David Dimitri L’Homme-Cirque
Mar18

David Dimitri L’Homme-Cirque

David Dimitri nous enchante avec un spectacle original et très audacieux. On en redemande! Il est seul mais pourtant aucun tour ne semble pouvoir lui résister. Bien au contraire, David Dimitri nous prouve, avec un talent déconcertant, qu’il n’est pas nécessaire d’être plusieurs pour faire du cirque et que l’imagination et l’humour peuvent permettre d’inventer des partenaires insolites et de réaliser des tours invraisemblables. Tout en maintenant un échange comique constant avec son public,  David Dimitri vérifie que toutes ses attaches sont bien assurées,  que le moindre détail de ses tours pourra être parfaitement réalisé. Et hop, en un instant, le voilà suspendu au plafond,  s’envolant dans les airs ou disparaissant du chapiteau par le toit. Les enfants sont morts de rire ou ébahis, impressionnés  devant autant d’audace et de prise de risque. Les adultes sont tout aussi enchantés, car les numéros sont aussi originaux qu’osés et que la bienveillance de David Dimitri est profondément communicative. Un spectacle rare et impressionnant. Amateurs de cirque, ne le ratez pas! Jusqu’au 22 mars 2015 au Centquatre (104) Durée : 1 heure A partir de 5 ans...

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Strip-tyque, Essaion
Mar16

Strip-tyque, Essaion

Une œuvre originale et audacieuse mais qui aurait pu être encore plus voluptueuse. Anne de Broca et Erwan Daouphars forment un duo osé et touchant dans ce spectacle original mêlant le chant, la danse et le théâtre sur les magnifiques airs de bandonéon de Pablo Nemirovsky. Suaves, sensuels et suggestifs, mais malheureusement plus dans leurs solos que dans leurs interactions, Anne de Broca et Erwan Daouphars partagent avec nous leurs fantasmes et autres tiraillements sexuels. On se délecte de leurs libertinages dont le récit est souvent comique parce que d’une chaleur entremêlée de froideur scientifique. On découvre la voix de Anne Broca en chanteuse de tango grave et déchirante et l’humour d’Erwan Daouphars qui, bien que graveleux, garde toujours une certaine retenue élégante. Seul petit regret, que la danse ne soit pas plus lascive, endiablée, limite licencieuse et ne porte pas le spectacle jusqu’à l’état de semi-transe qu’il s’évertue à décrire.   Jusqu’au 21 avril 2015, les lundis et mardis, à 21h30, au Théâtre de l’Essaïon Pièce érotique en trois actes sur partition tango Mise en scène Anne de Broca (assistée par Muriel Piquart) Denys Treffet Avec Anne de Broca et Erwan Daouphars Pablo Nemirovsky au...

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Toujours la tempête, Peter Handke, Odéon
Mar13

Toujours la tempête, Peter Handke, Odéon

La pièce est bercée par l’amour, à la fois filial et fraternel, et la bienveillance familiale. Elle porte toute l’émotion d’un récit autobiographique empreint d’une douceur rendu inégalable par les années passées et de mélancolie du bonheur perdu.

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Ivanov, Anton Tchekhov, Odéon
Fév16

