The Passenger

ET ENCORE UNE FOIS ON RETROUVE LIAM NEESON DANS SON ROLE DE PREDILECTION QU'IL TIENT DEPUIS PRESQUE 10 ANS. LE SOLITAIRE ABORDABLE, QUI N'A RIEN A PERDRE ET DONC PRET A TOUT POUR SAUVER LA PLANETE.
ALORS CETTE FOIS CI, CA SE PASSE DANS UN TRAIN ET C'EST BIEN LA PREMIERE FOIS EN COLLABORANT DE NOUVEAU AVEC JAUME COLLET SERRA. ON LUI DOIT DEJA DES COURSES POURSUITES DANS L'AVION, A BERLIN OU A NEW YORK. DES FILMS EFFICACES MAIS TOUJOURS AVEC LA MÊME LIGNE DIRECTIVE: LIAM SAUVE LE MONDE!
ET CA ON S'EN DOUTAIT, IL N'Y A PAS DE GRANDE DEMARCHE SCÉNARISTIQUE, NON PAS QU'ON EN DEMANDE DE TROP MAIS C'EST A SE DEMANDER CE QUE CE DUO VA POUVOIR NOUS INVENTER DE PLUS. ET BIEN, LES CASCADES, LES COURSES ET LES COUPS DE FEUX SE FONT CRESCENDO!
CE QUI NOUS LAISSE UNE BONNE HEURE DE REPIT ET CA C'EST UNE BONNE NOUVELLE, POUR LA 2EME HEURE, JE NE POURRAIS EN DIRE AUTANT. TOUT COMMENCE AVEC UNE ENIGME QUE L'ON IMPOSE A NOTRE CHER LIAM. C'EST PAS MAL FICELÉ ET AGREABLE MAIS PAS HYPER CREDIBLE.
AVEC TOUS LES ÉVÈNEMENTS ACTUELS, SI JE VOYAIS UN GARS FAIRE DES ALLER RETOUR NON STOP, DANS UN TRAIN DE BANLIEUE, J'APPELERAIS LA POLICE DE SUITE ET VOUS AUSSI MAIS IL N'EN EST RIEN. TOUS L'OBSERVE LA A DEAMBULER COMME SI DE RIEN N'ETAIT.
CA SE REGARDE ET DE TOUTE EVIDENCE, CA COMBLERAIT N'IMPORTE QUEL DIMANCHE SOIR, MAIS ON FINIT PAR SE LASSER DE CETTE ENIEME FILM A LA SAUCE NEESON. HEUREUSEMENT, VERA FARMINGA ET PATRICK WILSON, DUO INSÉPARABLE DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES MAINTENANT, VIENNENT AGREMENTER CE BON TELEFILM. CE N'EST NI PLUS NI MOINS QUE LES FILMS PRECEDENTS.
CA MANQUE D'ENVERGURE ET CA ME RAPPELLE JUSTE COMBIEN LES FILMS D'ACTIONS DES ANNEES 90 ME MANQUENT.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Liam Neeson, Vera Farmiga, Patrick Wilson et Elizabeth McGovern - StudioCanal - 24 janvier 2018 - 1h44
Le Révizor, Nicolas Gogol, Paula Giusti, Montansier


L’histoire se passe il y a très longtemps « quelque part entre la Russie et l’Argentine ». Le bourgmestre d’une petite ville est informé de la visite prochaine, impromptue et incognito, d’un inspecteur du gouvernement. Et comme tous les notables locaux ont quelques « petits péchés » sur la conscience, ils se démènent pour dissimuler le chaos qui règne dans la ville. Au tribunal, les gardes élèvent des oies dans le hall tandis que le juge, passionné de chasse, y a installé un chenil. A l’hôpital, les (trop) nombreux malades sont soignés sans médicaments car, s’ils doivent guérir, ils guériront.
Or justement, se sont récemment installés dans un auberge un saltimbanque fauché comme les blés, Ossip, et son pantin. Les deux inconnus sont immédiatement pris par nos braves mais malhonnêtes notables pour l’inspecteur (le Révizor) et son serviteur. Ossip comprend vite l’aubaine qui se présente et emmène la ville dans un tourbillon mythomaniaque. Plus les mensonges sont gros et plus la ferveur se déchaine car tous pensent avoir à faire à « quasi un général, tant qu’à faire, un généralissime ».
