Nouveau Clip de La Bronze, l’habitude de mourir !


"La Bronze nous présentait il y a quelques semaines le titre Briller, la voici de retour avec son nouveau single L'habitude de Mourir. La musicienne pluridisciplinaire présente aujourd'hui L'habitude de mourir en clip, 2e extrait de son nouvel album prévu à l'hiver 2022. La chanson, qui traite des relations vouées à l’échec, est accompagnée d'un clip percutant mettant en vedette le danseur Nico Archambault. "Mais on a l'habitude de mourir. Une fois de plus pourquoi pas. Alors tu continues à courir. Beau kamikaze vers moi..." chante La Bronze dans ce nouveau titre."
Un clip qui met la danse et les mouvements au centre de la représentation dans une ambiance fusionnelle de perdition. Un joli parti pris scénographique pour évoquer la complexité des relations amoureuses.
Julie en 12 chapitres, Joachim Trier

Chronique féminine, comédie sans romantisme pas sans charme, étude de mœurs, déclaration d’amour à Oslo, Julie en 12 chapitres est d’une densité étonnante et d’une énergie bien trop rare sur grand écran.
Depuis l’isolement et le confinement, le cinéma rappelle à chaque projection sa force: l’énormité de l’image, l’immersion nécessaire, l’enveloppement d’une musique, l’émotion au fil d’un récit court (j’en ai marre des séries qui ne finissent jamais ou ajoutent du climax au climax).
Allez au cinéma, vous verrez la différence avec une série de plate forme. Il n’y a rien de spectaculaire dans Julie en 12 chapitres. Pourtant c’est du véritable cinéma, à voir sur grand écran. A ressentir bigger than life, loin de nos quotidiens.
Pourtant c’est une vie assez banale que nous raconte le Norvégien Joachim Trier. Julie est une jeune femme un peu paumée dans la vie. Elle va tomber amoureuse d’un homme plus vieux qu’elle et là dessus, elle va bâtir le roman de sa vie, s’inventer et se réaliser.
La grande adolescente va devenir une femme structurée, passionnée et inquiète aussi. Joachim Trier va tenter de montrer sa complexité avec des idées lumineuses et des tensions dramatiques assez rudes pour le spectateur. On rit et on pleure. Comme dans la vie. Mais c’est du cinéma. Celui qui fait respirer très fort, autrement, loin de son canapé. Celui qui donne à voir autre chose!
C’est la mise en scène sublime qui va nous permettre d’atteindre les rêves et les doutes de Julie, jouée avec malice par Renate Reinsve, qui se donne à fond pour faire vivre ce personnage proche de nous et mis en perspective par la réalisation elle aussi futée de Joachim Trier.
Sur une tragi-comédie, on devine que l’on est manipulé par le cinéaste mais ca ne dérange pas car une fois de plus, il rivalise de simplicité et de plaisir pour nous raconter pas grand chose mais il le fait comme si sa vie en dépendait. Donc nouvelle fois, il surprend par ses idées souvent géniales (qui rappellent de temps à autres Woody Allen) et cette façon ouatée de filmer la ville, en l'occurrence Oslo.
Il scrute avec sa caméra assez espiègle l’humanité dans ce qu’il y a de basique et de profondément beau si on y ajoute un cadre, une image, une musique. C’est ce qui rend ce cinéma si important et touchant. Julie en 12 chapitres est une œuvre profonde que l'on ne trouvera nulle part qu’au cinéma!
Sortie le 13 octobre 2021
128 minutes
Romance
Blood & sugar, Laura Shepherd-Robinson, Traduit par Pascale Haas, 10-18

A la fin du XVIIème siècle, l'esclavage et la canne à sucre font la fortune de l'Angleterre, et plus particulièrement de la ville de Deptford où un militaire mène l'enquête pour découvrir qui a torturé puis tué son meilleur ami. Ses investigations le mèneront sur la piste de marchands et d'armateurs qui s'enrichissent grâce au commerce d'êtres humains.
"Si vous espérez que cesse un jour l'esclavage, vous devrez jeter un sort au peuple anglais! Car il aime mettre du sucre à bas prix dans son thé tout comme du tabac à bas prix dans sa pipe. Aucune lamentation à ce sujet n'y changera rien!"
