LA Rush

Petite promenade à Venice Beach en compagnie d'un Bruce Willis vieillissant. Exotique!
Depuis quelques années Bruce Willis suit les traces de son ami, Nicolas Cage. Un coup, il joue dans un chouette film; souvent, il cumule les polars pas très bien ficelés et des séries B qui sentent fort le petit budget très prétentieux. Après avoir démoli la franchise Die Hard, Bruce Willis tourne pour payer ses dettes...
Comme une vieille star de cinéma, il n'a plus l'éclat d'antan mais traine son bon vieux mythe de dur à cuire dans des métrages plus ou moins cyniques. Cela va donc très bien à son personnage, Steve, un détective privé qui bosse uniquement à Venice Beach, quartier très folklorique de Los Angeles. Il a de vieux copains dans la cité, il fait du skate et du surf, il n'a pas peur des méchants: c'est un Californien assez marrant!
Il y a deux choses qui comptent dans la vie: ses amitiés et son chien. Ce dernier est un jour kidnappé par un gang qui vend de la drogue et ca rend dingue notre héros! Comme on est à LA, on est dans le décor de Pulp Fiction et en plus Bruce Willis a fait parti de cette légendaire aventure! Donc LA Rush lorgne sur l'oeuvre de Tarantino.
C'est un récit sur des héros et des badguys aux petits pieds. Ils sont tous drôles et pathétiques. Ils se perdent dans un enquête qui frole l'absurde. Comme chez Tarantino, il y a tout un tas de personnages délirants qui font des monologues héroïques. En plus il y a un casting local et sympa: John Goodman, Adam Goldberg et Famke Janssen.
Les frères Cullen, les réalisateurs, promènent donc l'ancienne star dans un univers où la violence est un accessoire et le bon mot est totalement obligatoire. Ils ne réservent pas de surprise au spectateur qui a le droit de s'endormir devant ce film un peu trop cool mais très californien dans l'esprit! On est très loin du rush!!!
Avec Bruce Willis, Jason Momoa, Famke Janssen et John Goodman - 2017
La Saboteuse

En Angleterre, le jazz connait des mutations étranges et fantastique. Une petite Anglaise féminise la trompette avec un talent hors norme. Un disque spectaculaire!
Ses parents viennent du Barhein. Il y a dans sa musique une petite touche orientale qui montre bien la fierté de la jeune femme. Elle a le culot de vouloir nous faire danser avec du jazz. Vous vous rendez compte? Comme Ibrahim Maalouf, elle risque de ne pas être très bien vue par les pisse froids et les gardiens du temple!
Mais Yazz Ahmed est comme pas mal de ses camarades britanniques: elle en a marre du jazz en costard et sophistiqué. A Londres, le melting pot déborde sur la musique et le jazz absorbe ces derniers temps de nombreuses influences. Le Moyen Orient s'invite donc dans cette musique exigeante.
Ce que l'on aime chez cette trompettiste c'est son humilité. Il y a pas de démonstration dans ce disque. C'est clairement une invitation à l'évasion et l'épicurisme. Les instruments se répondent avec politesse mais compose une mosaïque sonore plus complexe et en tout point fascinante.
Copine de Radiohead, la musicienne n'a pas peur de s'échapper vers des tentations atmosphériques et fabriquer des ambiances qui nous ouvrent le champ des possibles. C'est une musique de rêve. Comme le groupe anglais, Yazz Ahmed fait sauter les verrous avec une élégance féminine (elle est accompagnée par un groupe de filles souvent) et un savoir faire incroyable.
On est bluffé par son souffle plein d'esprit et on apprécie plus les prises de risque dans les arrangements et la production. C'est un album qui fait du bien au moral et on est ravie que la jeune femme sabote les conventions! Qu'elle continue!
Naim Records - 2017
Death Note

