La Saboteuse

En Angleterre, le jazz connait des mutations étranges et fantastique. Une petite Anglaise féminise la trompette avec un talent hors norme. Un disque spectaculaire!

Ses parents viennent du Barhein. Il y a dans sa musique une petite touche orientale qui montre bien la fierté de la jeune femme. Elle a le culot de vouloir nous faire danser avec du jazz. Vous vous rendez compte? Comme Ibrahim Maalouf, elle risque de ne pas être très bien vue par les pisse froids et les gardiens du temple!

Mais Yazz Ahmed est comme pas mal de ses camarades britanniques: elle en a marre du jazz en costard et sophistiqué. A Londres, le melting pot déborde sur la musique et le jazz absorbe ces derniers temps de nombreuses influences. Le Moyen Orient s’invite donc dans cette musique exigeante.

Ce que l’on aime chez cette trompettiste c’est son humilité. Il y a pas de démonstration dans ce disque. C’est clairement une invitation à l’évasion et l’épicurisme. Les instruments se répondent avec politesse mais compose une mosaïque sonore plus complexe et en tout point fascinante.

Copine de Radiohead, la musicienne n’a pas peur de s’échapper vers des tentations atmosphériques et fabriquer des ambiances qui nous ouvrent le champ des possibles. C’est une musique de rêve. Comme le groupe anglais, Yazz Ahmed fait sauter les verrous avec une élégance féminine (elle est accompagnée par un groupe de filles souvent) et un savoir faire incroyable.

On est bluffé par son souffle plein d’esprit et on apprécie plus les prises de risque dans les arrangements et la production. C’est un album qui fait du bien au moral et on est ravie que la jeune femme sabote les conventions! Qu’elle continue!

Naim Records – 2017

Auteur: Pierre Loosdregt

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