fait sur un air de "travail, famille, patrie" avec ce pompier bien fait. Un altruiste passionné par son métier, les gens, sa femme et ses deux adorables petites jumelles. Quelle injustice lorsque lui tombe dessus un violent accident.

Heureusement l'esprit de corps et toutes les qualités acquises durant sa vie de pompier vont l'aider à se refaire une nouvelle identité. Alors comme ca, on pourrait dire que le film de droite existe encore. On pourrait s'imaginer à une autre époque... Cheveux courts... idées courtes encore!!

La démonstration est constante dans ce film. A l'image de Pierre Niney, pas toujours convaincant, pas trop brulé non plus pour que le spectacle soit acceptable. Dieu merci, il forme un beau couple de cinéma avec Anais Demoustier. Bien aidé par la sagesse de Sami Bouajila.

Heureusement Frédéric Tellier est un homme moderne et il sait réaliser. Comme SK1, le propos est inattaquable et la forme plait. C'est moderne mais c'est trop beau, pour être honnête. Ce n'est pas un film de propagande non plus. Tellier a du recul et trousse malgré tout des dialogues assez touchants entre un homme perdu et son entourage, paumé face à un drame terrible.

Il y a des passages touchants mais le film utilise des ficelles assez grossières d'un mélo sur un couple désoeuvré. Le désarroi de la femme, la douleur de l'homme, la tristesse des collègues, l'espoir des médecins, tout est parfaitement étiqueté pour un film pas tout tout feu, tout flamme, hommage maladroit à nos soldats du feu!

Avec Pierre Niney, Anais Demoustier, Vincent Rottiers et Sami Bouajila - Mars - 28 novembre 2018 - 1h50

The night comes for us

Un bon vieux film d'action qui se prend pour une oeuvre gore... bonne idée!

Alors, là il faut aimer la bidoche. Il ne faut pas être vegan, faire dans le bio ou manger des graines. Faut aimer la lacrymo sur les champs élysées, les gilets jaunes en mal d'essence et les vidéos chocs du groupe activiste L214. Le fim de Timo Tjahjanto, ce n'est fait pour le bobo qui ne sort jamais de son petit producteur local.

Là, c'est du produit avarié venu de loin, de l'exotisme déviant, de la violence gratuite pour tous les âges. D'ailleurs tout part d'un enfant. Parce qu'elle est tout mignonne, une petite fille fait craquer un tueur légendaire en Asie. Ce dernier la sauve du massacre de son village. Il se met à dos toutes les triades et c'est parti pour deux heures de bastons submergés par des hectolitres de sang.

Depuis The Raid, le cinéma d'action indonésien est devenu une référence en matière d'action totalement décompléxée. Ici, ca tranche, ca broie, ca charcute dans les quatre coins de l'écran. Sur deux heures, vous pouvez trouver cela indigeste mais, à notre humble avis, il y a quelque chose d'héroïque dans ce geste de cinéma pour le moins désinvolte.

Timo Tjahjanto assume donc tous les excès et son film est une sorte de viste d'un Leroy Merlin où tout objet deviendrait une arme dangereuse. C'est incroyable comme le réalisateur a de l'imagination dans l'ultraviolence, qui emprunte tout son esthétisme (c'est un grand mot que j'emploie là) au cinéma d'horreur. Même le titre appartient au genre.

A une époque de lissage général, cette série B a le grand mérite de ne pas être poli, de rentrer dans le lard et de poursuivre le spectateur jusqu'au harcélement en lui imposant un rythme hystérique et une violence inouïe. C'est de la bédé hardboiled. C'est du navet grandiose. C'est assez taré pour être vu, et saigner des yeux!

Avec Joe Taslim, Iko Uwais, Sunny Pang et Zack Lee - Netflix - 2018

Silver faces

Du rock. Sans surprise mais sacrément vintage. Margerin au pays des Pretty things.

Car les musiciens de The Jones aurait leur place entre Ricky et Lucien, les héros des bédés rock'n'roll de Frank Margerin. Avec eux ca sent la banane metallique. Ils ont des rêves de harley et de grandes prairies. La route 66 n'est jamais très loin pour ces cinq franchouillards, nourris avec des classiques du genre.

Comme dans les oeuvres de Margerin, il y a surtout du coeur avant les attitudes vintage. Les rockeurs sont doués. Ils composent un rock poisseux, ouvert et qui profite des régles pour régaler l'auditeur.

Les riffs sont hargneux. La voix glisse entre les rythmes convulsif. Ils ont la foi. Cela s'entend sur les 13 titres de Silver Faces, qui brille de mille feux.