Comme Netflix se diffuse sur toute la planète. Il faut plaire à tout le monde et donc proposer des spectacles qui ont le défaut d'être très très très lissés. La preuve avec cette adaptation décevante d'un manga fameux!
Games of throne cartonne à la télévision. Netflix bouscule le mode de consommation de longs métrages. Le box office de cette année se casse la gueule. La prophétie sur la fragilité du système hollywoddien faite par Spielberg en 2013 semble se réaliser. Mais les produits proposés par Netflix sont tout de même douteux!
Car l'adaptation du célèbre manga n'est pas à la hauteur du succès de l'oeuvre. Finalement, cela ressemble beaucoup à une série B sans ambition, avec un vilain monstre, deux trois meurtres à la sauce Destination Finale (pour les non initiés, un adolescent a entre ses mains un livre qui peut décider du destin funeste des personnes dont on écrit le nom) et une enquête molle qui sert de récit peu inspiré.
Adam Wingard avait réalisé il y a quelques temps le très sympathique You're Next. Puis il s'est sauvagement crouté avec le remake, reboot, grosse daube Blairwitch et Death Note confirme que son talent est bien limité à une passion réelle pour le genre. On l'a chargé de mettre en scène le fameux Godzilla vs King Kong. On a toutes les raisons de s'inquiéter.
Néanmoins, Netflix a le mérite d'assurer le service minimum et de ne pas gacher ses productions qui seront diffusées mondialement. Donc Death Note n'est pas trop mal fichu. La musique, électro, est plutot flippante et bien attachée à son sujet. La lumière aussi pourrait en surprendre plus d'un. On ne peut que regretter un scénario pas très abouti, qui ne veut pas affronter les démons de la bédé initiale, pervers et diabolique. Il faut plaire à toute la planète. Le dieu de la mort est en tout cas beaucoup moins intéressant que le dieu de l'entertainment, Spielberg, devenu devin dans son village hollywoodien!
avec Nat Wolff, Margaret Qualley, Lakeith Stanfield et Paul Nakauchi - Netflix - 1h35
Wintres Woma

Un titre et on est amoureux. C'est une grand joie de vous annoncer le mariage entre mon oreille et le disque de James Elkington, musicien anglais perdu à Chicago. Un disque qui nous fait prendre l'air!
Make it up, premier morceau de ce disque inattendu est une petite tuerie. C'est de la pop dans tout ce qu'elle a d'essentiel, d'humain et de métaphysique. C'est une ritournelle qui nous rappelle que tout cela c'est de l'art aussi. Effectivement notre oreille va immédiatement se coller sur les airs simples de ce méconnu James Elkington.
Venu d'Angleterre, il fait de la folk du coté de Chicago et connait là bas un petit succès. On aimerait que les frontières explosent pour lui car son style et sa science impressionnent. Il fait de la folk effectivement mais il amène des touches variées et trouve toute l'espièglerie de son genre.
Il rappelle Richard Thompson, troubadour du rock mais l'influence de Chicago est présente. On retrouve ici ou là des attitudes jazzy et des idées plus rock. On va ainsi de suprise en surprise. Wintres Woma n'est pas un album charmant et séduisant. Il est exigeant et nous titille à chaque nouvelle chanson. Il joue avec notre curiosité en insistant sur l'ambiance anglaise ou l'enseignement américain. De toute façon l'ensemble a une belle et vraie personnalité!
Paradise of bachelors - 2017
La vie secrète des chats, Super Félin Nanny…Episode 1/2


