Blanche-Neige, Olivier Soliveres, Gaité Montparnasse

En ce dimanche après-midi, le joli théâtre de la Gaité fait salle comble. Un valet en livrée nous accueille, sonnant la trompette et annonçant les invités à haute voix. Chacun a droit à son petit clin d’œil personnalisé, en particulier les petites filles qui sont venues déguisées... ainsi que les retardataires.

Je ne vais pas vous résumer l'histoire mais simplement vous dire qu'elle est ici mise au goût du jour, avec des décors exclusivement numériques, ce qui ne manque pas d'épater les enfants. "Elle est dans l'écran Blanche-Neige?"

La pièce présente de vraies qualités du théâtre classique (Commedia dell'arte, danse, chansons). Comme souvent, le spectacle contient aussi son lot de blagues à destination des parents. Les références à la culture populaire s'enchainent à un rythme effréné (en vrac, à Abba, Google, E.T., Johnny Halliday, Fort Boyard et j'en passe), avec une mention spéciale pour le petit doigt de la reine "qui a grandi dans une cité médiévale voisine" et qui parle comme un loulou de banlieue.

Le spectacle fonctionne à merveille. Les enfants vivent l'histoire à 100% et - comme dans un bon vieux théâtre de Guignol - ils hurlent à Blanche-Neige de ne pas croquer la pomme. Une petite fille crie même à la Reine: "T'es très moche!"

La pièce repose presque entièrement sur le personnage de la Reine qui est la vraie star du spectacle. Avec sa voix rauque et ses grimaces cartoonesques, la comédienne qui l'incarne est irrésistible. Sa présence et son énergie sont impressionnantes, et l'on ne peut s'empêcher de la comparer à Jim Carrey (lorsqu'il était encore drôle). Et en plus elle chante remarquablement!

Malheureusement, si l'on excepte la Reine et son valet, les comédiens sont peu convaincants. Si Blanche-Neige danse bien, elle n'en demeure pas moins assez falote. Quant au Prince, il joue terriblement à plat. Est-ce un parti-pris de mise en scène visant à mieux mettre en valeur la Reine ? J'avoue à titre personnel, avoir toujours trouvé Blanche-Neige et son Prince assez cucul !

On regrette aussi que le metteur en scène n'ait pas su se dépêtrer du problème des nains. Peut-être aurait-il mieux valu avoir recours à des marionnettes, ou carrément assumer de faire un "Blanche-Neige et les sept géants" ? Toujours est-il que les enfants s'étonnent que les nains soient si grands ! Cette scène est d'ailleurs la seule où le rythme ralentit assez dangereusement (au point que mon voisin de devant s'assoupît...)

"J'aime pas être tous d'accord" dit Grincheux. Eh bien les spectateurs petits et grands, eux, sont tous d'accord pour dire que la Reine est épatante et mérite le déplacement.

Théâtre de la Gaité Montparnasse
A partir de 3 ans

Aladin, Jean-Philippe Daguerre, Igor de Chaillé, Palais-Royal

Un fois installé dans le majestueux écrin du théâtre du Palais Royal, ne vous attendez pas à un spectacle sage et convenu. Ici, les enfants sont en chaussettes, gloussent, chantent et tapent des mains.

C’est une adaptation assez décalée, voire déjantée d’Aladin à laquelle on assiste. Tout est jeux de mots, références et clins d’œil aussi variés que surprenants (Maxime Le Forestier, Claude François, Louis de Funès). Les parents et/ou grands-parents ne seront pas en reste.

On appréciera le rythme, l’humour, les personnages caricaturaux (tels le marchand - trafiquant d'épices à fumer ! - Aboul Latune et sa sœur jumelle Maboul Latune), avec une mention spéciale pour le génial Génie.  

Les enfants seront bluffés par les costumes, les chorégraphies, riront souvent et de bon cœur, y compris aux références et clins d’œil qu’ils ne saisiront pas tous. Les parents seront surpris par cette version peu orthodoxe du conte et surtout ravis d’entendre les réactions et rires des enfants.

Bref, un vrai spectacle à voir en famille !

"J'étais très contente de voir ce spectacle !" (Norma, 8 ans)

Spectacle vu le 13 novembre 2021
Théâtre du Palais Royal
Places de 12 à 38€

Jean-Luc Lagarce, Marcial Di Fonzo Bo

La période actuelle est pour le moins triste. Et qu’il est bon de rire d’un vrai rire ! Maintenant que les théâtres sont rouverts, tout le monde se rue sur les spectacles. Par solidarité bien sûr car bon nombre de salles ont perdu jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires. Mais aussi parce que c’est bon d’oublier -« une heure, une heure seulement » comme disait Jacques Brel -  bref de laisser de côté ses soucis et plonger dans l’univers magique du théâtre. Quand le spectacle est drôle, c’est encore mieux.  « Règles du savoir-vivre  dans la société moderne »,  est un savoureux monologue de Jean-Luc Lagarce de 1994, sous la direction de Marcial Fonzo Di Bo. Et, comble du bonheur, la grande comédienne Catherine Hiegel y est seule en scène.

