Chuck

On s'occupe dans ses pages de nos vieux pour tout l'été. On a tout de même la mine assombrie quand on écoute l'album de Chuck Berry, parti cette année. Le père du rock'n'roll, la source d'inspiration de grands guitaristes, avait retrouvé les chemins des studios et il y a trouvé un peu d'inspiration. Bye Bye love!

Chuck Berry n'a pas eu sa grande biographie sur grand écran mais pourtant sa vie est pleine de remous et il y a eu des hauts et des bas qui racontent en même temps le rêve et le mythe américains. Il est mort cette année et on s'est souvenu de lui, de son oeuvre colossale et de sa longévité exceptionnelle.

Depuis le 18 mars, le rock est un peu orphelin et voilà le testament de Chuck Berry! Enfin! Il prouve aussi que le rock'n'roll ca conserve: le disque démarre sur un bon vieux blues qui balance et qui rappelle que le retro vintage est à la mode. Wonderful Woman est une introduction d'outre tombe mais qui célèbre cette sève du rock!

Big Boys extrapole sur Johnny B.Goode tout comme Lady B.Goode. L'album est féministe. Le vieux guitariste de 90 ans rend hommage à sa femme mais aussi à tous les jolies filles de sa vie et sa famille aussi. C'est très yankee mais c'est idéalement servi sur un rythm'n'blues à l'ancienne.

Depuis quarante ans, Chuck Berry n'avait rien écrit et il montre qu'il a encore des envies de blues. Gardien du temps, si ce n'est pas le batisseur, Chuck Berry reussit une vraie cohèrence autour de quelques titres mid tempo, plus tranquilles, qui montre tout de même un vieil homme qui attend sereinement la mort, habile toujours avec son art. Il arrive à faire des choses très abordables (irrésistible Jamaica Moon) et comme des trucs que n'auraient pas renié Tom Waits (l'imposant Dutchman).

2017 - Universal

The Abyss

C'est peut être le film qui ferme les années 80 et fait rentrer le cinéma dans une nouvelle période numérique. Le film a failli coupé la tête de James Cameron, roi du Monde, depuis quelques décénnies.

L'histoire: E.T sous l'eau! Un sous marin disparaît. Il y a quelque chose qui se passe sous l'eau et cela a tendance à agacer les Etats Unis et la Russie qui s'accusent de toutes les ingérences du Monde. Dans une base sous marine, l'ingénieur Bud Brigman voit débouler son ex femme qui est une experte en phénomènes étranges sous l'eau et des marines qui vont avoir le mal de mer et l'envie d'en découdre avec une nouvelle forme d'intelligence!

Le cinéaste: James Cameron a pris la marée avec The Abyss. Tout le monde lui réclame une suite à Terminator et lui s'obstine à inventer un nouveau film d'alien mais sous l'eau. Vouloir affronter Spielberg, voilà le projet de Cameron qui va se ramasser au box office. Pourtant son film est un petit chef d'oeuvre et heureusement pour lui T2 sera un immense succès. Depuis il baigne dans une mer de succès et se consacre entièrement à des projets techniquement osés et souvent fabuleux. Plus qu'un auteur, Cameron est un technicien hors pair, qui n'oublie pas le merveilleux.

L'anecdote: Ed Harris a donné un coup de poing à James Cameron sur le tournage. C'est sur ce film que le réalisateur de Aliens s'est fabriqué sa mauvaise réputation comme directeur d'acteurs. Tyrannique, précis et agacé, Cameron sait ce qu'il veut et l'obtient en poussant ses comédiens à bout. Moralité: Ed Harris manque de se noyer durant le tournage et l'actrice principale fera une grave dépression après le tournage. Et vogue le navire...

Le casting: c'est sûrement le secret du film: l'osmose entre Ed Harris, meilleur acteur du monde et Mary Elizabeth Mastrantonio (qui a disparu des radars peu de temps après ce film), brune pétillante. Si le film parle de l'humanité, ces deux représentants ont une classe folle. On apprécie aussi la présence de l'acteur fétiche de Cameron, l'explosif Michael Biehn, parfait en militaire fou!

Pourquoi on aime: c'est le film le plus important de Cameron: enfin il s'affirme comme un technicien de génie et sa passion pour l'eau déborde enfin sur un script. Titanic le poussera à se surpasser une fois encore mais en 1989, il réussit à imposer des effets numériques incroyables et servir une histoire ultra balisée, qu'il réussit à tendre comme une enquête passionnante et angoissante. De nombreuses scènes sont cultes (la résurrection de l'ex femme, le final coupé à la sortie). La réalisation est inventive. La musique est entêtante. Cameron arrive presque à s'émanciper de Spielberg, roi du Monde des années 80. Si le film vieillit, il conserve cette force visuelle incroyable et il y a bien dans cette abysse, une âme sensible. Un blockbuster plein d'émotion. C'est beaucoup trop rare!