AHhhhhhhh, vous m’avez manqué mes petits chatons, j’ai profité de mon été espagnol pour m’aiguiser mes griffes, affuter mes petites papattes, me faire dorer le poil et même si je me suis mis au Yoga, non, je n’arrive toujours pas m’auto lécher les chevilles pour vernir ma peau légèrement halée.
Vous me voyez venir, oui, nous allons parler animaux de compagnie en cette première chronique de la saison ; bien sûr, j’aurai pu revenir par fainéantise sur un énième été de la télé, ou encore teaser sur la rentrée riche en nouveautés, pas tant que ça en fait, et puis non, non de non, on se régale et régalera toujours des fonds de tiroir un peu nases qui remplissent les cases ou des concepts follement novateurs mais qui répondent désormais à deux angles cloisonnés : Soit une table ronde avec assis autour une foultitude de chroniqueurs payés à lécher les testiboules d’un animateur vedette, soit un/une spécialiste dans un domaine du quotidien qui vient coacher des braves vulgum pecus en telle difficulté qu’ils acceptent de déballer leur life devant une partie de la France fan de télé moisie.
Aujourd’hui : Option 2 !
Et attention, du précieux, du luxe, du j’me fous pas de votre tronche !
Et oui, ce jour-là, un dimanche de veille de rentrée, la pluie s’était invitée sur les rebords de mes fenêtre, les mines étaient partagées entre le blues grimpant de vacances déjà lointaines et le fatalisme d’un bien cliché « toutes les bonnes choses ont une fin » ; moi-même, sortant d’une sieste une nouvelle fois ronronnante attaquée juste après les premiers tours de Formule 1 en folie, et un réveil avec la mèche qui colle l’œil hagard mi-clos devant trois mecs à casque sur le podium du circuit de Monza ; je me demandais comment combler les quelques heures me rapprochant dangereusement de la préparation des cartables des enfants et du fameux « on va pas se coucher trop tard pour être en forme demain »…grrrrrrrr.
Dans un élan d’énergie que seuls les dimanche après-midi peuvent offrir, à savoir se lever du canapé, remettre ses baskets pourries du dimanche qui puent mais qu’on aime mettre justement le dimanche, aller jusqu’à la Senseo, se faire un café, revenir dans le salon, retirer les baskets qui puent, se remettre dans le canapé, prendre la zappette, zapper ; mes petits yeux curieux n’allaient pas beaucoup plus loin que la chaine 1, autrement dit depuis plus de 40 ans, TF1.
Et là, en 15 secondes de visionnage, dans un gloups de café, l’odeur des pompes qui m’alertait sur un nécessaire investissement rapide en la matière, j’entrevoyais un potentiel connerie de haut rang concernant ce « La vie secrète des chats »...
Bon, que des cerveaux « créatifs » de boite de prod aient eu l’idée il y a 15 ans de faire une émission proposant principalement à des gens du nord ou des belges de leur venir en aide face aux affres de leurs affreuses progénitures avec une Super Nanny, why not ; puis que ces mêmes cerveaux réussirent à vendre aux télés française pelle mêle le fait de mater des ados rebelles avec un musclor videur du Macumba Night de Valenciennes avec Pascal le Grand Frère, bon ok, ou encore de sauver du tirage de zizi nouille main gauche des paysans français en leur faisant découvrir l’amour de préférence dans le près, non mais là ça commence à faire beaucoup mais bon !!
Puis après de proposer à des futures mariées taille 44 de sauvagement bousiller les mariages de trois autres futures mariées en y allant de leurs critiques sur Tonton Michel et Tata Jackie tout à parce qu’ils ont dansé sur du Richard Gotainer, non mais là fallait s’arrêter hein, bah non ! vas-y que les mecs lancent sur la même base d’échanges au napalm fusée roquette terrain miné avec des couples qui se pourrissent la life pendant une semaine en allant pieuter les uns chez les autres dans des chambres d’hôtes aux papiers peints confins jaune pisse…et là tu te dis que les mecs vont s’apercevoir qu’il faut tout stopper car ça vire coquin ???
Bah non !!! Penses-tu ! je tire un nouveau tiroir, et vlan, super meilleur cuisinier pâtissier boulanger artisan top mega super chef émulsion feu de bois pot-au-feu même avec un bras en moins, maiiiiiiiiiiis vas-y urine moi sur la zappette et maroufle moi la pupille ; maroufler ah bah tiens justement, ta baraque est pourrie nase et en plus t’es moche comme une cuvette de chiotte hongroise, vlan, idée, on casse tout chez toi, on met des guss en salopette Mario-Luigi, tu fermes les yeux, t’as une baraque toute neuve, du moins en apparence, tu chiales, tes enfants aussi, du coup, ils se sentent plus pisser, ils pètent les plombs, t’habites le Nord, donc t’appelles Super Nanny, hein quoi elle est morte, ok, on en a une de remplacement, youpiiii, elle traumatise encore plus tes mômes, pas grave, z’ont quels âges ? 14 et 16, okkkkk, Pascal le Grand Frère, deux targnolles dans leurs joues biactol et ça repart ; comment ça ce ne sont pas tes mômes mais ceux de ta nouvelle femme Bianca que t’as rencontré sur le plateau de « C’est Mon Choix » spécial « Je ne peux pas m’empêcher de tromper mon conjoint avec des gens du personnel de chez Baboo » , ahhhhhhhhh !
Donc là, dans une nouvelle gorgée de café, effleurant l’idée que non O non, les mêmes cerveaux caillassés à la coke dans des hangars de la Seine-St-Denis n’ont pas pu avoir une nouvelle idée encore plus foireuse que les quelques unes citées précédemment…tu poses ta tasse, tu mets le son, une nana mode « coach » commente yeux rivés sur un écran les comportements d’un dénommé « Plume » qui serait en train de pourrir la vie à une dénommée « Minouchette »…tu crains le pire…t’as bien raison…oui, les mecs viennent de mettre à l’antenne un mix entre Secret Story et Super Nanny…mais pour des chats…
Et là…forcément, faut que je vous raconte…alors rendez-vous la semaine prochaine…pour l’épisode 2. Miaou bisous j’vous embrasse
Powerplant

