Freakshow

Café et cigarettes... quel (bon) programme!
Remarqué il y a quelques années avec un astucieux premier effort, Renaud Druel et ses compagnons reviennent avec un nouvel album avec un hip hop musical, cinématographique et qui vous attrapera de la première minute jusqu'à la dernière note!
C'est une réussite dans le monde ultra formaté du rap ou simplement de la musique indépendante. Druel est un super héros de la farouche liberté. Il chante avec les tripes et une bonne humeur qui n'a plus beaucoup le droit d'exister.
Il est jovial. Il cite à tour de bras des références qui feront rire et musicalement, il a autant écouté les rappeurs de la première heure, comme les joyeux drilles de Java ou des choses beaucoup plus rock'n'roll. Avec tout cela il fabrique un théâtre qui ne fait pas peur comme pourrait le suggérer le titre de l'album. Littéraire et musical, c'est tout un univers qui se développe au fil des morceaux.
On avait deviné ça dans le premier essai. On ne sait pas combien de cigarettes et de cafés, le groupe a avalé: ils ont bossé dur pour nous présenter une ambiance qui réveille une certaine poésie, une douce fantaisie, un recyclage malin de la culture pop.
On a l'impression d'être entre amis, tard dans la nuit, après quelques bouteilles festives! On croise des zombies et Jack l'éventreur. Il y a des étranges créatures dans les chansons mais ca ne fait pas peur. Au contraire on est heureux de s'évader avec un rap équilibré, où la musique a toute sa place.
Visitez donc ce spectacle musical, humble et immersif! C'est une très bonne adresse!
Tekini records - 2017
Feel your feelings fool!

Dans le premier titre, la chanteuse nous explique qu'elle ne nous aime pas. On est pas rancunier: on l'aime beaucoup, elle et sa petite bande de punks polies.
Elle s'appelle Lydia Night, un chouette nom de scène il faut l'avouer. Elle sort de l'adolescence mais visiblement elle n'écoutait pas Justin Bieber et toutes les horreurs que nous pondent les maisons de disque pour faire crier les pucelles.
Elle a du fouiller dans la collection de son papa pour découvrir deux choses: le rock des années 50/60 et le punk. Elle a vite digéré tout cela: elle a écouté ça avec ses deux copines et un pote. He hop, les Regrettes sont nés et on décidait de faire bouger les foules.
Il y a donc la candeur d'une soul ancienne et toute la force d'un punk énervé. Un mélange assez irrésistible si on accepte de régresser gentiment. Avec Lydia et ses potes, on retrouve les crises de nerfs de l'adolescence et les révoltes qui sortent en hurlant. C'est jubilatoire.
Car les minettes savent miauler comme il faut. Ce qui impressionne c'est la richesse des chansons qui prennent vraiment le meilleur de deux époques assez différentes. Malgré l'attitude rebelle, et une admiration pour les Ramones, The Regrettes se montrent féministes et sexy dans des morceaux musclés et rapides. Un vieux producteur, pote de Fiona Apple et de Dr Dre, fait le job pour canaliser les pétaradantes mais mélodiques envies de The Regrettes.
Le gang de filles (désolé pour le batteur) a tout pour plaire. Belles, intelligentes et bruyantes, elles nous rappellent tout le plaisir d'être jeunes, de digérer le monde et de lui renvoyer une image rieuse et jeune! Pas de regret!
Warner Bros - 2017
All the light above it too

