Robert Plant, Beth Hart, Alisson Krauss, Hannah Merrick

Le roi lion, c’est un film d’animation de Disney. Ça se joue à Mogador sous la forme d’une comédie musicale mais, dans le monde du rock, le fauve ultime restera la démarche féline, la crinière blonde et la voix rugissante de Robert Plant. Il semble régner toujours sur ce bon vieux rock’n’roll et cela se vérifie avec trois disques féminins qui sont sortis tout récemment.
Raise the proof
Il n’a plus besoin de prouver sa majesté! Robert Plant, vieux félin du hardrock, ne veut plus vraiment rester dans son dirigeable qui l’a mené au sommet avec son trio de musiciens surdoués. Led Zep est très loin de son tout dernier effort: un deuxième disque avec la chanteuse Alisson Krauss et le producteur champion de l’américana, T. Love Burnett. Un blues venu d’un temps ancien.
Le Britannique se laisse donc guider dans le catalogue des vieux classiques de la country et des standards américains. Il a bien raison de rappeler Alisson Krauss, ravie de remettre le couvert après un magnifique premier essai en 2007. Les deux se séduisent une fois de plus et roucoulent des refrains rugueux et délicieux. Un disque pour voyager au fin fond des contrées mythiques de l’Amérique, s’approcher du légendaire crossroad de Robert Johnson. Et tout cela en très bonne compagnie.
Tribute to led zeppelin
Le chanteur de Led Zep a la côte avec les chanteuses américaines puisque Beth Hart rend un hommage au groupe dans un disque qui bien sûr va souffler fort dans vos enceintes. En gros, Beth Hart, c’est de la chanteuse élevée au grain, une hurleuse qui rivalise de virtuosité et d’énergie pour se démarquer dans l’univers impitoyable du blues rock
La demoiselle, complice récurrente de Joe Bonamassa, un ersatz de Jimmy Page, emprunte donc des titres forts du catalogue de Led Zeppelin pour nous montrer qu’elle peut se confronter aux plus grands noms de la musique. La tigresse se défend très bien et ses vocalises font vibrer les oreilles et percent les tympans. C’est terriblement efficace avec une production rutilante mais totalement inutile… si ce n’est que cela donne l’envie de replonger dans les vieux disques de Led Zeppelin.
I'm not sorry ! It Was just Being me
Question héritage, il faut bizarrement retourner en Angleterre du coté de Liverpool. C’est dans la ville des Beatles que l’on peut entendre l’intrigante Hannah Merrick. Elle est galloise et n’a pas du tout la voix pour roder sur les terres du blues ou du rock dur. Néanmoins, elle partage avec Plant, une enivrante capacité à nous dorloter. Sa voix est encore un instrument charmeur qui s'allie à une guitare vrombissante et magnifique. La technicité est moins importante que chez Led Zeppelin mais le système fonctionne à merveille et impose un charisme énorme à ce nouveau groupe, King Hannah.
La chanteuse ne fait pas dans le bling-bling. Son style, c’est le récit et monte directement sur un trône grâce à une musique qui se fait confession. C’est intime et imposant à la fois. L’héroïsme se contient dans une intense ambiance. Ça devrait faire plaisir au vieux roi et voir des lionnes défendre avec autant de fougue son territoire.
Les heures terribles et noires du royaume de Castille et l’affligeant secret des enfants perdus

Courez voir cette pièce audacieuse, qui réussit le pari de nous faire rire (beaucoup) et réfléchir ! Le spectacle Les heures terribles du royaume de Castille et l’affligeant secret des enfants perdus réussit un sans-faute en nous entrainant à travers l’Histoire avec brio tant par la qualité du jeu, que par la scénographie et l’histoire !
