Nothing feels natural

La première chanson va vous secouer. Une batterie et une voix féminine qui vous provoque. Du rythme. Du rythme. Du rythme. Puis d'autres instruments enragés qui s'introduisent. Appropriate rappelle que le punk peut avoir la classe. Surtout avec un saxo laché en liberté!

Venu de Washington DC, Priests est encore un (demi) groupe de filles qui veulent faire la révolution. Franchement, chouette alors car elles amènent quelque chose de nouveau et un souffle féminin ce qui ne veut pas dire rose bonbon et niaiseux. Katie Alice Greer est une sacrée hurleuse. En deux chansons on tombe amoureux d'elle.

Car elle sert idéalement ses chansons coups de gueule, éprises de liberté. La voix est forte mais assurée et s'amuse avec la moindre note qui s'échappe des conventions du rock. Ce n'est pas le punk de Green Day: c'est le rock qui défoule et qui décrit la morne existence avec une vitalité plus réjouissante: elle est salutaire.

Sur une base simple, la chanteuse et son groupe nous font redécouvrir les vertus simples et passionnantes du rock'n'roll. On entend la rage contenue dans des mélodies qui débordent des habitudes et des conventions. La colère est rentrée dans chaque harmonie et Priests réinvente le punk.

Avec une idée par titre, Priests parvient à renouveler le genre en profondeur et fascine par son aisance et sa maturité. Il ne cherche pas uniquement à bander les muscles: il fait appel à notre intelligence et notre envie de surprise. Ce n'est que leur premier disque mais ce groupe mérite déjà que l'on batisse une cathédrale.

2017 - Revolver music

My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point

"La femme est le présent de l’homme"

My Ladies Rock est un spectacle de danse contemporaine qui revient sur l’histoire du rock et de ces femmes qui ont réussi à casser ce plafond de verre qui ne leur donnait pas accès aux chemins du rock et du succès, de Wanda Jackson jusqu’à Tina Turner en passant par Brenda Lee, Betty Davis, Christine ou Aretha Franklin...

La scénographie didactique et simple–un diaporama de portraits sur le cyclo de fond de scène en alternance avec des ballets en musique sur un plateau nu- donne une réelle lisibilité à ces femmes du rock qui surplombent la scène et le public. Au-delà des figures du Club des  27, les photographies apportent une vision trans-générationnelle. Au-delà des visages vieillissants de Joan Baez ou Patti Smith, reste l’âme des musiques et l’histoire de combats pour être, chanter et transgresser, à l’égal du possible de l’homme et de la femme, parfois jusqu’à l’autodestruction.

Sur le plateau, c’est une explosion de joie et de sensualité qui s’exprime au travers des onze danseurs du groupe Emile Dubois. Les duos, trios, quatuors, dixtuors s’enchaînent avec énergie et fantaisie. Magnifique duo sensuel sur Sister Morphine de Marianne Faithfull, superbe sextuor sur le grave My Funny Valentine de Nico, provoquant Dread Love de Nina Hagen et si joyeux Proud Mary collectif de Tina Turner en tableau final. Une scène qui vibre de liberté et d’égalité.

Grâce aux costumes et aux corps des danseurs, Gallotta joue avec les genres et l’androgynie souvent présente dans le rock, de Bowie à Jagger, preuve que la question du genre n’est pas propre aux débats actuels mais transcende à travers l’art de nombreuses icônes du rock. Si on aurait sans doute aimé plus d’audace et de provocation pour retranscrire les routes ô combien chaotiques de ces femmes aventurières du rock, l’hommage rétrospectif est réussi. Les danses cherchent à faire du bien et ça marche.

Ce spectacle est d'utilité publique. La chorégraphie est à vivre et partager avec les plus jeunes pour comprendre le monde d'aujourd’hui et mieux le faire avancer. Ce combat courageux pour l’égalité des droits des femmes passe aussi par les chemins du rock et de la danse. Gallotta finit  la chorégraphie  en rêvant d’une « femme présent de l’homme », comme une volonté de ne pas différer dans le temps les droits de celle-ci. I have a dream…

https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/my-ladies-rock/ 

L.A. Witch

Les filles se rebellent. Elles balancent des porcs à Los Angeles et elles jouent un rock ancestral qui prend aux tripes et devrait faire plaisir à Tarantino et sa bande.

Elles s'appelles Sade, Irita et Ellie. Elles pourraient être les nouvelles drôles de dames. En tout cas, elles sont dans leur époque: des femmes qui se révoltent! Elles ne sont pas victimes de gros dégueulasses mais elles veulent s'accaparer le bon vieux rock garage des années 60 qui permet aux jeunes zicos de serrer des filles dans des soirées.