Ivanov, Anton Tchekhov, Odéon

Ivanov est le nom de famille le plus commun en Russie. Nicolas Alexéevitch Ivanov c’est donc un peu notre Bernard Dupont. Un homme commun, mais qui souffre d’un terrible mal, une fatigue de tous ses membres, tellement inexplicable pour lui et ceux qui l’entoure, qu’elle en est encore plus culpabilisante. Écrite en 1887, la pièce est d’une modernité intacte. Les dialogues de Tchekhov, incroyablement percutants et son analyse des comportements humains, d’une justesse presque effrayante. Mais la représentation d’Ivanov, actuellement à l’affiche du Théâtre de l’Odéon, ne convainc pas complètement. Surtout portée par l’excellent jeu de Mischa Lescot, elle souffre d’une scénographie trop statique et froide, nous tenant presque à distance alors que, sur scène, les comédiens s’agitent. Rien ne bouge à part un changement à vue, dirigé par les acteurs eux-mêmes, à la tête desquels on trouve Christiane Cohendy, en superbe Mme Lebedev. Pas une porte ne claque, pas un lustre ne se balance, pas un rideau ne se froisse et la troupe de comédiens se démène au milieu d’une scène froide et lointaine. Était-ce pour donner à  voir toute la pièce à travers le prisme angoissé et sombre d’Ivanov ? C’était sans compter sur l’excellente performance de Mischa Lescot. Car tout, dans sa démarche, sa silhouette, sa diction, ses interminables bras ballants et ses jambes trop encombrantes, exprime sa souffrance. Le moindre mouvement lui est une fatigue, toute envie l’a quitté. Tout en lui n’est plus qu’apathie, nonchalance. Il avance écrasé par le poids de ce cafard inexplicable, de sa “faiblesse ridicule”. Il est l’incarnation de la dépression à une époque où  les psychanalystes ne parvenaient pas encore à la définir, et atteint des extrêmes tellement touchants et désespérants qu’il en devient parfois comique. Le reste de l’épatante troupe d’acteurs (on se régale particulièrement de Christiane Cohendy, Chantal Neuwirth et Yannik Landrein), dépeint également avec brio la médiocrité de la petite bourgeoisie de campagne, sa vanité ridicule et ses cruelles bassesses. Dans ce monde de vils hypocrites, Ivanov ne peut être qu’un intrigant. Alors, cet Ivanov, brave Mr Dupont ou Tartuffe ? Allez en décider au Théâtre de...

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Arthur Rimbaud, Les Illuminations
Fév12

Arthur Rimbaud, Les Illuminations

Des poèmes et une musique d’une grande beauté mais une orchestration perfectible. Maud Philippon, Vincent Favre et Nicolas Thuet revivent les magnifiques “Illuminations” de Rimbaud. Envoûtés, ils semblent ne faire qu’un avec le poète dans sa contemplation, son imagination, sa sensibilité. Accompagnés par la superbe musique originale de Bob Boisadan, au piano, ils nous emportent dans le si-fertile univers Rimbaldien où tout est si observé, si détaillé, si ressenti, qu’on croirait voir la “pente du talus” et sentir “l’aube d’or et la soirée frissonnante”. Mais, à vouloir nous faire savourer un trop grand nombre de ces magnifiques poèmes, les comédiens se retrouvent embarqués dans un rythme trop soutenu pour pouvoir nous les faire apprécier à leur juste valeur. Et à l’occasion du solo magnifique de piano, on se surprend à se demander s’il n’aurait pas mieux fallu alterner la musique et le jeu, essayer de faire dialoguer le musicien avec les comédiens, car la première recouvre parfois le second et donne le sentiment regrettable d’y perdre doublement tellement l’un autant que l’autre, aurait mérité notre attention totale.     jusqu’au 10 mars 2015 Au Théâtre de l’Essaïon, les lundi et mardi à 21h30, Mise en scène : Nicolas Thuet Musique originale et piano : Bob Boisadan Avec Maud Philippon, Vincent Favre et Nicolas Thuet...

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Sauver la peau, David Léon, Théâtre Ouvert
Fév04

Sauver la peau, David Léon, Théâtre Ouvert

Trop noir et minimal Un homme seul sur scène avec pour unique décor une image projetée derrière lui et un immense miroir brisé à ses pieds. La lumière se propage aussi progressivement que sa voix se fait entendre. De façon brute et hachée, il relate sa démission de son poste d’éducateur spécialisé pour enfants psychotiques, un métier intimement lié avec sa tragique histoire familiale, puisqu’il a vécu le suicide de son frère adolescent, également atteint de troubles psychiques. L’aveuglement, le déni, et l’incompréhension face à ces pathologies au sein des institutions spécialisées autant que dans sa propre famille le consternent, car ces comportements, à force de maladresses, accentuent la solitude des malades et aboutissent parfois à des drames, des “crimes de l’esprit”. Un sujet grave, dont il est certainement utile de parler mais fallait-il, pour autant, en faire une représentation aussi minimale que désolante ? On regrette les partis pris de David Léon et d’Hélène Soulié de ne pas avoir prévu une seule note de légèreté, un seul grain d’humour, même noir, ni la moindre lueur d’espoir ou de beauté; arrêtés au stade de la lamentation, comme si leur œuvre était inachevée ou si l’on devrait tous être aussi fatalistes. Manuel Vallade, bien seul sur scène, réalise toutefois une vraie  performance, avec un monologue d’une heure dix qu’il parvient à rythmer du seul instrument de sa voix et par une bonne occupation de la scène. Jusqu’au 14 février 2015 au Théâtre...

