It comes at Night

Pour vous remettre du nanar de Darren Aronosky, Mother, je profite de cette page pour vous proposer un excellent petit film qui en dit dix fois plus que Mother et sa grande blonde obsédée par son intérieur AM/PM!
Car l'intérieur de la maison de It Comes at Night est beaucoup plus rustique. On n'est pas chez les bobos mais plutôt chez les petites gens, perdus en pleine campagne. Et pour cause: un terrible virus fait sa vendange mortelle sur la planète.
Un papa barbu protège donc sa femme et son fils dans une maison isolée, gardée par un chien courageux. L'équilibre est précaire. La mort est dans l'air. Le désespoir est omniprésent. La première scène est simple, dure mais a le grand mérite de résumer la situation.
Comme Aronofsky, le réalisateur Trey Edward Shults a de l'ambition mais sa vision, tout en économie, a une force incroyable. Au delà du postulat, ce que montre le réalisateur c'est bien l'importance et la fragilité de la famille.
Ce n'est pas un film d'horreur avec des jumpscare et des monstres. Ce n'est pas un film de virus avec des gros baveux qui courent le cent mètres en dix secondes. C'est une oeuvre sur l'inconnu et la modestie. Ce n'est pas philosophique. C'est de la bonne série B: le récit sert un propos.
Le réalisateur fait un bon survival où les hommes sont bien faibles et les ennuis s'accumulent jusqu'à un final évidemment peu joyeux! La parano et la contamination sont bien là mais la mise en scène transende l'ensemble vers un brillant exercice de style réfléchi.
Aidé par une chouette bande d'acteurs menée par le besogneux Joel Edgerton, film joue sur le minimalisme et l'aridité. Ca sera peut être dur pour certains mais le premier degré et l'atmosphère remplissent de joie les amateurs de séries B sans concession et qui ne prennent pas le spectateur pour un béni oui oui. Voilà une maison qui se visite... de nuit de préférence! Brr...
Joel Edgerton, Kelvin Harrison Jr., Carmen Ejogo et Christopher Abbott - 2017 - 1h30
The circle

Tom Hanks minaude presque tout autant que la charmante Emma Watson et dénoncent ensemble le monde moderne qui va tous nous aliéner ! Brr…
Bon bah ca y est ! Nous y voilà : nous allons tous vivre dans le Truman Show. 1984 c’est enfin arrivé. Et maintenant tout le monde va pouvoir vous suivre dans votre quotidien. The Circle montre donc l’enfer en mode 2.0 et on a intérêt à garder le sourire !
C’est la découverte que va faire une petite jeune brillante jouée par la jolie Emma Watson. Elle découvre donc un super campus où elle rencontre que des gars sympas, des geeks rigolos et un type mystérieux (John Boyega qui comble l'attente entre deux Star Wars). Y a même Beck qui vient chanter dans le jardin. Trop cool !
Elle vénère comme les autres, le créateur de The Circle, cette compagnie qui fait de la technologie, une arme de destruction massive de la vie privée. Tom Hanks joue le gourou milliardaire et fascinant. Il assure le service minimum et caricature la figure du roi des nouvelles technologies.
Les réseaux sociaux sont la source d’un mal qui pourrait faire flancher l’humanité ; heureusement notre héroïne n’est pas un mouton qui suit bêtement le troupeau. La critique est facile, à l’image du film.
Il y avait bien là, un film qui pouvait être sous tension. Les thèmes ont tout ce qu’il faut d’inquiétant pour proposer un thriller bien dans son époque. On reste en surface et on enfonce des portes ouvertes avec une narration paresseuse, qui nous promène dans le chouette campus.
Le seul intérêt c’est la dernière apparition de ce pauvre Bill Paxton qui est décédé il y a peu. Fidèle second couteau de James Cameron, Bill Paxton a empilé un grand nombre de seconds rôles dans les séries B de tout poil. Il avait eu l’occasion de mourir dans Aliens et Predator2, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Généreux, il était un solide acteur dont on peut revoir son très ambigu mais maitrisé Emprise, son seul film comme réalisateur. Le comédien joue le père malade d’Emma Watson. Une ironie que l’on aurait aimé voir dans le film, lisse comme un smartphone.
Avec Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega et Bill Paxton - 12 juillet 2017 - mars film - 1h45
Serendipity

