Kicking up the dust

Il n'y a pas que le shoegazing dans la vie! La Britpop refait parler d'elle avec le retour de vieilles gloires sur le devant de la scène. Teenage fanclub lachait un nouveau chef d'oeuvre l'année dernière. Les Charlatans montrent toujours qu'ils existent.

Liam Gallagher refait parler de lui avec un album solo. Son premier. Il prend certainement toute la place car il y en a d'autres qui reviennent comme Cast, le groupe de John Power, idole de Noel Gallagher.

Pour le guitariste d'Oasis, Cast est le Who des années 90. Le compliment fait date et le groupe continue son bonhomme de chemin après un arrêt de dix ans, en 2001 et 2011. Ancien bassiste des mythiques The La's, John Power a tenté une carrière solo sans grande conviction. Il se sent plus fort avec ses copains de Cast.

A bientôt cinquante ans, le leader de Cast ne fait plus de la grosse britpop efficace qui vous transformerait automatiquement en supporter du FC Liverpool. Ses nouvelles chansons sont plus rock, plus aventureuses, éloignées des débuts turbulents et tonitruants du groupe.

Power et ses fidèles complices tentent un style plus bariolé avec un peu de funk et pas mal de rock. C'est convaincant. On veut bien croire qu'à 50 balais on a l'envie d'aller voir un peu ailleurs.

Ce n'est toujours pas maitrisé mais c'est agréable de voir que cyniquement Power et les siens n'essaient pas de reproduire bêtement les hits qui ont fait la gloire perdue. On entend des types passionnés et pas du tout blasés. Leur musique ne ressemble pas aux Who mais comme eux, ils savent que la pop est une forme de musique que l'on peut triturer comme on veut. Enfin eux, ils tentent! C'est déjà ça!

Cast recordings absolute - 2017

Journée internationale des filles

Journée internationale de l’oeuf

Blade Runner 2049

On ne sait pas trop si c'était nécessaire mais Blade Runner a droit à une suite 30 ans après le film de Ridley Scott. La bonne idée: mettre le très intellectuel Denis Villeneuve. Mais la pensée est elle soluble dans le blockbuster?

Car, ces derniers temps, la science fiction au cinéma, c'est juste le décor, les effets spéciaux et le gigantisme! Si les producteurs peuvent de débarasser de toute réflexion pour juste rester dans l'emphase et le spectaculaire, ils ne se gènent pas!

Oser reprendre Blade Runner en 2017, à l'heure des Transformers, c'est franchement casse gueule. D'autant que Ridley Scott est à la baguette de la séquelle et que sa gestion de la mythologie d'Alien est plus que douteuse avec ses deux préquelles maladroites.

Pourtant le vieux cinéaste anglais va donner les clefs du projet à Denis Villeneuve, le réalisateur Canadien qui bouscule hollywood en imposant de la noirceur, de la dépression dans des polars et des films de genre, quasi métaphysiques. Villeneuve, c'est un peu l'extraterrestre d'Hollywood depuis le succès de Prisoners!

Il n'y a donc pas de doute: il va tout comprendre aux enjeux de Blade Runner, film noir futuriste où la condition humaine est au coeur d'une intrigue tortueuse. On repart donc sur les mêmes bases avec un nouveau Blade Runner, toujours à la recherche des répliquants qui se cachent dans une société au bord du chaos. Mais le pauvre va faire la lumière sur un secret bien enfoui qui pourrait changer la face du Monde...

Le pauvre faisait déjà la gueule. He bien il va se la faire casser désormais parce qu'il pose des questions qui dérangent de plus en plus. Et Villeneuve en profite pour parler de la virtualité du Monde, la désincarnation des sentiments et le déclin pur de l'Humanité. Il fait bel et bien renaitre les émotions que suscitaient le premier film avec une fine observation du style de Ridley Scott.

Villeneuve n'est pas du genre à se laisser aller à la facilité. Il propose une oeuvre contemplative, un nouveau film noir où se sont les personnages qui font naitre les tensions plutôt que l'action (le film est assez pauvre: ca n'a jamais été la passion du réalisateur), un film d'auteur.