Le Révizor effraye les hommes et charme les femmes, et les événements surnaturels se multiplient. A l’hôpital les malades « guérissent comme des mouches », tandis que l’argent remplit miraculeusement les poches d’un Ossip qui prétend collecter les pots de vin pour son soi-disant maître : « mon maître, il aime que le manger il soit le plus mieux », et il aime qu’on me traite avec égards « moi qui ne suit qu’un esclave ».
Si l’histoire du « Révizor ou l’inspecteur du gouvernement » de Nicolas Gogol est bonne, la représentation proposée dans le magnifique Théâtre Montansier de Versailles (un bijou de théâtre à l’italienne) est excellente à plusieurs égards. Le décor est sobre mais nous n’avons pas besoin de plus pour nous projeter volontiers dans l’histoire. L’interprétation des comédiens est juste : tous dosent parfaitement le ridicule de leur personnage pour nous faire rire sans cabotinage. La scène où les hommes viennent tour à tour corrompre Ossip est très drôle ; il y a juste ce qu’il faut de rythme et d’absurdité pour ne pas verser dans une bouffonnerie trop lourde. Le travail avec la marionnette mérite lui-aussi le détour, particulièrement le tango argentin dans lequel il emporte les femmes subjuguées par le charme qu’elles lui prêtent. Enfin, la musique jouée en direct se met au diapason et au service de l’action, sans se mettre en avant.
Si le Révizor passe dans votre ville, courrez céder à sa folie !
Between the earth & sky

Entre ciel et terre, on a trouvé un havre de paix et de beauté qui évidemment a des racines irlandaises, vertes et mélodiques. Bon voyage!
Lankum est le meilleur dépliant touristique pour aller faire un tour en Irlande. Ce que l'on entend dans leur second album, nous fait voyager pour pas cher chez nos voisins tout là haut, connus pour leurs bières, leurs coutumes et leurs traditions musicales!
Avec un harmonium, des violons et des cornemuses, le quatuor tout jeune de Lankum vous attrape par les oreilles: leur sens de l'harmonie est aiguisé. Ce sont des bardes modernes qui n'ont pas peur du rite et du folklore. Le premier titre est long mais il est prenant. Il joue sur le temps, la répétition et vous embarque comme dans un conte. Les frères Lynch et leurs copains ont presque un sens théâtral de la musique.
Il y a une mise en scène précise dans chacune de leur composition. C'est le fort des Irlandais, expressifs et peut être excessifs. Mais c'est aussi la raison pour laquelle le folk irlandais pourrait passer pour une leçon de rock ou même de punk.
Between the Earth & sky est un disque dense. D'une musicalité riche. Les voix y sont importantes tout comme les instruments. Comme le titre de l'album l'indique, il y a une recherche de la transcendance. Les musiciens dépassent l'exercice de style et caressent les mythes de la musique, de l'Irlande, avant de sortir des frontières. Il y a bien une sorte d'universalité qui se dessine dans les chansons existentialistes de ce groupe vert et étonnant. En tout cas, moi je m'en vais voir les billets pour Dublin où l'air (de musique) y semble nettement meilleur!
Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art


Caramels, bonbons et sourires
Les Caramels fous, c’est une véritable institution. Une chorale atypique et tellement douée, qui surprend, réjouit et fait rire depuis plus de trente ans. Les titres amusants, de Pas de banane pour Lady Jane aux Dindes galantes et surtout le formidable Mme Mouchabeurre, attirent les spectateurs, devenus au fil des années des fans, voire des fidèles. Des inconditionnels. Ces comédiens ont deux particularités : ils sont gays et ils sont bénévoles. La recette de leur succès ? Des histoires décalées, inspirées d’opéras ou créées de toutes pièces, mais toujours accompagnées de chansons (très) détournées. Mais tout ça ne serait rien sans les costumes somptueux réalisés par les petites mains de ces messieurs. Et leurs voix, ah leurs voix !
Cirque plein d’airs, leur dernier opus, ne déroge pas à la règle. L’histoire ? Celle d’un cirque aux portes de Paris au début du XXe siècle. Sa vedette, la femme à barbe, meurt, et la faillite guette. Son fils, Fabio, tente de sauver le chapiteau et les numéros. Mais Hanna l’écuyère, Lola la dompteuse, Enzo le clown et d’autres ne l’aident pas franchement. Heureusement, un groupe de tziganes survient, qui pourrait tout changer. Oui mais voilà… Voilà quoi ? Le cirque est vendu, racheté et… Tout cela devient brouillon, on ne sait plus où on en est. Les rires se transforment alors en sourires et c’est un peu dommage.
