Une Chambre en Inde, Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine,
Mar21

Une Chambre en Inde, Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine,

Un hymne à la force libératoire du théâtre La lumière du jour se glisse à travers les persiennes. On sent la chaleur de l’air Indien. Au milieu de la pièce, une femme dort. Soudain, la sonnerie du téléphone retentit : la France – peu soucieuse du décalage horaire- appelle. En quelques secondes, la pression monte et la chambre, qui apparaissait jusque là comme un écrin de calme et de fraîcheur, est rattrapée par l’agitation du monde extérieur. Avec “Une Chambre en Inde”, fruit du travail collectif de sa troupe (le Théâtre du Soleil), Ariane Mnouchkine met en scène les tourments d’un auteur de théâtre politisé: que choisir parmi les mille sujets offerts par l’actualité? Comment, une fois son choix fait, lui donner une forme théâtrale? laquelle? la tragédie? l’épopée? l’humour noir ou absurde? et, comment couper l’herbe sous le pied de la critique criant à la vanité du théâtre? Auteur accablé et désemparé face aux terribles événements qui l’entourent (la pièce a été écrite au lendemain des attentats de Paris), le personnage principal d'”Une Chambre en Inde” nous entraîne dans les affres de son parcours créatif. Avec lui, on appelle à la rescousse les plus grands maîtres, aux rangs desquels Shakespeare, Tchekhov et Gandhi, et on s’inspire de tout mais en particulier du théâtre populaire du sud de l’Inde, le Terrukutu. En représentant ce dialogue aussi nécessaire qu’éternel entre le théâtre et l’actualité (dont la “théâtralisation” est flagrante à l’image des films de Daech), Ariane Mnouchkine prouve la capacité du théâtre à incarner le monde chaotique dans lequel nous vivons et, ainsi, à exorciser et à libérer.   Une création collective du Théâtre du Soleil, dirigée par Ariane Mnouchkine, musique de Jean-Jacques Lemêtre ; en harmonie avec Hélène Cixous, avec la participation exceptionnelle de Kalaimamani Purisai Kannappa Sambandan Thambiran Spectacle crée le 5 novembre 2016 et repris, depuis le 24 février 2018, au Théâtre du...

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1 heure 23’14” et 7 centièmes, Jacques Gamblin, Bastien Lefèvre, Rond-Point
Mar04

1 heure 23’14” et 7 centièmes, Jacques Gamblin, Bastien Lefèvre, Rond-Point

1 heure 23’14” et 7 centièmes est une pièce étonnante, subtile, qui amène progressivement à son propos.

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Hugo, l’Interview, Essaion
Jan30

Hugo, l’Interview, Essaion

Une expérience inédite et envoûtante.

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KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini
Jan23

KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini

une comédie drôle et sensible écrite par un auteur israélien (Hanokh Levin), qu’un metteur en scène français (Jean Bellorini) a choisi de faire interpréter, dans sa langue, par la talentueuse troupe de l’immense théâtre Alexandrinski (considéré comme le plus ancien théâtre de Russie) savamment habillée par Macha Makeïeff.

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Sulki et Sulku, Jean-Michel Ribes, Rond-Point
Nov20