En apparence il arrive à grimper au niveau du film culte de Ridley scott, bide remarqué à son époque! Mais il y a une vraie différence entre les deux films: la durée et l'inventivité. Ici, Villeneuve réussit l'imitation mais a du mal à habiter sincérement les impressionnantes ambiances des très différents décors du film. Ca tourne à l'exercice de style. Brillant, c'est vrai!

Plus problématique, c'est la lenteur. Il y a presque une heure de plus dans Blade Runner 2049. Et elle n'apporte pas grand chose de plus à la réflexion du premier film. On peut profiter certes d'un casting féminin assez incroyable et fascinant mais ca ne suffit pas à supporter un étirement esthétique d'une intrigue qui aurait gagné à être plus ramassé. 2049 minutes, c'est bien l'impression que laisse le film qui ne dure que 2h45!

Une sensation qui rend un peu triste car Hollywood semble aussi avec ce film redécouvrir que le cerveau est tout aussi important que les yeux. Pour cette bonne intention, on restera très accomodant avec ce gros film de science fiction qui pense, et qui pense et qui pense...

Avec Ryan Gosling, Ana de Armas, Robin Wright et Sylvia Hoeks - Sony - 4 octobre 2017 - 2h45

Something to tell you

Elles sont belles. Elles sont habillées et coiffées comme des mannequins. En plus elles chantent bien. Les soeurs Haim devraient plaire aux adolescentes comme à leurs papas... et même les mamans.

On écoute la première chanson avec un peu d'inquiétude. Il y a bien de jolies voix féminines qui se répondent avec un sens du rythme assez séduisant. Mais on entend surtout des bidouillages un peu partout pour apporter toute la modernité qui plait aux radios du monde entier ou pour des publicités!

Il faut dire que les filles de Haim ont tout pour plaire. Ce sont trois jolies soeurs qui jouent de tous les instruments. Une version californienne des charmantes The Corrs d'Irlande. Et en plus elles chantent parfaitement.

Brillantes, elles poursuivent une tradition de chanteuses qui modernisent les vieilles traditions de la pop ensoleillée. Elles sont souvent comparées à Fletwood Mac, les Haim sont plutôt les héroïnes des nineties.

Il faut donc ici entendre un mélange des années 90 et tous les tics de production de ces derniers mois. Parfois ca passe. Parfois ca casse. On veut bien tomber amoureux du trio mais pas à n'importe quel prix! De temps en temps, c'est de la bête chanson de stade. Et puis on est surpris par un raffinement ou une nuance que l'on doit uniquement aux soeurs.

Evidemment si tu as un producteur ami de Madonna et Usher, il ne faut s'étonner que ca ne sonne pas comme dans un vieux disque de Johnny Cash. Mais finalement ce qui agace ici, c'est le potentiel de Danielle Sari, Este Arielle et Alana Mychal Haim. On devine de vraies qualités d'ecriture.

Sur de la folk, elles seraient exceptionnelles. Sur de la pop bien standardisée, elles représentent une version un peu plus qualitatif des Spice Girls. On voit bien qu'elles lorgnent sur les idoles Taylor Swift ou Katie Perry.

Elles devraient donc avoir un compte instagram, un compte twitter et d'autres réseaux sociaux. Le disque n'est plus qu'un accessoire et la musique, une excuse. Au début de leur carrière, on va leur laisser le bénéfice du doute mais on espère qu'elles trouveront rapidement un type qui leur veut vraiment du bien. Un artiste par exemple!

Columbia - 2017

Welcome to Woodstock – Théâtre Comédia- Laurent Serrano

Un rock en stock sympathique

Welcome to Woodstock revient sur l’événement du point de vue de la jeunesse française des années 60. 6 jeunes issus d’un milieu bourgeois et en rupture avec leur famille décident de rejoindre l’événement annoncé aux Etats-Unis.

C’est l’occasion pour cette jeunesse de nous réinterpréter au fur et à mesure de leur itinéraire quelques morceaux d’anthologie qui viendront jalonner l’histoire de la musique des années 70. Dans une scénographie soignée, les jeunes chanteurs portent avec talent des chants qui feront battre du pied les spectateurs. The Who, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Cat Stevens, Bob Dylan, les Doors, Joe Cocker et bien d’autres sont de la partie.