"Nous sommes une nation d'hypocrites. C'est la triste réalité. Les gens ne cherchent pas à savoir comment leur sucre arrive réellement dans leur thé, car ils ne veulent pas le savoir"
Il parait que Blood & Sugar est le thriller historique du moment. Il devrait donc ravir les amateurs du genre. Pour ma part, n'aimant ni les polars, ni les livres historiques, je n'aurais pas dû m'y risquer... Que voulez-vous, je suis curieux et toujours à la recherche d'une bonne surprise ; mais de bonne surprise il n'y eut pas pas pour cette fois. Dommage.
En se focalisant sur l'enquête menée par son personnage principal, l'autrice passe à mon avis totalement à côté de son sujet. En adoptant le point de vue, et la langue, d'un aristocrate, elle passe aussi littéralement, et littérairement, à côté de son sujet. Un peu comme si le magnifique film Twelve years a slave avait été raconté par un planteur plutôt que par un esclave.
Parce qu'il reste à hauteur d'hommes et se focalise sur la recherche du meurtrier, ce roman n'évoque que superficiellement le sujet de l'esclavage. Historiquement, l'intérêt du livre est donc assez limité. Littérairement, c'est une catastrophe. Laura Shepherd-Robinson a un ton ampoulé et mièvre. Tout est très bien expliqué, très didactique... mais pas très bien écrit. Si bien que, alors même que les meurtres sanglants se multiplient sur le passage du héros (le type est un vrai chat noir!), l'on n'est jamais ému.
"Nous arrivâmes à Londres un peu après huit heures. La lumière du couchant parait le dôme grandiose de Saint-Paul d'un éclat ambré, les clercs et les courtiers de la City rentraient chez eux ou cherchaient un endroit où dîner. Plus nous roulions vers l'ouest de Soho, plus les rues s'animaient, se remplissaient de gentilshommes noceurs accompagnés de leurs catins".
"Londres baignait dans la lumière laiteuse du pâle soleil qui parvenait à percer le ciel d'étain maussade. Des prostituées et des pigeons se pavanaient en ébouriffant leurs plumes de temps à autre d'un air courroucé. Les vitrines des commerces du port renvoyaient des reflets noirs et dorés au gré du mouvement des nuages".
Si elle n'avait pas à ce point usé d'adjectifs qualificatifs ni abusé de fausses pistes, peut-être l'écrivaine aurait-elle pu boucler son enquête en 300 pages plutôt qu'en 450. Peut-être alors le temps m'aurait-il paru moins long ; car il m'a vraiment fallu lutter pour terminer ce roman, même si je comprends très bien qu'il puisse trouver son public.
Blood & sugar
Laura Shepherd-Robinson
Traduction Pascale Haas
10-18 collection Grands-Détectives
453 pages
Que du bonheur, avec vos capteurs , Thierry Collet, Rond-Point

Le mentaliste-prestidigidateur Thierry Collet s'est posé une question simple : "On peut se demander si les machines ne sont pas devenues de meilleures mentalists que les humains. Qu'est-ce que je fais avec ça ? Je résiste, ou je pactise?"
Thierry Collet n'en rajoute pas, il n'en fait pas des tonnes comme un magicien. Il déroule tranquillement son argumentaire, de façon assez linéaire. Paradoxalement, cela rend encore plus forte certaines démonstrations. Less is more, comme disent les anglais.
Le magicien ne cesse de nous dire qu'il n'en est pas un ; qu'il ne fait qu'utiliser des technologies facilement accessibles, même si encore peu connues du grand public.
"Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie". Ainsi, au Moyen-Age, le truc de l'encre sympathique relevait de la sorcellerie, avant de passer pour de la magie au XVIIème et, enfin, d'être compris par tous de nos jours. Ce qui impressionne aujourd'hui n'étonnera plus personne demain.
Le spectacle de Thierry Collet oscille entre performance et conférence ; à rebours de tout magicien qui se respecte, il va même jusqu'à nous dévoiler certains trucs. Il nous explique ainsi comment il peut très facilement savoir quel type de buveur est un spectateur, quelle est sa marque de bière favorite et quel est son bar préféré. C'est à la fois très simple et terriblement bluffant, voire effrayant.
Le spectacle est interactif et il faut donc vous attendre à en être partie prenante. J'ai ainsi pu voir interagir mon propre portefeuille avec son double numérisé dans un final particulièrement troublant.
Jusqu'au 06 novembre 2021
Théâtre du Rond-Point
Durée 1h
Conception et interprétation : Thierry Collet
Mise en scène : Cédric Orain
Assistanat à la création et interprétation : Marc Rigaud
James Bond 007, Mourir peut attendre, Cary Joji Fukunaga

!!! ATTENTION SPOILER !!!
