godzilla 2: king of monsters

Bear McCreary est un habitué des séries télévisées. Il a percé grace au succès de Battlestar Galactica. Ancien élève d'Elmer Bernstein il prend de l'ampleur avec la suite de Godzilla version hollywoodienne.
Puisque le compositeur d'une quarantaine d'années a visiblement en tête quelque chose qui a totalement disparu dans les bandes originales actuelles: de l'intensité. Ce n'est John Williams. Ce n'est pas Jerry Goldsmith. Mais le bonhomme sait faire monter les notes vers une vraie dramatisation. Attention, c'est assez rare de nos jours!
Donc cette BO est totalement jouissive, à la hauteur des combats titanesques entre Godzilla, Ghidorah, Rodan et Mothra. McCreary s'amuse beaucoup avec le grand écran et le spectacle qu'il veut total. On l'avait bien compris: le film réduisait les personnages à peau de chagrin, alors il s'empare de la place pour une musique qui fait trember les murs.
Les cuivres sont lourds. Les violons sont stressants. Et les choeurs en font des tonnes dans l'emphase dramatique. La nuance s'en va pour laisser la place à un orchestre assez déchainé et surtout convaincant.
Les thémes se multiplient et c'est la bonne idée du disque. Bear McCreary rend un hommage fort au thème mythique de Godzilla mais il prend l'initiative et son score se révèle assez passionnant. Une vraie variation autour de l'aventure épique.
Alors, ce n'est pas la musique la plus reposante du Monde, mais cette bande originale a vraiment sa place dans le film et elle s'impose à la manière de Godzilla: assez monstrueuse!
Watertower music - 2019
L’arme fatale 2

On va bientot plier bagages. On se doit tout de même de rendre hommage au maitre étalon du buddy movie dans sa version la plus acceptable.
L'histoire: Les deux flics les plus complèmentaires de Los Angeles vont devoir affronter de très vilains trafiquants qui en plus sont bien racistes puisque ils sont sud africains. Ca ne plait pas au sympathique Murtaugh bien sur et ca ne plait pas du tout à Riggs, qui va un peu mieux psychologiquement mais qui pête très facilement les plombs... Ils ne sont pas encore trop vieux pour ces conneries!
Le réalisateur: On oublie de le dire mais Richard Donner a fait deux choses merveilleuses dans les années 70. Il a foutu de sacrés pétoches encore au monde entier avec La Malédiction. Il a prouvé que le film de super héros ca pouvait marcher avec l'indétronable Superman, très grand film sur l'Amérique et ses mythes. Il en fabrique un nouveau avec les aventures policières de Riggs et Murtaugh. Après ce second opus, le talent de Richard Donner sera nettement moins évident.
L'anecdote: La fin de L'arme fatale 2 fut longtemps sujet de discorde. Si bien qu'il existe bel et bien une fin alternative où la petite amie de Riggs ne se fait pas zigouiller. D'ailleurs dans l'esprit du scénariste Shane Black, Riggs ne devait pas survivre et mourir à la fin de son enquête... Ca nous aurait éviter des suites paresseuses.
Les acteurs: Bon bah on ne va pas vous refaire la carrière de Mel Gibson et Danny Glover. On pourrait parler de l'arrivée dans cet épisode de Joe Pesci, acteur fétiche de Scorsese, qui s'essaie à la comédie. Avec brio. Avant de devenir insupportable dans les deux autres épisodes.
Pourquoi on aime: Parce que l'on est au coeur du cinéma des années 80. On fait dans le bigger et stronger à chaque fois. Le producteur déchainé, Joel Silver, veut que l'on gomme l'aspect thriller ou polar bien sombre pour laisser la place à un film policier musclé et surtout farceur. Désormais on en fait trop mais c'est pour la bonne cause. On peut tirer sur les petites frappes comme sur les racistes belliqueux. La méthode du duo est limite mais on s'en moque: l'alchimie entre les protagonistes est simplement irrésistible. On se croirait avec des membres de la famille. Les blagues graveleuses leur vont à merveilles. La VF est génialissime. Les producteurs vont vite le comprendre: les suites seront lissées au point que l'on s'éloigne du concept initial.