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Six personnages en quête d’auteur, Théâtre de la Ville
Jan27

Six personnages en quête d’auteur, Théâtre de la Ville

Emmanuel Demarcy-Mota restitue fidèlement la géniale intrigue de Luigi Pirandello et parvient même à l’embellir par sa mise en scène grandiose.   Six personnages entrent dans un théâtre, cherchant un auteur pour représenter leur drame, qu’ils prétendent aussi vrai qu’ils sont vivants. Là, dans la salle où un directeur répétait avec ses acteurs, la mise en abyme imaginée par Luigi Pirandello peut alors commencer. Pour le directeur qui veut bien se montrer indulgent et s’interrompre pour écouter leur récit, aussi saugrenu soit-il, les personnages ne peuvent ni jouer, ni être vrais, car ceux qui jouent ce sont les acteurs, ces mêmes acteurs qui donnent vie, alors que les personnages, eux, restent dans le texte.   Fidèle aux précises consignes laissées par Luigi Pirandello dans ses didascalies, Emmanuel Demarcy-Mota parvient, par des placements impeccables et des éclairages parfaitement orchestrés, à ce que les six personnages ne puissent pas être confondus avec les acteurs de la troupe. Pourtant, confrontés à des personnages vivants, très vite, ces acteurs ne trouvent plus leur jeu et personne ne semble plus savoir ce qui sépare le réel du fictif, le vrai du faux, et surtout, où commence et s’arrête le théâtre.   Un directeur peut-il mettre en scène la vie? Ne faut-il pas forcément l’écrire puis la représenter par l’intermédiaire de comédiens,  comme si seuls des professionnels étaient susceptibles d’atteindre le vrai? Toutes les questions posées par Luigi Pirandello sont magnifiquement posées de nouveau par Emmanuel Demarcy – Mota et sa troupe et on se retrouve autant subjugué par la force du texte que par la beauté de la scène: ses ombres, ses lumières,  ses décors,  son rythme et ses effets techniques d’une esthétique parfaite (texte qui s’envole, manteaux qui dansent dans les airs).   Du grand théâtre.     Jusqu’au 31 janvier 2015 au Théâtre de la ville...

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Le Revizor, Gogol, Lucernaire
Jan17

Le Revizor, Gogol, Lucernaire

Une adaptation fine et réussie de la délicieuse satire de Gogol Quand Anton Antonovitch, gouverneur corrompu d’une province de la Russie centrale, apprend d’un de ses amis résidant à Saint-Pétersbourg, qu’un haut fonctionnaire du Gouvernement a été envoyé inspecter sa province « incognito » et « avec des instructions secrètes », son sang se glace, l’émoi est total. Que faire des trop nombreux malades se mourant dans les lits miteux de ses hôpitaux crasseux? de l’état lamentable de la voirie ? de la saleté de la ville ? des chantiers payés par le Gouvernement qui n’ont jamais vus le jour ? de l’haleine putride du juge alcoolique et de la cravache qui trône dans la grande salle du tribunal? Car, comme le décor l’incarne simplement (trop?) mais efficacement, tout va à vau-l’eau dans cette province. Que ce soit dans le bureau du Gouverneur, son appartement ou l’auberge de la ville : tout périclite. Ni les meubles ni même la fenêtre ne tiennent plus droit mais aucun habitant ne semble s’en inquiéter, habitués depuis trop longtemps aux détournements à la corruption. Les comédiens du collectif Voix de Plume (VdP) sont excellents dans les rôles des provinciaux hébétés à l’annonce de la nouvelle, et benêts ensuite devant celui qu’ils pensent être le Revizor, maladroits à point, avec des soupçons de grossièreté et de naïveté qui les rendent touchants et comiques. Jean-Benoît Terral est particulièrement savoureux dans le rôle du Gouverneur qui, malgré tous les éléments l’accablant, tenter de passer pour un ascète. Face à lui, Ronan Rivière (le Révizor) impressionne par son interprétation audacieuse de l’affabulateur perfide et sans scrupule profitant de l’incroyable méprise. Seul immuable, sur le côté de la scène, le pianiste (Léon Bailly) accompagne subtilement l’intrigue. Un ensemble épatant. Jusqu’au 25 janvier 2015 au Lucernaire www.revizor.fr Mise en scène de Ronan Rivière et Aymeline Alix Réduction de Roland Rivière d’après la traduction de Prosper...

