Scenery

Il ne faut pas grand chose pour échapper un peu aux conventions. Et dieu sait que le cahier des charges du RnB est compliqué et sans simplicité. La chanteuse Emily King s'est échappée à la campagne et trouve un nouvel élan créatif... salutaire!

C'est de la soul sophistiquée. Ne vous inquiétez pas. Emily King a peut être désormais les pieds dans la boue mais elle a toujours le sens de l'arrangement, pour son troisième album, en dix ans. Elle n'est pas pressée. C'est peut être ce qui explique son déménagement loin de New York, sa ville natale.

Prometteuse il y a dix ans, Emily King s'est relachée pour décider de tourner le dos à l'industrie féroce. Elle s'imagine désormais en artisan et cela se ressent dans les gentilles compositions de son album rose mais pas niais du tout.

On est bel et bien dans le RnB typique des Etats Unis avec voix soyeuses et juxtapositions d'instruments vibrants. Mais la chanteuse choisit des moyens très humbles, à l'inverse des grosses productions.

Cela fait du bien. Les allergiques au genre le resteront mais effectivement, il y a beaucoup de sincérité dans cet album. Elle a pris le temps. Les chansons sont finement écrites. Le changement d'air fait du bien au genre, encore plus qu'à la belle artiste très à l'aise entre les forêts et les champs. C'est un disque qui fait respirer... alors profitez!

ATO records - 2019

Half mile harvest

Encore des frères qui se roulent dans la bonne vieille paille du far west!

Josh Teskey, Sam Teskey, Brendon Love et Liam Gough viennent effectivement de très très très loin. L'Australie. Sur cette île où le rock se fait sans nuance mais pas sans talent (nous y reviendrons bientot avec une chronique sur les rois du rock ecolo, Midnight Oil), le quatuor a de quoi surprendre.

Les Teskey Brothers sont des pros de la guitare et du boeuf entre amis. Ils peuvent faire des pirouettes electriques de toute beauté et pourraient compter uniquement sur leur virtuosité. Leur premier album est d'une maturité impressionnante.

Comme des grands, ils jouent dans leur studio et produisent les dix titres old school de Half mile harvest. Les grosses compagnies sont arrivées à la bourre pour les récupérer. Car ils sont vraiment doués pour réveiller la vieille soul et le bon gros blues qui s'écouteraient dans un vieux bar poussiéreux.

La voix sent le bon whisky et les heureux excès. L'orgue hammond ronronne sur des cuivres d'un autre temps. Et il y a une guitare pour exciter toute la petite bande australienne qui, elle, a fait le choix de la nuance. Rien à dire, tout à écouter, ce disque est une machine à remonter le temps tout en évitant le piège de la nostalgie. Old times are so good!

Decca - 2019

Celle que vous croyez

SUJET INTÉRESSANT ET BIEN AMENÉ, UN PEU TROP POSÉ PAR MOMENTS OU LA MUSIQUE MANQUE (SURTOUT SUR LA PREMIÈRE PARTIE). MAIS TOUT SE MET EN PLACE ET LE PUZZLE PREND FORME.

ET LE DRAME TOURNE MÊME AU THRILLER. LA PHOTO EST TRES BELLE. ON A UN PEU DE MAL COMPRENDRE, LE TEMPS ÉCOULÉ AU DÉBUT DU FILM MAIS MOI QUI AIME JULIETTE BINOCHE, CA POURRAIT DURER DES HEURES JUSTE EN PLANS SIMPLES. LOL.

EN TOUT CAS LA CRISE DE LA CINQUANTAINE LUI VA A RAVIR. QUE C’EST DUR DE VIEILLIR, DU MOINS D’ACCEPTER SON AGE, POUR LES FEMMES COMME POUR LES HOMMES. POUR CLAIRE, CA EN DEVIENT UNE OBSESSION.

A TEL POINT QU’AU MOMENT OU SON AMANT PRÉSUMÉ, ALEX, TROUVE SUR UN SITE INTERNET SE DÉCIDE A LA RENCONTRER EN PERSONNE, LE MENSONGE ET LE FANTASME DANS LESQUELS ELLE S’EST RÉFUGIÉE, COMMENCENT PETIT A PETIT À SE RÉVÉLER.

ELLE VA LOIN D’AILLEURS, JUSQU’A S’APPROPRIER LA VIE DE QUELQU’UN QUI EXISTE DÉJÀ, ET IMPLIQUER SA FAMILLE DANS SON DÉLIRE. HA LES JOIES DU BLACK MIRROR, DERRIERE LEQUEL IL EST TELLEMENT SIMPLE DE DISSIMULER UNE VÉRITÉ AUSSI DUR A ACCEPTER.