Certes, les scénarii des James Bond ne brillent généralement pas par leur crédibilité ; mais là, il faut bien reconnaître qu’on bat des records dans le n’importe quoi. Personne n’y croit, même pas les grandes marques de bagnoles qui ont refusé de prêter leurs derniers modèles ! Du coup, Bond se retrouve à rouler dans des voitures qui n’ont pas moins de 30 ans… De toute façon, les cascades sont toutes faites en animation numérique, au point qu’on se croirait dans un jeu vidéo.
Bond se croit trahi par celle qu’il aime (Madeleine Swann qu’il avait rencontrée dans l’épisode précédent). Du coup, alors qu’il a sur les talons toute une armée de dangereux italiens très en colère et surarmés, il dépose sa future-ex copine à la gare pour qu’elle prenne tranquillement un train pour Nowhere et qu’elle l’oublie à jamais. C’est limite s’il ne lui achète pas son billet et un journal. Et si je vous dis que cela fait trois mois qu’ils copulaient comme des lapins et qu’elle se tient le ventre au moment des adieux, vous pourrez aisément imaginer la suite. (Non, elle n’a pas la gastro.)
Amoureux déçu, Bond quitte tout pour se réfugier incognito à la Jamaïque. Bien qu’en retraite, notre bon vieux James gardé la forme. Il mange du poisson qu’il pêche lui-même et, comme ça, il entretient du même coup son instinct de chasseur et son corps d’athlète ; malin ! Malin, et surtout bien pratique quand il lui faudra reprendre du service cinq ans plus tard pour sauver le monde!
Pendant ce temps-là, le chef de Spectre garde son Internationale Vilain à l’œil, tranquilou-pilou depuis sa prison surprotégée. Quand il a un peu de temps entre deux complots, il consulte sa psy qui n’est autre que, devinez qui ? Madeleine Swann, évidemment !
Donc forcément, Bond est amené à revoir celle qu’il a quitté mais aime toujours. Il comprend alors son erreur et repart pour un tour de piste avec Dr Swann, ce qui n’est absolument pas crédible car, comment pourrait-il tomber amoureux de Léa Seydoux qui ressemble à un veau qu’on mène à l’abattoir. (Mais qu’est-ce qu’elle joue mal, c’est pas permis !)
Autres invraisemblances, en vrac. Classique : les méchants ne savent pas viser tandis que 007 fait mouche à chaque coup de feu. Les services secrets de Sa Majesté n’ont pas eu l’idée d’aller chercher Bond à la Jamaïque, et ce sont les agents de la CIA qui s’y collent. Et lorsque Bond part retrouver Madeleine sur l’île de son enfance, ses ex-collègues n’arrivent toujours pas à le localiser. Sans doute parce que son téléphone (Nokia) d’agent secret est hyper discret. Autre étrangeté numérique : Q consulte les fichiers classés Secret Défense depuis chez lui ; c’est bien pratique le télétravail !
Non seulement le scénario est paresseux, mais il est en plus desservi par des acteurs pas ni convaincus ni convaincants. Daniel Craig et Ralph Fienes font le service minimum, Christoph Walz fait un passage éclair Lashana Lynch est bien la seule à se croire crédible en nouvelle 007, Rami Malek incarne un ennemi de Bond bien falot… et tout est à l’avenant. Et je vous passe le politiquement correct de rigueur qui veut que le remplaçant de Bond soit une femme noire, que Q soit homosexuel, et que Bond s’encombre d’une famille.
Car c’est accompagné de Madeleine Swann et de sa fille (à elle) que Bond part à la chasse aux vilains. Tiens mais au fait, qui peut donc bien être le papa de cette petite fille de cinq ans? (soit le temps qui s’est écoulé depuis que James n’a pas vu Madeleine…)
Sans doute les scénaristes ont-ils incorporé cette pauvre enfant à leur histoire bancale pour tenter (vainement, malheureusement) de créer une intensité dramatique en nous faisant craindre pour l’avenir de cette adorable fillette aux yeux bleus piscine. (Mais qui est son père, non, franchement, je ne vois pas).
Moi qui suis hyper sensible, je n’ai pas cru un seul instant que les scénaristes pourraient sacrifier la fillette. J’espérais donc qu’ils nous débarrassent définitivement de Swan Seydoux. Mais au lieu de ça, ils terminent leur film de 2h43 (dont 1 heure de trop) dans un beau feu d’artifice et... ils tuent James Bond ; carrément !