Surfeur, réalisateur et chanteur, Jack Johnson est la star la plus cool de la planète. Sur son septième album, il fronce un peu les sourcils vis à vis de son nouveau président, mais sinon il nous transmet sa gentille joie de vivre! Un type sympa donc!
Le mec a tout pour agacer. Il est beau et baraqué. Il est doué pour le surf. Il visite les coins les plus exotiques de la planète. En plus, il chante bien et son style minimaliste mais chaleureux vous séduit en trois chansons.
Depuis une quinzaine d'années, il a l'art du cool dans des petits chansons implacables et délicieuses. Copain de Ben Harper ou de Dave Matthews, il représente cette Amérique activiste, proche des gens et populaire dans le bon sens du terme.
Il n'aime donc pas trop son nouveau président orange et il le fait avec toujours autant de talent. Au bout de sept albums, l'inspiration pourrait stagner mais le musicien trouve toujours une petite note espiègle pour que l'on ne s'ennuie pas.
C'est de la musique de potes. Elle est fabriquée de manière artisanale. Elle s'écoute très bien durant un apéro, une aprem à la plage ou un pique nique en foret. Jack Johnson est tellement sympa que l'on peut emmener ses chansons partout car elles sont accessibles. Elles font du bien. Elles soulagent. Elles s'amusent. Elles disent les choses simplement. C'est le folkleux détendu et relax, Jack Johnson. Il ne change pas mais remarque que rien n'est gravé dans le marbre.
Il sortait un disque tous deux ans. Ici il a pris un peu son temps pour que ses chansons se refassent un peu une santé. Son style était devenu un peu anecdotique. On doit avouer qu'il est plus aventureux avec un peu d'électricité et des idées hawaiennes qui vont nous faire rentrer idéalement dans les tempèratures fraiches.
Brushfire - 2017
Done by the forces of nature

De temps en temps on replonge dans des vieilleries. Cette semaine on vous propose un voyage dans la Zulu Nation!
La fin des années 80, le hip hop connaissait ce que l'on appelle aujourd'hui l'âge d'or du rap. Nous sommes à la fin du règne de Reagan. Le rap sort de la marginalité. Les rappeurs de NWA font peur aux bourgeois. Les petits blancs rougissent devant les paroles crues de 2Live Crew. LL Cool J écrit des slows. Le rap devient une valeur sûre et marchande.
Il y a encore des rêves et une absence de cynisme dans les disques qui sortent à cette époque. Et ceux qui planent le plus, ce sont les rappeurs de la zulu nation, sont natifs de New York. La pochette des Jungle Brothers est déroutante, d'un mauvais gout charmant et montre tous les mythes défendus par ce trio surdoué, mais qui aura hélas une carrière moins brillante que De la Soul ou Tribe Called Quest.
Le trio ressemble beaucoup aux deux autres groupes. Au delà du flow, de la colère, du constat, il y a une quête musicale que l'on ne voit pas chez les autres rappeurs de l'époque. Influencé par les jazz, le style des Jungle Brothers est au carrefour des musiques. On entend une house percée et le hip hop est encore acrobatique pour ce new-yorkais, urbains et passionnés par l'Afrique.
Les Jungle Brothers sont des artistes avec une conscience et une maîtrise qui leur permettent aujourd'hui de représenter tout un genre: leur musique est incroyablemet contemporaine, complexe, lyrique et ludique. Depuis les clichés se sont bien installés. Avec tous les logos derrière la pochette (dont le fameux stop the violence), les samples binaires, leurs tronches de hippies blacks, ils sont désormais "vintage". Mais leur rap vieillit parfaitement bien. C'est une redécouverte jouissive! Ca fait de l'effet. Au delà de la nostalgie, le disque nous rappelle ce qu'est réellement le rap, au delà du bling bling qui scintille bêtement dans la société de Trump!
Warner Bros - 1988
Leatherface