LE PROBLÈME C’EST QUAND ON VEUT SE FAIRE PASSER POUR BEAUCOUP PLUS JEUNE QU’ON NE L’EST, ON EST RATTRAPÉ PAR CE QUI NOUS ENTOURE. TOUT BOUGE VITE, LES RÉSEAUX SOCIAUX OU CHAQUE MOMENT EST IMMORTALISÉ ET ÉPIÉ DE TOUS. INTERNET ET SON MONDE INFINI, IMPITOYABLE.

LE SUJET DU FILM EST BIEN CIBLÉ MAIS PEUT S’ADAPTER A N’IMPORTE QUELS AUTRES SUJETS DU WEB. ON PEUT TOUT FAIRE LORSQUE L’ON A PAS A REPONDRE DE NOS ACTES. SE CACHER DERRIÈRE UN ÉCRAN COMME THÉRAPIE CONTRE UNE SOCIÉTÉ QUI JUGE ET QUI REND TELLEMENT DE GENS MALHEUREUX, C’EST BIEN UN TEMPS MAIS PEUT T-ON AGIR COMME CELA ET VIVRE DANS LE MENSONGE TOUTE SA VIE ?

JE COMPRENDS LE COMPLEXE DE CES FEMMES MAIS EN ARRIVER LA C’EST MALADIF ET LOIN D’ÊTRE SALVATEUR. ON EST TOUS VICTIMES DE CET ENGRENAGE. MAIS ON LE FAIT TOUS A DES NIVEAUX DIFFERENTS, LE SPORT ET LE REGIME A OUTRANCE, POUR QUOI ET POUR QUI...

J’ESPÈRE POUR SOI MAIS JE DOUTE QUE CE SOIT LE CAS DE TOUS...ALLEZ MESDAMES LA CINQUANTAINE VOUS VA SI BIEN ! L’IRONIE EST QU’A 24 ANS JULIETTE BINOCHE, JE NE T’AURAIS PAS REGARDÉ. PAR CONTRE A 50 ANS.....IL EN FAUT POUR TOUS. MORALITÉ IL FAUT SAVOIR VIVRE AVEC SON TEMPS ET COMME JE DIS TOUJOURS, S’ADAPTER. NE SOYEZ PAS TIMIDE, ACCEPTEZ VOUS. VOTRE PASSÉ EST IMPORTANT, VOTRE PRESENT L’EST TOUT AUTANT. COMME ILEST SI BIEN DIT, IL N’Y A PAS PIRE RIVALE QUE CELLE QUI N’EXISTE PAS.

AVIS AUX AMATEURS

Avec Juliette Binoche, Francois Cyril, Nicole Garcia et Charles Berling - 24 février 2019 - diaphana - 1h40

Captain Marvel

Juliette Binoche est une héroïne pour ma camarade! Mais elle ne fait pas le poids en face de Captain Marvel, première super héroïne de Marvel qui tente d'avoir sa Wonder Woman!

Et ce n'est pas gagné lorsque la célèbre et fastueuse maison de production se met à copier les voisins. Non, on ne parle pas de DC Comics qui gèrent les affaires de Superman, Aquaman, Batman et donc Wonder Woman. Non, le 21e film de Marvel est en fait très proche de Star Trek, autre saga qui se passe au dessus de nos têtes.

Des aliens avec des oreilles pointues. Des sauts dans le temps ou dimensions. Des batailles dans l'espace. Des apparences trompeuses. Franchement, vous remplacez la sage Brie Larson (clone de Keira Knightley yankee) par l'équipage de l'Enterprise et vous êtes dans l'univers Starfleet!

Mais non, nous sommes bien dans l'univers Marvel. Le film va donc s'appliquer à nous installer sa championne à une place de choix. Pour cela, elle va trouver l'aide de Nick Fury, toujours aussi à l'aise face à l'inexplicable. Elle va croiser quelques personnes que l'on a déjà vu dans les films Marvel et elle sera peut être importante pour la suite des Avengers.

Les auteurs, venus du cinéma indépendant, reproduisent avec gourmandise les années 90. On se croirait dans Terminator 2. La meilleure idée du film: le tshirt de Nine Inch Nails sur notre nouvelle super héroïne!

Autrement, ils ne bouleversent pas grand chose. Notre copine va découvrir tout un morceau de son passé, en se retrouvant sur Terre après avoir rendu la justice dans les quatre coins de la planète.