Une première pour celle qui joue depuis 56 ans. Bien évidemment, elle est intimement liée, pour les spectateurs, à la Comédie-Française, où elle est restée quarante ans, tout en faisant quelques incursions au cinéma et à la télévision.

Mais ici, avec beaucoup d’assurance et de façon imperturbable, elle transmet les conventions et les rituels qui jalonnaient chaque étape de la vie bourgeoise d’autrefois, qu’il s’agisse de la naissance, du baptême, des fiançailles, mais aussi du mariage, des noces d’or ou du décès. Pour certains, cela paraît d’un autre âge. Le texte est d’ailleurs inspiré du manuel de la baronne de Staffe, daté de la fin du XXe siècle. Qu’il s’agisse de la timbale en argent pour le jeune baptisé, de la bague de fiançailles, que seule la femme porte, ou encore d’un objet en or pour les noces…d’or, tout cela parait un tant soit peu désuet. Hé bien non. Ça existe encore, tout comme la place impartie aux hommes et aux femmes à l’église pour les obsèques. Il suffit d’aller dans certaines régions pour le constater.

Dit comme ça, cette énumération de coutumes peut paraitre aride. Mais ô miracle, grâce à Catherine Hiegel, c’est hilarant. La mise en scène est sobre, elle se déplace entre des tables couvertes de papiers à la main, simulant de probables règlements. On croirait entendre au choix un employé de mairie ou une maîtresse de maison à la tête d’une grande famille. Mais énumération ne vaut point décision. Car les règles sont simples : on ne transige pas avec la tradition et surtout pas avec le savoir-vivre. Les femmes ne décident pas, ce sont les hommes qui pensent. Le ton sérieux et affirmatif de la comédienne devient alors encore plus léger et glisse sur les énormités en insistant et répétant certains mots et certaines phrases. Un rôle qui se mue donc de temps à autre en dissociation. Et c’est là qu’il devient vachard et moqueur, distribuant par ci par là quelques expressions hilarantes. Un sourire au coin, l’air un peu blasée voire lasse, elle passe de la femme rigide d’autrefois édictant des préceptes à celle qui ne s’en laisse pas conter. Toute en finesse et drôlerie.

Jusqu’au 31 décembre 2021
Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne
Théâtre du Petit-Saint-Martin, Paris

Les Olympiades, Jacques Audiard,

Un homme, deux femmes et un site porno ! Bienvenue dans la vie romantique du début de siècle !

Le constat est le même depuis une certaine chanson d’Alain Souchon : l’ultra moderne solitude. Plus on communique, moins on se parle ! L’étreinte n’est plus qu’une application qui mène à des histoires sans lendemain. On reste seul devant son écran et on rêve très fort… mais il ne se passe rien car on est coincés sur les réseaux, labyrinthe dangereux pour ceux qui veulent aimer.

Jacques Audiard, défaitiste et formaliste, ne pouvait que faire ce constat comme de nombreux autres auteurs de cinéma. Mais à notre grande surprise, il a décidé d’en rire et même d’espérer. L’Amour triomphe à la fin. Audiard a donc l’envie d’une comédie romantique, mais à sa manière !

Donc nous allons circuler dans le marasme affectif de trois personnages pilotés par leur solitude et leur besoin sourd d’amour. Le trio est jeune et contemporain. Il est un peu paumé dans une société qui évacue rapidement tout sentiment.

Alors ils font pareils pour ne pas être délaissés. La chaire est triste dans un premier temps. Le merveilleux noir et blanc du film transcende les corps qui finalement se cherchent, s’emboitent mais ne se trouvent jamais.

Les comédiens donnent tout à l’image. Ils sont justes et assez burlesques finalement. C’est souvent beau car Audiard, comme à son habitude, scrute minutieusement les corps pour comprendre ce qu’il y a dans la tête. Il trouve un humour particulier certes mais on ne lui connaissait ce coté presque « fleur bleue ».