Face scène, le spectacle s’ouvre sur les déclamations de l’un des acteurs en vieux français. Le ton se veut tragique et engagé. Pris au dépourvu, le public oscille entre étonnement et rires…
Rapidement, cette scène d’ouverture laisse place à la découverte de la troupe du Radis Couronné qui répète Les Heures Terribles et noires du Royaume de Castille, sa nouvelle pièce dénonçant le fanatisme. La pression est à son comble pour cette troupe dynamique et fantasque car elle doit jouer son spectacle devant le grand Voltaire.
L’ambition initiale est de mettre en scène la reine Isabelle, qui a chargé sa cour de monter un spectacle sur Roland, trois jours après la prise de Grenade par les Rois Catholiques. Mais elle souhaite changer le destin de Roland à la bataille de Roncevaux : Roland ne peut pas mourir !
Mais c’était sans compter sur les personnalités hautes en couleurs de la troupe du Radis Couronné ! Chaque personnage fait sa « proposition » au reste de la troupe, et les ennuis commencent ! Il n’y a que le pauvre Roland dont le destin reste inchangé ; il finit toujours par mourir…
La pièce nous fait voyager d’une époque à une autre avec des propositions toujours plus audacieuses. Avec la troupe, nous explorons la chanson de Roland, la conquête de l’Amérique par Christophe Colomb, l’époque des Lumières et bien plus encore. Tout au long de la pièce, nous sommes entrainés dans une mise en abyme théâtrale où les comédiens nous invitent à nous interroger sur le processus créatif et notamment ses excès.
du 23 février au 20 mars 2022
Théâtre du Soleil
Par la Compagnie du Radis Couronné
Texte et mise en scène Charlotte Andres, David Levadoux
Avec Julie Autissier, Dan Kostenbaum, David Levadoux, Valérie Pangallo, Arthur Viadieu, Hélène Vitorge
Films d'animation Vergine Keaton | Musiques et sound design Sacha Mathelet |
Création Lumières Victor Arancio, Gautier Le Goff, Eliah Ramon | Costumes Pauline Yaoua Zurini assistée de Gwendoline Grandjean, Elsa Depardieu, Anaelle Leplus, Clémence Amand, Pauline Gauclain
The Batman, Matt Reeves, Warner

Qu’il est loin le temps où Tim Burton révolutionnait le film de super-héros avec son Batman fantaisiste et baroque. Une époque où Jack Nicholson dansait sur une (mauvaise) bande son de Prince. Puis il y a eu un grand film avec Batman le Défi et sa farandole de personnages fous et fascinants. On oublie ensuite la catastrophe hilarante due à Joel Schumacher et on en profite pour dire que Ben Affleck en milliardaire masqué, ce n’est pas vraiment une super idée. Reste la trilogie de Christopher Nolan, inégale mais respectueuse de l'ambiguïté du personnage et ses nemesis.
Super héros sans aucun super pouvoir, l’homme chauve-souris a ainsi eu droit à un traitement à part. Et cette fois-ci, il est trempé dans un décor si sombre que cela ressemble à un thriller avec un bon gros serial killer qui se prend pour le tueur machiavélique de Seven.
L’homme mystère devient donc un affreux sociopathe dérangé en cagoule. Catwoman sert des cocktails à de riches corrompus. Le Pingouin sera un intrigant et poisseux mafieux. Gotham rouille sous des trombes d’eau. La violence est omniprésente et notre super héros n’en est qu’à son bac +2 de super héros.
Il est donc un jeune homme tourmenté qui passe ses nuits à lutter contre le crime, pour exorciser la disparition tragique de ses parents philanthropes. Visiblement Bruce Wayne est traumatisé et pas loin de la folie lui aussi. Ce qui va très bien à Robert Pattinson, parfait pour jouer un type qui se déguise en chauve-souris pour défendre la veuve et l’orphelin dans une ville sans espoir.
Le film ressemble à du bizutage pour le comédien. Serré dans une combinaison encombrante, il traîne une sourde tension et un mutisme charismatique dans une intrigue un peu trop longue pour être parfaite. Les trois heures de métrage sont le principal problème.