Heureusement, les clins d’œil déjantés et les airs détournés de grands artistes parviennent à effacer ces petits travers. Abba, Mickael Jackson, Supertramp, sans oublier Bourvil et… France Gall. On fredonne, on applaudit. Bref, on retrouve les Caramels.
Avec des personnages extraordinaires, en particulier Hanna l’écuyère (Vincent Baillet), qui nous saisit par son talent, sa voix, son humour, bref ses multiples facettes. Quel comédien ! Bien des professionnels doivent être verts de jalousie. Il nous emporte, nous fait sourire, nous touche, nous épate avec ses acrobaties, nous amuse en « ultra-femme » aux gestes à la fois subtils et outranciers.
Enzo, le clown au si beau costume (Miko Bouradier) et à la voix puissante, sans oublier Lola (Alexis Haouadeg), aux divins coups de fouet et aux pas de danse souples et sensuels -malgré un timbre de voix un peu faible- atténuent les toutes petites déceptions de ce Cirque plein d’airs.
Sans oublier la fidèle chorégraphe Alama de Villalobos. Bon, c’est vrai, il y a la petite leçon gentillette qu’on retrouve à la fin de chaque pièce : « On s’aime tous, on ne doit exclure personne ». Et aussi, « Soyez vous-mêmes ». Mais qu’importe au fond, le plaisir est là. Vous aussi, restez tels que vous êtes. Et faites-nous rire encore longtemps. On vous attend.
Théâtre Le 13ème Art
Jusqu’au 4 mars 2018
30, avenue d'Italie
Tél. : 01 53 31 13 13
Durée : 1H45
Infos et réservations : www.le13emeart.com
Insidious la dernière clef

ON OUBLIE "INSIDIOUS 3", QUI NE TENAIT PLUS D'UN DIVERTISSANT MAIS PLUTOT D'UN SYMPATHIQUE TELEFILM ET ON REGARDE CE 4EME COMME UNE SUITE DIRECTE DES 2 PREMIERS VOLETS DE CETTE FRANCHISE HORRIFIQUE.
UNE SAGA PLUTOT CONFIDENTIELLE QUI FAIT SON PETIT CHEMIN ET QUI POUR MA PART SURPASSE DE LOIN "CONJURING", QUI JOUE SUR LE MÊME TABLEAU. AVEC LES MEMES PRODUCTEURS.
ON Y RETROUVE ELISE CELEBRE MEDIUM DES AUTRES FILMS, CONFRONTÉE AUX PROPRES FANTOMES DE SON ENFANCE. UN RETOUR AUX ORIGINES DE SON DON, QUI POUR UNE FOIS S'INSCRIT PARFAITEMENT AVEC LES AUTRES: ON A CERTAINS ÉLÉMENTS DES AUTRES "INSIDIOUS" QUI VIENNENT APPUYER LE COMMENCEMENT D'UNE VIE DE CHASSE AUX DEMONS.
ELLE DOIT RETOURNER DANS LA MAISON FAMILIALE OU ELLE A GRANDIE, ENTOURÉE DE PLUSIEURS MONSTRES. L'HISTOIRE EST VRAIMENT BIEN CONSTRUITE, ET APPORTE TOUJOURS CE PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS, D'UN FILM D'ESPRIT LAMBDA. JE NE PEUX DEVOILER CE SPOIL MAIS IL EST TRES APPRECIABLE.
CELUI CI EST PLUS MALSAIN ET PLUS GLAUQUE QUE LES AUTRES. L'EFFROI, LE THRILLER ET LES FANTÔMES SONT DE LA PARTIE. CA JOUE DU JUMP SCARE CLASSIQUE MAIS TOUT AUTANT EFFICACE ET CA RECHERCHE DE NOUVEAUX ANGLES D'ATTAQUES HORRIFIQUE TOUT EN CONSERVANT LES BASES NÉCESSAIRES DE CE GENRE DE FILMS D'HORREUR. ALORS VIVEMENT LES PROCHAINS VOLETS. ET N'OUBLIEZ PAS "LES FANTÔMES DU PASSÉ HANTERONT VOTRE AVENIR SI VOUS NE LES COMBATTEZ PAS".