Il y a certes des drames intimes qui pourraient plomber l’ambiance et toujours une tendance moralisatrice mais le réalisateur du Prophète, ne regarde pas les hommes tomber, cette fois ci. C’est bien la grande qualité de cette visite étonnante et souvent déroutante de ce 13e arrondissement si exotique et si proche de nous. Pourquoi ces rivières/soudain sur les joues qui coulent/ dans la fourmilière? se demandait Souchon. Audiard cherche la réponse!

Sortie le 03 novembre 2021
Page 114 Productions

105 minutes

Un long silence, Mikal Gilmore, 10-18

C’est une histoire extraordinaire que raconte Mikal Gilmore ; l’histoire de sa famille. Sa mère Bessie, fille de mormons, tombe amoureuse de Franck, l’ex-petit ami de l’une de ses copines, un homme qui a l’âge de son père et qui déteste les mormons. Ils badinent gentiment jusqu'à ce qu'il lui annonce soudainement qu’il doit se marier le lendemain avec une autre femme!

Un an plus tard ils se croisent à nouveau, pour ne plus se quitter même si, à peine mariée avec Franck, Bessie apprend que son mari n’en est pas à son coup d’essai et qu’il a essaimé des familles un peu partout dans le pays, abandonnant sans scrupules plusieurs femmes et de nombreux enfants. Pourtant, Bessie suivra son mari dans sa fuite perpétuelle.

Ce tourbillon ne s’arrêtera jamais réellement, même lorsqu’ils finiront enfin par poser leurs valises. Car Franck Gilmore a toujours la bougeotte. Et il ne supporte pas qu’on lui résiste ni que l’on conteste son autorité.

La violence psychologique et physique (violence dont Bessie n’est pas exempte) qui règne chez les Gilmore marquera profondément les enfants de Franck et Bessie.

« Franck Gilmore et Bessie Brown étaient deux êtres pitoyables et misérables. Je les aime, mais je dois dire ceci : c’est une tragédie qu’ils aient eu des enfants » (p. 383)

Pourquoi Bessie n'a-t-elle pas pris ses jambes à son cou dès le début ? Pourquoi reste-t-elle avec ce menteur compulsif doublé d’un escroc minable ? Pourquoi ne quitte-t-elle pas ce menteur violent et instable à qui il arrive de disparaitre subitement (il n'hésite pas à laisser sa femme et ses trois fils en plan dans un restaurant minable ou au bord d’une route de campagne)? Et pourquoi avoir quatre enfants avec un tel individu ?

En n’apportant pas de réponse aux énigmes familiales, Mikal Gilmore donne une dimension universelle à son livre. La narration forte et puissante impose le respect. Ce récit est salutaire et riche d'enseignement pour tous ceux qui ont grandi au sein d’une « famille » dysfonctionnelle.

« Parfois nous acceptons une liaison malheureuse, et (…) nous ne nous imaginons pas en dehors de ce malheur. Il fait partie de notre identité. L’idée d’abandonner le malheur devient plus effrayante que la perspective de vivre avec. On risque de ne plus savoir qui on est si on quitte cette dynamique – on risque de devoir se reconstruire entièrement. »

Le destin des Gilmore est si fascinant qu’il inspirera un grand livre à l'immense Norman Mailer (« Le Chant du bourreau » relate l’histoire de Gary et permettra à Mikal d’en savoir un peu plus sur sa propre famille). Gary, l’ainé, sera condamné pour meurtre et exigera d’être fusillé alors que les Etats-Unis avaient renoncé à appliquer la peine de mort depuis dix ans. Gaylen, le troisième de la fratrie, finira lui aussi dans des circonstances violentes.

Si l’histoire des Gilmore est incroyable, elle est aussi terriblement banale. Racontée d’une autre façon, cette longue suite de malheurs pourrait être insoutenable. Mais Mikal Gilmore raconte l’histoire de ses parents et de ses frères avec une franchise et une sobriété remarquables et pleines d’un espoir doux-amer. Car Franck Junior (le deuxième) et Mikal (le petit dernier de la famille) échapperont à ce qui ressemble à une malédiction familiale, même s'ils n'en sortiront pas tout à fait indemnes. Par chance, Mikal perdra son père trop tôt pour avoir eu le temps de le décevoir (car le paternel fait payer cher sa déception). Par chance, Mikal ne croit pas aux fantômes qui hantent sa mère et la maison familiale. Par chance, ces frères s'aiment, envers et contre tout.

Trop de zones d’ombre demeurent pour que Mikal puisse comprendre les motivations des membres de sa famille. Il les observe pourtant avec bienveillance et mansuétude, sans les juger. Ce faisant, l’auteur rend son histoire non seulement supportable mais aussi passionnante.

C’est une tragédie férocement sublime, une ode à la fraternité où le héros s’arrache à son destin et parvient à absoudre les siens pour accéder à une forme de paix.