C'est tout à fait classique et pas déplaisant du tout. Bon, franchement, ca tourne un peu en rond mais il est vrai que le coté féminin de l'aventure ne manque pas de charme surtout quand Annette Bening, actrice rare et précieuse, vient discuter super pouvoir et responsabilités avec Brie Larson, qui a tout de même la chance d'être secondée par Samuel L Jackson rajeuni et Jude Law très convaincant dans son armure de guerrier héroïque.

Banal mais pas mauvais, Ce Captain Marvel remplit sa mission de solide divertissement mais donne surtout l'envie de jeter un coup d'oeil sur la saga tout aussi tentaculaire de Star Trek. L'effet n'était pas voulu mais Star Trek, c'est quand même autre chose!

La grande aventure lego 2

LE PREMIER VOLET DE 2014 ETAIT VRAIMENT SUPER MEGA GENIAL. INVENTIF ET NOSTALGIQUE DES PETITS BONHOMMES JAUNES EN PLASTIQUE, INTER GENERATIONNEL.
LE SPIN-OFF SUR BATMAN ETAIT LUI TRÈS MOYEN, ET AVAIT FAIT RETOMBER LA BANANE QU’ON AVAIT EN SORTANT DU PREMIER.

L’HISTOIRE TIENT LA ROUTE, MAIS CA S’ÉPARPILLE DE TROP ENTRE LES LEGOS ET LES HUMAINS (LA SURPRISE DU 1 ETAIT TROP BIEN). ON Y RETROUVE TOUS NOS PERSONNAGES PREFERÉS DÉJÀ APERÇUS ET IL Y A LES PETITS NOUVEAUX. QUAND LES DUPLOS DE LA PETITE SOEUR S’EN MÊLENT, CA TRANSFORME L’UTOPIE SUPER MEGA GÉNIALE EN MODE MAD MAX LEGO, POST APOCALYPTIQUE.

BEAUCOUP PLUS ADULTE QUE LE PREMIER MAIS MOINS DRÔLE AUSSI. (ATTENTION Y A DE BONS MOMENTS QUAND MÊME). LE RYTHME N’EST PAS AUSSI SOUTENU ET CERTAINS PASSAGES TOMBENT A PLAT.

LE VISUEL EST PLUS GROSSIER SUR CERTAINES SÉQUENCES DONC MOINS ATTRAYANT. MAIS IL Y A TOUTEFOIS DE BONNES TROUVAILLES DE CONSTRUCTIONS FAUT JUSTE S’Y HABITUER. LE NUMÉRO DES BRIQUES DE CONSTRUCTIONS QUI APPARAISSENT (JE N’EN AI PAS LE SOUVENIR DANS L’AUTRE), ET LA DECHARGE PUBLIQUE DE BRIC, LES MACHINES A VOYAGER DANS LE TEMPS (D’AILLEURS EMMET ! HELLO !), CA C’EST COOL.

PAR CONTRE LES INTERMÈDES EN 2D SONT TROP PRÉSENTS POUR CRÉER L’ORIGINALITÉ. CÔTÉ PERSOS, EN DEHORS DE LA JUSTICE LEAGUE AVEC AQUAMAN, WONDER WOMAN ET GREEN LANTERN QUI TROUVENT TOUJOURS LE MOYEN DE SE FAUFILER, IL N’Y A PAS DE NOUVEAUX QUI VAILLENT LE COUP QU’ON S’EN SOUVIENNE, MÊME LE VAMPIRE SUR QUI JE MISAIS GROS.

JE SUIS CLAIREMENT EN MANQUE DE BENNY ET DE SON SPACESHIP, SPACESHIP SPACESHIP, PAS ASSEZ PRÉSENT. ON SENT QU’ILS SONT PARTIS DANS UN BON GROS DELIRE SOUS LCD LA NON ? Y’A MÊME UNE SÉQUENCE HOMMAGE AUX GARDIENS DE LA GALAXIE QUI EST VRAIMENT TRÈS COOL (EN TOUT CAS C’EST COMME CELA QUE JE L’AI PERÇU. MAIS A PART CELLE DE BATMAN QUI EST SYMPA PARCE QU’IL PRÉFÈRE ETRE COMPARÉ A KEATON PLUTÔT QUE BALE), LES CHANSONS SONT PAS TERRIBLES VOIR ÉNERVANTES (OUI C’EST LE BUT MAIS BON, C’EST DUR LOL) ET FONT UN PEU VOLER EN ÉCLATS CE DIVERTISSEMENT QUI EST PLUS DIGNE D’UNE SÉRIE TV EN PLUSIEURS PARTIES QUE D’UN ÉCRAN CINÉ.