Deborder

Houlà, mais c'est bientôt la rentrée. Il faut ranger la maison de vacances. Il faut reprendre la route. C'est presque la bonne période pour découvrir Boucan et ses douces idées noires...
Mathias Imbert et ses deux complices vont donc nous reconnecter avec l'enfer du quotidien, des habitudes, du boulot, du métro... parce que leur musique est poétique et vient découper nos mornes idées en chansons idéales, pleines d'idéaux!
Ils vont bien tenter de nous déborder par des titres bricolés et généreux. Bizarrement, ils pourront rappeler La Tordue, rival et ami des Têtes raides au milieu des années 90.
C'est de la musique qui galope et qui transcende la réalité. Le vieux complice de PJ Harvey, John Parish amène un esprit rock'n'roll alors que les musiciens touche à tout. On appréciera tout particulièrement les cuivres, surprise qui subjugue. Même la voix réserve son lot de surprises.
Le trio s'apparente à des bardes qui joyeusement chroniquent nos faiblesses et nos erreurs. L'énergie du désespoir se transforme en bizarrerie musicale et surtout impose une vitalité qui rassure. Ils débordent, c'est sûr, mais ils séduisent au point de nous réconcilier avec la rentrée à venir!
L'autre distribution - 2019
Once upon a time… in Hollywood

Moins violent, plus mélancolique, plus drôle, plus contemplatif, le dernier film de Quentin Tarantino est une oeuvre particulière... et magnifique!
Clairement le neuvième long métrage de Tarantino a de quoi vous laisser dubitatif. Beaucoup de spectateurs devraient sortir de la salle en disant: "il n'y a pas vraiment d'histoire".
Ce n'est pas faux. Le plus grande qualité et son plus grand défaut, c'est la cinéphilie même du film. Le réalisateur de Pulp Fiction ressuscite le cinéma des années 60. Le sens du détail est quasi maladif. Il faut voir cette scène ahurissante où le personnage de Brad Pitt donne de la paté à son chien. Un simple geste qui devient un moment vintage, où chaque objet a droit à un plan chéri et travaillé. Tarantino est un passionné. Ce n'est pas nouveau.
Sa reconstitution est spectaculaire. Il fantasme cette époque où l'industrie était peuplée par des producteurs un peu timbrés, d'acteurs has been, des nymphettes légères, de légendes fumeuses, de fous en tout genre jusqu'au psychopathe charismatique!!
Au milieu de cela, il y a Rick Dalton, acteur de seconde zone qui se rend compte qu'il a fait son temps en haut de l'affiche. Il traine sa dépression avec son ami, employé, doublure, Cliff Booth, qui lui ne se soucie jamais du lendemain, et traverse la vie avec un pragmatisme étonnant. Les deux hommes voient le système hollywoodien se transformer. L'arrivée de Sharon Tate et Roman Polanski est une preuve supplémentaire de ce changement...
C'est essentiellement le cinéma de Tarantino qui a évolué. Peu de violence. Ce qu'il faut pour vous écoeurer quelques instants mais ca n'ira pas trop loin. L'homme est bien trop heureux de nous représenter sa vision du cinéma qui a nourri sa carrière et sa visiTout a son importance dans son film. Il se révèle audacieux en faisant trainer les choses, provoquant peut être malgré lui une éloge du temps qui passe, une nostalgie qui se fait sans aspect réactionnaire. Il réalise son film idéal avec de grands acteurs (Léo et Brad sont magnifiques en loosers héroïques) pour prolonger le plaisir, fabriquer un paradis de toute pièce.
En suivant le sort de Rick Dalton, Cliff Booth (petite préférence pour Brad tout de même) et Sharon Tate, le réalisateur s'installe et profite de cette douce utopie qu'est Hollywood en 1969. Il se met même à imaginer l'impossible mais on n'en dira pas plus.
Ce qui est beau, c'est le geste proustien, l'envie de lutter contre le temps qui efface, faire du cinéma vivace et passionné, une victoire sur le réel... Ce cinéma, cette cinéphilie, cette manière de voir Hollywood ne peut plus exister aujourd'hui. L'hommage est sincère et presque tendre. C'est ce qui rend le film si touchant, si beau, si bon à ressasser dans sa mémoire... Souvent le signe d'un très grand film!
