Mental Illness

Blonde discrète, Aimeen Mann revient soigner les bobos après cinq ans d'absence. Elle nous manquait. Son retour est magistral. Mieux qu'un tour chez le psy!

La carrière de la chanteuse américaine fut assez chaotique. Il y a eu bien sûr l'utilisation de ses chansons dans le film culte, Magnolia, qui a permis de connaître un succès certain mais Aimee Mann a longtemps attendu la reconnaissance.

Depuis elle est devenue une sorte de mythe. Un monstre de la chanson folk, puissante et sensible. Elle est une "petite institution" aux Etats Unis, une référence ultime et respectée. Pourtant, d'un disque génial, elle peut s'écrouler sur des albums plus inégaux. On ne sait jamais trop à quoi s'attendre avec elle, c'est ce qui rend sa discographie passionnante!

Comme toujours, elle chante la dépression, la tristesse et le doute avec un punch rien qu'à elle et c'est qui la rend attachante. Elle n'abandonne jamais. Inspirée par la maladie de quelques connaissances, elle parle dans son disque de la bipolarité, de sociopathes et autres joyeusetés.

Mais c'est une fois de plus, beau et touchant. Son sens de la nuance musicale fait toute la différence pour aborder des sujets effectivement difficiles, qui sont pourtant la marque de fabrique de la chanteuse, mariée au frère de Sean Penn pour faire un peu dans le people, et excellent arrangeur pour son épouse. On n'est jamais dans le cliché.

Toujours secondés par ses copains de toujours, produit par son propre studio, Aimee Mann retrouve ici toutes les vertus de sa folk féminine et jamais misérabiliste. Face à la mélancolie, elle réussit toujours à nous créer un certain confort où la douleur est acceptable et presque poétique.

Cinq ans après Charmer, Aimee Mann se rappelle à notre bon souvenir. Ses chansons sont accrocheuses et son atmosphère acoustique est un havre de paix qui fait franchement du bien au moral! Un régal!

Superego - 2017

Spider Man Homecoming

Coucou le revoilà! L'homme araignée est redevenu adolescent. Son acné, ses collants, ses amours et son méchant de service, on a droit à une version John Hughes du super héros. Et bien ca marche!

Il y a de vilains défauts dans le nouveau Spider-Man du quasi inexpérimenté Jon Watts. Le film dure trois plombes. Il y a un second degré qui aime s'inscruter au moindre moment de tension naissant. Il y a Marisa Tomei qui n'est pas assez utilisée (sacrilège totale). Il y a une musique qui sert d'accessoire sonore uniquement. Il y a le Marvel Universe qui aime tant s'intégrer à la mythologie d'un super héros unique en son genre!

Il est loin le temps où Sam Raimi inventait quasiment le genre avec un film en forme d'hommage à la bande dessinée. Maintenant notre héros en rouge est un produit d'appel et Marvel veut s'attirer un public jeune, à la manière des Harry Potter. Les problèmes du nouveau Peter Parker (joué avec enthousiasme par Tom Holland) sont donc ceux d'un adolescent dont le corps change et qui n'est pas bien dans sa peau.

Suivi de près par Tony Stark, il découvre donc le métier chronophage de super héros dans la bonne vieille ville de New York. C'est ce qui est sympa chez notre ami Spidey: ses aventures sont à hauteur d'homme. Ici il ne sauve pas le Monde. Il se découvre et joue les super héros de proximité. Ce qui ne l'empêche pas de tomber sur un vilain machiavélique qui va lui faire des misères: le vautour.

A l'extrême jeunesse de Spidey, les auteurs ont la bonne idée de prendre ce vieux briscard de Michael Keaton pour jouer le badguy de ce nouvel épisode. Le comédien apporte ce charme d'américain moyen qui profite du rêve américain à sa manière. Le film, étonnement, refuse le manichéisme qui est pourtant une valeur sur de ce genre de film! L'innocence de Peter Parker et le cynisme de son ennemi représentent cette image de l'Amérique d'aujourd'hui. Watts et ses nombreux scénaristes sément le trouble.