Le tour de chant et l’orchestration sont très réussis même si l’on regrettera une mise en scène hygiéniste qui vient pour le coup en rupture avec l’esprit déjanté du Woodstock d’origine. On est loin des glissades dans la boue de la vidéo projetée. Le metteur en scène, un brin scolaire,  ne parvient que maladroitement à évoquer la liberté sexuelle dans une scène dénudée un tantinet trop longue. Sur scène, les pétards sont en carton et les délires sont en papier. Un petit côté Hélène et les garçons trop peu audacieux qui passe rapidement sur l’Histoire avec une grande hache.

Un spectacle à écouter : les chants de Xavier V Combs, Yann Destal, Jules Grison, Magali Goblet, Morgane Cabot ou de Margaux Maillet font mouche. Un esprit de camaraderie qui vous fera passer un sympathique moment en famille.

http://www.welcometowoodstock.com/

https://www.le-comedia.fr/fr

Journée internationale du sourire

Wildflowers

Triste actualité avec la disparition d'un grand gaillard qui aimait tant le rock'n'roll. Choisir un album préféré dans sa discographie est impossible. Alors j'ai pris celui où il y a un titre ou j'ai emballé une fille au lycée.

Car les chansons de Tom Petty ont toujours quelque chose de juvénile. Il y avait dans son rock'n'roll bien à lui, cette innocence américaine qui a fait de lui une idole respectée dans son pays. Dans le notre, il est un peu moins connu. Comme Springsteen, on lui a rapidement collé une étiquette de chanteur de rock, classique et sans nuance.

Mais le bonhomme a eu une carrière exceptionnelle. Américain, c'est en Europe qui se fait d'abord remarqué avec son groupe The Heartbreakers. Il y a quarante ans, ce blondinet faisait crier sa guitare sur des chansons simples qui ne pouvaient que plaire aux punks!

Puis Petty a vieilli et ses racines bien américaines l'ont amenées à connaitre la gloire dans son pays. Heureusement pour lui. Il est un mythe tel qu'il réunit George Harrison, Bob Dylan, Roy Orbinson et Jeff Lynne dans un groupe de super stars. Ca montre la force du gars.

Qui pourtant reste fidéle un rock très sentimental mais pas neuneu. Ses derniers disques lorgnaient sur un blues élégant mais sa plus belle période restera le début des années 1990. Héros de la guitare électrique, il résiste au grunge qui fait son entrée tonitruante dans le monde du rock. Il travaille pour son second album solo avec Rick Rubin, qui vient de secouer le monde en produisant les Red Hot.

Et pourtant il reste fidèle à lui même. L'écriture de Petty est hors d'âge et le charme de Wildflowers vient de ce romantisme naturel chez ce type souriant qui joue du rock avec une allégresse certaine. Ecouter ces disques ca rend heureux.

Ses chansons sont souvent utilisées dans les films car on peut y mettre des souvenirs, des joies ou des sentiments avec une facilité déconcertante. Son album suivant sera une bande originale pour une comédie new yorkaise indépendante. Tom Petty s'interessait à tout. Wildflowers est peut être l'album le plus généreux. Le plus euphorisant. On a vraiment l'impression d'avoir perdu un bon copain en début de semaine.

1994 - Warner Bros

La femme au serpent, Claude Izner, éditions 10/18

 

Lorsque Laurence et Liliane, les deux sœurs qui se cachent sous le pseudonyme de Claude Izner, ont décidé de mettre fin aux aventures du libraire Victor Legris, nul doute que leurs lecteurs ont été déçus. Euphrosine, Joseph, Tasha et les autres allaient nous manquer.

Et puis… Et puis, un autre héros est arrivé. Jeremy Nelson, un jeune pianiste de jazz fauché qui loge dans une chambre misérable à Belleville. Il est Américain et à la recherche de ses racines. Sa première apparition ? Dans Le pas du Renard, le début d’une nouvelle série, qui se déroule cette fois durant les Années folles. Avec quelques petits clins d’œil aux ouvrages précédents.