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Chant’Oulipo, Jehanne Carillon, Théâtre Clavel
Jan15

Chant’Oulipo, Jehanne Carillon, Théâtre Clavel

Au milieu de la scène, une grande table, un meuble de cuisine à placards et un petit four. Autour, un bouquet factice dans un grand pot, un vieux fauteuil, un fil à linge, un piano et une table à repasser qui, par un petit bricolage-maison, porte une flute traversière. C’est dans ce décor familier et douillet que l’on est accueilli. Alors que le gâteau cuit dans le four, quatre amis communiquent en se jouant des mots et des notes. Crescendo, ils se défient en suivant les règles de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle) et de l’Oumupo (ouvroir de musique potentielle) c’est-à-dire, en mettant la littérature et la musique sous contraintes, ou plutôt, dans tous leurs états. Grâce à la mise en scène ingénieuse de Laurent Gutmann, les quatre comédiens se répartissent parfaitement l’espace, utilisant, un par un, tous les objets qu’il contient : le pot de fleurs comme tambourin ; la boîte de haricots verts Daucy (do-si !) comme instrument à percussion ; le fil à linge comme pupitre à partitions… Et c’est parti pour une heure de jeux de langue et de sons entraînants, où l’on découvre l’histoire de la « Tortu-lipe », celle de « l’étrange « anti-lope » et où l’on est invités à mettre les mots dans « l’ordre le plus aléatoire possible ». Aussi talentueux chanteurs que musiciens, Jehanne Carillon, Jean-Francois Piette, Olivier Salon et Valentin Villenave, se révèlent également incroyables comédiens, ne ratant pas une occasion de faire sourire ou même rire et leur bonne humeur est assurément contagieuse ! Chant’Oulipo Sur une idée de Jehanne Carillon Jusqu’au 15 février au Théâtre...

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Misanthrope, Molière, Théâtre de la Bastille
Déc10

Misanthrope, Molière, Théâtre de la Bastille

    En jouant le Misanthrope dans un contexte résolument contemporain, Thibault Perrenoud, Alice Zeniter et la Compagnie Kobal’t rendent avec brio l’éloquence et l’immortalité des vers de Molière En réussissant l’association des vers de Molière avec une mise en scène audacieuse électro-rock-marshmallows, limite scandaleuse, et une implication passionnée presque violente des comédiens, Thibault Perrenoud, Alice Zeniter et la Compagnie Kobal’t offrent une grille de lecture profondément actuelle et font résonner les vers de Molière comme des vérités éternelles. Dans le rôle d’Alceste, Marc Arnaud incarne à merveille, le jaloux maladif, enragé contre les mœurs de son temps et l’insupportable ballet de lâcheté, d’infamie, de flatterie auquel s’adonnent ses contemporains, tous fourbes et indignes.  A lui qui, au contraire de tous, n’estime que la sincérité, l’honneur et la franchise, le monde des hommes est affreusement cruel. Mais qui peut prétendre n’avoir jamais traversé les dilemmes d’Alceste? Notre société peut-elle se vanter d’être moins complaisante que la Cour du Roi? La salle tout entière est prise à parti, interpellée, questionnée. Et c’est là un autre prouesse de la mise en scène, que d’avoir crée une mise en abyme, où , les comédiens ne se limitent pas à une scène, considérant que la salle entière, de même que le monde entier, est un théâtre. L’œuvre est si précisément comprise et maîtrisée qu’elle est magnifiquement restituée. Un pari remporté avec succès. Bravo.   Jusqu’au 20 décembre au Théâtre de la...

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Gustave, Flaubert, Jacques Weber, Atelier
Déc08