Avec Leonardo diCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie et Al Pacino - Sony - 14 aout 2019 - 2h40
Midsommar

APRÈS « HÉRÉDITÉ » MEET L’ÉTÉ SUÉDOIS (BIEN OU BIEN LE JEU DE MOT), DANS CETTE CÉLÉBRATION DU SOLSTICE ET PAR LA MÊME OCCASION REPOUSSER LES MAUVAIS ESPRITS. TANT QU’À FAIRE, SI ON PEUT CONJUGUER BONNES BOUFFES, TOGES, DANSES DE LA JOIE ET PETITS SACRIFICES RITUELS, POURQUOI S’EN PRIVER !
C’EST DONC UN FILM HORRIFIQUE PSYCHOLOGIQUE DANS LA MÊME LIGNÉE QUE LE PRÉCÉDENT SUR BIEN DES POINTS, OÙ LA RELIGION, ON NE SAIT PAS TROP LAQUELLE, ÇA S’APPARENTE PLUS D’UNE SECTE, CE QUI POUR MOI REVIENT À PEU PRÊT À LA MÊME CHOSE.
ENFIN BREF, TOUT CE BEAU MONDE DRAPÉ S’INVITE AUTOUR DU FABULEUX FESTIN DE DANI. LA CIBLE PRINCIPALE DE CE PÈLERINAGE À QUI RIEN EST ÉPARGNÉ.
ELLE A UNE VIE ASSEZ CHAOTIQUE ET JE NE DIS PAS QU’ELLE MÉRITE CE QUI LUI EST ARRIVÉ (LOIN DE LÀ !) MAIS C’EST UNE SACRÉE TÊTE A CLAQUE ET UNE BIEN BELLE SALOPE EN FAIT !
PERSONNELLEMENT JE ME METS À LA PLACE DE SON COPAIN, COINCÉ ENTRE DEUX SENTIMENTS, LA PITIÉ ET LE REMORD. ON A DU MAL À CROIRE QU’ILS SONT ENSEMBLE DEPUIS 4 ANS.L’ACTRICE A UN FAUX AIR DE CHLOÉ GRAVE MORETZ MAIS EN PLUS BOUGON CE QUI N’EST PAS A SON AVANTAGE NON PLUS LOL. ET LUI UN FAUX AIR DE CHRIS PRATT ET JAMIE DORNAN ! IL VA ÊTRE SERVI MR 50 NUANCES LA ! MDR !
IL A QUAND UN MÊME UN PETIT PROBLÈME AVEC SON SUJET CE REALISATEUR. NON PAS QUE ÇA ME DÉRANGE: ÇA NOUS OFFRE DES FILMS QUE L’ON A PEU L’HABITUDE DE VOIR MAIS QUAND MÊME HEIN. UN SOUS GENRE DE L’HORREUR QUI N’EST PAS POUR TOUS, MAIS QUI A SA PLACE DANS LE CINÉMA ACTUEL.
LE TRAVAIL SUR LA PHOTOGRAPHIE, L’AMBIANCE MALSAINE ET ÉTOUFFANTE, SONT COMME DANS « HÉRÉDITÉ ». LES IMAGES SONT MAGNIFIQUES ET LA MISE EN SCÈNE CADRE VRAIMENT AVEC SON PROPOS.
LA MUSIQUE EST TRÈS BELLE ET LES DÉCORS SONT ORIGINAUX ET VRAIMENT BEAUX. MAIS ON A DU MAL À COMPRENDRE VITE OU ÇA VEUT EN VENIR. ON IMAGINE FORCÉMENT UN TWIST COMME DANS « HÉRÉDITÉ » (JE ME RÉPÈTE MAIS C’EST MON SEUL POINT DE COMPARAISON) MAIS Y’EN A PAS.
