De l’enfer au paradis

On n'est pas dans l'univers de Dante mais dans les ritournelles sincères de Maéso, figure importante de Toulouse

Ce sont ces gars là que l'on aime avec une certaine tendresse. Maeso ne sera jamais au sommet de l'affiche mais sa dévotion à la musique force le respect. Musicien, il fait vivre l'activité musicale avec des idées simples et des connaissances dans la région de Toulouse.

Le rock qu'il défend est à l'image du bonhomme: très sympathique. Il n'en fera pas des tonnes. Il ferait presque penser à Francis Cabrel, le héros du coin et beaucoup plus intéressé par le rock qu'on ne le pense. L'humilité est à tous les étages dans cet album quasiment amical.

Maeso n'est pas passé loin de la mort. Cela lui a donné l'énergie d'écrire ce nouvel album. On entend bien ce coté essentiel et cathartique à son geste musical.

Ce que révèle ce disque qui touche un peu à tous les genres, c'est cet humanisme qui fait travailler Maeso. La musique est un plaisir à partager, une petite douceur capable de dire des choses plus profondes, l'air de rien, au bout d'un couplet!

Un type qui écrit cela ne peut pas être ignoré: "Ecoute les musiciens de rue que tu n'as jamais vus; ils t'apporteront le salut dans ton coeur l'imprévu"! Un petit coin de paradis en fait, cet album!

PH production - 2019

Born to run

A Golden State

Un folkeux britannique à Los Angeles! Un fan de Neil Young découvre la Californie et ses charmes doux. California dreamin'

Songwriter londonien, Luke Sital Singh s'enfuit vers la chaleureuse Californie. Là bas, il se prend pour Neil Young. On sait que Los Angeles et ses environs attirent tous les fous et les illuminés. Il y a des dangereux mais il y a aussi des doux dingues, des amoureux transis, des passionnés inspirés.

C'est le cas de ce sympathique chanteur, au timbre de voix qui rappelle le loner, Neil Young. Une belle comparaison qu'il soutient avec des ballades assez lancinantes mais jamais molles. Ou faciles.

Peut être est ce le flegme britannique qui fait la différence mais le jeune homme ne s'abandonne pas à la chanson mielleuse. Il reste un élégant chanteur, charmé par son nouvel environnement mais aussi un lucide artiste. A Golden State est un disque de rêveur qui a les pieds sur terre!

Il maitrise donc ses langoureuses cartes postales de la Californie. Ce n'est pas un truc d'énervé. A l'inverse, on apprécie la lenteur et la délicatesse. Comme les canaux de Venice, le calme est une vertu importante et célébré ici. Ce n'est plus un disque à ce niveau là, c'est un vrai état d'esprit!

Raygun - 2019

Avengers Endgame

L'orgie super héroïque continue...

Alors, on avait laissé Iron Man dans le pétrin et dans l'espace. Thanos, gros molosse violet prenait le controle des pierres magiques et mettait une grosse rouste à l'humanité.

Tous les super héros de Marvel sont là pour affronter le dictateur de l'espace. Les costumes sont bien repassés. Il y a du latex. Il y a des masques. Des muscles. Il y a même les gardiens de la Galaxie. Bref, il y a du choix.

Marvel a préparé son coup depuis des années. Il fabrique son univers avec des liens entre toutes ses franchises. Il marque l'histoire avec cette grande réunion de héros de tout poil. C'est amusant, jouissif pour les lecteurs des bédés mais tout cela est très convenu.

Disney, alias Marvel, prend peu de risques. Le charisme des super héros et de leurs interprètes nous permettent de gober à peu près n'importe quoi. On a nos préférés (Hawkeye joué par le génialissime Jeremy Renner). On a nos déceptions (Captain Marvel avec son nouveau brushing). Mais ici, l'union fait la force... et la limite du film!

Donc dans ce deuxième volet, il va encore se passer mille choses et vous aurez votre lot de surprises qui ne faudra pas spoiler. La mécanique est connue et les frères Russo garantissent le spectacle. Chaque héros a sa petite scène, sa partie à jouer et Thanos à affronter!!

Est ce que ca fonctionne? Ca dépend. L'ampleur du projet est tel que ca ne ressemble plus vraiment à un divertissement de grand écran. Y a bien la musique de Alan Silvestri qui fait preuve de force pour retrouve de l'héroïsme épique et nous accrocher à une histoire qui va trouver une pirouette temporele qui n'aurait pas déplu à Star Trek.

Le destin de Thor amusera, c'est certain. La force comique de son comédien permet un peu de dérision dans ce film trop sérieux. Mais à force de regarder dans le passé et dans le futur, les réalisateurs assument maladroitement le présent avec un développement assez long et paresseux. Trois heures tout de même!

Pour leur défense, tous les personnages de Marvel viennent faire coucou. Le milieu du film est plus marrant mais on ne dira rien sur la subtilité de narration pour que l'on assiste à une sorte d'auto rétrospective des films Marvel. C'est ce qu'il y a de plus palpitant dans ce final peu spectaculaire finalement puisque totalement prévisible.