Gustave, Flaubert, Jacques Weber, Atelier

  Une écriture époustouflante de justesse et d’actualité, magnifiquement révélée par Arnaud Bédouet et Jacques Weber. Par sa superbe mise en scène, Arnaud Bédouet sublime le Théâtre de l’Atelier. En un instant, on est à Rouen, en 1870, dans une froide bâtisse, en pleine campagne et l’orage gronde dehors. Les éléments se déchaînent au même rythme que la plume de Flaubert et les pieds de Jacques Weber, qui signe une performance absolument magistrale, avec quasiment une heure et demi de monologue. Les amoureux de Flaubert apprécieront d’entrer dans son intimité, son marasme d’écrivain, et ses déboires amoureux avec Louise Colet. A travers ses correspondances, on découvre non seulement le génie littéraire mais l’homme, qu’on connassait moins. Son exigence, sa précision, sa personnalité tranchante, presque violente dans ses convictions et surtout, incorruptible. Aucun de ses contemporains n’est épargné, ni les poètes du coeur tels que Musset ni ceux qui suent la médiocrité alors qu’ils singent le génie, comme Lamartine. Flaubert vocifère son horreur de la société de l’apparence, son dégout de la vanité et des convenances. Désespéré face à la médiocrité et l’absence de goût des bourgeois, il affirme: “Si le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire à la bétise du bourgeois, alors je dis à-bas la démocratie!”. Plus d’un siècle après, chacun de ses mots sonnent encore si juste qu’on en ressort à la fois éblouis et songeurs. Bravo.      A partir du 25 novembre 2014 GUSTAVE Librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert Au Théâtre de...

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Cabaret Deret, Old man show, Jean-Claude Deret, Théâtre de Poche
Déc01

Cabaret Deret, Old man show, Jean-Claude Deret, Théâtre de Poche

  Un cabaret intime et facétieux mené par Jean-Claude Deret   Chansonnier contemporain, auteur compositeur et interprète, Jean-Claude Deret se rit de tout, en commençant par lui-même. Entouré de plusieurs membres de sa famille et d’amis complices, il propose avec son “old man show”, une soirée unique, sous le signe de la malice d’un jeune homme de seulement 93 ans. Contemplateur amusé et sévère, subtil mélangeur de jeux de mots légers et de confessions intimes, assaisonnant largement le tout d’ironie, Jean-Claude Deret accuse (“ma clope”), assume (“le tango du vieux con”, “je suis un bourgeois” et “la dernière manif”), se confie, (“le minoritaire”, “de mon vivant”, en émouvant hommage à Bobby Lapointe), et émeut, se révélant même poète, avec “les petits matins gris”, superbement interprétés par, son neveu, Olivier Breitman. Titilleur chatouilleur allant droit là où le bât blesse, à l’image du “Cocktail pour intellectuels de gauche” interprété par sa fille, Zabou Breitman en duo avec Shirley (sans Dino); de la sarcastique “J’fais de la pub” sur laquelle Shirley est hilarante; ou de la facétieuse “Narcisse”, interprétée par son petit-fils, Antonin Chalon, superbement accompagné par son complice pianiste, Vadim Cher; Jean-Claude Deret reste surtout un éternel coquin, comme en atteste “les amoureux du 4ème étage” interprétés par le jeune quatuor “les derniers de la classe”. Un artiste d’une incroyable jeunesse et dont l’espièglerie est à savourer sans modération. Lundi 24 novembre 2014 au Théâtre de poche Univers baroque et provocateur d’un jeune artiste de 93 ans  ...

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Neige noire, Variations sur la vie de Billie Holiday, Théâtre de la Tempête
Nov28

Neige noire, Variations sur la vie de Billie Holiday, Théâtre de la Tempête

  Un hommage émouvant à Billie Holiday Alternance de jeu et de chant écrite et mis en scène par Christine Pouquet, « Neige noire» présente le destin “cabossé” de l’une des plus grandes chanteuses de jazz américaines. Passant en un clin d’oeil et presque sans changer de costume, des rôles de Billie Holiday, à son père, sa grand-mère ou son ami saxophoniste, Lester Young, les deux comédiens-chanteurs Samantha Lavital et Philippe Gouin, se démènent et ravissent; Samantha Lavital par la puissance de sa voix et l’émotion qui transperce. Ajoutez à cela, sa ressemblance physique avec Billie Holiday et le fantôme de l’artiste semble vite planer au-dessus de la scène de la Tempête. Philippe Gouin par le spectre de ses talents, aussi bon chanteur que danseur et humoriste, il signe une superbe performance. On ressent toute l’errance et les souffrances qui ont parsemé la vie de Billie Holiday et, dans le plus grand respect de sa volonté, on s’incline devant la beauté et la force de sa musique, “la seule chose qui compte”. A ce titre, l’interprétation de “Strange Fruit” est particulièrement saisissante. Pour les amateurs de jazz ou d’histoire, car le spectacle a aussi l’immense mérite de rappeler les tristes ravages de la ségrégation raciale, une période « noire », pas si lointaine de l’histoire des Etats-Unis. Jusqu’au 14 décembre 2014 Neige noire, Variations sur la vie de Billie Holiday texte et mise en scène Christine Pouquet Théâtre de la...