Sulki et Sulku, Jean-Michel Ribes, Rond-Point

  L’immense Jean-Michel Ribes est de retour, à travers les personnages de Sulki et Sulku, pour des divagations toutes plus inattendues et ravissantes   Tirés à quatre épingles dans des costumes aux couleurs et motifs hautement improbables (jaune et violet pour l’un, orange et violet pour l’autre, Sulki (Romain Cottard) et Sulku (Damien Zanoly) sont de ceux qui s’habillent pour un rendez-vous amical.    Et quand l’un engage la conversation, c’est sur un sujet qu’il a déjà mûrement réfléchi mais dont son immense estime de l’autre lui garantit qu’il saura l’éclairer et le libérer de ses tourments. Très sérieusement, chaque interrogation est analysée, chaque réponse contredite et les esprits avancent. Aucune susceptibilité n’existe, l’écoute est totale, l’ordre est de s’interroger et tout mérite réflexion.   Qu’est-ce qui peut bien ennuyer autant Sulki dans le football? Pourquoi Sulku n’arrive t-il pas à méditer? Faudrait-il, comme se le demande Sulku, raccourcir les mots de notre vocabulaire pour augmenter notre productivité nationale? Comment évolue l’état du beau-frère de Sulki qui s’est mis, depuis peu, à uriner de l’essence? Comment se fait-il que Sulku ne croise plus le Pape au supermarché? Comment expliquer que personne d’autre que Sulku n’ait reconnu Mona-Lisa alors qu’elle était assise sur un banc à Barbès?   Le monde dans lequel vivent Sulki et Sulku ne connaît aucune certitude, aucune vérité générale, aucune frontière du réel. TOUT y est possible. TOUT y est imaginable et ainsi TOUT y est discutable. L’imagination peut battre son plein, la pensée s’envoler sans aucune limite et les deux s’auto-alimenter. On les suit avec un plaisir certain, régalés par leurs divagations toutes plus inattendues les unes que les autres, fascinés par leur liberté, la vivacité de leurs esprits. On sourit, on rit, on voudrait les observer encore longtemps, apprendre leur innocence, et leur force de résistance pour nous aussi vivre à la Sulki et Sulku, voir l’art partout et nous imposer des conversations exigeantes.   Il y a assurément du génie dans l’écriture de Jean-Michel Ribes et dans les interprétations de Romain Cottard et Damien Zanoly.   On en redemande!!!     SULKI ET SULKU ONT DES CONVERSATIONS INTELLIGENTES Jusqu’au 10 décembre 2017 Théâtre du Rond Point du mardi au samedi à 21h le dimanche à 15h30 Relâche les lundis et les 11 et 14...

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Ex Anima, Zingaro, Bartabas
Oct22

Ex Anima, Zingaro, Bartabas

Une invitation à regarder la “société” des chevaux.

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Métamorphoses, Deun Doen Group, la Cartoucherie
Mar08

Métamorphoses, Deun Doen Group, la Cartoucherie

Confuses et inégales les « Métamorphoses » du Deun Doen Group troublent sans convaincre. Les comédiens également chanteurs et les musiciens ne déméritent pas, au contraire, mais cela ne suffit malheureusement pas.

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KARAMAZOV, Dostoïevski, Bellorini, Théâtre Gérard Philippe

Jean Bellorini fait entrer dans l’intimité des personnages grâce à une scénographie particulièrement ingénieuse

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Oulipolisson!

cette fois-ci même les enfants en profitent !

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La Reine de Beauté de Leenane, Martin Mcdonagh, Sophie Parel, Lucernaire
Sep13

La Reine de Beauté de Leenane, Martin Mcdonagh, Sophie Parel, Lucernaire

  Une comédie noire décapante !   Dans un coin perdu de la campagne irlandaise, une mère est prête à tout pour garder sa fille auprès d’elle.   Le poêle est allumé, la télé aussi. La télécommande à la main, en pantoufles dans son fauteuil roulant, la mère regarde son feuilleton, l’air pas facile. Elle attend sa fille et par là, son porridge et son Complan®. Sans grumeaux si c’est pas trop demander. Dehors, derrière la porte d’entrée battue par un vent incessant on imagine le froid hostile et glaçant d’un village de campagne en plein hiver. Il faut tout le talent de Catherine Salviat pour interpréter de façon aussi remarquable et redoutable la mère esclavagiste, acariâtre et tyrannique dépeinte par Martin Mcdonagh dans sa délicieuse comédie noire. Aucun rictus ne lui échappe. Aucune réplique assassine ne lui résiste et on ne peut que reconnaître, accablé par les ressemblances, les traits familiers d’une grand-mère ou d’une grand-tante. Le cœur sec, dur comme une pierre, elle manie avec brio la torture psychologique et sa victime, sa fille, pourtant consciente, ne peut que se résigner à la servir, encore et toujours, pour le temps qu’il faudra. La fille, interprétée par Sophie Parel (également à la mise en scène), incarne avec beaucoup de justesse l’ambivalence de ses sentiments : culpabilité de l’abandon; infini dévouement; envie irrépressible de vivre pour soi; de s’enfuir; rancœur; amour devenu haine. Face au couple mère-fille, les personnages des frères Dooley interprétés avec grande sensibilité par Grégori Baquet et Arnaud Dupont réagissent à leur manière, toujours touchante souvent malhabile, car ils ne peuvent que compatir, eux-mêmes également prisonniers de cette terre ingrate, face à l’impossibilité d’une autre vie. Ainsi, avec à un décor simple mais hyper efficace et des lumières subtiles qui augmentent habilement la tension générale, les quatre comédiens sonnent parfaitement justes et profondément humains. Toujours comiques. Tous ont l’air de se régaler et d’être hyper à l’aise dans la mise en scène et leur plaisir est contagieux. La pépite de Mcdonagh est très efficacement mise en scène et on ne peut que recommander !   Jusqu’au 16 octobre 2016 de Martin Mcdonagh  mis en scène par Sophie Parel   avec Catherine Salviat (de la Comédie Française), Gregori Baquet (Révélation masculine 2014), Sophie Parel et Arnaud Dupont  au Théâtre du...