AVIS AUX AMATEURS

20 février 2019 - Warner Bros - 1h40

Jusqu ici tout va bien

HA LA BANLIEUE, UNE TERRE AUSSI PROCHE QU’INCONNUE POUR CERTAINS. MAIS QUAND GILLES LELLOUCHE, PETIT BOBO PARISIEN ET PATRON D’UNE AGENCE DE COMMUNICATION, SE VOIT OBLIGÉ DE S’EXILER A LA COURNEUVE, POUR REDRESSER SON CONTRÔLE FISCAL, LE MAITRE MOT DEVIENT ALORS ADAPTATION.

FALLAIT PAS COMMENCER A FAIRE CROIRE A UNE DOMICILIATION A LA COURNEUVE TIENS ET BIM, T’ES VITE DANS LA MERDE. UN CHANGEMENT DE VIE QUI CHANGE UN HOMME, ENCORE FAUT-IL ÊTRE OUVERT A L’IDÉE, CE QUE GILLES LELLOUCHE, (QUE J’AIME VRAIMENT BEAUCOUP), EST VOLONTAIREMENT PRÊT A FAIRE (BON IL N’A PAS LE CHOIX, MAIS TÉMOIGNE QUAND MÊME D’UNE BONNE MOTIVATION).

ALORS OUI BIEN ENTENDU, CETTE COMEDIE VA EXACTEMENT OU ON L’ATTEND, REDORER UNE IMAGE TERNIE DE LA BANLIEUE. ON A DROIT A TOUS LES CLICHÉS: LE VOL DE VOITURE, LE DEAL DE SHIT, LES GAMINS QUI N’ONT RIEN A FAIRE DE LEUR JOURNÉE.

UNE RÉALITÉ BIEN PALPABLE. LE CHOC DE DEUX CULTURES, OU LES TRADITIONS SONT RESPECTÉES, ET QUI DEFEND CETTE MIXITÉ QUI A DU BON. ENTRE DELIT DE FACIÈS, PRÉJUGÉS, CETTE COMÉDIE FAIT DU BIEN, ET ENTRE DANS LA LIGNÉE DE CES COMÉDIES TENDANCES BIENVEILLANCE.

C’EST BIEN ÉCRIT ET DRÔLE. LES PERSONNAGES SONT ATTACHANTS. ET C’EST EN CÔTOYANT QU’ON APPREND QUE LA VIE DE LA CITÉ N’EST PAS SI DIFFÉRENTE DES AUTRES. AU FOND TANT QU’ON SE REND COMPTE QU’UN CONNARD EST TOUJOURS UN CONNARD PEU IMPORTE D’OU IL VIENT, JUSQU’ICI, TOUT VA BIEN.

AVIS AUX AMATEURS.

Avec Gilles Lellouche, Malik Bentalha, Sabrina Ouazani et Camille Lou - 27 février 2019 - Mars - 1h30

Grande -, Vimala Pons, Tsirihaka Harrivel, 104

(c) TOUT ÇA QUE ÇA

Massés aux portes de la salle encore fermée, un décompte régulier nous avertit que quelque chose va commencer. Quand les portes s’ouvrent, le plateau est à vue, le sol marqué de la cartographie de l’imminent voyage à venir, depuis le fond de scène émergent six podiums accueillant chacun des objets nombreux et disparates, ici une poupée, là, un mannequin, des vases, un tabouret, une télé…, Un toboggan se hisse au plus haut de la salle, en avant scène des câbles, manette de manutention et une table à nouveau, regorgeant de platines, synthés, micros, batterie… Le compte à rebours se poursuit. Une femme vêtue d’un peignoir en satin, capuche rabattue sur les oreilles sillonne le plateau, notre imaginaire s’ouvre sur celui d’un boxeur attendant le combat imminent. Son partenaire adopte le même rythme nerveux, déambule lui aussi.

Le bric à brac commence à s’ordonner. Le décompte n’est plus seulement auditif, il est aussi visuel. Un panneau recouvert de tissus brodés de chiffres prend le relai du décompte. Tandis que le paravent s’effeuille, Vimala Pons empile, par lui cachée, les couches de vêtements en vue d'un mémorable striptease. Le ton du spectacle est donné, un imaginaire de music-hall revisitant les classiques du genre tout en les détournant dans un hétéroclite quotidien qu’on serait tenté de qualifié de bordel sans nom mais dont on comprendra rapidement qu’il est soigneusement organisé, méticuleusement ordonné. La précision est de rigueur dans le cirque où les interprètes jouent leur vie au millimètre près.