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Prague faubourgs est, Timothée Demeillers
Oct24

Prague faubourgs est, Timothée Demeillers

Il écrit avec ses tripes. Rage, crache, vomit l’amertume et les mensonges de la société post-communiste. Ses mots sont durs, comme la vie, pour ceux qui osent l’affronter, la confronter, la vivre. Tel un Fante ou un Bukowski, Timothée Demeillers côtoie la poussière, les tessons de bouteille et les filles dites faciles; traîne ses guêtres dans tous les endroits oubliés; se couche toujours après tout le monde. A l’image de son extraordinaire personnage, Jacub, des histoires, il en a mille à raconter. On dévore “Prague faubourgs est” en repensant à toutes ces villes qu’on a visitées sans jamais oser franchir leurs “frontières”, sans jamais glisser un orteil hors de leurs beaux quartiers, sans jamais assumer de regarder leur misère. Parce qu’on sait que tout y serait moins joli, moins gentil. Parce qu’on sait qu’on y serait mal à l’aise, nous les chanceux, si peu courageux, et si démunis, alors qu’on a la même révolte en nous, la même désillusion, le même désenchantement.  Un premier roman dont on ne sort pas indemne. A découvrir absolument.   Prague, faubourgs est Timothée Desmeillers Éditions Asphalte...

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Camille, Camille, Camille, Sophie Jabès, Lucernaire
Oct20

Camille, Camille, Camille, Sophie Jabès, Lucernaire

Camille, Camille, Camille, trois comédiennes pour une femme unique Comme s’il fallait trois actrices pour représenter une personnalité aussi plurielle que celle de Camille Claudel. Comme si elle avait traversé trop de questionnements et d’épreuves pour être jouée par une seule personne. Comme si le théâtre ne pouvait égaler ni même rivaliser avec la réalité. Elles sont trois. Trois Camille Claudel, chacune sur une parcelle délimitée de la scène. Chacune cantonnée à un seul âge, une seule période de la vie de l’artiste. La première, la plus jeune, est partagée entre la soif de reconnaissance en tant qu’artiste, femme qui plus est, et l’admiration qu’elle voue à son maître Auguste Rodin, dont le talent est partout reconnu et qui joue de séduction avec elle. La deuxième perd déjà pied. Elle a succombé aux charmes de Rodin, puis a souffert son abandon, son indifférence et, peu à peu, à force de ruminer sa rancœur et son amertume, persuadée d’avoir gâché son talent pour un mensonge amoureux, elle sombre dans des délires paranoïaques. La troisième est internée depuis 20 ans. Elle crie cette injustice, son malheur, mais c’est avec calme et beaucoup de recul qu’elle revisite les épreuves qu’elle a traversées. Terribles dilemmes d’être artiste, talentueuse et femme, à l’ombre d’une célébrité, d’un génie, dans une société encore trop masculine. On ne se lassera jamais d’adaptations de la vie de Camille Claudel tellement celle-ci est complexe, passionnante, historique. De Camille, Camille, Camille, on retiendra surtout la force et l’autorité de Clémentine Yelnik et l’émotion contagieuse de Vanessa Fonte, qui par leurs interprétations, permettent de s’approcher un peu plus de l’immense sculptrice.   jusqu’au 22 novembre 2014 Au Théâtre du Lucernaire Texte Sophie Jabès Mise en scène Marie Montegani Avec Nathalie Boutefeu, Vanessa Fonte et Clémentine...

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Les demi-frères enchantent Nougaro