Et c'est un peu plus vrai avec une idée quasi subversive dans le blockbuster estival: secouer l'image de la famille idéal. Les ados sont finalement livrés à eux mêmes et aucun des adultes n'est digne d'être un exemple. New York est une sorte de terrain de jeu (photogénique en diable) pour un apprenti super héros qui ne veut pas grandir. C'est presque le mythe de Peter Pan qui est adapté ici.

Donc au delà du cahier des charges de ce type de cinéma, il y a bien un petit supplément d'âme dans cette nouvelle version qui va en appeler beaucoup d'autres. On dira que le niveau de ce premier épisode est plutôt rassurant pour supporter tout ce qu'il va arriver!

Avec Tom Holland, Jon Favreau, Michael Keaton et Marisa Tomei - 12 juillet 2017 - Columbia Marvel - 2h15

La Planète des singes: suprématie

Troisième volet des aventures de César, le chef des singes intelligents qui doit se farcir cette fois ci un colonel très violent. Un western simiesque!

Si vous transformez les singes par les indiens vous obtenez un western assez classique, engagé et un peu écologique. Car ce qui compte ici c'est l'espace. Les hommes veulent garder leur suprématie mais les singes, qui ne demandent qu'à rester dans les forêts, vont être obliger de faire la loi! Des deux cotés, il est question de survie.

Et c'est le sujet que poursuit le réalisateur Matt Reeves, déjà présent derrière la caméra lors du second épisode du reboot de La Planète des Singes. La fonction métaphorique de la science fiction fonctionne à plein régime une fois de plus. Simple dans la forme, le film interroge sans arrêt le spectateur sur ce qu'il voit: la violence, la politique, la guerre, l'individu, l'instinct, le film ne s'arrête pas au simple divertissement pour un été caniculaire.

A l'ombre des grands arbres, dans de superbes paysages, la guerre entre les humains et les singes veut aller au delà. Il y a bien une réflexion dans ce film et c'est ce que défend chaque scène avec des effets spéciaux qui sont simplement bluffants.

Comme pour un film d'animation, on est étonné par le pouvoir de la fiction, de l'image de synthése qui finit par provoquer une émotion. Pour le coup, le comédien habitué à se cacher derrière des personnages numériques, Andy Serkis mériterait bien un petit Oscar, tellement le personnage de César, le singe plus que savant, est troublant.

En face de lui, en militaire dégénéré, Woody Harrelson confirme qu'il est le second rôle le plus génial de la planète! Depuis tant d'années et tant de rôles, ce comédien arrive sans cesse à se renouveler, et compile les rôles à toute vitesse et avec une énergie incroyable. Il est le comédien le plus cool du Monde c'est tout! Même dans un rôle de méchant, on l'adore!

Avec Andy Serkis, Steve Zahn, Woody Harrelson et Amiah Miller - 20th century fox - 02 aout 2017 - 2h20

Slowdive

Avec notre sélection de come back, en voici un que l'on attendait pas du tout et cela ressemble en plus à une cure de jouvence.

Car ce que l'on entend dans le quatrième album de Slowdive, c'est le son des années 80 qui a fait devenir fou Manchester, qui a fait de l'Angleterre une fois de plus la terre de toutes les excentricités sonores et la source d'un rock débridé. Une guitare s'étire sur de longs accords et nous plongent dans une drôle d'ambiance. La guitare vibre sur la moindre émotion. Corrosive ou douce.

C'était la spécialité de Slowdive, un groupe de shoegazing dont le plus digne représentant reste My Bloody Valentine. Le groupe a pondu trois disques au début des années 90 puis a disparu. On ne pensait qu'en 2017 il ferait un come back aussi fracassant avant un album passionnant où la musique se colle au sentiment et les guitares progressent dans un dédale de distortions et d'effets.

