C’est quoi l’amour au cinéma ? Des hommes et des femmes qui se fuient et se retrouvent ? Des hésitations sentimentales ? Des marivaudages verbeux ? Des remises en question ? Pas de vraie réponse dans cette comédie enlevée et chaleureuse.
Ou sinon un constat global et assez simple : l’amour c’est forcément compliqué.
Marguerite a divorcé de Fred, il y a bien longtemps. Une fille est née de leur mariage. Lui veut se remarier avec une femme très croyante. Il faut donc que Marguerite fasse annuler leur union précédente devant Dieu. Auprès de l’évêché. Fred y tient beaucoup. Marguerite, qui a refait sa vie, accepte avec plaisir mais très vite, un engrenage va s’enclencher.
Marguerite va découvrir la nostalgie amoureuse. Son mari sera le jaloux bienveillant. Fred est le type qui ne dit non à personne, et sa promise n’est pas la mégère religieuse que l’on voudrait imaginer. Le réalisateur Fabien Gorgeart a la bonne idée de toujours faire un pas de coté pour que le cliché ne tombe pas sur les personnages principaux.
Ils ont tous du caractère et c’est la réussite du film : c’est une œuvre de bande. Comme dans un Klapisch, on apprécie l’amitié, les bons mots et les tacles cinglants. Le deux couples se complètent assez bien dans leur névrose amoureuse.
Les enfants s’y mettent aussi mais jamais on tombe dans la comédie de boulevard lourdingue. Cela amène au fil du métrage, des nuances sur les amours contemporains entre les attirés qui se fuient, les malheureux qui se redécouvrent et les courageux qui ne lâchent rien.
Tout dépendait d’un casting béton et c’est le cas avec Laure Calamy en tête de gondole mais qui laisse la place aux autres, réellement investis, drôles et formidables. D’ailleurs le cinéaste a la bonne idée de ressortir pour l’occasion une Jean-Marc Barr, farceur en curé taquin. La force de cette comédie française c’est justement de travailler les personnages à fond, y compris les plus secondaires. Cela rend tout cela très chaleureux.
C’est une œuvre simple et bien menée. On ne s’ennuie pas et on s’attendrit sur des réflexions curieuses sur l’amour avec un grand A.
Au cinéma le 6 mai 2026
avec Laure Calamy, Vincent Macaigne, Lyes Salem et Mélanie Thierry
Memento – 1h48

