Once upon a time… in Hollywood

Moins violent, plus mélancolique, plus drôle, plus contemplatif, le dernier film de Quentin Tarantino est une oeuvre particulière… et magnifique!

Clairement le neuvième long métrage de Tarantino a de quoi vous laisser dubitatif. Beaucoup de spectateurs devraient sortir de la salle en disant: “il n’y a pas vraiment d’histoire”.

Ce n’est pas faux. Le plus grande qualité et son plus grand défaut, c’est la cinéphilie même du film. Le réalisateur de Pulp Fiction ressuscite le cinéma des années 60. Le sens du détail est quasi maladif. Il faut voir cette scène ahurissante où le personnage de Brad Pitt donne de la paté à son chien. Un simple geste qui devient un moment vintage, où chaque objet a droit à un plan chéri et travaillé. Tarantino est un passionné. Ce n’est pas nouveau.

Sa reconstitution est spectaculaire. Il fantasme cette époque où l’industrie était peuplée par des producteurs un peu timbrés, d’acteurs has been, des nymphettes légères, de légendes fumeuses, de fous en tout genre jusqu’au psychopathe charismatique!!

Au milieu de cela, il y a Rick Dalton, acteur de seconde zone qui se rend compte qu’il a fait son temps en haut de l’affiche. Il traine sa dépression avec son ami, employé, doublure, Cliff Booth, qui lui ne se soucie jamais du lendemain, et traverse la vie avec un pragmatisme étonnant. Les deux hommes voient le système hollywoodien se transformer. L’arrivée de Sharon Tate et Roman Polanski est une preuve supplémentaire de ce changement…

C’est essentiellement le cinéma de Tarantino qui a évolué. Peu de violence. Ce qu’il faut pour vous écoeurer quelques instants mais ca n’ira pas trop loin. L’homme est bien trop heureux de nous représenter sa vision du cinéma qui a nourri sa carrière et sa visiTout a son importance dans son film. Il se révèle audacieux en faisant trainer les choses, provoquant peut être malgré lui une éloge du temps qui passe, une nostalgie qui se fait sans aspect réactionnaire. Il réalise son film idéal avec de grands acteurs (Léo et Brad sont magnifiques en loosers héroïques) pour prolonger le plaisir, fabriquer un paradis de toute pièce.

En suivant le sort de Rick Dalton, Cliff Booth (petite préférence pour Brad tout de même) et Sharon Tate, le réalisateur s’installe et profite de cette douce utopie qu’est Hollywood en 1969. Il se met même à imaginer l’impossible mais on n’en dira pas plus.

Ce qui est beau, c’est le geste proustien, l’envie de lutter contre le temps qui efface, faire du cinéma vivace et passionné, une victoire sur le réel… Ce cinéma, cette cinéphilie, cette manière de voir Hollywood ne peut plus exister aujourd’hui. L’hommage est sincère et presque tendre. C’est ce qui rend le film si touchant, si beau, si bon à ressasser dans sa mémoire… Souvent le signe d’un très grand film!

Avec Leonardo diCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie et Al Pacino – Sony – 14 aout 2019 – 2h40


Auteur: Pierre Loosdregt

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