Neil Halstead, Rachel Goswell, Christian Savill, Nick Chaplin et Simon Scott se sont retrouvés après 20 ans et le coeur est toujours aussi ardent. L'expérience a peut être amené un peu plus de profondeur mais on est surpris par la remarquable écriture derrière les petites envies bruitistes. Une espèce de pop délurée et insaisissable.

Les huit nouvelles chansons sont donc travaillées et délicates. Il y a des nuances à tous les étages. On baigne dans un son tout en réverbération qui nous fait plonger dans un étrange univers qui doit s'écouter fort car il vous happe en quelques riffs...

La mode est à la mélancolie et la technologie. Slowdive retrouve enfin la place qu'il mérite. Sensible, impressionnant, sentimental, percutant, ce disque est à coup sûr un des sommets de l'année. 22 ans de réflexion, cela vaut bien une jolie consécration!

Dead Oceans - 2017

Plates coutures

On trace notre route jusqu'en Bretagne, où l'on a vu se reformer les champions du rock français, rustique et sympathique. Matmatah a disparu. Il revient inchangé et toujours aussi énervé!

Le symptome du premier disque qui cartonne a sérieusement endommagé la jolie carrière de ce quatuor très ancré en Bretagne. La Ouache a fait de Matmatah, une sensation des années 90 mais ensuite, le groupe n'a pas bien assumé son statut et son succès. En 2007, le groupe éclate après des albums inégaux mais pas mal de tubes que l'on entend encore sur les radios!

Tristan Nihouarn et les Brestois sont de retour une dizaine d'années plus tard. Le guitariste a changé mais on retrouve tout le charme breton de ce groupe qui ne lésine pas le rock. C'est la limite et le charme de Matmatah. Ce n'est pas très originale mais les gars affirment un son résolument rock et parfois dépasse les limites.

Ils aiment aussi avoir des combats et des critiques à faire. C'est un peu cliché mais leurs cris d'alarme sont souvent légitimes. On aimera beaucoup Marée Haute à l'époque de l'affaire Fillon. Et les paroles révoltées sont bien associés à des chansons assez généreuses en guitares qui s'énervent, en harmonica joyeux ou en rythmes binaires bien costauds. Pour leur retour, le groupe semble en grande forme.

En bons bretons, ils sont bons musiciens et artistes engagés. Ils ont connaissance assez fine de la science rock. Il y a là des morceaux pour faire soulever les foules dans les festivals. Il y a là du refrain à reprendre d'une seule voix. Il y a aussi des passages jubilatoires.

Ca ne va rien révolutionner du tout. Matmatah n'a pas beaucoup changé après une dizaine d'années au placard. C'est la petite frappe, douée et percutante. Si vous n'aimiez pas avant, vous n'aimerez pas après. Plates coutures ne fait pas dans la nuance mais c'est justement ce qu'on aime chez ces quelques messieurs jamais tranquilles!

La Ouache prod - 2017

Le jour des Morts vivants

Les années 80 ne furent pas les meilleures pour le regretté George Romero. Pourtant il avait terminé sa trilogie des zombies avec un film étrange et fort ! A revoir !

L’histoire : l’invasion des zombies est terminée. Ils règnent sur le Monde. Quelques poches de résistance subsistent. Des militaires et des scientifiques vivent dans une base isolée de tout. Les tensions entre les deux groupes seront fatales aux quelques survivants.

Le réalisateur : évidemment on vous parle du Jour des Morts Vivants car le cinéaste du genre vient de nous quitter. Entièrement dédié aux films de genre, la filmographie de Romero est monstrueuse sans mauvais jeu de mot ! Il y a des chefs d’œuvre, des films maudits et quelques ratés. Au-delà de tous ses films sur les morts vivants, le réalisateur a continué de viser les problèmes de la société dans des films fantastiques souvent secs et passionnants. Sérieusement, il va nous manquer car son amour du genre rendait son cinéma exotique : quand l’intelligence se mêle à un genre dit mineur !