Matt Reeves écrit et réalise. L’auteur de Cloverfield a trop écrit pour mieux mettre en scène le chevalier noir. Il le baigne dans une ambiance crépusculaire. Le film noir va vraiment bien à Batman, convoquant toute sa présence dans la mythologie américaine depuis des décennies. Tant de noirceur intrigue dans le monde insipide des héros masqués, où règne le sage studio Marvel.
Ici, c’est très sale et Reeves et son très long métrage sondent des âmes perdues. Cela s’étire inutilement dans la dernière heure mais cette façon de maltraiter Batman reste une expérience de cinéma grâce à une réalisation incroyable qui colle au personnage jusque dans une course poursuite en voitures assez impressionnante.
The Batman cherche réellement à être une interprétation et une incarnation d’un véritable mythe. Il y a arrive très souvent et on se souviendra certainement de cette fiévreuse visite en enfer, cette société qui craque sous toutes coutures, incapable de croire en la justice et s’en remet à un milliardaire névrosé. Noir c’est noir… il n’y a plus d’espoir
Sortie le 02 mars 2022
175 minutes
Warner Bros
Moonfall, Roland Emmerich

Uncharted fait un carton au box office et c’est un mauvais film. Moonfall ne fait pas recette alors qu’il s’agit d’un scintillant nanar.
La grosse différence entre les deux blockbusters, c’est sûrement l’envie. Et s’il y a bien un type dont on ne doute pas de la volonté et de l’énergie, c’est bien le sympathique Roland Emmerich, champion des destructions massives et des films catastrophes ou catastrophiques. C’est selon votre humeur.
Il a donc détruit la planète plusieurs fois. Dans Independance Day, ce sont des extraterrestres belliqueux qui voulaient nous réduire en cendres. Dans Le Jour d’Après, le cinéaste allemand gelait la Terre. Dans 2012, il passait la population mondiale au milk shake.
Et le type n’a peur de rien. Il a fait un film d’aventures préhistoriques ou une œuvre sur Shakespeare. Tout ça avec la délicatesse d’une serveuse bourrée à la fête de la bière de Munich.
Pour cet élan constant, il est difficile de totalement détester ce héros des années 90 qui continue, coûte que coûte, à défendre un cinéma popcorn, décérébré mais passionné. Ce que confirme Moonfall, son film le plus dingue et proche du grand nulle-part, le nawak le plus fou, le vide intersidéral mais qui reste malgré tout fascinant.
On a souvent dit que son cinéma était con comme la Lune et cela lui a donné la brillante idée de Moonfall. Le satellite quitte son orbite et fonce droit sur la Terre. Le réalisateur peut assouvir ses fantasmes : un raz de marée mondial, des trous gravitationnels et des villes qui explosent littéralement. On peut donc voir tout (et surtout n’importe quoi !) dans Moonfall. Comme dans tout bon film de Roland Emmerich.
Mais le gars n’est pas en manque d’idées saugrenues et décide que la lune est artificielle et cache bien des secrets. Un astronaute sur le retour, une pilote aguerrie de la Nasa et un mega structuriste (bah oui ça existe) vont tout faire pour sauver le Monde avec des vannes pourries mais assumées et des kilomètres de textes qui ressemblent à du gloubiboulga.
Les films d’Emmerich sont souvent de grandes comédies qui s’ignorent. Il faut donc être armé d’un solide second degré pour suivre ce film catastrophe qui gravite aussi autour de la science-fiction. Les effets sont très numériques. La direction d’acteurs est totalement approximative.
Le choix même des acteurs soulève des questions. Mais il faut le dire, c’est fait avec une croyance en la fiction qui défie le bon goût avec une espèce de bonne humeur qui transparaît.
Le seul adjectif qui aille bien à Moonfall, c’est réellement “lunaire”.
Février 2022
Zai Zai Zai Zai, Desagnat,

Est-ce facile d'adapter l'auteur à succès Fabcaro au cinéma?