Un arbre en fleurs et de la musique en toute liberté. Une idée toute simple de serendipité!
Ce terme barbare suppose l'idée de découvrir quelque chose alors que l'on était à la recherche d'autre chose. C'est l'étrange concept de ce disque qui réunit des artistes venus d'horizons différents. Un gars des turbulents Zero, le compère de Chapelier fou, un musicien de Nadja et un autre de Pedro Soler. On est dans l'underground passionné et la farouche indépendance.
Ils forment donc Orchard, un quatuor qui ronge les genres et fabrique tout un univers très rock et très planant. D'abord on tombe de cheval mais la course devient assez sensationnelle par la suite. Ce n'est pas le disque le plus abordable!
Mais très vite, on devine l'aventure de quatre musiciens qui doivent travailler ensemble. Réunis par le directeur artistique du label Ici d'ailleurs, les musiciens doivent s'amadouer et trouver un terrain d'entente.
Sur des improvisations, s'assemblent des forces. On voit se fabriquer un univers libre et énergique. L'approche est un peu celle du free jazz. Il faut accepter les ruptures et les dissonances. Ils étirent le son. Ils accélèrent soudainement. Ils malmènent l'auditeur et ses habitudes.
C'est évidemment un résultat étrange mais il est osé et reflète l'intelligence et l'idée d'ouverture. On ne s'attendait pas à ça. On est ravi de découvrir autre chose: une vision émancipée de la musique, de sa fabrication, de son appréciation. Bref, un disque qui fait réfléchir. Etonnant, non?
Ici d'ailleurs - 2017
Franck Underwood et moi


A l’heure où les veinards, et j’en suis, possesseurs de Netflix viennent de se délecter devant les 13 épisodes d’une 5ème saison d’ « House of cards » qui a tenu une fois de plus toutes ces promesses, ou dans le pire des cas se délecteront de ladite saison d’ici 7 à 8 ans sur TF1 en 6ème partie de soirée, il était temps pour moi de mettre en lumière l’un des plus beaux enfoirés de sa génération, sans doute le pire enc***** depuis JR Ewing que les cerveaux déjantés des scénaristes américains aient pu accoucher depuis 40 ans, j’ai nommé Franck Underwood ! Bien sûr, sa femme, Claire Underwood, n’est pas en reste, et s’il aurait été de bons tons, parité oblige, de mettre en avant l’ignominie sans aucune turpitude de la belle et désormais Présidente des Etats-Unis (oui je spoile, fallait pas lire et puis c’est tout), mais non, à tout fumier tout honneur, restons sur Franck ; ce qui d’ailleurs ne serait pas pour lui déplaire, car oui, si Franck goes to Washington, il aime dans les coursives de la Maison Blanche jouer les Franck goes to Hollywood ! Relaxxxxxxxx durrexxxxxx etc !
Ne nous cachons pas derrière notre zapette, nous, vugum pecus télévores que nous sommes ; combien d’entre nous, secrètement, n’ont-ils pas rêvé d’avoir dans les veines le venin froid d’Underwood, le sublime esprit stratège et machiavélique quand, face à un ennemi ou du moins une petite frappe de passage dans un open space lumineux et austère un lundi matin d’automne, vous aviez eu vent que ledit lascar aimait à médire sur vous à la machine à café, pis au self ! L’envie de l’écraser et de lui ruiner sa life étant si forte que oui, avouez-le, vous vous dites que ferait Franck Underwood dans une telle situation, et là, en suivant les codes les plus honteux de la manigance, vous trouvez naturellement de suite les solutions pour lui pourrir la vie. Merci Franck.
Alors, si l’ami Vincent Delerm avait comingouté son amour secret pour Fanny Ardant dans une chanson qui a marqué toute une génération de désormais quarantenaires, à notre tour, nous, adorateurs secret de ce cafard de Franck Underwood, de poser en reprenant la trame de « Fanny Ardant et moi », les lignes d’une chanson à sa diabolique gloire !
1, 2, 3…1, 2
« Il fait peur à tous les ricains
Dans mon canap j’imagine bien
Avoir un président comme ça
Franck Underwood et moi
J’passe la soirée pas super bien
Pendant qu’il bute tous les crétins
Il me fout les boules si souvent
Franck Underwood t’es chiant
Limite facho limite pas clair
Il dézingue froid façon vénére
Ses ennemis et peu’être même toi
Pendant qu’je bouffe du chocolat
Il terrorise la maison blanche
T’évites de l’regarder l’dimanche
De peur qu’il ne tue tes parents
Franck Underwood évidemment
J’lui parle pas des meufs de mon n’veu
De peur qu’il ne dise nom de dieu
Tu vas les trucider comme ça
Franck Underwood et moi
Sous prétexte qu’elles soient toutes coiffeuses
Peut-être même pétasses boutonneuses
Il aime pas ça les filles les gens
Franck Underwood évidemment
Limite facho franchement pas clair
Il pulvérise façon vénére
Ses ennemis et peu’être même toi
Pendant qu’je bouffe du chocolat
Il terrorise la maison blanche
T’évite de l’regarder l’dimanche
De peur qu’il ne tue tes enfants
Franck Underwood évidemment
Mehari