La femme au serpent, deuxième opus, suit le musicien dans d’autres aventures. Les personnages du premier tome sont toujours aussi présents : Jacob, Sammy – au dépucelage délicatement et tendrement décrit - Léa, les jumelles...

Jeremy Nelson, lui, traverse l’Atlantique et se rend à Londres en quête de ses origines. Il espère aussi y trouver un travail gratifiant. La gloire n’est pas au rendez-vous, les réponses à ses questions non plus. Victor Legris (hé oui !), ancien libraire parisien, semble en effet réticent à lui parler de son père, qu’il aurait connu.

Et puisque l’Angleterre ne lui apporte que doutes et déceptions, Jeremy retourne à Paris. Ce Paris d’après la grande boucherie, une ville où l’effervescence est reine, où presque tout semble possible. Il faut bien oublier le malheur. Faire comme si.

Mais Jeremy est à nouveau confronté à une série de meurtres bizarres. Une carte qui représente un modèle de Botticelli, Simonetta Vespucci, devient un lien entre des cadavres. Autour du cou de cette femme : un serpent. Près de chaque victime : une vipère.

Plusieurs histoires s’entrecroisent, des personnages se rencontrent. Car le hasard, chez Claude Izner, n’existe jamais vraiment. Le calcul et la préméditation sont les outils de leurs intrigues. Avec leur style fluide, imagé, cinématographique, les personnages nous semblent présents. On les perçoit, on les sent, on les voit. On pourrait presque imaginer Jeremy nous jouant un morceau de jazz au piano…

La femme au serpent, Claude Izner, éditions 10/18, 30 pages

 

47 meters down

Ah le film de requin, un sous genre qui nage dans les abysses du nanar environ une fois par an et qui tous les ans nous rappelle que le chef d'oeuvre Les dents de la Mer de Steven Spielberg est totalement indépassable.

L'année dernière, c'est donc le super grotesque Instinct de survie avec la super belle Blake Lively qui tentait de retrouver un peu de tonus au concept "requin qui a faim au bord de la plage". Depuis des ans, on a rien à se mettre sous la dent sur ce thème, qu'il faut avouer est assez limité! Dans Instinct de survie, le squale était tellement transparent que la comédienne entamait une relation sérieuse avec une mouette. On est tombé bien bas depuis la sortie des Dents de la Mer!

Le requin inspire généralement des auteurs en mal de sensations, qui osent des histoires farfelues. A ce niveau, on aura toujours une tendresse particulière pour Peur Bleue et ses requins hyper intelligents qui avalent Samuel Jackson en plein speech post Pulp Fiction! Vraiment pas cons, les bestiaux.

Dans 47 Meters Down, les requins continuent d'harceler des jolies filles. Il y a Mandy Moore, une ancienne star de la pop qui ne veut pas se noyer dans le showbiz visiblement et Claire Holt, blondinette abonnée aux séris pour adolescents.

La combinaison leur va bien mais leur souci, c'est que la cage où elles sont enfermées file droit au fond de la mer du Mexique avec des requins tout autour. Elles ont quelques minutes pour essayer de retrouver la surface et leurs petits amis du moment (plus Matthew Modine déguisé en Robert Shaw dans Jaws justement).

C'est ce qui est bien dans cette série B toute mouillée: elle ne tarde pas sur les personnages et se tourne vite vers son concept absolument pas révolutionnaire: un requin veut bouffer de la jolie 'ricaine! Il y a bien un petit fond de psychologie pour expliquer la relation entre les deux filles: ce sont des soeurs donc il y a de la rancoeur mais personne ne veut se pousser dans la gueule du monstre.

Le réalisateur fait correctement son boulot: un huis clos dans l'immensité de l'océan. C'est assez cocasse mais c'est bien filmé, tout en tension et effectivement on n'aimerait pas être à la place des deux jeunes femmes. Les énormités du genre sont effacés par un vrai sens du rythme. On finit même par regretter de ne pas voir l'oeuvre sur grand écran. Uniquement en vod, ce film méritait mieux. Pour les frissons sur mer, c'est désormais sur petit écran. 47 meter down ou le Petit Bleu!

Avec Mandy Moore, Claire Holt, Matthew Modine et Santiago Segura - 1h29

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