Avec Daniel Craig, Léa Seydoux, Ralph Fiennes et Rami Malek – 2h43 – MGM – 6 octobre 2021
Le Sommet des Dieux

Monument du manga, Le Sommet des Dieux devient un film d’animation très attachant qui nous fait croire au vertige grâce à la force du cinéma!
Le Sommet des Dieux échappe à la comparaison avec son modèle d’inspiration, la longue série de Jiro Taniguchi. Patrick Imbert le réalisateur ne veut pas copier le manga. Il prend un autre sentier qui nous mènera heureusement à la même émotion.
Car le film s’adresse au cœur. Tout comme la bédé. Le film n’est pas sur un exploit montagnard mais sur un personnage solitaire, obsédé et fascinant. Habu Joji est un roc que rien ne pourra percer. Un mystère autour d’un homme qui a décidé de se détacher de tout pour atteindre des sommets imprenables.
Ses compromis avec l’existence vont coûter cher mais son envie dépasse tout, y compris le jugement ou le préjugé. Le réalisateur vise juste avec une animation à la subtilité asiatique mais il profite du cinéma pour donner de la perspective au vertige dans lequel sont tombés les personnages de ce drame humain, d’une profondeur insoupçonnable.
Le décor de l’Himalaya est une fois de plus incroyable pour nous faire sentir la condition humaine. Le dessin imite la réalité mais nous fait ressentir les atermoiements des alpinistes face à la violence de l’effort, l’enfer intérieur et le dépassement de soi.
Avec ses armes, le dessin animé est respectueux du matériel original mais profite du septième art. La musique. Le cadrage. Les lumières. On y est et on doit applaudir cette animation douce, presque tendre alors qu’elle décrit des hommes aliénés par des rêves fous et dangereux.
Le dessin animé est spectaculaire. Par son humanité. On est bouleversés alors que tout est un artifice. Toujours un exploit à saluer.
Au cinéma le 22 septembre 2021
Wild Bunch Distribution
Genre : Aventure, animation
Réalisateur : Patrick Imbert
Œuvre originale :Jiro Taniguchi, Baku Yumemakura
Pays : France
Durée : 1h30
Mourir peut attendre, James Bond 007, Cary Joji Fukunaga

Mourir peut Attendre a pris tout son temps pour enfin arriver sur nos grands écrans. Film de cinéma mais épisode contrarié de la saga, ce nouvel opus a un grand mérite dans une période de cancel culture ou woke bidule: James Bond est un alcoolo dépressif pour la postérité!
Il a bien du mal à se faire à ce monde moderne qui doit probablement l’agacer au plus haut point: il garde cependant son flegme légendaire en toute occasion. Même à la retraite. Bien entendu, il a désormais les traits vieillissants mais il garde la forme et son regard perce toujours les dangers qui arrivent au loin.
Dans cette épisode il en a toute une brouette à gérer à commencer par le vol meurtrier d’un virus qui fait passer la covid pour un simple éternuement. James Bond sait bien qu’un fait divers peut être le début d’une grande aventure où il va enchainer les exploits physiques, faire craquer les filles, picoler sans arrêt, balancer de la punchline face à la mort et bien entendu affronter un affreux méchant revanchard qui a l’envie tenace de détruire le Monde.
Pour cela, le nouvel épisode assure le service. Pas de déception à avoir. Bond rebondit dans les quatre coins de l’écran pour empêcher le pire et la déroute. Daniel Craig est toujours aussi à l’aise pour nous faire croire que derrière les épaules musculeuses et les poings serrés il y a un petit cœur sensible. C’est sa touche personnelle et c’est franchement pas mal.
Le réalisateur suit le cahier des charges à la lettre et ça fonctionne. C’est spectaculaire comme il faut. A voir au cinéma et pas ailleurs. Après toute cette attente, on est heureux de retrouver son costard, sa vodka martini, ses gadgets, la base secrète du méchant et les milliers de cadavres qu'il laisse derrière lui avec une désinvolture incroyable.
Effectivement il est hors du temps notre James Bond et on le sent mal à l’aise dans son époque. C’est la bonne idée de ce film d’action qui voudrait presque s’excuser de n’être que ça. Tout est contrarié et parfois contrariant dans ce film! Il en résulte une drôle d’impression à la sortie de la salle. Peut être cela explique la durée trop longue du film. Ou est ce la musique de Hans Zimmer, trop envahissante et hybride pour transcender les aventures de 007?