Envie d’escalader Claude Nougaro par sa face sud? Le duo des Demi-Frères surprend par son approche inédite du colosse toulousain. Quand les demi-frères enchantent Nougaro, ce dernier est partout et nulle part à la fois. Partant, avec une bonne humeur contagieuse, de la vie et de nombreuses œuvres du géant toulousain, les demi-frères sont incapables de ne pas se laisser porter d’un jeux de mot à l’autre, d’une digression à une autre, se délectant de perdre le fil et de passer du coq à l’âne. Ou serait-ce du coq à la pendule? Ainsi, tout est prétexte à rigoler, et les Demi-frères sont eux-même souvent au bord du fou rire, tant ils prennent un plaisir évident à se donner en spectacle. Laurent Conoir épate par ses imitations du célèbre chanteur toulousain, tellement son coffre et sa voix s’en rapprochent. Medhi Bourayou, lui au piano, régale par son espièglerie. Les deux se retrouvent dans une profonde bonhomie. C’est donc sous un angle original et attachant qu’on redécouvre l’œuvre, et particulièrement les textes, du géant toulousain. jusqu’au 27 décembre 2014 du jeudi au samedi à 20h, à l’Archipel, Une escalade poétique-sportive des chansons de Claude Nougaro conçue par les Demi-Frères (Laurent Conoir et Medhi Bourayou) et Renaud Maurin mise en scène Renaud...

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Matin et soir, Jon Fosse, La Tempête

L’histoire désespérément banale mais profondément touchante d’un homme au matin puis au soir de sa vie.   L’écriture de Jon Fosse est simple, minimale et répétitive. Elle est aussi à progression lente, comme si elle attendait l’attention totale de tous ses lecteurs, ici spectateurs, mais peu à peu sa lenteur se transforme en force, en dignité. En effet, Matin et Soir, en ce moment sur la scène de la Tempête dans le superbe ensemble théâtral réunissant la Cartoucherie, le Théâtre du Soleil et l’Aquarium en pleine nature, dans le bois de Vincennes, surprend ; car malgré une écriture lourde, presque pesante parfois, la magie opère, et au-delà des dialogues qui, pris séparément seraient d’une banalité attristante, une atmosphère naît et celle-ci est onirique, poétique, presque spirituelle. Grâce à des mise en scène, scénographie et lumières magnifiques, œuvres de Jacques Lassalle, Catherine Rankl et Gilles David, et aux impressionnantes prestations de Jean-Claude Frissung et de Rodolfo de Souza, dont les talents sont éclatants, on se laisse emporter et toucher par une profonde humanité. . jusqu’au 12 octobre Au Théâtre de la Tempête, Mise en scène de Jacques Lassalle Avec Julien Bal, Cécile Bouillot, Grétel Delattre, Rodolfo de Souza, Jean-Claude Frissung et Agnès Galan  ...

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Et pendant ce temps Simone veille
Sep28

Et pendant ce temps Simone veille

  Une rétrospective complètement libre et franchement comique de l’histoire française du droit des femmes Comme son titre le laisse imaginer, « Et pendant ce temps Simone veille » est une comédie, jamais avare de jeux de mots (même « laids »), ni de contrepèteries en tous genres. Légère et enjouée, elle propose de retracer à travers quatre générations de femmes incarnées par Karine Marimon, Hélène Serres et Vanina Sicurani, les grandes heures du droit des femmes, en France, de 1950 à nos jours. Sur le côté de la scène, vêtue d’un costume grotesque magnifique, Bonbon interrompt régulièrement ses camarades pour rappeler, de manière très sérieuse bien sûr, le contexte historique. Ainsi, on se remémore qu’en 1961, alors que les femmes n’étaient légalement pas autorisées à gérer leurs biens sans l’autorisation de leur mari, Moulinex choisissait pour slogan de « libérer la femme » et on ironise sur l’arrivée de la télévision dans les ménages qui, contrairement à Moulinex, n’en affichait pas l’ambition mais soulagea très certainement bon nombre d’utérus en avachissant les maris. On se rappelle aussi les rôles joués par : le député Neuwirth qui, par sa loi de 1967, dépénalisa la contraception ; le Manifeste des 343 Salopes; le terrible Procès de Bobigny; et la loi Veil du 17 janvier 1975 qui dépénalisa l’avortement. Sans autre prétention affichée que de divertir, la pièce parvient avec succès à balayer un demi-siècle d’histoire du droit des femmes et, avec une bonne dose d’ironie, de second degré et un humour souvent corrosif, à rire de tout et surtout, de son objet principal, la femme, en se demandant notamment si elle n’est pas sa première ennemie et s’il était vraiment souhaitable que, “comme toutes les maladies incurables”, elle ait enfin sa journée dans le calendrier. En bref on rit de bon cœur, des femmes d’abord mais des hommes aussi, bien sûr, ainsi que de l’avortement, du tchador et des prothèses mammaires en 1990, époque où l’on ne savait pas encore ce que “la silicone valait”. Ames sensibles et ayatollahs du politiquement-correct s’abstenir, les autres sont à peu prêts sûrs de passer un bon moment. Petit bémol peut-être, les décors, la lumière et les costumes qui, s’ils avaient été plus recherchés, auraient encore pu ajouter une dose d’humour et de bonne humeur. A partir du 18 septembre 2014 A la Comédie Bastille, du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 17h.  De Corinne Berron, Bonbon, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Trinidad Interprétée par Bonbon, Karine Marimon, Hélène Serres et Vanina...