Elles ont tout compris du style. Le trio a une force incroyable pour faire remonter les vieux fantomes du rock, celui qui a fait Nick Cave, David Lynch ou Quentin Tarantino. C'est un rock de qualité mais de désaxés ou de rebelles. On est happé par les riffs tout en écho et la morne voix qui nous font remonter agréablement le temps et nous rappelle que le rock est une histoire indocile et dissidente!

Il y a quelque chose de religieux et de sauvage dans LA Witch, sorcières envoutantes et vintage. L'attitude est bonne, tout comme les morceaux de ce premier disque qui ne nous embarquent pas dans une Californie ensoleillée mais dans son inconscient insoumis.

Le trio de jeunes femmes soigne l'atmosphère aigre et forte. Les traditions du rock'n'roll sont joliment saccagées. L'intelligence vient de la concision des morceaux qui ne débordent jamais vers le grand n'importe quoi. Le diable est dans les détails. Le rock a de nouvelles prêtresses extrêmement excitantes!

2017 - Suicide squeeze

Dos Tios

Le vent, la pluie, les tempêtes, les avalanches... Tio Manuel vous propose de vous égarer dans un endroit un peu plus chaleureux. Ne refusez pas l'invitation.

C'est un plaisir simple. Une guitare dobro, un harmonica et une simple six cordes. C'est une valeur sûre. Derrière Tio Manuel, il y a Manu Castillo, une vieille connaissance du punk des années 80, avec La Souris Déglinguée. Il a eu plusieurs vie et découvert d'autres genres dont le blues, la racine de tout!

C'est donc en vieux loup que Tio Manuel rode désormais dans les prairies, les déserts et tous les décors du cinéma américain. C'est une sorte de caméléon, très à l'aise avec le trésor musical américain. Il descend même dans le sud car il y a une touche latine qui fait toute la différence.

Il reprend ici des vieux titres de son répertoire et les rejoue avec une volonté de dépouillement. Il croise donc son talent avec celui de Gilles Fégeant, et cela donne un bon disque de blues. On oublie le passé et le blues s'accroche avec une aisance déconcertante au présent.

Les instruments nous bercent. l'élégance des accords caressent nos oreilles. La colère est plus rentrée et la force des histoires prennent le pouvoir. Tio Manuel nous emmène dans un univers riche composé d'histoires différentes mais qui nous divertissent au plus haut point. Le baroudeur se fait sentimental et ca nous plait beaucoup.

Avec des mélodies presque candides, Tio Manuel nous transporte vers la mythologie la plus spectaculaire, la plus accessible aussi. Loin de tout, le chanteur semble poursuivre son rêve. C'est touchant et c'est ce qui fait toute la grace de cet album brut et tendre à la fois!

Closer - 2017

Le Portrait interdit

Le portrait interdit ou le casse tête chinois d'un cinéaste passionné par l'Asie.

Un jeune jésuite doit peindre le visage de la concubine d'un empereur chinois. Le jésuite est un aventurier il y a quelques siècles. Au nom du seigneur, il a tout de même quitter la France (Dole dans le cas de notre héros) pour arriver à la cour des seigneurs Chinois qui toléraient ses religieux. Une concubine est une aventurière. L'empereur aurait tendance à la délaisser. Pour sortir de la routine, elle lui demande une peinture exceptionnelle et originale.

Le film de Charles de Meaux a dû être une aventure. C'est un habitué et un passionné de l'exotisme asiatique. Il a produit tous les films (obscurs) du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, lauréat d'une Palme d'Or. Il a déjà tourné en Asie mais là, il pousse le plaisir un peu plus avec une imitation quasi totale d'un film chinois en costumes, avec grande foule dans la cour et petits pas dans le palais.

Il n'a pas le soutien du parti communiste chinois, donc son film reste intimiste. Il s'offre une méga star du pays mais doit tout de même faire dans l'évocation. Mais le bonhomme a de l'imagination, c'est ce qui fait généralement les grands aventuriers.

Ce n'est pas un grand cinéaste hélas. Il y a l'élégance. Du début à la fin. Mais il n'y a jamais vraiment l'opposition pourtant proposé par le sujet entre l'Asie et l'Occident. Entre l'émotion et le sentiment. Entre la femme et l'homme. C'est tellement retenu que parfois, il faut l'avouer, il ne se passe plus grand chose. Les acteurs sont très biens. Les décors comme les costumes nous permettent un voyage total dans le temps. Mais on s'ennuie car l'histoire est entendue. Cette dame de pouvoir est prise au piège tout comme notre pauvre Jésuite qui découvre la force du désir.