Bloodlust

Houlà, on surveille les vieux qui refont surface. Waters a conservé tout son défaitisme lyrique mais on a trouvé d'autres papys en colère. Et ravis de faire grimper les décibels!

Il s'agit de l'incroyable groupe de metal monté par Ice T, le roi du rap west coast et comédien pépére dans les séries policières américaines. On ne savait plus vraiment si la musique l'intéressait encore. Le rap, ca semble loin pour lui mais la star des années 80 semble bien plus inspirer par le gros metal qui tache!

Toujours secondé par le guitariste Ernie C, Ice T se prend donc pour un mettaleux des banlieues chaudes de Los Angeles des années après le choc musical que fut le pamphlet sonore, Born Dead. Depuis le groupe a sombré sans faire de vagues. Puis il y a trois ans, le groupe sort un album et montre une fois de plus les muscles avec ce Bloodlust, grosse claque pour les amoureux du hardcore.

L'ancien rappeur approche les 60 ans mais retrouve toute sa jeunesse pour balancer sa colère et ses stéréotypes urbains en hurlant, entre chant et rap! La musique oscille entre speed metal et trash proche du punk survolté. Bref les plus sensibles doivent s'éloigner de cet album particulièrement radioactif. C'est du bon gros metal regressif qui cogne fort et accélère sans retenue.

Il y a beaucoup plus d'énergie que d'habitude. Les musiciens ont la foi cette fois ci et cela s'entend. Ice T continue de jouer les rappeurs au pays des hardos avec les thèmes abordés. La fusion n'est plus beaucoup à la mode mais, contre vents et marées, Les bourrins de Body Count tracent leur route. On les pensait bloqués à un stop, ils redémarrent sérieusement en trombe!

Century records - 2017

2 Flics à Chicago

Un an avant L'arme Fatale, il y avait déjà dans les années 80 un duo de choc pour poursuivre des badguys en ville et sortir tout un tas de vannes pourris mais hilarantes!

L'histoire: Ray Hughes et Danny Costanzo sont deux policiers qui n'en peuvent plus de la vie à Chicago. Entre les mafiosos de tout poil et les vies privées compliquées, ces deux policiers casse cou rêvent de soleil et de farniente. Mais l'action les démange sans arrêt.

Le réalisateur: Peut être un jour, la carrière de Peter Hyams sera t elle réévaluée? Voilà un cinéaste majeur des années 80 qui a oeuvré pour le travail bien fait et un amour de la série B qui n'existe plus du tout de nos jours. Le cynisme, il ne connaît pas. Il a osé une suite à 2001 l'Odyssée de l'espace et le résultat, aujourd'hui n'est pas si mauvais. Il a fait un magnifique western dans l'espace, Outland, avec un magnifique Sean Connery. Puis il a réalisé des polars solides et toujours sympathiques. Sa carrière va ensuite se casser la gueule doucement. Mais on retiendra vraiement l'image d'un solide artisan connu pour être le directeur de la photographie de tous ses films.

Anecdote: Le script fut rédigé pour Gene Hackman et Paul Newman. Lorsque Hyams récupére le projet, le film parlait deux vieux flics new-yorkais qui attendaient la retraite. Hyames a décidé de changer lieu et de rajeunir les protagonistes. C'est pourquoi le projet fut proposé à Tom Selleck et John Travolta.

Casting: Le duo Gregory Hines Billy Crystal est un pur bonheur. Les deux hommes passent leur temps à se lancer des vannes et l'alchimie transcendent totalement le scénario assez balisé avec son méchant avec un accent (le sombre Jimmy Smits), sa blonde à sauver (Darlanne Fluegel qui déménage après Police Fédérale Los Angeles de Friedkin) et son second rôle qui parle beaucoup (Joe Pantoliano, futur fourbe dans Matrix). Artiste complet, Gregory Hines est mort il y a quelques années tandis que la tête de Billy Crystal telle qu'on la voit dans 2 Flics à Chicago n'existe plus tellement il aime le botox. Le temps passe: seuls les films restent!

Pourquoi on aime: on a ici la prétention de réhabiliter un honnête film qui aurait du faire plus d'ombre à L'Arme Fatale qui a repris le concept en Californie et avec un peu plus de violence! Et de sex appeal aussi. Pas grave: ici l'humour et la violence se mêlent idéalement. L'histoire est une excuse pour que le duo se lache et on a rarement senti autant de plaisir à l'écran entre deux stars de l'époque. Tout le monde s'amuse. Cela se ressent à chaque seconde. Le travail est bien fait.