Un Long Silence
Mikal Gilmore (traduit de l'américain par Fabrice Pointeau)
10-18

Halloween kills

Dans ce nouvel épisode, Michael Myers est un employé modèle d’un Bricolex ou Leroy Merlin. Le gaillard indestructible fait la démonstration de l’efficacité de tout un tas d’outils pour découper et éparpiller de pauvres victimes qui n’ont rien demandé, si ce n’est passer une bonne soirée d’Halloween.

Donc pour la trouille, passez votre chemin, ce nouvel épisode de la saga initiée par le chef d’œuvre de John Carpenter, est un immense jeu de massacre. Mais le réalisateur a bien retenu la partie jeu de ce cache-cache meurtrier entre le tueur impassible et la communauté de Haddonfield, toujours traumatisée par ses méfaits de 1978!

Des années plus tard, Michael Myers n’a rien perdu de son efficacité! Il est toujours cette incarnation du mal absolu, revenant des morts sans arrêt. On pourrait dire jusqu’à la nausée, mais le réalisateur David Gordon Green, qui va signer une trilogie, se montre assez malin pour renouveler le mythe avec des descriptions plus subtiles et le retour de la deuxième star de la série, Jamie Lee Curtis.

Elle est toujours Laurie Strode, survivante des précédents carnages et ici prophète de cette malédiction qui pèse sur cette ville qui a enfanté un assassin hors norme, hors catégorie et quasiment hors sol. C’est ce qui est très plaisant dans ce film, cette violence qui ne semblait plus avoir les faveurs du public et des producteurs.

Là, il faut s’accrocher. Myers y va fort et bat des records de cadavres dans un délire. Le scénario enchaîne les morceaux de bravoure, si on peut le dire ainsi. Le film pourrait s’arrêter à cela mais le cinéaste en profite pour décrire le sentiment d’insécurité si cher à nos politiques. Michael Myers ne fait pas dans le détail et le récit montre comment ses meurtres vont faire dérailler toute une ville.

Ce n’est pas non plus un pamphlet. C’est d’abord et assez simplement un film d’horreur à l’ancienne qui ne veut pas faire dans la dentelle et qui se refuse à un second degré salvateur, qui éloignerait le spectateur. Servi par la musique de John Carpenter, le film a une espèce d’humilité qui fait plaisir à voir. C’est certain: Michael Myers est l’employé du mois!

Au cinéma le 20 octobre 2021

Douce France, Stéphane Olivié Bisson, David Salles, Tristan Bernard

Le ravissant théâtre Tristan Bernard se transforme en Palais de l’Elysée. Nous sommes pris en charge par une conférencière (Delphine Barril) qui, à l’occasion des Journées du Patrimoine, va nous faire visiter un endroit incroyable : le bureau de Capucin (l’excellent David Salles) et Pierre-Marie-Joseph (Stéphane Olivié Bisson), deux conseillers du Président de la République depuis quelque 120 ans et qui vont nous faire revivre toute la Cinquième République!

Ce spectacle intéressant, rythmé et extrêmement drôle dure 55 ans mais l’on ne voit pas le temps passer. On est pris dans un tourbillon d’anecdotes auxquelles on a parfois du mal à croire tellement elles sont énormes. L’objectivité est pourtant respectée car nos deux conseillers spéciaux sont apolitiques (Pierre-Marie-Joseph tient bien à préciser qu’il n’est pas de gauche, tandis que Capucin n’est pas de droite, lui qui fut jadis tenté par le maoïsme. « On ne se trouve pas sans commencer par se perdre ».).

Tout est vrai et c’est bien là le pire de l’histoire. On choisit de rire à gorge déployée mais on pourrait aussi en pleurer. Car tandis que les chiffres du chômage grimpent inexorablement, aucun Président n’est épargné par son propre ridicule : De Gaulle qui aborde 1968 avec confiance dans ses vœux télévisés, Giscard et sa passion pour la chasse (dont la chasse à l’ours… du zoo de Bucarest !), Mitterrand et ses caprices de milliardaire (sommet du G7 à Versailles avec serveurs déguisés en laquais et perruques poudrées, chabichou du Poitou que l’on envoie quérir en jet privé...), Hollande dont l’état de grâce dure 10 minutes, etc. etc.

Sincèrement, j’ai rarement vu un spectacle aussi drôle ; c’est bien plus drôle que la plupart des one-man-shows, et les comédies de Boulevard à la papa peuvent aller se rhabiller. Douce France est vraiment un spectacle passionnant et hilarant !