Ça marche plutôt bien au théâtre avec des pièces qui rendent bien compte de la folie et de l'absurde du dessinateur. Mais au cinéma, c'est tout autre chose. François Desagnat tente de relever le défi avec l'adaptation de Zai Zai Zai Zai, portrait acide et burlesque de la société d'aujourd'hui.
Les médias, la police, la société de consommation, tout est présent comme dans la bande dessinée. Desagnat retranscrit ce goût du non-sens que l'on apprécie tant dans les bédés de Fabcaro.
Il a aussi la bonne idée de confier le rôle principal à Jean-Paul Rouve, habitué par son passage chez les Robins des Bois aux situations comiques et biscornues. Pour le rôle de Fabrice, Rouve - acteur dans des comédies françaises - se regarde presque dans un miroir. Le personnage est un alter ego qui, parce qu'il a oublié sa carte de fidélité d'un supermarché, devient du jour au lendemain l'ennemi public numéro un.
Se succèdent des sketchs que Desagnat cherche à maîtriser pour composer un vrai scénario. Les digressions dans la bédé ou la pièce avaient du sens mais ici, hélas, il faut toujours raconter une histoire solide avec un début, un milieu et une fin. C'est un peu la limite du projet. Le cinéma impose un récit là où l'éclatement délirant de Zai Zai Zai Zai faisait partie du projet "non-sensique" de Fabcaro.
Néanmoins, on s'amuse beaucoup dans ce film assez léger, qui n'a aucune prétention et réunit des acteurs heureux de se prendre les pieds dans une réalité moquée. C'est un peu pantouflard mais l'absurde dans la cinéma français est si rare qu'il ne faut pas bouder son plaisir.
Sortie le 23 février 2022
À la recherche du temps perdu, Proust, Contrescarpe

C'est pour moi un exercice bien compliqué que de parler de cette pièce que toutes les critiques encensent, parlant avec une admiration difficilement contenue du jeu de David Legras, de la puissance maîtrisée avec laquelle il nous transporte dans les plus belles lignes du monument Proust, admirablement agencées par le metteur en scène Virgile Tanase.
Tous s'accordent à dire que le culot de s'attaquer à une telle œuvre - seul sur scène, dans un décor simple et épuré - fonctionne à merveille. J'ai dû passer complètement à côté.
Commençons par dire que le costume, l'habit du comédien tout de blanc vêtu avec son chapeau est une réussite complète, le gramophone portable également. Un fort bel objet d'où provient néanmoins un son légèrement agaçant, dissonant à force de vrombissement...
Les lignes, le style, la prose de Marcel Proust valent ce qu'ils valent et chacun est libre de les considérer comme chefs-d’œuvre de la littérature et de l’écriture.
Mais avoir à écouter pendant une heure les mêmes passages entendus, réentendus à en souffrir de migraines depuis l'école, les passages les plus célèbres, de l'ouverture par "les chambres" - qui auront marqué le devenir de Proust et où l'on découvre son arborescente qualité narrative quand il s'agit de broder sur des rideaux - jusqu'au célèbre passage sur les madeleines (dont le souvenir aura hanté ses frugales soirées).
On ne découvre rien. On ne voyage pas. On est désespérément seul, assommé.
Je devrais peut-être dire, je n'ai rien découvert, je n'ai pas voyagé, je suis resté désespérément seul. Assommé.
Ce qui est d'ailleurs fort à propos quand je songe à Proust.
Si j'avais été réellement seul dans la salle, j'aurais sans doute fini par demander au comédien s'il s'adressait à moi ou s'essayait, pour voir, à différents types de voix ; s’il souhaitait me charmer ou me transmettre quelque chose.