Le casting : comme souvent, les comédiens sont méconnus et n’auront pas de grandes carrières derrière. Néanmoins, ce semblant de normalité renforce très souvent l’aspect sociologique et politique des œuvres de Romero. Laurie Cardille, la comédienne qui joue le personnage central est la fille de Bill Cardille, présent dans La Nuit des Morts Vivants et dans son remake !

L’anecdote : La carrière du créateur de La Nuit des Morts Vivants a été chaotique. Sa farouche indépendance lui a valu de longues productions et de nombreux soucis avec l’industrie du cinéma. Après Zombie, crépusculaire et magnifique film, il voulait tout simplement proposé le film définitif : le Autant en emporte le Vent du film de zombies. Hélas, son budget fut divisé par deux et il dût se résoudre à des économies drastiques.

Pourquoi on aime : Le Jour des Morts Vivants a longtemps jugé austère. Finalement il est nourri des inquiétudes du cinéaste sur le monde qui l’entoure. La Nuit était en réaction aux années 60. Zombie critiquait le consumérisme. Le Jour dépeint l’Amérique de Reagan, sans nuance et sans saveur ! Néanmoins il amène un peu d’ambigüité avec le fameux et culte zombie nommé Bud, et ses souvenirs mécaniques de sa vie d’humain. Lent, il est un peu à l’image du film, qui fut jugé très sombre. A cette époque, le cinéaste n’était pas en état de sainteté. Les erreurs visibles (interprétation un peu risible) montrent que ce type avait le cinéma dans la peau ! Sa lassitude se ressent mais le film reste un moment important pour tout un genre qui brille aujourd’hui sur tous les médias !

The Magpie Salute

Trois Black Crowes s'amusent et font un disque, comme ça, l'air de rien. Comment faire du vieux avec des vieux!

Les Black Crowes, ce sont les années 90 et ses groupes de chevelux toxiques et allumés. Les Black Crowes, c'est une version blues du grunge! Les Black Crowes, ce sont deux frangins connus pour se battre en permanence! Ils ont faits éclatés le groupe de nombreuses fois mais ils ont surtout de la suite dans les idées et de l'inspiration sans limite.

Le Chris Robinson Brotherhood sort un disque tous les quatre mois en ce moment et Rich Robinson se trouve dans tous les projets roots du sud des Etats Unis. Il est encore à la source de ce nouveau groupe The Magpie Salute, qui réunit d'autres Black Crowes: le génial Marc Ford (qui vient de sortir un excellent album solo) et le bassiste Sven Pipien. On pourrait aussi citer le pianiste Eddie Harsh mais il est mort juste après ce live assez jouissif.

Cela a peut être incité les autres anciens Crowes à sortir l'enregistrement sous la forme d'un album extrêmement agréable. Il y a peu de prise de risque. C'est du blues rock et des reprises assez planantes comme celles de Pink Floyd ou Faces. Bref, tout le bon goût des Black Crowes est au rendez vous.

Pour la nouveauté, il faudra repasser: ici, on aime les guitares qui couinent, les doux élans de soul music avec trois choristes, les gémissements d'un chanteur qui se débrouille pour ne pas être un ersatz de Chris Robinson. On est heureux d'entendre de nouveau les six cordes de Rich Robinson et Marc Ford se répondre. Il y a de l'osmose entre les deux c'est certain.

On est bien dans le thème des vacances: le retour des vieux. Ils assument leur patrimoine, leur décalage et leur envie toujours pressante de monter le son et faire hurler les foules avec des vieux rythmes poussiéreux mais jamais délavés. Robinson retrouve presque sa jeunesse dorée avec sa nouvelle formation.

Universal - 2016

Gotcha!

Petite pépite de la guerre froide que on a vite oublié. Et c'est bien dommage!