Ce n’est donc pas le meilleur James Bond. Loin de là. Certainement le plus schizophrène. Cela reste du bel ouvrage pour un blockbuster qui doit faire le job sur l’ensemble de la planète. Et finalement, on se dit qu’il nous avait bien manqué ce con!
Avec Daniel Craig, Léa Seydoux, Ralph Fiennes et Rami Malek - 2h43 - MGM - 6 octobre 2021
Djénane, Bébel le Magicien, Anne Artigau, Théâtre du Rond-Point

Un spectacle intimiste et court qui tient du rêve éveillé.
Belkheïr Djenane, alias Bébel Le Magicien, n’a plus rien à prouver en termes de brillante cartomagie et d’extraordinaire habileté. Il met ici son savoir-faire au service d’un rêve inspiré de sa relation intime aux cartes. La note d’intention indique que Bébel et la metteuse en scène Anne Artigau créent « une partition dramaturgique composée des sensations que dessinent les cartes ».
Dans le dispositif mis en place, on voit d’abord le magicien marchant tel un druide, une longue canne à la main (peut-être un bâton de sourcier ?) ; l’écran derrière lui diffuse des images d’un lac le soir, ou d’un ciel chargé de nuages.
Quand Bébel s’assoit derrière une table noire, sur l’écran en fond de scène est reproduite en gros plan l’image de ses mains. On admire pendant une première partie sa dextérité et l’on s’étonne de ne rien comprendre ; certaines cartes que l’on cherche ont glissé, elles se déplacent en obéissant à des lois complètement invisibles. Bébel ponctue cette démonstration de sa voix humble et profonde ; en aucun cas, l’on ne peut penser qu’il se moque de nous, qu’il cherche à nous duper. C’est un jeu bien trop sérieux pour cela. Plus tard, le « numéro » qui commence classiquement s’interrompt. La voix de Bébel se perd dans le silence et le bruit du vent. Une carte lui chuchote à l’oreille, puis une autre. La reine de trèfle disparaît. Le roi de carreau la cherche. Bébel semble les guider l’un vers l’autre. Quelqu’un frappe à la porte. Il dit « entrez » et une carte apparaît. Des sons évoquent des frôlements, le passage de fantômes, et la mise en scène permet un jeu entre le visible (Bébel lui ne disparaît jamais) et un monde invisible, que l’on devine, comme un pan caché du réel : cet endroit précisément où les cartes disparaissent. Le néant ? Non, juste l’invisible. Mystérieux et multiple, indéfini.
Dans la dernière partie, Bébel nous perd un peu. Un jeu de tarot (de cartomancie) remplace le traditionnel jeu de cartes. Bébel interroge les symboles. Peut-être cette partie touchera-t-elle les connaisseurs du célèbre tarot de Marseille ? Elle m’a laissée perplexe.
Malgré tout, Djénane est un beau spectacle qui a le mérite de renouveler le genre en osant un pas (de géant) de côté : un pas de druide sur la terre des cartes.
Pour un autre point de vue sur ce spectacle, cliquez ICI !
du 24 septembre au 16 octobre 2021
Au Théâtre du Rond-point, salle : Roland Topor
sur une idée de : Bébel Le Magicien,
création magie et interprétation : Bébel Le Magicien,
écriture : Anne Artigau, Belkheïr Djenane,
mise en scène : Anne Artigau,
voix : Élise Caron
Horaires : du vendredi 24 septembre au samedi 16 octobre, 20h30 - dimanche, 15h30 - Relâche : les lundis
Durée : 1h
Fort comme un hyper sensible, Maurice Barthélemy, Pépinière

« FORT COMME UN HYPERSENSIBLE » c’est d’abord un récit paru cette année, celui du comédien (notamment des Robin des Bois) Maurice Barthélemy, qui éclaire un phénomène courant et pourtant peu illustré : la vie quotidienne d’un hypersensible. Environ 20% de la population est hypersensible mais peu de gens sont diagnostiqués. Ceci étant dit, l’hypersensibilité n’est pas une maladie mais un état, et la recherche en psychologie est plutôt récente sur le sujet.
Maurice Barthélemy s’est intéressé au sujet pour aider un proche, comme il le raconte dans le spectacle, avant de réaliser qu’il était concerné au premier chef. Il nous livre ses manies, ses difficultés mais aussi la force qui est la sienne, qui vient notamment d’une intuition très développée.