TOUT EST BIEN PRÉMÉDITÉ ET SANS GRANDE SURPRISE. ÇA SE MET EN PLACE TROP LENTEMENT, ET ÇA RESTE TROP LINÉAIRE ET SANS PEPS À MON GOÛT. L’HORREUR ELLE PRÉSENTE SOUS BIEN DES ASPECTS MAIS PAS CEUX QU’ON ATTEND. TOUT EST PARADOXAL, GENRE À UN MOMENT ON CROIT QUE DANI RESSENT LES CHOSES ET LE MOMENT D’APRÈS ELLE VEUT SE BARRER. TOUT EST TRÈS BIZARRE DANS CE FILM, MAIS ON SAVAIT QUE CE SERAIT BIZARRE DEPUIS LE DÉBUT.
TOUT LE MONDE PARAÎT BIEN CALME VU LA SITUATION. LES PERSONNAGES N’ASSUMENT PAS LEUR CRAINTES ET FONT LE CONTRAIRE DE CE QU’ILS RESSENTENT ET ÇA, C’EST DOMMAGE.
ÇA NE VA PAS AU BOUT DU SENTIMENT. MOI JE ME SERAIS BARRÉE DEPUIS BIEN LONGTEMPS. SI JE VEUX PAS BOIRE CE PUTAIN DE JUS JE NE LE BOIS PAS, JE RISQUE QUOI AU PIRE, JE SUIS DÉJÀ BIEN DANS LA MERDE, DONC BON HEIN ! JE NE SAIS PAS TROP QUOI EN PENSER, ÇA SE REGARDE PLUS COMME UN DOCUMENTAIRE QU’UN FILM D’HORREUR.
ON EN APPREND BEAUCOUP SUR LES TRADITIONS ET LA CULTURE SUÉDOISE (SUR CETTE PARTIE LA EN TOUT CAS, A VOIR SI IL Y A UNE VÉRITÉ LA DEDANS), C’EST PAS DÉPLAISANT POUR AUTANT, C’EST JUSTE INQUALIFIABLE. AUTANT LES FILMS COMME « THE WITCH » OU « IT FOLLOWS » ME LAISSENT AVEC L’ENVIE DE RIRE DE RIDICULE AUTANT LÀ, IL Y A QUAND MÊME QUELQUE CHOSE QUI SE PASSE, DANS LE BON COMME LE MAUVAIS.
Y’A BEAUCOUP DE SYMBOLIQUE QUE L’ON NE PIGE PAS TOUJOURS D’AILLEURS. MAIS SI VOUS VOUS ATTENDEZ À DE LA TORTURE, DU JUMP SCARE, DU GORE,...., C’EST QUE VOUS NE CONNAISSEZ PAS ENCORE ARI ASTER ET JE VOUS CONSEILLE DE PASSER VOTRE CHEMIN. CELUI CI EST PARSEMÉ DE SPIRITUALITÉ DÉRANGEANTE ET C’EST PEUT ÊTRE ÇA AUSSI QUI FAIT LA FORCE DE CE MIDSOMMAR.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Florence Pugh, Jack Raynor, Will Poulter et William Jackson Harper - 2h25 - 31 juillet 2019 - Metropolitan Film Export -
Sara Dufour

Au Canada, il y a des filles qui chantent sans rêver d'être Céline Dion. Ou Xavier Dolan... elles se verraient bien en Dolly Parton ou John Mellecamp! Exotique!
De la country en français! Faut oser et juste pour cela, Sara Dufour est une chanteuse bien courageuse. L'effet fait d'abord sourire. Au Canada, ca peut fonctionner. Le rapprochement avec les Etats Unis a toujours permis aux musiciens de Montreal de ne pas avoir peur d'imiter les comparses anglophones.
Mais pour les franchouillards que nous sommes c'est différent. On rigole d'abord en écoutant le premier titre avec cet accent irrésistible et tous les instruments venus du sud de l'Amérique. Et puis la voix finit par nous avoir. Sara Dufour a de l'énergie à revendre.
Le blues et la country s'adaptent à des paroles assez irrésistibles qui racontent les petits riens de l'existence. Cette version française finit par dépasser le simple produit exotique.
Tout le décorum de la country est visiblement transcendé par la présence de la jeune femme qui réalise son rêve américain sans se trahir. C'est peut être un peu too much pour nos petites chastes oreilles mais cet album est un ovni sonore qui passe et repasse sur la platine...