Opinant, satisfait de lui-même, se souriant intérieurement à lui-même, extérieurement à nous. Modulant sa voix pour tel ou tel morceaux choisis (à mon sens pas toujours à propos d'ailleurs). A certains moments, j'en perdais le fil (que j'avais déjà du mal à garder...). La répétition des silences prolongés à souhait devient rapidement pesante. On se demande s'il a oublié son texte ou s'il s’apprête à nous dire quelque chose de fabuleux. Ni l'un ni l'autre. S'écoutant parler plus que cherchant à transmettre une quelconque émotion, la compréhension de ce qu'il déclame sans autre satisfaction apparente que l'évident jeu de séduction qui occupe une grosse partie son jeu de comédien.
J'en suis sorti ne me souvenant plus de ce que je venais de faire, avec l'impression de reprendre enfin haleine. Un peu hébété, pris du besoin de respirer, j'ai marché pour réfléchir… Rejoignant la Seine. Ça m'aide de marcher au bord de l'eau pour libérer dans les moments sombres des idées parfois lumineuses, les laissant me traverser sans les filtrer, sans m'arrêter sur aucune avant d'en voir une qui passe, un tant soit peu positive, même très lointaine, même de faible résonance. J'ai marché longtemps et rien n'est venu. J'ai attendu quelques jours. Prendre un peu de recul. Voir si, après coup, le vent d'une révélation ne viendrait pas attiser les braises - ne devant d'ailleurs pas exister - d'un feu qui n'a jamais pris. Aucune brise n'a soufflé.
Je revivais exactement ce que je décris plus haut - sans trop m’étendre, pour me préserver - et que je ne nommerai pas, mais qui peut bien facilement se deviner.
La bonne nouvelle (l'événement majeur de cette sortie au théâtre !) fut d'y avoir retrouvé mon stylo malheureusement égaré la semaine précédente et que je cherchais tristement depuis. J'avais alors vu une pièce dont je sortais réjoui, l'esprit travaillant au point d'en oublier un objet qui est aussi un symbole auquel je tiens. L'inversion des événements d'une semaine sur l'autre est intéressante à retenir.
Je n'ai donc pas tout perdu en allant voir " à la recherche du temps perdu "
J'y ai trouvé quelque ce que je cherchais, mon stylo et une coïncidence
humeur/conséquence des plus amusantes.
Je retourne à la Contrescarpe ce dimanche soir y voir une autre pièce et qui sait...
Une chose est certaine: si vous avez égaré quelque chose ou vous êtes perdu en chemin, foncez voir la pièce et peut-être y trouverez vous les mêmes coïncidences heureuses que moi.
Mais si vous souhaitez revivre les plus belles lignes d'un auteur que vous admirez, ou simplement le découvrir ou lui donner une quatrième chance, passez votre chemin en attendant la cinquième!
Tout ce qui précède n'engage bien évidemment que moi et reste le ressenti profond de ce que mon corps et mon esprit me transmettaient par vibrations, moments d’absence durant cette très longue heure.
Je ne remets pas en cause l’investissement de ceux, metteur en scène, ingénieur lumière et sons et acteur qui s’investissent et travaillent sur cette pièce. Je n'en ai pas compris le sens, n'en ai pas percé le message.
Jusqu'au 28 mars 2022
À la recherche du temps perdu
De : Marcel Proust
Avec : David Legras
Mise en scène : Virgil Tanase
Durée du spectacle : 1h15
de 11€ à 28€
Théâtre de la Contrescarpe
Intimo, Farruquito, Chaillot, Biennale de Flamenco

A l’occasion de la cinquième biennale de flamenco, le Théâtre National de Chaillot programme ce qui se fait de mieux dans le domaine du Flamenco.
Le bailaor Juan Manuel Montoya est l’héritier de la plus célèbre dynastie gitane du flamenco. Il a baigné depuis tout petit dans cet univers puisqu’il est le petit-fils de l’un des plus grands danseurs de flamenco de l’histoire : « El Farruco ».
Ses parents ne sont autres que le chanteur de flamenco Juan Fernandez Flores « El Moreno » et la danseuse Rosario Montoya Manzano « La Farruca ».