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Par delà les marronniers, Jean-Michel Ribes, Rond Point
Avr05

Par delà les marronniers, Jean-Michel Ribes, Rond Point

Énigmatique. Jean-Michel Ribes dit vouloir saluer “l’insolence d’être” et “la liberté de la différence”, mais le choix de la revue et du music-hall, avec la présence de danseuses-chanteuses auprès des dadaïstes Jacques Vaché, Arthur Cravan et Jacques Rigaut, laisse perplexe. Même si on sourit aux répliques assassines d’Arthur Cravan (interprété par Michel Fau) qui fait part de sa détestation de l’art et prend pour cibles Marie Laurencin et Robert Delaunay, l’ensemble est décevant- quant à la découverte très limitée que l’on fait de ces personnages – et triste. Tout autour une ambiance caricaturale de music-hall, au-dessus l’omniprésence de la guerre qui flotte comme une chape de plomb et, au milieu de la scène, les trois dandys dadaïstes défilent l’un après l’autre. Est-ce un choix de ne pas trop dévoiler de leurs personnalités hors normes? Les comédiens (Maxime d’Aboville, Michel Fau et Hervé Lassïnce) semblent sous-employés et on en est mal à l’aise et déçus de ne pas percer même un tout petit peu du mystère de leurs personnages. Plutôt que de la folie, de la désinvolture ou un sentiment de liberté absolue, c’est finalement du spleen qui émane le plus des dadaïstes mis en scène par Jean-Michel Ribes, tristes et sans illusion face au pouvoir de l’ordre moral.   Par delà les marronniers Revu(e) Texte et mise en scène Jean-Michel Ribes Avec Maxime D’Aboville, Michel Fau, Hervé Lassïnce, Sophie Lenoir, Alexie Ribes, Stéphane Roger, Aurore Ugolin Au Théâtre du Rond Point jusqu’au 24 avril 2016,...

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Tempête sous un crâne
Mar22

Tempête sous un crâne

D’après les Misérables de Victor Hugo Adaptation Jean Bellorini et Camille de la Guillonnière Mise en scène Jean Bellorini Au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis jusqu’au 10 avril 2016 6 ans après sa première représentation, Jean Bellorini reprend “Tempête sous un crâne”, sa monumentale adaptation des Misérables, sur la scène du théâtre dont il a la direction depuis deux ans, le Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis. Pendant près de 3h30 (oui tout de même!), cinq comédiens – accompagnés de la muti-instrumentiste et chanteuse Céline Ottria et de Hugo Sablic à la batterie – nous plongent dans l’univers si tragique et attendrissant des Misérables, en alternant entre narration et incarnation de l’oeuvre et de ses différents personnages. Les comédiens (particulièrement Clara Meyer et Camille de la Guillonnière) sont impressionnants, semblant littéralement s’user tellement ils sont dévoués à leurs personnages. On est ainsi profondément saisis et épatés par les talents cumulés du metteur en scène et des comédiens pour révéler les sentiments humains si chers à l’auteur, notamment la force de l’amour, de la fraternité et le besoin de justice. Et l’oeuvre apparaît fidèlement restituée, faite simplement d’hommes par des hommes et pour des hommes et où chacun semble éternellement pouvoir se reconnaître. La mise en scène de Bellorini charme toujours autant par sa sensibilité et sa délicatesse; ses magnifiques ombres et lumières; ses géniales variations de rythme; l’adéquation des compositions musicales et les émotions qu’elles révèlent; l’occupation de l’espace. Comme dans Parôles Gelées ou Liliom, la scène de Bellorni est à chaque seconde un spectacle visuellement parfait. Eblouissant. Seul bémol, la durée du spectacle (3h40 avec entracte). Même si elle est tout à fait compréhensible au regard de la richesse de l’oeuvre adaptée, elle ne permet pas de maintenir une concentration totale et on ressort avec le regret de ne pas avoir pu savourer (surtout le texte) autant que...