C'est un peu répétitif ici ou là mais il y a cette incroyable croyance en la bonne vieille formule basse guitare batterie. Pourtant ils se révèlent doués en introduisant des cuivres et des cordes. Non, c'est vintage mais c'est surtout un plaisir vieillot mais jamais ringard. Bien au contraire: les convictions sont importantes dans cet art!

Mortel records - 2018

Furia, Lia Rodrigues, Théâtre National de la Danse Chaillot

 

Dans sa dernière création Fúria, la chorégraphe Lia Rodrigues livre un spectacle musclé et brutal. Dix danseurs évoluent sur scène entre fureur de vivre et de désespoir. Le plus important semble d’exister et de dénoncer.

Le spectacle Fúria prolonge la dynamique houleuse amorcée par la trilogie brésilienne : Pororoca (2009), Piracema (2011) et Pindorama (2013). Le propos de cette dernière pièce porte sur la question de l’altérité. C’est une performance pour dix danseurs avec un engagement fort du corps, miroir de la danse engagée proposée par Lia Rodrigues.

Sur scène, les corps s’emmêlent et se confrontent. Danse survoltée, on peut voir et ressentir une violence qui est exprimée par le corps, la rythmique et le jeu scénique des danseurs. Ils apparaissent tour à tour tels des démons ou des protecteurs. Leurs mimiques pourraient même nous renvoyer aux interprétations de la dance indienne ou indonésienne.

A travers sa pièce, Lia Rodriguez s’interroge sur l’état du « monde haché par une multitude de questions sans réponse, traversé de sombres et fulgurantes images, de contrastes et de paradoxes ». Il est nécessaire de se révolter. Artiste associée à Chaillot – Théâtre National de la Danse, Lia Rodrigues a financé Fúria avec des fonds européens. Comme elle le note, le Brésil ne finançant plus ce type de créations, « repenser l’écologie d’un projet artistique est presque une question de survie. »

 

Teaser de "Fúria" de Lia Rodrigues from Théâtre de Chaillot on Vimeo.

 

Jusqu'au 07 décembre 2018

1h10

Théâtre National de Chaillot 

The records were ours

Le disque que l'on est allé chercher très loin: en Australie, on a mis la main sur deux frangins ouverts, doués et intrépides.

Jack et Pat Pierce ont débuté leur carrière dans la rue. Ils jouent toutes sortes d'instruments de musique. Ils ont bien le look d'Australiens: massifs et surs d'eux. Ils ont tous les deux un regard rieur et affirmé.

On dirait des jumeaux. Ils jouent sans arrêt. Depuis des années. Avec une hargne qui force le respect. Ils sont surtout capables de jouer des titres personnels avec une conviction flamboyante. Les voir en concert, c'est quelque chose. Un exemple de grandeur d'âme.

Ils viennent de sortir un premier disque dans leur lointain pays, mais on parle ici d'un de leurs ep, où l'on entend leur style, entre country, rock et choses plus celtes. Ils mélangent les saveurs. Avec une guitare sèche, ils ont la force d'ACDC. En une trentaine de minutes, les frères Pierce vous promènent sur des terres luxuriantes, amicales et bien souvent nobles.

Ils rappellent Mumfords & Sons ou The Lumineers, avec une candeur qui attendrit en quelques refrains. Ces gars là jouent avec le coeur. Le mélange folk et pop est une formule magique pour eux, qui ont tout compris pour faire réagir le public et l'audience. C'est simple et fort. Tout s'incruste facilement dans la mémoire. Les évidences se multiplient. Ce ne sont pas des rustres mais bel et bien des savants. Les Australiens savent faire dans l'efficacité la plus totale. Ce duo le prouve une fois de plus.

Sony - 2017

Sœurs (Marina et Audrey), Pascal Rambert, Audrey Bonnet, Marina Hands, Bouffes du Nord,

 

C’est en assistant à la première répétition de la scène entre les deux sœurs de sa pièce « Actrice » en octobre 2017 que Pascal Rambert, en entendant Audrey Bonnet et Marina Hands, a commencé à leur écrire une pièce rien que pour elles. Cela donnera « Sœurs (Marina et Audrey) » ; une scène unique d’1h30, comme un long travelling où les mots sont des flèches ou des scalpels. Mots-outils pour comprendre le passé, se délivrer d’une emprise, mots-armes et mots-boomerangs… Les actrices tournent autour d’un point central, s’empoignent (rarement), font valser des chaises. Car il ne s’agit pas de retrouvailles, ni de pardon, mais bien d’un profond règlement de comptes. Et comme à la fin d’une guerre, on n’est pas sûr qu’il y ait un gagnant à l’issue du combat.