On aurait aimé un peu plus de lyrisme et d'inventions. Mais on devine tout de même la volonté d'un auteur, qui semble réaliser son drame historique et intime... à l'autre bout du Monde. Pour cela, Le Portrait Interdit est une oeuvre louable et que l'on vous interdira pas de voir. Bien au contraire.

Avec Fan Bingbing, Melvil Poupaud, Shi-Jye Jin et Yue Wu - rezo films - 20 décembre 2017 - 1h44

Coincoin bless you ou la vie Trump

 

On s’y attendait, on n’est pas déçus, on sentait bien que l’élection du gars Donald à la tête du plus puissant des pays laissait entrevoir un joyeux bordel sous l’impulsion de ce que l’Amérique pouvait fournir de plus beauf et pathétique, un an après son arrivée réelle au pouvoir, 25000 tweets de bas étage plus tard, 100 parties de golf après, 1000 citations de gros lourd after, nous avons les deux pieds dedans et ça commence même à sentir le derm de pitbull façon collante sous la godasse.

Elu sur base de démagogie primaire promulguée aux quatre coins des US à grand coup de « votre usine de charbon qui est fermée depuis 30 ans, bah chers amis du Kentucky on va la faire fonctionner de nouveau », de « après ta belle-mère qu’est-ce que tu détestes le plus, les mexicains ? ok, va pour les mettre derrière un mur, truc jamais refait depuis les timbrés de la Stasi Est-allemande », j’en passe, autrement dit promettre avec la certitude d’enfler tout le monde ce que tout le monde veut entendre, on pensait le truc éculé, qu’en 2016 ou 17 ou 18 c’est le genre de trucs qui ne marcheraient plus…bah si mon con.

Même un jeune boutonneux sur la base de promettre à tous ses potes de collège 8h de sport par semaine et 2h de math et non l’inverse pour se faire élire délégué n’y arriverait plus…lui oui. La FDJ proclamerait dans une pub la garantie de gagner au Loto 1 fois sur 2 plus et non plus 1 fois sur 5 millions, même le plus abruti des blaireaux hurlerait au loup…mais Donald, lui, en faisant pareil, s’est fait élire, hop là !

Depuis, il enchaine les outrances et les outrages, dont le dernier en date consiste à clamer haut et fort qu’Haïti ou Porto Rico (dont il ignorait l’existence il y a encore un an) sont « des pays de merde », tweete à tour de gros doigt sur tout et n’importe quoi, tend le plus gros d’entre eux de doigt pour un big fuck à l’écologie, à l’avenir du monde, rien n’a foutre de rien hein hein.

L’excellent bouquin « Fire and Fury » développe en mode investigation inside the White House que Trump est l’archétype du ricain moyen moins, bouffeur de cheeseburger, confins ignare, qui connait mieux son trou du cul et le bout de son nez en géo bien plus que de savoir placer un pays vieux de deux mille ans sur une carte. Quand le nombrilisme et l’ignorance sont attribués à un footeux surpayé, c’est déjà limite, alors président des US…ça fait un peu beaucoup mal au derch mais tu vis avec.

Mais cela ne fait qu’un an seulement, oui, et par déduction bande de futés il nous en reste trois avec sa tronche de raté ; alors tout porte à croire que nous ne sommes pas au bout de nos surprises…imaginons sans trop s’avancer, quoique espérons quand même que non, les dix trouvailles de Donald dans les mois et années à venir :