Avant le spectacle, une « map » nous est distribuée. Elle nous guidera pendant le voyage à travers une histoire d’amour contemporaine, n’ayant peur ni de son lyrisme ni de ses médiocrités, montant littéralement dans les hautes sphères puis s’écrasant de nouveau, avant de repartir à travers huit revues imbriquées et séparées les uns des autres par des intermèdes musicaux durant lesquels des techniciens remettent en place le plateau.

Ici tout se fait à vue, Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel choisissent de tout nous montrer, faisant quasiment passer sous silence l’intensité de leurs prouesses respectives, comme si elles allaient de soi, comme si elles nous concernaient tous. Ebahi par le voyage, le public se lève pour saluer d’une standing ovation le génie de l’entreprise. Comme pour mieux nous indiquer que tout cela existe aussi grâce à nous, le public, salué à son tour par les interprètes, sort par le plateau.

 

Grande -

du 19 février au 02 mars 2019

104, Paris

One drop of truth

Allez hop, on décroche son stetson, on appuie sur la pédale wah wah et on se prend pour des cowboys en compagnie de trois frères qui s'y connaissent!

Ils ne se ressemblent pas vraiment les frères Wood. D'ailleurs le troisième larron n'est pas de la famille. Jano Rix, avec sa tête de premier de la classe, joue de tous les instruments et suit fidélement les aventures musicales du groupe.

Chris Wood se cache derrière une barbe et une basse tandis qu'Oliver laisse les cheveux descendre comme un rideau sur son visage long et mince. Les trois sont différents mais défendent une idée précise de la country ou de la musique traditionnelle américaine.

Il y a le bon accent, le gout du foin, les instruments acoustiques qui dépoussièrent les oreilles... on les imagine dans une grange pour trouver l'inspiration et la tranquillité.

Leurs chansons elles ne sont pas si tranquilles. Les gars ajoutent une bonne grosse dose de rock pour que le passé n'envahisse pas trop leurs compositions. Sur un air de country, ils construisent des petits hymnes énervés et spectaculaires.

On se fait avoir par leurs tronches de rednecks. Ils éclairent leur style avec une virtuosité qui surprend. On s'excuse de nos préjugés. C'est finalement des folkeux qui rêvent de grandes salles. Leur ambition les pousse à sortir de la zone de confort. Les paroles chatouillent et les rythmes nous font remuer le popotin... difficile de résister à ce trio qui espérons le va arriver à s'exporter. Il a visiblement l'envie d'effacer les frontières...

Honey jar records - 2019

Les Fourberies de Scapin, Molière, Denis Podalydès, Comédie Française

Aucune apparente fourberie dans la mise en scène de Denis Podalydès servie par la scénographie d’Eric Ruf. Sous leur direction, la pièce retrouve l’apparente simplicité recherchée par Molière lors de la création. Ici, point d’artifices démonstratifs, ou si peu. Tout s'efface pour mieux servir le jeu des acteurs.

Le décor, jouant plus sur la hauteur que la profondeur du plateau, campe les quais d’un port qu’on sait être celui d'un Naples révolu. Par ce jeu de hauteur et d'absence de profondeur, habilement, tout nous est mis sous le nez. Quand Scapin surgit nu d'une trappe, tel un personnage arrivant des enfers, les autres personnages, recouverts de parures en tout genres, descendent un escalier pour rejoindre le plateau, comme descendus du ciel. On peut y lire une subtile allégorie des jeux de pouvoir et de classes sociales. On peut aussi y voir un Scapin terrestre et matériel, quand tous les autres sont "perchés". Un Scapin à même de se jouer de la comédie humaine.

Tout ici se joue du classicisme et de son subtil détournement pour servir au mieux le texte et ses interprètes.

Les acteurs jubilent pour notre plus grand plaisir. Le « divin génie » de Scapin nous réjouit et nous nous délectons des légendaires scènes de face à face.

Un grand moment de redécouverte du patrimoine théâtral parfaitement à sa place dans la Comédie française.

 

 

Les Fourberies de Scapin

Jusqu'au 19 mars 2019

A la Comédie Française
Molière, mise en scène de Denis Podalydès
Scénographie : Éric Ruf
Costumes : Christian Lacroix
Lumières : Stéphanie Daniel
Son : Bernard Valléry
Maquillages : Véronique Soulier-Nguyen
Collaboration artistique et chorégraphique : Leslie Menu
Assistanat à la mise en scène : Alison Hornus
Assistanat à la scénographie : Dominique Schmitt
Bakary Sangaré, Gilles David, Claire de la Rüe du Can, Benjamin Lavernhe, Elise Lhommeau, Julien Frison, Didier Sandre, Gaël Kamilindi, Pauline Chabrol, Léa Schweitzer

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