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King Kong Théorie, Virgine Despentes, Emmanuelle Jacquemard, Déchargeurs
Jan20

King Kong Théorie, Virgine Despentes, Emmanuelle Jacquemard, Déchargeurs

Rien de simpliste ni de caricatural, au contraire, les difficultés et les contradictions sont humblement admises et la discussion tellement poussée qu’on en arrive presque à regretter qu’aucune confrontation avec des points de vue masculins ne vienne l’enrichir.

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Kiki de Montparnasse, Jean-Jacques Beineix, Lucernaire,
Jan12

Kiki de Montparnasse, Jean-Jacques Beineix, Lucernaire,

  On aurait aimé un portrait plus fantaisiste ou malicieux et surtout, un peu plus secret, de la reine de Montparnasse. S’il est bien sûr plaisant d’écouter de la bouche de Kiki de Montparnasse le récit de ses souvenirs des années folles, particulièrement de ses côtoiements d’artistes devenus immenses (Modigliani, Soutine, Utrillo ou Man Ray), on regrette de ne rien apprendre d’inconnu ni de percer le mystère de ce qu’il y avait de si fascinant, chez cette femme, au point de devenir une véritable légende. Est-ce dû au format du monologue ou au décor trop sobre et statique uniquement animé par quelques projections d’images, mais on ne ressent ni l’excitation ni les vent de folie, de liberté, d’audace et d’affranchissement, pourtant censés traverser cette période. Difficile pour Kiki de nous faire ressentir la folle ambiance des cabarets et l’effervescence artistique et sexuelle de l’époque avec pour seul accompagnement deux musiciens (même supers!). Et le cocktail de sensations antagonistes de grandeur et de désœuvrement, si emblématiques de cette période, n’est que faiblement restitué. Aussi, le choix de projeter des images (des lieux mythiques de l’époque) sur un angle de la scène n’apporte pas grand chose mais risque, au contraire, de nuire à l’intimité de la pièce et au jeu de la comédienne, dont les actes en ressortent rapetissés. Kiki de Montparnasse ne devient alors presque plus que témoin-conteur d’une époque dont elle a pourtant largement été actrice. On est cependant touchés par l’investissement total d’Héloïse Wagner et de ses musiciens dont le plaisir de jouer est contagieux.   Jusqu’au 06 mars 2016 Théâtre du Lucernaire Mise en scène de Jean-Jacques Beineix D’après Souvenirs Retrouvés de Kiki de Montparnasse Avec Héloïse Wagner (Kiki de Montparnasse) accompagnée par Rémi Oswald ou Jean-Yves Dubanton (guitares) et Rodrigue Fernandes...

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Un fils de notre temps, Odon von Horvath, Théâtre Gérard Philippe
Déc03

Un fils de notre temps, Odon von Horvath, Théâtre Gérard Philippe

La sobriété de la mise en scène et du décor contribue à une atmosphère très intime, très intérieure, très personnelle, comme si on pénétrait dans les tréfonds de l’esprit du personnage, de ses pensées, de ses névroses; et l’habilité avec laquelle les éléments de décor sont instrumentés apporte une pointe de légèreté, d’humour, et même d’espoir, que du néant, du désespoir absolu, peut encore ressortir quelque chose de beau, de grand.

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Père
Nov10

Père

Entre les mots, d’une violence inouïe, de la mère (Anne Kessler) et la fragilité que tout son être exprime, le contraste est saisissant, effrayant. Le père (Michel Vuillermoz) est tout aussi touchant, admirable. Lui qui devrait détenir tous les pouvoirs en tant que père et maître de maison, se révèle rapidement le plus faible, usé par la puissance des femmes et leur ténacité.