Le bailaor Juan Manuel Montoya a sans aucun doute hérité du talent grandiose de son grand-père, présentant la même technique et finesse stylistique. C’est grâce à cet illustre ascendant que l’on le surnomme « El Farruquito ».
Il n’avait que quatre ans quand il a fait sa première apparition sur la scène internationale aux côtés de son grand-père à New York.
Depuis plus d’une vingtaine d’années, sa renommée n’a cessé de grandir au fil de ses spectacles. Il propose une danse à la fois authentique et gracieuse. Farruquito s’est donné comme mission de présenter la forme la plus pure du flamenco sur les scènes du monde.
Sa présentation au Théâtre Nationale de Chaillot s’inscrit dans cette volonté en racontant les origines et l’histoire du flamenco en six séquences dans une approche intimiste.
16-17-18 Février 2022
Théâtre National de Chaillot
5ème Biennale de Flamenco
Salle Jean Villar
Tarif B — de 8 € à 39 €
1h10
Son Angel Olalla
Lumières Angel Gascón
Avec Juan Manuel Fernández Montoya « Farruquito » (danse), Mari Vizárraga, Ezequiel Montoya Jiménez « Chanito » et Ismael de la Rosa « Bolita » (chant), Yerai Cortés (guitare), Julian Heredia (basse), Paco Vega (percussions)
Unchartered, Ruben Fleischer, Sony Pictures

On continue avec les films des vacances et voici un film qui met le cerveau sur off mais réveille l’esprit critique!
Ou plutôt qui nous questionne sur la qualité des adaptations de jeux vidéos au cinéma. Uncharted a donc le charme désespérant de ces films ratés, avec de bonnes intentions de départ et un résultat catastrophique. Les producteurs continuent de sacrifier les univers du jeu vidéo à un média peut-être trop étriqué pour une adaptation.
Le bon coté du film repose sur les épaules de plus en plus larges du souriant Tom Holland, connu pour son rôle de Spider-Man dans la saga milliardaire. Rebondissant et amusant, le comédien semble croire à son histoire de chasse au trésor.
C’est peut-être la seule bonne chose à retenir de Uncharted. Sinon, tout semble mal assorti. Le jeune acteur fait équipe, par exemple, avec Mark Whalberg, star bovine élevé au grain ! Il sait être bon mais là, il semble surtout s’ennuyer terriblement. Dans un match de foot, il serait un attaquant qui passerait son temps à marcher et se plaindre.
Antonio Banderas, lui, roule les « r » pour payer ses impôts, et le casting féminin n’est pas très charismatique alors que les personnages ont leur importance dans le récit.
La production est ahurissante de laideur et on ne croit pas une minute aux effets de manche. Rien ne va. Même la musique semble fatiguée par un scénario qui n’assume pas du tout ses invraisemblances ni son énormité. Découvert en 2009 avec l’hilarant Bienvenue à Zombieland, Ruben Fleischer n’a fait que décevoir par la suite (Venom, le pire film de super héros) et il poursuit ici son parcours d’une tristesse assez affligeante.
En 2022, proposer un tel spectacle est franchement malheureux. On aime bien dire qu’Hollywood manque d’idées mais ici, la volonté, le second degré ou l’énergie sont eux-aussi aux abonnés absents. On regrette cette époque lointaine où l’adaptation de Super Mario avait le mérite d’être débridée, maladroite, mal fichue mais singulière. C’était certes un navet, mais il y avait un petit truc un peu fou qui laisse une trace.
Ici, un acteur perdu dans des scènes d’action numérisées. Rien d'autre. C’est un peu triste.
Genre : Action - Aventure
Réalisateur : Ruben Fleischer
Acteurs : Tom Holland, Mark Wahlberg, Sophia Taylor Ali, Antonio Banderas
Durée : 1h56
Sortie : 16 février 2022
Distributeur : Sony Pictures Realising France
King, David Moreau, Pathé Films

Voici les vacances et leur lot de films mignons pour les petits fatigués d'un hiver toujours trop froid ! On se réchauffe dans le bras du petit lion qui inspire parfaitement le réalisateur David Moreau.