Happy Halloween à tous. En France, on est un peu hermétique à la fête mais deux petits Français ont l'occasion de se mesurer à un mythe de l'horreur. Cocorico!
Alexandre Bustillo et Julien Maury sont deux petits maîtres de l'horreur, à la française. Depuis leur premier film, A l'intérieur, ils se sont taillés une solide réputation et Hollywood a tenté de les attirer avec de nombreux projets. Sans succès. L'horreur mène à Hollywood pour beaucoup de réalisateurs frenchy mais le duo a longtemps résisté.
Et désormais, ce sont les mains libres qu'ils se sont confrontés au mythe, Leatherface et sa célèbre tronçonneuse. Avec la disparition de Tobe Hooper, leur film a une saveur encore plus particulière. Et nos deux coqs n'ont pas à rougir. Leur film respecte bein le coté craspec de Leatherface, dégénéré texan.
Ils ne se trahissent pas. Bustillo et Maury amènent leur style transgressif et leur ambiance glauque. C'est de la série B malpoli, qui ne veut mettre à l'aise le spectateur et juste pour cela, l'oeuvre est respectable. Les monstres ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Avec des acteurs comme Lili Taylor ou Stephen Dorff, ils font en plus preuve de bon goût.
Autrement ils s'acquittent honorablement du cahier des charges de la sage Massacre à la tronçonneuse. C'est gore et bruyant. Il y a une jeune femme qui va s'en prendre plein la tronche. Il y a des ploucs qui aiment beaucoup la viande fraiche. On est pas surpris non plus.
Bustillo et Maury s'en sortent beaucoup mieux que les autres exilés français en Amérique. On leur souhaite de trouver là bas le sujet qui leur permettra de réaliser leur grand brulôt. Leurs ressources en horreur restent fascinantes, même à l'ombre d'une légende comme Leatherface!
Avec Sam Strike, Simone Levin, Stephen Dorff et Vanessa Grasse - 1h30 - 2017
10 bonnes raisons de participer à Koh-lanta


Séquestré par des adoratrices de mon corps et de ma plume depuis plus de 3 semaines, je n’avais pas pu, cher journal, t’écrire en ce mois d’octobre, oohhhh oui, toi aussi tu m’as manqué, si tu savais, espèce de page blanche lubrique, petite coquine, féline à souhait, quoique moins poilue qu’une tigresse Fidjienne, reprenant tous les soirs au coin du feu sur une plage isolée de la Polynésie « Over the rainbow », moitié nue, seulement vêtue d’un slip créole, tekalékatum tekalekatum, oé oé.
Mais me revoici, mais me revoilà, et même si mon rare temps passé devant mon petit écran l’est principalement devant la succulente dernière saison de Narcos ou encore de Stranger Things, je ne boude pas mon plaisir de vous inciter à vous replonger dans les méandres sablonneux et aventuriers de Koh-Lanta, voire mieux, de vous y inscrire ; d’ailleurs je ne vous ai pas attendu et vous voilà déjà programmé pour la prochaine saison, ne me remerciez pas, c’est offert ça me fait plaisir !
Vous me direz et je vous vois venir, car après toutes ces années je vous connais tellement par cœur, que depuis le temps, les convives mal rasés, les papys cheveux hirsutes et les meufs sous pression sans rien bouffer à part la plante locale, vous l’avez vu et revu !!! Mais que neni, allez, faites un effort, ça mange pas de palme, ça mange pas de pains, let’s go, vamos à la playa, 10 bonnes raisons de confirmer votre participation à Koh-lanta !
- Vous chantez tous les matins secrètement sous la douche le générique cultissime « yakéké nayakéké ooo yakéké nayakéké », en vous imaginant en pagne jaune sous le soleil des tropiques car en plus l’amour se joue d’après vous tout en musique !
- On va pas se mentir, vous aviez prévu de faire régime après l’hiver dernier, bah finalement l’a pas fait, puis juste avant l’été, bah finalement, non l’a pas fait, on arrive en fin d’année, les kg s’entassent, tout ça n’a que trop duré, 1 mois à manger du sable c’est 8 ans de fitness en équivalent !
- Vous avez toujours ce petit côté stratège un peu pourri, depuis tout petit tout le monde vous dit « t’es quand même un sale type, tu penses qu’à toi », même votre femme vous l’a encore répété hier ! Paré pour les complots sur une ile déserte à manipuler tout ce qui bouge en maillot !
- Quitte à se ridiculiser, après tout, participer à Koh-Lanta, ça sera toujours mieux que montrer à la France entière que vos mômes sont mal élevés dans Super Nany, ou encore avouer votre phobie de la couleur rose dans « C’est mon choix » !
- Après les soirées barbecue, vous adorez éteindre les torches achetées chez GIFI dans votre jardin, et vous piquez le pistolet à eau de votre progéniture pour éteindre le grand brasier à merguez-saucisse, éteindre une torche d’un ennemi pour pouvoir avoir l’immunité, ça transpire le kiff, z’êtes prêt mon gaillard !
- Depuis le temps que vous voulez un autographe de Denis Brogniart !!! vous adorez ce mec mais vos 25963 demandes de signature sur une carte postale made in TF1 à son effigie sont restées sans suite…il est temps de franchir le pas et aller lui demander en personne un soir de conseil des jaunes !
- A 8 ans vous aviez tué un écureuil dans le jardin de Tata Simone avec un lance pierre et une bille ultra précieuse gagnée dans la cour d’école face à cet enfoiré de Kevin Martin, en le tuant, l’écureuil, vous aviez hurlé « Tiens dans ta gueu** Kevin Martin », devant les regards médusés de votre famille entière, ce qui vous avez valu une interdiction de pêche melba, pourtant grande spécialité de tata Simone…alors tuer des bestioles pour pouvoir manger dans Koh-Lanta, zéro problème cow-boy !!!
- Vous auriez adoré vous laisser pousser la barbe façon montagnard du Colorado, mais votre compagne insiste sur le fait que son épiderme facial est d’une sensibilité rare et que ce type de folie barbière pourrait entrainer un surcout de crème à gommage pour sa personne ! Hop là, à Koh-Lanta, pas de chichi et encore moins de rasoir 3 lames !
- Lors d’une soirée en 1997 vous aviez (on a l’archive) exprimé le fait devant témoins qu’un scorpion ou un gros ver de terre, ça se bouffe sans problème ! Bah vas-y champion, tu vas en manger de la bestiole bizarre !
- Vous chantez tous les soirs secrètement à voix basse dans votre lit « yakéké nayakéké ooo yakéké nayakéké », en vous imaginant en pagne rouge orange sous le soleil des tropiques car décidemment pour vous l’amour se joue tout en musique !
Bon, ça fait pas de doute, vous me semblez prêt prêt prêt pour la grande aventure ! Vous n’avez plus qu’à valider votre inscription en cliquant ICI . (Mais si si le lien ne marche pas toujours, mais si si cliquez !)
J’vous embrasse yakéké nayakéké ooo yakéké nayakéké !
The life & times of Candy Rose