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Les Géants de la Montagne, Luigi Pirandello, La Colline
Sep30

Les Géants de la Montagne, Luigi Pirandello, La Colline

    Stéphane Braunschweig donne vie et splendeur à l’ultime chef d’œuvre de Pirandello   Tout est superbe: à commencer par le texte, comme toujours, quand on connaît le talent de l’immense écrivain Sicilien (prix Nobel tout de même…); mais également la mise en scène, d’une sensibilité extrême; et les comédiens, si “Pirandelliens” par leur sincérité naïve, leur folie naturelle et leurs tiraillements perpétuels (particulièrement Claude Duparfait dans le rôle de Crotone). Allez voir Les Géants de la Montagne et laissez-vous porter par la profondeur de l’oeuvre de Pirandello, à l’intelligence vive et intemporelle, et la mise en scène de Braunschweig qui, sûrement parce qu’il a lui-même traduit l’oeuvre, incarne avec splendeur son imaginaire surnaturel et illuminé et relaye magnifiquement le leitmotiv de Pirandello de tout remettre en question et de n’accepter aucune soi-disant vérité.   Un joyau   Jusqu’au 16 octobre 2015 au Théâtre de la Colline Les Géants de la Montagne de Luigi Pirandello Traduction, mise en scène et scénographie de Stéphane...

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Mémoires d’un fou, Gustave Flaubert, Sterenn Guirriec, Poche Montparnasse
Sep17

Mémoires d’un fou, Gustave Flaubert, Sterenn Guirriec, Poche Montparnasse

Seul en scène dans la salle du bas du Théâtre de Poche, William Mesguich livre une interprétation très physique des Mémoires d’un Fou de Gustave Flaubert. En nage, encerclé de feuilles de papier (qu’on devine être des ébauches de son Dictionnaire des Idées Reçues) dont il se saisit frénétiquement, William Mesguich est un Flaubert exalté, presque possédé. Censé être âgé seulement de 17 ans (l’œuvre date de 1938), il semble pourtant dans un état terminal, amèrement rongé par l’incompréhension de ses contemporains, lui, l’enfant rêveur, amoureux éperdu de poésie. Si jeune et si désabusé, ce “pauvre fou” a contracté “de bonne heure une profonde aversion pour les hommes”. Les amoureux de Flaubert découvriront ou retrouveront dans cette première œuvre, presque un journal d’adolescent, tout son génie et sa maturité, tous deux superbement révélés par le jeu de William Mesguich et la mise en scène de Sterenn Guirriec. En revanche, on se demande si le trait n’est pas trop forcé quant à l’état mental de l’écrivain qu’on aurait préféré un tout petit peu moins exalté, pour ne rien rater de la puissance du texte. Flaubert ne s’interrogera-t-il pas lui-même, en dédicace de ses mémoires: “Elles renferment une âme toute entière. Est-ce la mienne? Celle d’un autre?”   Jusqu’au 8 novembre au Théâtre de Poche – Montparnasse Mémoires d’un fou de Gustave Flaubert Adaptation Charlotte Escamez Mise en scène Sterenn Guirriec Avec William Mesguich   (Du mardi au samedi 19h – Dimanche...

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24 heures de la vie d’une femme
Juil09

