Le Portrait interdit

Le portrait interdit ou le casse tête chinois d’un cinéaste passionné par l’Asie.

Un jeune jésuite doit peindre le visage de la concubine d’un empereur chinois. Le jésuite est un aventurier il y a quelques siècles. Au nom du seigneur, il a tout de même quitter la France (Dole dans le cas de notre héros) pour arriver à la cour des seigneurs Chinois qui toléraient ses religieux. Une concubine est une aventurière. L’empereur aurait tendance à la délaisser. Pour sortir de la routine, elle lui demande une peinture exceptionnelle et originale.

Le film de Charles de Meaux a dû être une aventure. C’est un habitué et un passionné de l’exotisme asiatique. Il a produit tous les films (obscurs) du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, lauréat d’une Palme d’Or. Il a déjà tourné en Asie mais là, il pousse le plaisir un peu plus avec une imitation quasi totale d’un film chinois en costumes, avec grande foule dans la cour et petits pas dans le palais.

Il n’a pas le soutien du parti communiste chinois, donc son film reste intimiste. Il s’offre une méga star du pays mais doit tout de même faire dans l’évocation. Mais le bonhomme a de l’imagination, c’est ce qui fait généralement les grands aventuriers.

Ce n’est pas un grand cinéaste hélas. Il y a l’élégance. Du début à la fin. Mais il n’y a jamais vraiment l’opposition pourtant proposé par le sujet entre l’Asie et l’Occident. Entre l’émotion et le sentiment. Entre la femme et l’homme. C’est tellement retenu que parfois, il faut l’avouer, il ne se passe plus grand chose. Les acteurs sont très biens. Les décors comme les costumes nous permettent un voyage total dans le temps. Mais on s’ennuie car l’histoire est entendue. Cette dame de pouvoir est prise au piège tout comme notre pauvre Jésuite qui découvre la force du désir.

On aurait aimé un peu plus de lyrisme et d’inventions. Mais on devine tout de même la volonté d’un auteur, qui semble réaliser son drame historique et intime… à l’autre bout du Monde. Pour cela, Le Portrait Interdit est une oeuvre louable et que l’on vous interdira pas de voir. Bien au contraire.

Avec Fan Bingbing, Melvil Poupaud, Shi-Jye Jin et Yue Wu – rezo films – 20 décembre 2017 – 1h44

Auteur: Pierre Loosdregt

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