Avec Lin Shaye, Leigh Whannell, Angus Sampson et Kirk Acevedo - Sony - 3 janvier 2018 - 1h40
Downsizing

LOIN D'ETRE UN GRAND FILM, IL AVAIT POURTANT DE BONNES PETITES BASES, AVEC UNE IDEE ASSEZ BRILLANTE MAIS AURAIT MERITE D'ETRE CONSTRUIT DIFFÉREMMENT.
LES ACTEURS SONT JUSTES APPRECIABLES. MÊME AVEC 170 CM DE MOINS MATT DAMON RESTE L'ARCHÉTYPE MÊME DE L'AMÉRICAIN MOYEN AVEC DES REVES D'AVENIR COMME TOUS. KIRSTEN WIIG EST FADE ET CHRISTOPH WALTZ EST A SON HABITUDE, ENERVANT. ET LES PERSONNAGES SECONDAIRES SONT ASSEZ ENERVANTS ET CREUX EN FAIT. BREF ON NE S'AMUSE PAS VRAIMENT A LEISURELAND !
MAIS DANS LE REAL WORLD ON NE S'AMUSE PAS NON PLUS. SOIT ON FAIT UN FILM FUN ET COOL, SOIT ON SE FOCUS SUR LE COTE PRATIQUE ET MEDICAL MAIS MALHEUREUSEMENT ON A NI L'UN NI L'AUTRE. AU DELA DE L'ASPECT ECOLOGIQUE ET POLITIQUE DU DOWNSIZING, NON NÉGLIGEABLE, QUI EST DE FAIRE DE LA PLACE SUR CETTE PLANETE, EN RÉDUISANT DE FACON CONSIDÉRABLE LA TAILLE DE L'HOMME.
DES ECO-SYSTEMES SONT CRÉÉS ET ADAPTÉS A LEURS NOUVELLES MORPHOLOGIES. ON S'EMBARQUE ALORS DANS UNE AVENTURE QUI MET UN PEU MAL A L'AISE (ASPECT MEDICAL PLUS INTERESSANT FINALEMENT) PUIS ON S'ACCLIMATE ET TOUT COMME MATT DAMON ON APPRECIE L'IDEE ET LES DECORS.
C'EST PLEIN DE BONNES TROUVAILLES, D'IDEES HORS NORME...MAIS LE TOUT NOUVEAU MONDE A FORCÉMENT DES BONS COMME DES MAUVAIS COTES. L'ORIGINALITE DU SCENARIO VOUS FERA SOURIRE ASSURÉMENT MAIS LE FILM COMMENCE ET S'ARRETE LA. LE CHOIX DES INTRIGUES ET DES PERSONNAGES MIS EN AVANT EST MAUVAIS, ON FINIT PAR DECROCHER ET S'ENNUYER FERME.
CA PASSE COMPLETEMENT A COTE DE SON SUJET ET CA C'EST VRAIMENT LE COMBLE. VOULOIR FAIRE UN GRAND FILM SUR DE PETITS HOMMES MAIS DE VOIR ET FAIRE LES CHOSES A TAILLE NORMALE. ON N'A PAS D'INTERACTION AVEC LES GRANDES PERSONNES DU COUP ON RESTE DANS CE MONDE SANS VRAIMENT VOIR QUE C'EST L'AUTRE MONDE, CE QUI ENLEVE TOUTE LA MAGIE DU SCENARIO ET TOUTE LA PARTIE ÉCOLOGIQUE EST ÉVINCÉE....
MAIS ALORS L'HERBE EST T-ELLE PLUS VERTE AILLEURS ? ET BIEN NON, LES INFOS SONT LES MÊMES, LES GENS AUSSI, LES VOISINS AUSSI, ET MÊME SI LE COUT DE LA VIE EST PROPORTIONNEL A LA TAILLE DE L'INDIVIDU, IL FAUT TRAVAILLER AUSSI. LA PAUVRETÉ EST BIEN REELLE AUSSI DE CE COTE DE L'AMERIQUE. EN FAIT CE CONCEPT EST PARFAIT POUR PROFITER PLEINEMENT DE SA RETRAITE.