Découvert avec le film de terreur, Ils, David Moreau est devenu un solide artisan du cinéma français (Seuls, 20 ans d'écart). Peut-être plus technicien qu'auteur, son cinéma a le mérite d'être efficace dans le paysage plat du cinéma français,.
Face à un film pour enfants (le sauvetage d'un lionceau par deux bambins), il adopte une solution assez astucieuse: faire du Spielberg. C'est bien entendu à son échelle. Difficile de se comparer au monument.
Mais Moreau a le grand mérite - par cette narration particulière (en gros remplacer E.T par le lionceau et hop, vous avez le scénario) - d'attraper l'attention des plus grands sans ménager les plus jeunes.
King célèbre donc le monde de l'enfance sans gommer les mauvais côtés et toute l'obscurité de cet âge, comme la cruauté ou la solitude. La cavale des enfants est parfois un peu téléphonée mais la réalisation musclée offre un solide divertissement ; et le soin apporté à l'image ou la musique mérite une grande indulgence.
On est loin de la catastrophe attendue. Bien fichu et plutôt haletant, King est un bon morceau de cinéma, à partager en famille.
Sortie le 16 février 2022
Un film de David Moreau
Avec Gérard Darmon, Lou Lambrecht, Léo Lorleac'h, Thibault de Montalembert, Clémentine Baert, Artus, Marius Blivet et Laurent Bateau
Le réconfort Rock, Eddie Vedder, Pinegrove, Ovlov

La meilleure solution pour résister au vent d’hiver, aux mornes idées et aux froides émotions, c’est encore le cocooning. Trouver des choses qui font plaisir. Des petites joies simples qui nous permettront de survivre à cette saison.
Eddie Vedder sort son troisième album. Dedans, on croirait à plusieurs reprises, qu’il se prend pour Bruce Springsteen ou Tom Petty. Pour le chahuteur chanteur de Pearl Jam, ça surprend un peu. L’énergie des débuts a laissé place à une sagesse qui l’amène à des compositions beaucoup plus modérées.
Loin de ses copains, Eddie Vedder est un chanteur assez classique. Heureusement pour lui et pour nous, c’est un sacré chanteur. Sa voix est magnétique et s’adapte à toutes les cadences. Il a l’art de nous planter des refrains dans la tête. Pour un bon moment. Ce disque pantouflard n’est pas du tout désagréable.
On peut penser la même chose de Pinegrove, petit groupe du New Jersey qui défend un rock qui avait sa place dans les années 90. Depuis dix ans, Pinegrove s’est beaucoup assagi.
On part d’un style alternatif pour arriver à des chansons plus calmes mais faites avec beaucoup de justesse. C’est donc du travail de pros. Un disque assez inattaquable donc un peu agaçant.
Les musiciens gèrent sans aucun problème un rock qui emprunte à la country et à des sons plus indés. Ça fait le job. A l’image de leur pochette et du titre de ce cinquième album, ils cherchent la quasi perfection. Souvent ils y arrivent. C’est carré.
On a donc le droit de préférer les apparences plus foutraques de Ovlov, groupe de rock plus débridé qui aime bien monter des murs de son et les détruire ensuite à coups de refrains pop ou de ruptures de sons.
Ils nous rappellent eux aussi les vieux Dinosaur Jr ou les aventuriers de Sonic Youth. Les guitares sont maltraitées mais pour parfaire des chansons rapides, astucieuses et qui surprennent à chaque écoute.
Pour un bon vieux quadra, ce rock qui se limite encore à la basse-guitare-batterie fait l’effet d’une bonne infusion devant un feu de cheminée. Ça manque peut être de fantaisie mais ça sent bon et ça réchauffe rapidement les esprits et les cœurs. En attendant la douceur et la nouveauté du printemps!
