Comme cet acteur comique en témoigne, l’avantage de se connaître comme hypersensible est double. Tout d’abord avancer dans la connaissance de soi est toujours avantageux : mieux se connaître permet notamment de faire preuve de lucidité, d’éviter de dramatiser, de relativiser, d’anticiper des situations stressantes, de s’adapter, de mieux faire face, etc. De plus, s’identifier comme hypersensible, c’est aussi se reconnaître comme membre d’une grande famille, plutôt branchée en ce moment, qui comporte les HPI, les HPE, les Asperger, les zèbres, etc.
Les témoignages de personnalités au sujet de leur état particulier, de Maurice Barthélemy à Greta Thunberg en passant par Franck Gastambide, tendent (enfin!) un miroir flatteur aux hypersensibles ; ils renvoient l’image d’êtres impliqués, courageux, doués de nombreux talents, comme l’empathie, l’intuition, la créativité, notamment.
Aux yeux du grand public, les hypersensibles sont encore (et trop souvent) perçus avant tout comme susceptibles, lunatiques et compliqués. Il est temps de faire un tout petit effort pour mieux se comprendre. Ce spectacle nous en donne une occasion joyeuse et décomplexée et propose une expérience enrichissante et touchante.
Maurice Barthélemy porte seul en scène son propre texte, exercice périlleux pour un hypersensible, qu’il s’était pourtant promis de ne jamais tenter… Venons-en tout de suite à la conclusion : pour la salle, l’expérience semble unanimement réussie : les spectateurs écoutent attentivement cette conférence-spectacle, rient de bon cœur aux anecdotes d’un gaffeur hors pair et profitent finalement d’un temps d’échange bienvenu, pour se confier, raconter à leur tour leurs expériences d’hypersensible, rebondir sur le récit d’un autre spectateur, réconforter et encourager leurs semblables.
Autant on rit pendant la conférence de Maurice Barthélemy, autant on est ému par les récits de nos compagnons de salle.
Principale vertu de cette expérience de spectateur : les hypersensibles identifieront probablement mieux leurs forces tandis que les non-hypersensibles deviendront peut-être plus compréhensifs à leur égard…
Octobre 2021
Théâtre de la Pépinière, 7 rue Louis le Grand, 75002 Paris - Du mardi au samedi à19h - 1h20
Écrit et interprété par Maurice Barthélemy
D’après le récit éponyme paru aux éditions Michel Lafon
Collaboration artistique : Gersende Michel
Lumières : Denis Koransky
Bande son : Serge Rouquairol
Clip seventies de Stéphanie Acquette !

"Stéphanie Acquette nous dévoile le clip de son nouveau single D'un Rien, nouvel extrait de son premier album Diaporama annoncé pour le 01 octobre 2021 chez Sanctuaire Records / Inouïe Distribution.
Porté par une vidéo cinématographique évoquant Michel Gondry et Wes Anderson, le nouveau clip D'un Rien a été réalisé par Stéphanie Acquette en personne. Cette rumba nostalgique évoque les occasions manquées de peu, des rencontres qui n'ont pas eu lieu alors qu'il aurait suffit d'un simple pas de côté pour risquer la collision."
On aime le côté classe de cette pop chaloupée et rêveuse. Une jolie esthétique 70's avec des téléphones à cadran comme on n'en fait plus et une espionne fatale... ! Un joli objet cinéma en moins de 4 minutes !
Multi-instrumentiste originaire d’un petit village du Nord de la France, Stéphanie Acquette s’initie à la musique à l’âge de huit ans par la pratique de la cornemuse et des flûtes irlandaises. Autodidacte, elle perfectionne à Paris son apprentissage de la guitare et de la basse au contact de musiciens russes et tziganes.
De nombreux voyages en Russie nourrissent son répertoire de chants traditionnels. Parallèlement à ses études à Sciences Po, puis à l’institut des Langues Orientales, elle mène un cursus d’art dramatique au conservatoire de St Maur et des études musicales au conservatoire de Créteil. Fidèle de la Cinémathèque et des cinémas du quartier latin, elle nourrit et affine son sens de l’image par des études cinématographiques à l'université Paris 7.
Elle se produit régulièrement en tant que musicienne sur les scènes parisiennes (Les 3 Baudets, le Pop In, le Supersonic, Les Etoiles…) et les théâtres de France (le Volcan, le Train-Théâtre, l’Adagio, l’Eden…). Stéphanie Acquette dévoile enfin son premier album Diaporama, porté par les clips remarqués de Je M'en Vais et D'un Rien.
Artiste à suivre !