B12 - 2019
Le syndicat du crime

Bon c'est vrai qu'on parle beaucoup de films américains dans ces chroniques eighties. On s'échappe pour HongKong, encore colonie anglaise à l'époque et lieu d'une révolution cinématographique.
L'histoire: Ho est un mafieux. Il est respecté par sa triade, son patron vénérable et son meilleur ami, Marc. Pour ne pas faire de l'ombre à son petit frère, Kit, qui veut devenir policier, Ho veut se retirer mais accepete la dernière mission qui bien sur va lui couter très cher...
Le réalisateur: Faut il vraiment rappeler l'incroyable talent de John Woo? Yes man de l'industrie hyper active de HongKong, il révolutionne tout simlement le cinéma d'action avec ce Syndicat du Crime qui connaitre deux suite et sera l'une des pierres angulaires du mythe du style John Woo. Il fera même mieux avec The Killer. Il explosera les limites avec Une balle dans la tête. Il fera son film d'action ultime avec A toute épreuve. Après toutes ses oeuvres, le cinéma d'action ne sera plus comme avant.
L'anecdote: Me too avant l'heure. Au milieu des années 80, Woo veut arrêter. Il réalise sans passion des comédies et trouve son salut en la personne de Tsui Hark, producteur frénétique. Il lui commande un film de genre. Pendant longtemps, les rôles principaux étaient pensés pour des femmes...
Les acteurs: le film qui a mis sur orbite Chow Yun Fat, devenu l'acteur le plus emblématique de l'univers Woo. A coté de lui, le film marque le retour au premier plan de Ti Lung, grande star des films d'arts martiaux de la Shaw Brothers. Enfin le film met au premier plan la star de la chanson, Leslie Cheung . Ce dernier s'imposera avec Wong Kar Wai et Chen Kaige dans des drames pour festivals. Hélas, il décéde en 2003 après un accident dramatique.
Pourquoi on aime: Le syndicat du crime pourrait presque décevoir à la première vision. Les scénes d'action ne sont pas si nombreuses. Mais on voit à chaque instant, une méthode, un style qui va se développer ensuite pour finir par donner des idées à Scorsese et tout le reste d'Hollywood. Le scénario est palpitant avec des destins qui s'entrecroisent. L'amitié et le courage sont galvanisés. Les scénes complexifient les personnages. Woo exalte des valeurs avec une foi qui déborde les limites du polar. On est submergés par ce film d'un autre temps mais qui continue de faire du bien à la tête, aux yeux et au coeur!
Immunity

Aidée par le plus célèbre des Vampire Weekend, la jeune et talentueuse Clair éclot avec de quoi se défendre. Efficace et pas très spontané.
Clairo est donc une des nombreuses nymphes qui naissent sur les réseaux sociaux. Elle a la beauté diaphane des adolescentes. Elle parle de son existence troublée. Elle se répand sur internet et subjugue des millions de personnes qui lui offrent des clics.
Ces clics lui ouvrent logiquement les portent des labels. Farouche, elle ne veut pas signer avec les majors et va chez un ami. Elle croise aussi Rostam Batmanglij , ancien des Vampire Weekend, producteur qui a la hype.
Il décide d'accompagner la jeune femme sur la subtile exécution de son premier album. Il lui offre l'immunité effectivement. Ce premier effort est solidement bati. On a droit à la totale de tous les sons à la mode. Sauf qu'ils sont à la botte d'une toute jeune artiste qui sort à pein de sa chambre...
La musique est nappée d'effets en tout genre. Batmanglij n'en fait pas des tonnes mais il incruste un style très moderne. C'est séduisant. Mais ce n'est pas toujours spontané.
Immunity défend effectivement l'artiste qui sort de l'adolescence. La mélancolie se met au service d'une electro pop un peu trop proprette et assez attendue finalement. Immunisée, la jeune femme est hélas un peu trop stéréotypée.
Fader - 2019
Le miraculé

Promis ce n'est pas fait exprès: on parle d'une comédie irrévérencieuse des années 80, envers la religion le jour de la fête de Marie. Vraiment, on ne savait pas... Croix de bois croix de fer, si je mens...