Archimede revient. Mine de rien, les deux frangins sont devenus deux des artistes les plus abordables. Ecouter leur disque c'est un peu comme retrouver des copains bavards que l'on avait pas vu depuis longtemps!
Bushwick

Dans l'Amérique de Trump, cette nouvelle production Netflix fait froid dans le dos.
L'Eté fut chaud pour notre nouvel ami, Donald Trump, véritable goofy de la politique et champion de la bétise abyssale. Même les Bush sont désormais offusqués par le nouvel occupant de la Maison Blanche. En attendant, face à un meurtre commis par des bons gros racistes, Donald Trump a eu bien du mal à condamner l'assassinat et pense toujours que chez les gars du KKK, il y a des gens honnêtes. Sic!
La série des American Nightmare prouvait que les séries B étaient plus efficaces lorsqu'elles s'inspiraient d'une réalité sourde et existente. C'est ce que prouve à nouveau Bushwick qui raconte l'invasion d'une banlieue new-yorkaise par des séparatistes, cousins lointains des suprémacistes, si proches de notre copain Donald!
Mais ce n'est pas un discours politique qui intéresse les deux réalisateurs mais bien la forme: il s'agit d'un long plan séquence. Ambitieux, le style va bien à la situation d'urgence dans laquelle se retrouve la pauvre Lucy qui veut juste rendre visite chez sa grand mère et se retrouve au coeur d'une guerre civile en sortant du métro.
Heureusement pour elle, il y a Stupe, un vétéran qui vit dans une cave et qui voudra bien l'aider à traverser quelques rues. Mais les réalisateurs montrent un vrai enfer urbain, dans une urgence assez fascinante.
On connait le refrain mais la musique est un peu différente avec ce parti pris assez casse gueule mais assez bien maitrisé par les auteurs. Les deux comédiens principaux sont excellents et la poursuite en ville est soufflante à certains moments. Les moyens sont humbles mais l'efficacité est maximum.
Projeté à la 15e des réalisateurs, remarqué à Sundance, le fim Netflix aurait plus d'impact sur un grand écran, mais que voulez vous ma bonne dame! Depuis l'arrivée de Trump aux affaires du Monde, rien ne tourne plus rond!
Avec Dave Bautista, Brittany Snow, Jeremie Harris et Angelic Zambrana - Netflix - 1h30
Valérian et la cité des 1000 planètes

