Boire et déboires

En 1986, on assiste à une magnifique cuite entre deux comédiens qui se passent le relais pour atteindre les sommets du box office!

L’histoire: Walter Davis est obsédé par son travail. Il ne vit que pour ça. Jusqu’au jour où son patron lui demande de venir accompagné à un diner très important avec un client japonais old fashion. Son frère lui propose de sortir avec la cousine de sa femme, Nadia, qui vient d’arriver en ville. Il y a juste un détail à respecter: ne pas la faire boire.

Le réalisateur: Faut il encore présenter Blake Edwards? Venu de la télé, il se fait connaître par sa saga comique de la Panthère rose et sa longue collaboration avec Peter Sellers, qui profitera de toute l’efficacité du metteur en scène pour mettre en avant son génie burlesque. Ensemble, ils sont responsables d’un chef d’oeuvre du genre, The Party. Dans les années 80, il travaille beaucoup et connaitra lui aussi quelques déboires commerciaux malgré l’immense renommée de son autre chef d’oeuvre, Victor Victoria. Il retrouvera Bruce Willis deux ans après Boire et Déboires pour le mésestimé Meurtres à Hollywood.

L’anecdote: premier film de Bruce Willis au cinéma, le film a failli voir Sean Penn prendre le rôle de Walter Davis. Effectivement, Madonna a voulu jouer dans le film mais voulait pistonner son mari de l’époque. Mais Blake Edwards a refusé: il avait engagé en premier lieu le comédien de la série Clair de Lune.

Le casting: Kim Basinger est la mega star de 9 semaines et demi. La blonde incendie tous les films des années 80où elle apparait. Boire et Déboires prouve qu’elle s’éclate réellement dans la comédie. Souvent critiquée pour son jeu limité, on peut dire qu’il s’agit ici une de ses meilleures performances (après LA Confidential qui lui vaudra un Oscar quelques années plus tard). En tout cas, l’échec relatif de Boire et déboires marque un peu la fin de l’état de grace pour la comédienne. Alors que c’est tout l’inverse pour Bruce Willis qui va s’échapper de son rôle de beau gosse de comédie pour endosser par la suite la panoplie du sauveur indestructible grace à Die Hard en 1988. Il est ici à l’aube du succès. C’est son premier rôle au cinéma!

Pourquoi on aime: Le duo de comédiens est parfait soutenu par un John Laroquette, solide second rôle, qui fait des merveilles en fiancé jaloux. Blake Edwards retrouve aussi tout son humour corrosif pour souligner les défauts de ses contemporains. La scène du diner avec le client japonais est un beau moment de mise en scène et un ballet de blagues qui se mettent en place sous nos yeux pour notre plus grand plaisir. Si la fin est un peu fade, cette comédie est pétillante et n’a pas trop perdu de sa saveur. A déguster sans moderation!

Auteur: Pierre Loosdregt

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