Drift code

On pleure le leader de Talk Talk, mais on peut se consoler avec l’album lyrique de Rustin Man, ancien bassiste du groupe et artisan discret de la pop.

Rustin Man, ca vous dit quelque chose. Il faut remonter à quelques années lorsque la chanteuse de Portishead sortait un album solo somptueux, Out of season.

Depuis, Paul Webb de son vrai nom, a disparu. 17 ans après ce coup de maître, le revoilà, seul, en errance, perdu dans des rythmes vaporeux mais totalement maîtrisés. Le temps a passé. La voix est vieillie. Elle ressemble à celle d’un grand du rock, Robert Wyatt.

Comme lui, la musique de Rustin Man ne tient pas en place. Elle se libère de toute contrainte au point de déconcerter. Après dix sept années de silence, il faut que ca sorte!

C’est psychédélique et doux. C’est entêtant et réfléchi. Rustin Man réalise un travail d’orfèvre. Il travaille chaque son avec méthode. Ses chansons n’appartiennent pas à l’époque. Elles viennent de nulle part. C’est ce qui les rend si passionnante! Comme Wyatt, on a l’impression d’être dans un ailleurs créatif!

Il y a de la minutie dans chaque chanson. C’est de l’artisanat. Et c’est souvent très beau, très touchant. Après cette période de calme, on devine la gourmandise et le culot de l’artiste. C’est rare et c’est bien.

On se rappelle que la musique ce n’est pas que de l’industrie ou des codes commerciaux. Ca donne du sens. Ca permet de marquer une pause. Ca ouvre l’esprit. Ca fait du bien à l’âme. Ce disque est un plaisir certain bien mérité! La mort du chanteur de Talk Talk nous a touchés, Rustin Man vient complèter ce mystère qu’est l’existence avec un disque mystique et subtile.

Domino – 2019

Auteur: Pierre Loosdregt

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