Petit rappel (si nécessaire) : Pascal Rambert est l’auteur notamment de « Le début de l’A. », « Clôture de l’amour » et l’année dernière : « Actrice » aux Bouffes du Nord. Audrey Bonnet a été pensionnaire de la Comédie française dans les années 2000 (on l’a vue notamment dans « Le début de l’A. », « Clôture de l’amour » et « Actrice »). Marina Hands a reçu le Molière de la meilleure comédienne en 2018 pour son interprétation dans « Actrice » ; c’est aussi la gracieuse et fougueuse « Lady Chatterley » de Pascale Ferran au cinéma…

Il faut une complicité authentique et une confiance solide à Audrey Bonnet et Marina Hands pour exprimer si fort, (corps et âme), l’une à la face de l’autre, la colère, le ressentiment, la haine et le mépris. Bien sûr la douleur s’exprime aussi. Les émotions semblent se nourrir des profondeurs de l’expérience vécue, traversent les corps et explosent en vérités indéniables, définitives et irréconciliables… Au sujet de « Sœurs », Pascal Rambert parle d’« intensité plastique de l’écoute » et d’un spectacle « à la vie, à la mort ». Pour évoquer le jeu de Marina et Audrey, le mot « puissance » vient immédiatement à l’esprit. Il n’y a pas que la colère qui se donne à voir, mais aussi la fragilité de la grâce et le balancement hypnotique de la transe. Le jeu de ces deux-là, ce qu’elles trouvent ensemble, fait de ce moment une étonnante expérience scénique à partager.

Ne vous inquiétez pas, cher spectateur, vous serez choyé : il faut que les actrices respirent et boivent un peu d’eau, que les corps tentent une réconciliation le temps d’une danse adolescente ; ainsi, des moments plus calmes alternent avec des moments plus intenses.

On reprend son calme, on verse une larme. On pense à sa propre famille, à ses proches parfois si lointains. On regarde son voisin, sa voisine, on échange un sourire : ce n’est que du théâtre et c’est la vie : elles sur scène, nous qui les regardons et pensons encore à elles en sortant boulevard de la Chapelle, émus et vivants.

 

 

 « Sœurs (Marina & Audrey) », texte et mise en scène de Pascal Rambert avec Marina Hands et Audrey Bonnet au Théâtre des Bouffes du Nord, jusqu’au 9 décembre 2018.

Vu le samedi 24 novembre 2018 au Théâtre des Bouffes du Nord http://www.bouffesdunord.com/

Durée du spectacle : 1h30.

Du mardi au vendredi à 20h30 et le samedi à 16h jusqu’au 9 décembre 2018.

Le texte de « Sœurs (Marina & Audrey)»  est publié aux Éditions Les Solitaires Intempestifs. Plus d'information sur le site internet http://structureproduction.com/

 

 

 

Le contr’un, La Boétie, Charly Magonza, Agathe Mortelecq, les Déchargeurs

 

 

Charly Magonza et Agathe Mortelecq ont fait le pari de mettre en scène le Discours de la servitude volontaire de La Boétie. Bien que ce texte ne soit pas destiné à être prononcé en public, on est captivé par le ton direct employé. Nous avons l’impression d’être invités à dialoguer avec le comédien. On serait presque tenté de vouloir lui répondre lorsqu’il nous apostrophe !

Ce texte retentit à nos oreilles, nous poussant à réfléchir sur le rapport que nous entretenons avec le pouvoir. Le tyran est décrit sous toutes ses formes. Toujours d’actualité, La Boétie nous invite à questionner notre part de responsabilité dans le renoncement de nos libertés.

La mise en scène minimaliste et moderne replace ce texte dans une atmosphère résolument contemporaine. La posture théorique est animé par des effets de lumière poétiques. Nous sommes embarqués dans un début vivant, habité par l’urgence de nous faire comprendre et de nous pousser à agir.

Pari réussi 

 

LE CONTR'UN • Étienne de La Boétie from NIGHTHAWKS on Vimeo.

Jusqu'au 22 Décembre 2018

Le contr’un

Texte Etienne de La Boétie, d'après le Discours de la servitude volontaire 

Mise en scène : Charly Magonza & Agathe Mortelecq

Acteur : Charly Magonza 

Théâtre  Les Déchargeurs

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