Heureusement Marvel a prévu des départs et des arrivées. La fin d'un cycle et le début d'un autre, c'est ce que veut être cet épisode. Par contre, s'il veut être un vrai film de cinéma, ca ce n'est pas sûr.

Au suivant!

Avec Robert Downey Jr, Chris Evans, Mark Ruffalo et Brie Larson - 24 avril 2019 - disney - 3h01

Victor et Célia

La petite entreprise de Pierre Jolivet ne connait pas la crise: humble et humain, son cinéma est toujours aussi plaisant!

Car il faut peu de minutes pour que le spectateur s'attache à Victor, qui vient de perdre son copain, Ben. Ensemble ils devaient ouvrir un salon de coiffure. Désormais, seul le comptable excentrique de Victor semble y croire. Quand Victor se souvient d'une ancienne petite amie, elle aussi dans le métier, la possibilité d'ouvrir sa propre boutique revient...

Avec l'allure presque lunaire de Arthur Dupont, Victor est charmant et on a l'envie certaine qu'il s'en sorte, entre les frustrations professionnelles et une vie personnelle instable!

Pierre Jolivet, vieux complice de Vincent Lindon et défenseur de la comédie sociale, a le chic pour nous faire aimer en quelques plans des gens ordinaires qui se dépatouillent avec la réalité. Et il a la bonne idée donner le rôle féminin à la rayonnante Alice Belaïdi qui forme alors un joli couple avec l'enthousiaste Arthur Dupont.

Il y a alors une vitalité qui gommera tous les défauts de cette comédie qui se veut un feel good movie. Jolivet filme sagement mais il est sûr ainsi de mettre en avant des dialogues croustillants, les situations parfois absurdes et le coté social de son nouveau long métrage.

D'ailleurs on appréciera la rapidité d'éxécution. Ce n'est plus dans nos habitudes, une production modeste et un cinéaste loyal. Jolivet ne veut pas être dans la complaisance avec le spectateur. Il s'exécute pour offrir un film honnête. Son humanité en fait un réjouissante spectacle, très amusant.

Avec Alice Belaïdi, Arthur Dupont, Bénabar et Bérengère Krief - Apollo films - 24 avril 2019 - 1h30

Glory days

Human touch

copain de la semaine: Bruce Springsteen

No Geography

Ils étaient les stars des dance floors dans les années 90. L'équivalent techno de Blur ou Oasis. Aujourd'hui ils remettent une fois de plus leur titre en jeu... et bon courage aux prétendants!

Il est vrai que ca explose de partout. Plus de géographie. Plus de frontière. Plus rien. Plus de limite pour les frères chimiques. La potion était plus ou moins amère depuis quelques années.

Elle reprend une belle saveur cette année avec ce neuvième disque qui montre surtout la vitalité d'un duo discret mais redoutable. Ils sont la bande son des années 90 et les voilà, en 2019, en passe de bien comprendre leur époque avec des morceaux bouillants qui vont vous retourner.

Tom Rowlands et Ed Simons ont les mains dans le cambouis. A la violence suggérée sur leur pochette, ils dépensent une énergie folle à combiner les rythmiques, les beats, les voix et les textes!

Les deux dj de Manchester se moquent de tout, de la politique, des guerres ou du succès. No Geography est une oeuvre féroce qui vous cherche constamment. Sans vous agresser. Mais les suggestions sont nombreuses dans ce disque: notre esprit divague sur des hymnes imparables.

C'est un disque qui aide à refaire le monde. Il ne va pas le transformer. Mais on se surprend à y revenir souvent. L'electronique laisse pas l'humain et une vraie démarche artistique.

Les deux hommes font bien le lien entre l'histoire de leur musique (ce sont un peu des dinosaures tout de même) et le monde d'aujourd'hui. Leur présence impressionne. Leurs titres nous enchainent à une qualité incroyable. Les papys font de la résistance et c'est tant mieux!

Virgin EMI - 2019

Jive Me

De l'electro swing... du savoir faire à la française!

De Caravan Palace à C2C, l'influence du vieux jazz, des sons datés et des guitares libres a tout de même une place de choix dans l'electro, fer de lance de la création made in France.

Dernier exemple en date: Jive Me. La petite fille de Pierre Henry, spécialiste vénérable de l'expérimentation musicale, pousse donc la chansonnette avec un trio d'artistes qui aiment les beats et les guinguettes! La liberté musicale, c'est une tradition familiale visiblement!

Il y a donc une voix soul, qui rappelle un peu l'espièglerie de la Belge Selah Sue. Et du joli groove tout autour d'elle. On se sent chez soi en écoutant ce premier effort. On a peut être l'impression d'avoir déjà visité l'endroit mais on est à l'aise.

On a rapidement l'envie de danser et de chanter. On profite de rythmes trépidants. La guitare apaise les bidouilles et les boucles qui apportent un décor moderne à un jazz aux origines manouches.

On entend surtout la belle voix chaude et capricieuse de Tara. Le groupe fait lui aussi ce lien entre l'ancien et le récent! Leur musique est modeste mais s'écoute avec un plaisir certain. Une bande son idéal pour accompagner la renaissance de la nature, ce doux printemps que l'on attend tous!

L'autre distribution - 2019

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