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J’ai de la chance, Laurence Masliah, Lucernaire
Sep22

J’ai de la chance, Laurence Masliah, Lucernaire

Laurence Masliah dévoile ses talents d’écrivaine et de comédienne en interprétant son propre récit de l’histoire bouleversante des enfants Juifs de Moissac.  Seule sur scène, elle incarne deux personnages: une grand-mère, affaiblie perdant la mémoire, et sa petite fille, assoiffée de rassembler le puzzle de son histoire avant qu’il ne soit trop tard. Il faut l’immense talent de Laurence Masliah pour jongler entre deux rôles, changer de personnalité, d’âge et de langage, qui plus est avec autant de douceur. Elle impressionne par la souplesse de son interprétation, véritable gymnaste du jeu, capable non seulement d’incarner deux personnages à la fois, mais ce faisant de feindre la perte de mémoire, la confusion de mots et, en suivant, de reprendre le fil. Une prouesse d’interprétation donc, mais aussi d’écriture, car le récit de Laurence Masliah est aussi vrai que bouleversant. Oui, les enfants juifs de Moissac ont vraiment été sauvés, grâce à Shatta et Bouli Simon en premier lieu, mais également à l’aide et à la complicité de toute une ville les aidant à obtenir de faux papiers et les gardant scolarisés et cela, Laurence Masliah ne l’oublie pas. La forme est aussi soigneusement travaillée que le fond. Les amoureux des mots et des expressions désuètes, étymologistes amateurs et perfectionnistes psychotiques de la langue française, sont particulièrement servis. Une oeuvre profondément émouvante. Jusqu’au 8 novembre, du mardi au samedi, à 21h, au Théâtre du Lucernaire De et par Laurence Masliah Collaboration Marina Tomé Dramaturgie Mariette Navarro Mise en scène Patrick Haggiag  ...

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La prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs
Sep18

La prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs

L’interprétation hilarante d’une étude scientifique de la sexualité du 15ème siècle! Difficile de croire que “La prairie parfumée” ait été écrite, à Tunis, au 15ème, tellement ce texte aborde la question du plaisir masculin et féminin, de façon libérée et dénuée de préceptes religieux. Vous souhaitez savoir comment amener un homme ou une femme à la “conjonction”? les causes de la jouissance? ou de l’impuissance? et ses remèdes? Le duo burlesque interprété par Bénédicte Bosc et Stefan Godin et ingénieusement mis en scène par Didier Carrier, vous le fera découvrir, dépassant, chaque minute un peu plus, le cadre de leur étude scientifique pour laisser libre cours, de façon lascive, puis indécente et presque lubrique, toujours drôle et taquine, à leurs goûts et expériences personnelles dans le domaine. Comme s’il y avait inévitablement un moment où l’on devait perdre le contrôle quand on parle de plaisir. Alors, on ne peut s’empêcher de succomber, charmés par leur faiblesse face à la force de l’amour et de l’extase que lui seul sait engendrer. Sans aucune grossièreté, au contraire, avec finesse, goût et un humour certain, les corps de l’homme et de la femme sont décortiqués, analysés, jusqu’aux surnoms de leurs attributs sexuels, mais profondément respectés, vénérés même, au même titre que le Dieu qui les a crées et nous permet d’en jouir. Conséquence, on rit, beaucoup, de de la science, des hommes et des femmes et on prend un vrai plaisir. Bravo!! A savourer au théâtre ou à domicile, puisque les acteurs jouent également en appartement. Jusqu’au 8 novembre les jeudis, vendredis et samedis à 21H30 au Théâtre de l’Essaïon D’après le texte d’érotologie de Mouhammad al-NafzâwîMise en scène Didier Carrier Avec Bénédicte Bosc et Stefan Godin Renseignements sur le site : http://www.laprairieparfumee.fr/index.html...

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