1. Vexé par la victoire des Toronto Raptors sur les New-York Knicks en play-off de la NBA 2018, il décide de construire un mur de 9000km le long de la frontière canadienne.
2. Après un tweet où il se montre entièrement nu avec 4 stagiaires naines en chantant de la country, il décide de déclarer la guerre à l’Irak ; de toute façon suite problème de mœurs d’un président américain, il faut faire la guerre à l’Irak, c’est la règle.
3. Les USA obtiennent la Coupe du Monde 2026 de foot et Trump annonce qu’il la transformera en Coupe du Monde de Football américain, what a fuck the soccer.
4. Après un entretien en off avec Kim-Jong-un, il trouve finalement le mec sympa, et décide de former une armée américano-coréenne, re déclare la guerre à l’Irak juste pour s’échauffer puis à l’Autriche, prétextant qu’Hitler s’y cache encore.
5. Il déplace l’Ambassade des Etats-Unis en France à Chantilly, parce qu’il y a un golf, et beaucoup moins de blacks qu’à Paris.
6. Il accuse Tiger Woods, Lebron James et Martin Luther King à titre posthume du meurtre de JFK et les fait emprisonner pour haute trahison en réouvrant Alcatraz juste pour les deux premiers.
7. Il renomme la Maison Blanche The Donald House, Disney s’insurge sur le plagiat de la Maison de Mickey, du coup il réquisitionne les parcs Disney d’Orlando, de L.A et de Paris, pour les renommés TrumpLand et Trumpland resort, et remplace les ventes d’oreilles de Mickey par des kiosques de vente de perruques blondes.
8. Confondant le Président de l’Inde et Angela Merckel avec un couple de personnels de ménage durant le sommet du G20 2019, il les séquestre dans une cave du Palais des congrès de Moscou ; on retrouvera leurs corps 8 ans plus tard.
9. Il se représente à sa propre ré-élection et la gagne…mouhahahahahahahahahaah, j’sui con des fois j’vous jure !
10. Il décide que l’Afrique ne sert à rien, de fait, la fait retirer de l’ensemble des livres de géo des petits américains, un emoji doigt d’honneur avec une chevalière « Donald bless you » la remplace.

Pauvre merde.

Songs of praise

Le premier electrochoc de l'année nous vient évidemment d'Angleterre, avec un disque qui sent bon le fish & chips, la biture et la colère de lads.

Shame sera donc le groupe à la mode en ce début d'année 2018. Ils sont jeunes. Ils sont fougueux. Ils sont tellement mal habillés qu'ils sont trop cools pour tous les critiques de la planète. Ils semblent bien vivre dans les années 80: sur les photos, on dirait les contemporains tout aussi tourmentés de Joy Division.

Les premiers titres nous plongent réellement dans le bouillon supersonique du post punk british. Mais ils restent néanmoins modernes car la rage du chanteur est bien celle de notre époque. Ils sont juvéniles mais ils maîtrisent avec une incroyable dextérité leur énergie.

Les Anglais sont toujours très forts pour nous sortir de jeunes groupes biberonnés à la culture pop de leur pays. Là, c'est impressionnant. Le chanteur Charlie Steen est un aboyeur de première. Il permet pourtant à ses copains de s'amuser musicalement.

Ils aiment les années 80; cela s'entend mais il est vrai qu'ils empruntent à beaucoup d'illustres ainés sans en avoir l'air. On est époustouflé par le souffle puissant et bien chargé de Steen qui pourrait être un membre de la famille Gallagher: un working class hero dans toute sa splendeur. Shame pourrait avoir toutes les qualités sonores et mythologiques pour être le premier groupe post Brexit pur et dur.

C'est un peu plus que la démonstration du rock garage, sous genre très à la mode chez les indépendants que l'on écoute dans cet album pas du tout honteux. Au fil des titres, il y a une sorte de lyrisme, de cinématographie qui se ressent. C'est un bordel finalement bien organisé et qui nous fait vraiment le don d'un sentiment, d'une émotion. C'est toute la classe typiquement britannique que l'on retrouve dans ce premier album spectaculaire.

Evidemment, aussitôt apparus, il peut avoir de fortes chances que les héros de Shame disparaissent après un succès ravageur mais il est vrai que cet album est marquant et a moyen d'être une référence dans les années à venir

Dead Oceans - 2018

the bad batch

Finalement Netflix c'est la résurrection du vidéoclub avec son lot de nanars à découvrir et de choses un peu étranges ou un peu ratés.

La plate forme Netflix produit des séries et des films à petits budgets. Netflix propose une gamme de films qui n'intéressent plus les studios. Spielberga a poussé sa gueulante il y a quelques années sur la folie des grandeurs des studios qui produisent désormais que des gros films dont le budget mettent en péril l'industrie. Les coups de poker sont devenus la norme à Hollywood.

Donc les moyens et petits budgets sont assez rares et c'est grâce au streaming que l'on voit de nouveau des petits films, courageux, ratés, marrants, lourdingues mais originaux. Sur Netflix, c'est de la série B qui prime mais dedans, on a bien vu des choses intéressantes, qui sortent du lot!

C'est le grand principe de The Bad Batch: les marginaux, les voyous, les rebelles, les éléments dysfonctionnels de la société sont jetés à la frontière des Etats Unis dans un No man's land désertique. Une jeune fille s'y retrouve et découvre le cannibalisme. En une journée, elle perd l'avant bras et la jambe mais réussit à échapper à l'appétit de détraqués bodybuildés.