L'histoire: brillant étudiant, Jonathan Moore joue à une sorte de paint ball avec quelques amis dans son université de Los Angeles. Pour s'encanailler un peu, il part avec son meilleur ami à Paris, la vielle Europe délurée et fait la rencontre de Sasha. Cette séduisante jeune femme va lui causer bien des soucis car rapidement le KGB va s'incruster dans leur histoire d'amour! Mais les Communistes vont découvrir que le paint ball c'est une arme redoutable contre eux!

Le réalisateur: Jeff Kanew ne laissera pas une grande trace dans l'histoire du cinéma. Néanmoins, il s'agit là d'un solide yes man d'Hollywoood. Il exécute proprement les récits qu'on lui propose. Dans les années 80, il tourne deux fois avec Kirk Douglas dont le rigolo Coup double où la star partage la vedette avec un autre vieux de la vieille, Burt Lancaster.

L'anecdote: Un vrai fan de paint-ball vous le dira: Gotcha! est la référence absolue, le film qui a mis en scène pour la première fois des amateurs de ce sport! D'ailleurs, le film d'espionnage de Jeff Kanew aurait influencer James Bond dans les années 80. Si Gotcha! sort la même année que Dangereusement votre, on trouve une scène de paintball dans la séquence d'ouverture de Tuer n'est pas jouer en 1987. Comme quoi... si ca ce n'est pas la preuve de l'influence majeure de Gotcha!

Le casting: Alors il faut bien se frotter les yeux pour reconnaitre la star de la série Urgences, Anthony Edwards. C'est la seconde fois qu'il joue sous la direction de Jeff Kanew après les Tronches, grosse comédie sur les nerds! L'années suivante Gotcha, il participe au charme viril de Top Gun puis connaitra quelques impairs avant de se refaire une santé à la télévision grace à la série médicale de Michael Crichton. Pour jouer l'intrigante de l'Est, le réalisateur choisit Linda Fiorentino, qui restera comme la femme fatale des années 90 avec le film noir, The Last seduction. Elle tourne peu mais souvent se fait remarquer par une présenca magnétique. Elle a obtenu son rôle dans le premier Men in Black en pariant sa participation durant une partie de poker avec Barry Sonenfeld, le réalisateur! Une femme comme on en fait peu!

Pourquoi on aime: Dans les années Reagan, il est de bon ton de détester la Russie rouge qui rêve de ruiner le rêve américain avec des ogives nucléaires ou des espions fourbes! Gotcha! réussit de reprendre le flambeau patriote, le film d'espionnage et l'amourette post adolescence dans un même récit où la vision de l'Est et de l'Europe ne manque pas de clichés. Le film a pourtant un vrai charme d'espionnage et plus d'une fois on pense à Hitchcock, ce qui n'est jamais mal au cinéma. C'est du divertissement rondement mené, qui bien marqué par son époque (attention les looks), a un charme fou, dérisoire et très amusant!

Special Forces

Puisque l'on fait de la brocante en ce moment sur le site, j'en profite pour avouer mon petit plaisir coupable. Saviez vous que le frère du chanteur de Lynyrd Skynyrd avait fondé un groupe absolument ringard mais tellement drôle? 38. Special tire à blanc mais juste!

Ronnie Van Zant est une légende du rock. Chanteur décédé de Lynyrd Skynyrd, il a posé les bases du chanteur sudiste, entre fumettes, performances et patriotisme! Après sa dispartion, ses petits frères ont repris le flambeau. Johnny chante donc avec les restes de Skynyrd et Donnie fut le leader moustachu de 38.Special, groupe de soft rock, de blues pour radio, de riffs pour parcourir l'Amérique lors d'un roadtrip.

C'est la belle histoire de deux potes. Donnie Van Zant et son voisin Don Barnes fabriquent donc d'abord un rock très sudiste puis au fil des succès, le groupe glisse vers un rock plus accessible, pour les grandes scènes, avec des guitares accrocheuses et des chansons "sexy"!