ENCORE FAUT T-IL SAUTER LE PAS ET LA ENCORE L'ASPECT MÉDICAL EST VITE OUBLIÉ. QUITTE A VIVRE COMME UN HOBBIT, AUTANT SE FAIRE PLAISIR. EN TOUT CAS, ON EST LOIN DE LA COMEDIE, QUI MÊME TRES CYNIQUE, M'AURAIT FAIT VOYAGER. ALORS OUI GROSSIEREMENT L'HOMME S'ADAPTE MAIS FINIT TOUJOURS PAR PERDRE ET CA C'EST CYNIQUE MAIS QUOI QU'IL EN SOIT, JE SUIS BIEN PARTIE AILLEURS MAIS CA N'A RIEN DU PARADIS QU'ON M'AVAIT VENDU.
AVIS AUX AMATEURS
Matt Damon, Kristen Wiig, Christoph Waltz et Hong Chau - Paramount - 10 janvier 2018 - 2h15
KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini


Vue de face sur un microcosme: six appartements d'un petit immeuble de trois étages dans la province ou la banlieue russe. Les occupants assistent au retour de Kroum, le fils de la résidente du premier, qui était parti tenter sa chance en Europe.
Dès l'instant où il retrouve sa mère, Kroum, magnifiquement interprété par Vitaly Kovalenko, préfère annoncer la couleur: la fortune, si elle existe pour d'autres, n'a pas croisé sa route, l'amour, non plus. Partant de ce constat, autant rentrer chez soi. Le décor est posé. Au temps des retrouvailles (avec la famille, les amis, le voisinage) succède celui de la routine, du quotidien, de l'ennui. Travailler? Se marier? Kroum partage ses doutes avec Tougati, l'ami de toujours, brillamment interprété par Dmitry Lysenkov, qui concentre à lui seul, tel une caricature, presque tous les maux de notre espèce: hypocondriaque, dépressif, terrorisé par la solitude et la peur ne jamais connaître l'amour, désarmé face à la médiocrité, la quête de sens, l'impossible sérénité. Terriblement humain, terriblement touchant, tel une métaphore universelle de l'homme.
KROUM au Théâtre Gérard Philippe, c'est donc une comédie drôle et sensible écrite par un auteur israélien (Hanokh Levin), qu'un metteur en scène français (Jean Bellorini) a choisi de faire interpréter, dans sa langue, par la talentueuse troupe de l'immense théâtre Alexandrinski (considéré comme le plus ancien théâtre de Russie) savamment habillée par Macha Makeïeff.
Comment est-ce d'assister à une pièce en russe sur les planches d'un théâtre de Saint-Denis? Une expérience aussi géniale qu'inédite. Observer jouer des comédiens russes, dans leur langue, après avoir rapidement lu les surtitres français (qui sont projetés au-dessus et des deux côtés de la scène) s'avère fascinant et on est surpris de découvrir une technique de jeu d'une expressivité folle, incroyablement actuelle et complice avec les spectateurs, et de ressentir une proximité immense avec des personnages parlant pourtant une langue étrangère. Non seulement la barrière de la langue est gommée, oubliée, mais tout ce qu'il y a d'universel dans le théâtre à commencer par le jeu non-verbal, est magnifiquement travaillé et s'avère tout à fait jouissif (Yulia Marchenko excelle dans le genre). Comme dans tous ses spectacles, Jean Bellorini se montre d'une délicatesse folle. Exigeant du beau à tous les niveaux, il ne néglige pas non plus les lumières ni la musique - italienne pour la plupart - et ces dernières viennent subtilement ajouter les touches de légèreté et de rêverie nécessaires. Comment sombrer dans le désespoir devant autant de dérision et d'énergie et alors que résonnent déjà les premiers accords de Volaaaaare Cantaaaaare oh oh oh oh ? Au contraire, on s'envolerait presque de ce microcosme russe vers ce Capri rêvé. Quelle soit écoutée dans l'intimité du tourne disque du couple de vieux du troisième étage (Maria Kuznetsova et Vladimir Lisetkii sont splendides), jouée en piano live par Michalis Boliakis ou chantée en chœur par les comédiens face au public, la musique fait voler en éclats la pesanteur de nos vies et injecte la dose parfaite de beau et d'émotion en pleine confusion des sentiments.
Браво!
Jusqu'au 28 Janvier 2018
Au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis
Spectacle en russe, surtitré en français