A partir du 07 octobre 2021
Théâtre Tristan Bernard

du mardi au samedi à 21h (Relâches les 18 et 19 novembre)

PS : en ce moment, le Tristan Bernard vous offre une place si vous achetez une place plein tarif. Alors contacter vite le Théâtre. Réservation au 01 45 22 08 40

Découvrez Sarāb et son clip Yally shaghalt al bāl

Sarāb est un groupe franco-syrien de jazz rock arabe de six membres. Le groupe s'est formé à Paris en 2018. Un mirage musical qui navigue entre plusieurs univers avec en invités le percussionniste Wassim Hallal, le joueur de saz Abdallah Abozekry ou encore l'auteur engagé et écrivain de science-fiction Alain Damasio. Premier extrait, on découvre Yally shaghalt al bāl en vidéo (celui qui occupe mes pensées).

On aime ce mélange de jazz et de musiques traditionnelles du Moyen-Orient. A découvrir.

https://www.sarab-officialmusic.com/

Sortie du second album Arwāh Hurra, que l'on pourrait traduire par Âmes Libres, prévue le 12 novembre 2021 chez L'Autre Distribution.

Nouveau Clip de La Bronze, l’habitude de mourir !

"La Bronze nous présentait il y a quelques semaines le titre Briller, la voici de retour avec son nouveau single L'habitude de Mourir. La musicienne pluridisciplinaire présente aujourd'hui L'habitude de mourir en clip, 2e extrait de son nouvel album prévu à l'hiver 2022. La chanson, qui traite des relations vouées à l’échec, est accompagnée d'un clip percutant mettant en vedette le danseur Nico Archambault.  "Mais on a l'habitude de mourir. Une fois de plus pourquoi pas. Alors tu continues à courir. Beau kamikaze vers moi..." chante La Bronze dans ce nouveau titre."

Un clip qui met la danse et les mouvements au centre de la représentation dans une ambiance fusionnelle de perdition. Un joli parti pris scénographique pour évoquer la complexité des relations amoureuses.

Julie en 12 chapitres, Joachim Trier

Chronique féminine, comédie sans romantisme pas sans charme, étude de mœurs, déclaration d’amour à Oslo, Julie en 12 chapitres est d’une densité étonnante et d’une énergie bien trop rare sur grand écran.

Depuis l’isolement et le confinement, le cinéma rappelle à chaque projection sa force: l’énormité de l’image, l’immersion nécessaire, l’enveloppement d’une musique, l’émotion au fil d’un récit court (j’en ai marre des séries qui ne finissent jamais ou ajoutent du climax au climax).

Allez au cinéma, vous verrez la différence avec une série de plate forme. Il n’y a rien de spectaculaire dans Julie en 12 chapitres. Pourtant c’est du véritable cinéma, à voir sur grand écran. A ressentir bigger than life, loin de nos quotidiens.

Pourtant c’est une vie assez banale que nous raconte le Norvégien Joachim Trier. Julie est une jeune femme un peu paumée dans la vie. Elle va tomber amoureuse d’un homme plus vieux qu’elle et là dessus, elle va bâtir le roman de sa vie, s’inventer et se réaliser.

La grande adolescente va devenir une femme structurée, passionnée et inquiète aussi. Joachim Trier va tenter de montrer sa complexité avec des idées lumineuses et des tensions dramatiques assez rudes pour le spectateur. On rit et on pleure. Comme dans la vie. Mais c’est du cinéma. Celui qui fait respirer très fort, autrement, loin de son canapé. Celui qui donne à voir autre chose!

C’est la mise en scène sublime qui va nous permettre d’atteindre les rêves et les doutes de Julie, jouée avec malice par Renate Reinsve, qui se donne à fond pour faire vivre ce personnage proche de nous et mis en perspective par la réalisation elle aussi futée de Joachim Trier.

Sur une tragi-comédie, on devine que l’on est manipulé par le cinéaste mais ca ne dérange pas car une fois de plus, il rivalise de simplicité et de plaisir pour nous raconter pas grand chose mais il le fait comme si sa vie en dépendait. Donc nouvelle fois, il surprend par ses idées souvent géniales (qui rappellent de temps à autres Woody Allen) et cette façon ouatée de filmer la ville, en l'occurrence Oslo.

Il scrute avec sa caméra assez espiègle l’humanité dans ce qu’il y a de basique et de profondément beau si on y ajoute un cadre, une image, une musique. C’est ce qui rend ce cinéma si important et touchant. Julie en 12 chapitres est une œuvre profonde que l'on ne trouvera nulle part qu’au cinéma!

Sortie le 13 octobre 2021
128 minutes
Romance

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Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?