Cinéma

Mourir peut attendre, James Bond 007, Cary Joji Fukunaga

Mourir peut Attendre a pris tout son temps pour enfin arriver sur nos grands écrans. Film de cinéma mais épisode contrarié de la saga, ce nouvel opus a un grand mérite dans une période de cancel culture ou woke bidule: James Bond est un alcoolo dépressif pour la postérité!

Il a bien du mal à se faire à ce monde moderne qui doit probablement l’agacer au plus haut point: il garde cependant son flegme légendaire en toute occasion. Même à la retraite. Bien entendu, il a désormais les traits vieillissants mais il garde la forme et son regard perce toujours les dangers qui arrivent au loin.

Dans cette épisode il en a toute une brouette à gérer à commencer par le vol meurtrier d’un virus qui fait passer la covid pour un simple éternuement. James Bond sait bien qu’un fait divers peut être le début d’une grande aventure où il va enchainer les exploits physiques, faire craquer les filles, picoler sans arrêt, balancer de la punchline face à la mort et bien entendu affronter un affreux méchant revanchard qui a l’envie tenace de détruire le Monde.

Pour cela, le nouvel épisode assure le service. Pas de déception à avoir. Bond rebondit dans les quatre coins de l’écran pour empêcher le pire et la déroute. Daniel Craig est toujours aussi à l’aise pour nous faire croire que derrière les épaules musculeuses et les poings serrés il y a un petit cœur sensible. C’est sa touche personnelle et c’est franchement pas mal.

Le réalisateur suit le cahier des charges à la lettre et ça fonctionne. C’est spectaculaire comme il faut. A voir au cinéma et pas ailleurs. Après toute cette attente, on est heureux de retrouver son costard, sa vodka martini, ses gadgets, la base secrète du méchant et les milliers de cadavres qu’il laisse derrière lui avec une désinvolture incroyable.

Effectivement il est hors du temps notre James Bond et on le sent mal à l’aise dans son époque. C’est la bonne idée de ce film d’action qui voudrait presque s’excuser de n’être que ça. Tout est contrarié et parfois contrariant dans ce film! Il en résulte une drôle d’impression à la sortie de la salle. Peut être cela explique la durée trop longue du film. Ou est ce la musique de Hans Zimmer, trop envahissante et hybride pour transcender les aventures de 007?

Ce n’est donc pas le meilleur James Bond. Loin de là. Certainement le plus schizophrène. Cela reste du bel ouvrage pour un blockbuster qui doit faire le job sur l’ensemble de la planète. Et finalement, on se dit qu’il nous avait bien manqué ce con!



Avec Daniel Craig, Léa Seydoux, Ralph Fiennes et Rami Malek – 2h43 – MGM – 6 octobre 2021

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