L'histoire: Escroc désagréable, l'affreux Papu se fait renverser par une voiture. Il en profite pour monter une arnaque à l'assurance mais ce n'est pas du gout du détective muet mais redoutable Fox Terrier qui décide de mener son enquête. Il suit Papu à Lourdes, terre de miracles mais surout d'embrouilles en tout genre.
Le réalisateur: après Un drole de Paroissien, l'iconoclaste Jean Pierre Mocky continue de gratter là ou ca fait mal. Il se moque donc allégrement et sans grande nuance (sa marque de fabrique) du commerce autour de la religion. Prolifique et prêt à tout pour tourner, Jean Pierre Mocky n'a jamais eu les honneurs des prix mais a toujours soutenu une cadence pour sortir des comédies sur les travers de ses contemporains. Parfois réussis, Mocky est surtout un as pour réunir des stars dans ses projets les plus fous et fauchés.
L'anecdote: avec son scénario, Jean Pierre Mocky a réellement demandé aux autorités religieuses de Lourdes s'il pouvait tourner là bas. Evidemment, l'acidité du scénario n'est pas passée inapercue. Le réalisateur essuie un refus mais a tout de même tourné de manière illégale dans le célèbre sanctuaire. Quel coquin...
Les acteurs: Le trio est très prestigieux. Michel Serrault est muet mais il en fait des tonnes. Jean Poiret est affreux sale et méchant. Ce sera la dernière fois que les deux hommes feront les clowns ensemble. Au milieu des deux fanfarons, Jeanne Moreau est parfaite en ancienne prostituée qui voit sa foi mise à rude épreuve. On remarquera dans le rôle de l'abbé tenté par la chaire, Marc Maury, ancien sportif devenu le speaker des grandes compétitions internationales...
Pourquoi on aime: Jean Pierre Mocky n'est pas le cinéaste convenable et poli. Cet homme a toujours été le poil à gratter du cinéma français. Les régles du cinéma l'ennuient. Le bon gout n'a pas souvent le droit de citer chez lui. Mais son sens de la farce fait toujours plaisir. Il a ce style bien franchouillard: combattif et un peu anarchiste. Le Miraculé réunit donc une galerie de personnages caricaturaux pour emmerder les pélerins, les biens pensants et les catholiques. La vulgarité comme arme contre l'hypocrisie. Ca marchait bien à cette époque.
éxécutions à victory

Il y a des lectures qui vous scotchent, vous hantent, vous défient. C'est le cas avec ce polar glacial et cinglant.
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Victory. La ville est une poubelle à ciel ouvert. Les détritus sont des putes, des drogués, des paumés et quelques flics désabusés pour éteindre les possibles incendies.
Cette petite ville assommée en plus par un hiver rugueux devient le lieu d'exil d'un flic solide et cynique. Jules Bettinger est un bon policier, impossible à gérer. Le voilà donc envoyé à Victory: il y découvre la misère la plus totale.
Et surtout, il doit rapidement faire face à une série de meurtres contre des policiers. L'intrigue est simple mais il va souffler un vent de violence inouïe. On traine dans des rues malfamées qui pourraient être des décors de cinéma.
Batteur dans un groupe de métal, cinéaste assez redoutable (le western cannibale Bone Tomahawk avec Kurt Russell), S Craig Zahler ne s'intéresse qu'à la noirceur qui habite nos sociétés.
Difficile d'apprécier l'humour cinglant du héros. Impossible de compatir avec des policiers véreux. Encore moins avec des homeless et des dealers qui se transforment quasiment en zombies.
Le livre décrit sans aucune concession un enfer sur Terre, qui semble sans fin. La ville devient un piège angoissant. Les repères moraux volent totalement en éclat. L'auteur semble connaitre tous les rouages narratifs et même politiques de L'Inspecteur Harry. Les descriptions sont sèches ou vous amènent jusqu'au malaise.
Cependant, on adore être maltraité comme cela. C'est aussi ce que l'on attend d'un polar: une vision sombre de la société. Une appréciation de la décomposition sociale. Une volonté de transformer l'horreur en une passionnante virée en enfer!
Gallmeister - 362 pages