Is this the life we really want

Puisque nous nous occupons de nos vieux durant cette période un peu chaude de l'année, on s'intéresse au vénérable Roger Waters qui, à 73 ans, n'en finit pas d'être en colère.

C'est seulement le quatrième album de Roger Waters, depuis qu'il a quitté Pink Floyd. Cela faisait 25 ans que le bassiste mégalo n'avait sorti de disque. Il s'est remis au travail après une tournée triomphale de son spectacle The Wall.

Visiblement le tour du monde lui a donné de la suite dans les idées et réactiver son inspiration: le monde tourne mal. Rien ne va. Trump est un abruti fini. Poutine est un dictateur. L'Europe se disloque. On ne pense plus à nos enfants. L'égoïsme a gagné. La bétise mène l'humanité par le bout du nez. Depuis The Wall, pas grand chose n'a changé. La vision de Waters est aussi joyeuse qu'un gouvernement conservateur anglais.

Le Britannique a pourtant toute sa légitimité à 73 ans: question mur, il s'y connaît! A l'heure où tous les dirigeants pensent que les murs sont la solution, Roger Waters reprend sa truelle pour batir un mur de son qui fait l'effet d'un miroir à peine déformant.

Accompagné du producteur de Radiohead et aidé par Jonathan Wilson, Roger Waters donne de la voix à nouveau et son souffle est encore épique. Il a beau avoir des petits jeunes pour soutenir son nouveau coup de gueule, Roger Waters d'aujourd'hui n'est pas différent du bassiste autoritaire du Pink Floyd!

C'est assez agréable à écouter. On se doutait que le musicien n'avait tout perdu de sa verve même s'il s'est fait plus discret ces dernières années. Mais il y a pas de surprise dans cet album maitrisé. Il refait The Wall, il repense à Final Cut. Waters ne prend pas de risque. Mais sa musique un peu claustro a désormais dans cette époque angoissante. Son retour est plutôt le symptome que tout ne va pas bien en ce moment sur notre petite planète.

Columbia - 2017

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Chérie j’ai rétréci les gosses

Bon allez, aprèrs trois films avec Steve Martin, on peut aussi faire trois chroniques sur Rick Moranis puisqu'il était dans La Petite Boutique des Horreurs et Parenthood. Présentons ici son plus gros succès au cinéma: Chérie j'ai rétréci les gosses.

L'histoire: il invente, Wayne Szalinski! C'est un truc récurrent dans le cinéma américain: le voisin qui invente des choses inutiles et qui parfois réussit l'impensable. Wayne aimerait être un génie mais c'est plutôt un bricolo qui agace ses voisins. Pourtant un beau jour, une de ses inventions réduit les enfants et ceux des voisins à la taille d'une puce. Ils vont vivre une folle aventure dans la jardin, devenu un exotique enfer vert!

Le réalisateur: Joe Johnston est l'un des plus sympathiques faiseurs américains. C'est un type qui fait ce que l'on attend de lui. Il le fait avec un savoir faire extraordinaire. D'abord responsable d'effets spéciaux, Chérie j'ai rétréci les gosses est son premier film et son premier succès au box office. Il enchainera avec son premier bide, le très mésestimé Rocketeer, adaptation d'un comic avant la mode. Son créneau reste le film tout public. On lui confie des gros budgets sans problème mais il fait des choses plus personnelles comme October Sky. Mais il a surtout réalisé le meilleur film de super héros, le premier Captain America en 2011.

L'anecdote: le film vient de l'imagination de deux petits brigands de la série B d'horreur, Stuart Gordon et Brian Yuzna. Ces deux là ne font pas dans le spectacle grand public. On leur doit des excellents films d'horreur comme Reanimator ou Society. Des films à ne pas mettre entre toutes les mains. Aujourd'hui encore, les deux hommes défendent le fantastique et l'indépendance!

Le casting: Rick Moranis est la star de ce film. Canadien, il est d'abord disc jockey puis se fait connaitre dans des sketchs à la télévision. Héros de la pop culture, il accède au cinéma hollywoodien grâce SOS Fantomes, il confirmera sa popularité tout au long de la décennie avant de disparaitre des écrans. En 1997, après le succès des Flintstones, il doit s'occuper de ses enfants après la mort de son épouse.

Pourquoi on aime: Produit par Disney, le film est un hommage au cinéma bis des années 50, et spécialement au cinéma de Jack Arnold, spécialiste du fantastique, responsable de pépites du genre comme Le Météore de la Nuit, Tarantula, La créature du Lac Noir ou bien sûr L'homme du rétrécit, connu pour son final quasi philosophique. Ici, nous sommes dans un spectacle familial, bien sous tout rapport mais distrayant en diable.

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