Désormais nous avons un président qui parle très bien. Il utilise de jolis mots désuets et conjugue à des temps que plus personne n'utilise. C'est un jeune qui parle comme un vieux. Notre président devrait plaire aux grands mères, aux professeurs de latin et même à des gens de droite!
Il est poli et bien coiffé. Il a une poigne de fer. Mais franchement, on a peut être besoin d'un contre coup! D'une anti-thèse. D'un nemesis! Je propose alors le gentil coté punk de Girlpool. On est au début du mandat de notre jeune président: on ne va pas lui coller des gros poilus vikings qui picolent de l'aquavit dans leurs guitares. Les filles de ce groupe de Los Angeles sont de toute façon plus fofolles que notre président. Un peu plus jeunes aussi. Mais comme notre président, elles ne sont pas méchantes.
Certes, elles apprécient les grosses guitares et les rythmes binaires, bêtes et disciplinés. Notre président a bien travaillé pendant des milliers d'adolescents se sont pris pour Kurt Cobain dans les années 90! Girlpool a visiblement bien réécouté les disques de tout ce qui vient de Seattle.
Ce qu'elles ont bien compris, c'est que la mélodie peut résister à des murs de sons, des hurluments électriques ou une batterie un peu trop cognée. L'harmonie doit subsister malgré les débauches d'énergie et c'est bien ce que l'on entend dans ce rafraichissant disque de rock entre grunge et folk. Les filles, aidés par un batteur compétent, aiment sortir des sentiers battus mais ne veulent pas choquer le bourgeois. Un peu comme notre président.
Finalement elles ne peuvent pas être à l'opposé de notre président. Comme lui, elles possèdent cette qualité de l'équilibre. C'est un peu voyant parfois mais le duo arrive à nous replonger dans ce son un peu cradingue mais finalement assez romanesque. Ca a l'air assez bruyant de loin mais quand on est attentif, on entend des arrangement plutôt délicats et les deux voix se lovent parfaitement.
Bon bah, pour le chef de l'état, on va peut être lui envoyer du tordu metalleux. Ces deux punkettes sont trop gentilles et leur album est totalement conseillé. Notre président pourrait aimer!
Anti- 2017
Baby Driver

C'est un film sur le rêve américain. C'est un film sur les mythes. C'est un polar qui passe à la vitesse supérieure constamment. Jusqu'à l'excès peut être!
Edgar Wright est un réalisateur à surveiller. Depuis le succès de Shaun of the Dead, le réalisateur anglais a montré qu'il avait tout compris à la contre culture et aux geeks. C'est un surdoué de l'image et un passionné. Il ne réussit pas toujours ses films mais le type a du coeur et cela se ressent!
C'est ce qui rend son cinéma sympa! Baby Driver avec son casting sympa et ses grosses bagnoles a tout pour être le spectacle fun et direct! C'est le cas dans une super première partie où l'on découvre un chauffeur pour casses qui souffre des oreilles et écoute de la musique pour se concentrer à sa conduite spectaculaire!
Billy Elliott de la grande vitesse, le jeune homme doit du pognon à un mafieux paternaliste et sa dette sera épongée après un dernier braquage. Evidemment rien ne va se passer comme prévu. Dans cette seconde moitié, on est en terrain connu et le réalisateur se concentre sur son récit. Il est musclé et enlevé. Un Drive avec de l'humour et de la dérision.
Wright lorgne sur Tarantino et c'est bien normal car il cherche à mettre en scène des mythes qui lui plaisent et le nourrissent. Les voyous au grand coeur. Le méchant psychopathe. La musique cool. Les voitures comme symbole de la liberté. Wright est en Amérique et danse littéralement autour de ces thèmes.
On est d'abod halluciné par la première partie, véritable chorégraphie exaltée où tout se mêle joyeusement! Puis ca freine un peu à cause d'un embouteillage de seconds rôles connus mais trop stéréotypés pour surprendre. Mais Wright a vraiment l'envie de renouveler le genre de la poursuite en bagnoles. Les cascades sont tournoyantes et on redécouvre un peu le plaisir du carambolages photogéniques après des années de Fast & Furious.
Ce n'est donc pas le grand film attendu mais Wright se fait plaisir et arrive à partager cela avec nous. Pressé, hors limite parfois, un peu de calme lui permettra sûrement un jour de réaliser un très grand film.
Avec Kevin Spacey, Ansel Elgort, Lily James et Jon Hamm - Sony - 19 juillet 2017 - 1h50
Boustrophedon