Bon ca y est les vacances sont vraiment finies. Le rythme scolaire a repris ses droits mais on a oublié de vous parler du blockbuster estival français, qui n'a pas brillé au milieu de galaxie cinématographique de l'année 2017!
Malgré un certain succès en Chine, le nouveau gros film de Luc Besson n'a pas vraiment été la réussite attendu, la nouvelle franchise de la science fiction ou le film le plus cool de l'année, comme l'aurait voulu l'homme d'affaires avisé qu'est Luc Besson.
Après le succès surprise dans le monde entier de Lucy, le réalisateur se fait plaisir avec l'adaptation d'une bande dessinée qui date mais qui a influencé la science fiction. Question ambition, il fait très fort! Il fallait oser et on peut apprécier cette prise de risque du producteur d'un nombre de nanars incroyables.
Mais il faut se rappeler qu'il a été le réalisateur de Nikita, Léon ou Le Cinquième élément. Il peut donc se targuer d'avoir un univers visuel et un sens bien à lui du spectacle. Au fil du temps, Besson reste une référence qu'on l'aime ou qu'on le déteste.
Bourré de défauts, son nouveau film a tout de même quelques qualités en adaptant la bédé de Mézières et Christin. Il y a un semblant de naïveté qui subsiste malgré le budget colossal du projet. C'est de la bédé et le cinéaste ne gomme jamais cette nature omniprésente, malgré quelques nettoyages pour coller à l'époque et des idées qui font penser à Star Trek.
Pourtant il y a bien un rythme dans le film. Le scénario est d'une légèreté insoutenable (il faudra un jour dire à Besson qu'il n'est pas scénariste) mais la schématisation ne dérange pas: le duo de comédiens fonctionne plutot bien et Cara Delevingne est bien la personne la plus sexy que l'on a vu dans l'espace depuis bien longtemps. Les Jedi a coté, ce sont des moines.
Bref, revenons au sujet: qu'est ce que ca vaut? Une oeuvre de science fiction décontracté. Le film a couté cher et ca se voit. De temps en temps, c'est d'une laideur sans nom puis il y a des éclairs de génie.
C'est donc très agaçant car finalement, on aurait bien aimé vouloir défendre le film français le plus cher de l'histoire. Trop généreux, Besson a tout de même ce coté sale gosse qui fait pour l'occasion de lui, un type sans cynisme. On sait qu'il compense cet aspect avec son métier de producteur peu scrupuleux.
En attendant, il réalise son film avec tendresse, en invitant ses potes (Chabat, Kassovitz et tous les cinéastes qu'il soutient se déguisent dans le film tout comme Herbie Hancock dans le rôle d'un ministre). C'est un peu n'importe quoi mais finalement c'est le charme de cette oeuvre inégale, sincère et déconcertante.
Avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen et Rihanna - Europacorp - 17 juillet 2017 - 2h15
Begin Again

Est que vous connaissez John Carney? Le réalisateur de Once, New York Melody et Sing Street. Un type obsédé par la musique! Evidemment qu'il est intéressant de jeter une oreille sur les musiques de ses films!
New York Melody en anglais, cela se dit Begin Again et on applaudira une fois de plus la traduction française toujours prête pour nous surprendre! C'est le film hollywoodien de John Carney, réalisateur d'un petit film irlandais qui a fait un carton sur la planète entière parce Spielberg a beaucoup aimé: Once.
Un film sur la folk music et désormais un gros films sur le succès et la production américaine. La musique se met donc au diapason et le réalisateur observe les musiques qui viennent de New York. Il y a donc dans son disque, de la soul, du groove, de la pop et du rock.
De loin, comme ça, cela peut paraitre indigeste. D'ailleurs la présence de Adam Levine (de Maroon 5) et Ceelo Green ne sont pas rassurantes. Ces deux là ne font pas dans la nuance. Et puis l'actrice du film, Keira Knightley s'essaie à la chanson.
Vous savez bien que ce n'est pas toujours bon signe quand une actrice décide qu'elle sera chanteuse. Mais visiblement elle est bien coachée et s'en sort très bien dans le trip "chanteuse de la campagne à la robe élégante et à la sensibilité émouvante".
Tout comme le chanteur de Maroon 5 qui sort un peu de son créneau de crooner moderne. Les chansons sont entêtantes et Carney rend bien compte de la production américaine! Il y a bien tous les clichés mais il y a aussi le plaisir simple d'une chanson qui se plante dans le crane et ne plus s'enlever!
Comme dans le film, c'est toute l'efficacité d'un hit qui est démontré dans ce disque qu'on avait bien envi de détester et que l'on finit par écouter en boucle. Il y a bien deux ou trois fautes de goût mais dans l'ensemble, ca fonctionne assez bien. Mais très bien puisque finalement tout l'album se chante sans préjugé et avec enthousiasme. Ce n'est pas du tout raffiné mais bon après tout c'est le film hollywoodien de John Carney, qui se fera plus nuancé sur son métrage suivant, l'irrésistible Sing Street!
Polydor - 2014