Et puis le survival devient autre chose. Une espèce de déambulation romantique dans une monde de brûtes. La réalisatrice nous fait plonger dans l'horreur avant de nous tirer vers le haut! Vers quelque chose de plus éthéré. de plus délicat. La belle victime n'est pas qu'une blonde bornée. Le gros costaud n'est pas qu'un vilain carnivore. Le film n'est pas qu'un nanar post apo. Il y ressemble beaucoup. Beaucoup de stars (Jim Carrey ou Keanu Reeves) viennent faire coucou dans une intrigue flottante qui fait preuve d'un romantisme étonnant, naïf, en totale contradiction, avec la violence du genre. C'est donc du grand n'importe quoi. Mais comme c'est atypique, inadapté et très bizarre, on ne peut pas condamner ce drôle de petit film zonard!

Avec Suki Waterhouse, Jason Momoa, Jayda Fink et Keanu Reeves - Netflix - 2017

Wake up Now

Allez tout le monde debout! On se réveille et on danse avec ce gentil boy scout, Nick Mulvey, cousin éloigné de Jack Johnson.

Comme le surfeur chanteur, il aime la nature, les amitiés et les chansons optimistes. Il apprécie la simplicité et les rencontres. Petit anglais barbu, il aime regarder et écouter au delà de ses frontières et cela s'entend dans son second disque, collection de chansons folk "united colors of". Avec lui nous ne sommes pas loin du cliché de l'artiste engagé, qui aime le Monde dans sa globalité et qui écrit des chansons pour tous les charts de la planète.

Heureusement Mulvey est novice et on veut bien se faire avoir par ses chansons riches effectivement des sons d'ailleurs. Il y a bien cette guitare sèche qu'il partage avec Johnson et tous ces doux illuminés du rock qui veulent un monde meilleur.

Mais il y a un choeur capricieux que l'on pourrait voir venir d'Afrique. Il y a cette idée de transe qui fonde l'énergie de ce deuxième album. Sa voix imite des chants tribaux. C'est osé. Ca pourrait être maladroit mais la plupart du temps, cela fonctionne très bien.

La construction des titres est sophistiquée mais permet une cohabitation entre les influences absolument flamboyante, à l'image de la pochette, composition colorée et détaillée. Le diable est dans les détails. Ici, c'est un enfer de mélodies et d'instruments. C'est charpenté et chaloupé pour nous proposer une belle évasion dans une musique optimiste et subtile. Avec des cordes et des percussions, le bonhomme fait la différence et on se prend à rêver d'un monde meilleur.

Dans l'hiver froid, voilà un disque qui réchauffe!

Caroline - 2017

The Visitor

Comme les Stones, Neil Young continue de faire l'actualité malgré sa longue expérience. Récemment il offrait à tous ses archives. Il en profite aussi pour sortir un tout nouvel album.

Durant l'été, il a montré qu'il fut le roi de la folk en retrouvant un vieux disque pas totalement fini mais captivant. Il a sorti ainsi le meilleur album de l'année. Avant Noel, il a mis en ligne tous (je dis bien tous) ses enregistrements depuis ses débuts.

En même temps, il sort son trente neuvième album. Il retrouve pour l'occasion les petits jeunes de Promise of the real, qui tente de remplacer le Crazy Horse. Ce que cherche Neil Young avec eux, c'est bien entendu l'énergie pour accélerer quand il faut.

Car à 72 ans, le Loner ne s'arrete plus. On le dit au fil des chroniques (tous les trois mois environ): la productivité de Neil Young s'accèlère avec le temps. Ca peut ressembler à n'importe quoi. Des albums sont franchement gachés mais diablement vivants! C'est incroyable cette vitalité.

C'est ce que l'on retiendra de ce nouvel album, foutraque. Canadien, Neil Young est donc un étranger dans les Etats Unis de Trump et il le fait savoir sur ce disque qui évidemment est rempli de colère et de revendications. Le vieux hippy a encore de la ressource.

Mais il s'emporte un peu trop vite. Le disque donne parfois l'impression d'être une ébauche, une succession d'essais plus ou moins inspirés. Il y a du blues, des chansons pour les stades, des choses légères et un inévitable jam un peu trop appuyé. Ce n'est pas un grand cru mais comme Woody Allen au cinéma, une oeuvre de Young a toujours des qualités qui nous rassurent.

Ici on entend de superbes ballades. Dans ses disques peu aboutis, il y a toujours des pépites qui transcendent l'ensemble. Même quand ce n'est pas génial, eh bien, ca vaut le coup d'écouter ce barde agé, ravi de ne pas être sage.

Reprise - 2017

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