C'est un garçon généreux! Nicolas Paugam pense à nous, le petit consommateur d'informations stressantes. Il nous propose un constat simple:nous sommes surmenés (Surmenage a Paris) et en même temps il nous fait une petite leçon de... pop.
Tant de légèreté et de joliesse, on ne s'attendait pas à ça de la part d'un artisant assez discret et attachant. En quelques notes, on pense déjà à la poésie décalée des Innocents qui s'y connaissent en matière de ritournelles indestructibles! Nicolas Paugam pourrait exploser avec ce disque: on voudrait qu'il reste notre secret mais il est finalement tant que la reconnaissance lui soit offerte.
Car dans ce disque il y a tout ce que l'on aime dans la pop. De la candeur qui se love à de la gravité. Comme la pochette faite de collages, le disque est fait de bric et de broc mais trouve l'harmonie. Il arrive même à composer une chanson sur le Bataclan d'une douceur qui fait du bien au coeur et à la tête.
On ne sait pas trop ce qu'est "Boustrophedon" (un virage du sens de lecture en quelque sorte) mais c'est visiblement très bon pour la santé. Et les oreilles. C'est sûrement la formule secrète qu'il a trouvé pour avoir cette grâce incroyable, espiègle et lyrique qui fait tout le charme de cette collection subtile de chansons.
Ca faisait longtemps que l'on n'avait pas entendu de la pop aussi bien découpée en version française. Il y a de la fraicheur et de la fantaisie. C'est dans les détails que l'on entend la grace. C'est vraiment une révélation. Ca y est, c'est fait: on a la notre pour la rentrée!
Microcultures - 2017
And Then Like Lions

La prmemière chanson vous promène. Un rythme mid tempo et pas mal d'instruments pour vous kidnapper vers un ailleurs paisible et champêtre. La voix du chanteur est joliment perché sur arbre qui vous ferait croire à une forêt fleuri et britannique. Le titre a un redoutable pouvoir d'évasion: c'est cette espèce de fantasme qui fait des chanteurs anglais, les descendants des bardes celtes.
Il y a chez Blind Pilot, ce mysticisme discret caché derrière un savoir faire très terre à terre. Pour eux, sans trop réfléchir, on dirait qu'ils sont efficace. Comme Mumfords & Sons. Ce sont de solides gaillards cachés derrière des oripeaux simples et rupestres.
Abve
ATO Records
Que dios nos perdone

Un thriller espagnol qui file des frissons et qui donne chaud!
Le détective Velarde a un charisme d'huitre. Il mène ses enquêtes de manière déconcertante. Il a des des costards trop grands. Il est timide et bègue. En tout cas, il met parfois mal à l'aise son partenaire, l'inspecteur Alfaro. Lui, c'est un grande gueule et un sanguin dont se méfie le commissariat. Ce ne sont pas des héros mais des types ordinaires dans une Espagne en crise, en 2011, quelques jours avant l'arrivée du pape Benoit XVI.
Pourtant le spectateur va presque se sentir en sécurité entre ces deux policiers atypiques lorsqu'ils sont en charge d'un crime abominable. Ils devinent rapidement aqu'il y a a à Madrid un serial killer qui en veut aux petites vieilles.
Les crimes crapuleux se succèdent et les deux hommes vont être vampirisés par cette chasse au tueur! Rodrigo Sorogoyen, le cinéaste, ne va rien nous épargner et nous plonger dans les zones d'ombre d'une société meurtrie par la crise et l'indifférence.
Le contexte a son importance. Le diable est dans les détails et nos deux policiers vont froler la folie pour comprendre l'affreux criminel qu'ils poursuivent. C'est un chemin de croix, éprouvant, urbain et diabolique.
La bonne idée c'est donc cette ville en effervescence où les deux héros vont se perdre, sous une chaleur accablante. En face de l'ignominie (attention aux âmes sensibles), les deux hommes prennent des coups et finissent assomer!
C'est une vraie enquête. Il y a des fausses pistes et des suspects. Les flics doivent chercher dans toutes les classes sociales s'il n'y a pas un fou qui s'acharne sur des femmes innocentes. Le film ne fait pas dans l'emphase mais parvient à créer un climat étrange, en dehors de toute zone de confort.
Les Espagnols sont doués pour le film de genre mais là sur un pitch casse gueule ("un flic bègue et un sosie de Jean Reno courent après un violeur de mamie), le jeune réalisateur évite les pièges et réinvente le polar en brossant un portrait noir (mais un peu long) de la société ibérique. C'est un film policier. Moderne et universel. Plus nuancé que les apparences. Les dieux sont avec nous: on a trouvé un bon film cet été!
Avec Antonio de la Torre, Roberto Álamo, Javier Pereira et Luis Zahera - le pacte - 09 aout 2017 - 2h06