24 heures de la vie d’une femme

Une adaptation musicale de 24 heures de la vie d’une femme, cela aiguise la curiosité. On espère retrouver non seulement la puissance des dialogues de Stefan Zweig, fiévreux et timides, élégants et passionnés, mais également la force des sentiments nouveaux et choquants, si bien décrits par l’auteur, qui naissent entre deux personnes que rien ne prédestinait à se rencontrer. Sur le devant de la scène, un violon, un violoncelle et un piano. Derrière, apparaissant par tableaux, Isabelle Georges, Frédéric Steenbrink et Olivier Ruidavet alternent entre le récit et l’interprétation d’une histoire d’amour tellement extraordinaire qu’en seulement 24 heures elle changea à jamais la vie d’une femme. Mais d’abord, l’absence de mise en perspective chronologique, fait défaut. Isabelle Georges joue ainsi indifféremment et sans aucun changement d’apparence ni de position, son personnage à deux âges différents: la vieille dame qui confie enfin son lourd secret et la jeune femme veuve qui vie l’instant qui va bouleverser toute sa vie. Or, dans l’œuvre de Zweig, une partie de la puissance vient du fait que l’histoire est contée, a posteriori, par une vieille dame, comme un aveu honteusement gardé. Ensuite, le poids des conventions sociales et la honte pour une jeune veuve, qui plus est mère, de succomber à un autre homme, de surcroît plus jeune qu’elle, ne sont pas non plus complètement rendus. Enfin, on regrette l’absence de décor de casino ou d’une quelconque mise dans l’atmosphère de Monte-Carlo, qui fassent ressentir la fièvre et la drogue du jeu. Le tout se situe donc malheureusement en dessous de ce que le livre peut suggérer ou susciter. La musique apporte toutefois un rythme et une sensibilité appréciables et les acteurs sont totalement investis et passionnés. Quelque peu surannés, les mélodies et les tenues ne rendent pas non plus justice à l’élégance et à la modernité de l’œuvre.   Jusqu’au 1er août, du mardi au vendredi à 20h30 et les samedis à 17h et 20h30 au Théâtre La Bruyère. D’après Stefan Zweig Mise en scène et scénographie Franck Berthier Adaptation, livret et paroles de Christine Khandjian et Stephane Ly-Cuong  Musique composée par Sergei Dreznin avec Isabelle Georges, Frédéric Steenbrink et Olivier...

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LILIOM ou la Vie et la Mort d’un vaurien, Ferenc Molnar, Odéon
Juin03

LILIOM ou la Vie et la Mort d’un vaurien, Ferenc Molnar, Odéon

Pour tous ceux (comme moi) qui l’auraient raté au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis cet automne, les Ateliers Berthier du Théâtre de l’Odéon offrent une deuxième chance de découvrir « Liliom ou la Vie et la Mort d’un vaurien », l’histoire d’un bonimenteur de foire, écrite en 1909 par l’auteur hongrois Ferenç Molnar, génialement mise en scène par Jean Bellorini. C’est dans un décor absolument grandiose de fête foraine, empreint, d’autant de magie que de désenchantement, que la Compagnie Air de Lune mise en scène et en lumières par Jean Bellorini, nous emmène dans une histoire brute et touchante à la fois. « Brute » car les cœurs – même amoureux – y sont durs et la violence pallient parfois l’absence de mots ou d’espoir, et « touchante » par la vérité et l’humanité dont les protagonistes transpirent. Comme dans ses œuvres précédentes, Jean Bellorini accompagne magnifiquement le tout en musique, soit pour nous entraîner par la force d’une liberté furieuse – qui n’est pas sans rappeler celle des films de Kusturica- , soit pour prendre le relai, dans les moments de doute ou de désespoir. Grâce aux superbes compositions de Sébastien Trouvé et de Hugo Sablic, les comédiens, tous également chanteurs et musiciens, interprètent une incroyable palette d ‘émotions. A cet égard, le solo de la harpiste Lidwine (à découvrir !) – complètement lunaire (dans le genre de Bjork) – laisse bouche bée et presque la larme à l’œil, devant tant d’énergie et de beauté. Egalement drôle grâce à de subtiles créations dans les dialogues et au délicieux jeu des acteurs, « Liliom » est donc un spectacle complet, qui nous emporte hors du monde, pour notre plus grand bonheur. Féérique, terrible, magique, fou, beau, poétique, drôle et touchant, le « Liliom » de Jean Bellorini a le talent d’être tout ceci à la fois. En un mot, exceptionnel ! http://www.theatre-odeon.eu/fr/2014-2015/spectacles/liliom http://www.lidwine.com/   Jusqu’au 28 juin 2015 aux Ateliers Berthier du Théâtre de l’Odéon (Métro Porte de Clichy – Ligne 13), du mardi au samedi à 20h, dimanche à 15h. texte: Ferenc Molnar mise en scène: Jean Bellorini distribution: Julien Bouanich (Liliom), Amandine Calsat (Marie), Julien Cigana, Delphine Cottu, Jacques Hadjaje, Clara Mayer (Julie), Teddy Melis, Marc Plas, Lidwine De Royer Dupré, Hugo Sablic, Sebastien Trouvé, Damien Vigouroux scénographie et lumière : Jean Bellorini costumes : Laurianne Scimemi musique : Jean Bellorini, Lidwine de Royer Dupré, Hugo Sablic et Sébastien...

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