Tom Petty est mort il y a quelques semaines. Le manque est énorme et à coup sûr, cela a affecté les membres du Jack Art Band, petite pépite française d'un rock old school et intemporel!
C'est très amusant d'écouter un disque en 2017 qui sonne comme au milieu des années 70. C'est l'idée et la passion de Jack Art, Français tombé dans le rock quand il était petit. Le rock américain qui soutient et critique le rêve et le mythe des Etats Unis.
On devine que Jack Art est un immense fan du Boss mais aussi de tous les génies de ce rock plein d'ironie dont Tom Petty était un grand défenseur. A l'écoute de son disque, on entend John Mellencamp, Bob Seger ou Steve Earle pour citer un chanteur plus récent.
Jack Art et son "band" font donc un rock que l'on va juger classique avec des envolées électriques et une voix qui nous narre une belle histoire des petites gens! C'est cliché mais cela fonctionne très bien. On dépasse l'exercice de style. Ce premier album a un coeur énorme et cela se ressent avec ce concept autour d'une jeune fille dans les années 60 et 70 à Philadelphie.
Pour fair le deuil de Tom Petty, ce disque est une très bonne alternative. Jack Art arrive à capter le lyrisme dans les petits détails et des textes généreux. Les Français arrivent à élever le niveau et on est souvent impressionné par la qualité du travail et la vaillance des musiciens.
Avec eux, le rêve américain n'a plus de frontière visiblement. Avec la morosité ambiante, cette absence de limite est une vraie bonne nouvelle.
Jack Art - 2017