En 1982, ils sortent donc Special Forces: un titre qui en dit long sur tout le bon goût qui nourrit ces quelques chevelus au charisme de "canettes de biere". On est pas loin du rock fm et on s'éloigne de plus en plus du hard rock. C'est doux pour du redneck! C'est hilarant car il y a tous les clichés du genre! Pour info, le fondateur du groupe Survivor, connu pour ses chansons pour la saga Rocky, a participé activement à la fabrication de cet album. C'est dire le niveau...

Avec eux, on a l'impression de conduire un gros camion et visiter les motels de la route où vivent d'étranges créatures à mini short évidemment. Van Zant et ses poids lourds en font des tonnes et c'est drôlissime. Bien entendu il faut y aller à petites doses. Mais de temps en temps, il est bon de se replonger dans ce gros b(r)ouillon de rock machiste, ventard et souvent jubilatoire!

Bon voilà j'ai avoué ma faute. Je pars dans les embouteillages des vacances. Ou est ce que j'ai mis ma foutu cassette de 38.Special?? Bonnes vacances!

A&M - 1982

Boire et déboires

En 1986, on assiste à une magnifique cuite entre deux comédiens qui se passent le relais pour atteindre les sommets du box office!

L'histoire: Walter Davis est obsédé par son travail. Il ne vit que pour ça. Jusqu'au jour où son patron lui demande de venir accompagné à un diner très important avec un client japonais old fashion. Son frère lui propose de sortir avec la cousine de sa femme, Nadia, qui vient d'arriver en ville. Il y a juste un détail à respecter: ne pas la faire boire.

Le réalisateur: Faut il encore présenter Blake Edwards? Venu de la télé, il se fait connaître par sa saga comique de la Panthère rose et sa longue collaboration avec Peter Sellers, qui profitera de toute l'efficacité du metteur en scène pour mettre en avant son génie burlesque. Ensemble, ils sont responsables d'un chef d'oeuvre du genre, The Party. Dans les années 80, il travaille beaucoup et connaitra lui aussi quelques déboires commerciaux malgré l'immense renommée de son autre chef d'oeuvre, Victor Victoria. Il retrouvera Bruce Willis deux ans après Boire et Déboires pour le mésestimé Meurtres à Hollywood.

L'anecdote: premier film de Bruce Willis au cinéma, le film a failli voir Sean Penn prendre le rôle de Walter Davis. Effectivement, Madonna a voulu jouer dans le film mais voulait pistonner son mari de l'époque. Mais Blake Edwards a refusé: il avait engagé en premier lieu le comédien de la série Clair de Lune.

Le casting: Kim Basinger est la mega star de 9 semaines et demi. La blonde incendie tous les films des années 80où elle apparait. Boire et Déboires prouve qu'elle s'éclate réellement dans la comédie. Souvent critiquée pour son jeu limité, on peut dire qu'il s'agit ici une de ses meilleures performances (après LA Confidential qui lui vaudra un Oscar quelques années plus tard). En tout cas, l'échec relatif de Boire et déboires marque un peu la fin de l'état de grace pour la comédienne. Alors que c'est tout l'inverse pour Bruce Willis qui va s'échapper de son rôle de beau gosse de comédie pour endosser par la suite la panoplie du sauveur indestructible grace à Die Hard en 1988. Il est ici à l'aube du succès. C'est son premier rôle au cinéma!

Pourquoi on aime: Le duo de comédiens est parfait soutenu par un John Laroquette, solide second rôle, qui fait des merveilles en fiancé jaloux. Blake Edwards retrouve aussi tout son humour corrosif pour souligner les défauts de ses contemporains. La scène du diner avec le client japonais est un beau moment de mise en scène et un ballet de blagues qui se mettent en place sous nos yeux pour notre plus grand plaisir. Si la fin est un peu fade, cette comédie est pétillante et n'a pas trop perdu de sa saveur. A déguster sans moderation!

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