Sommeil de cendres, Xavier Boissel, 10/18

L’affaire démarre rondement, les ingrédients d’un bon suspense sont installés.

Un cadavre sur un périphérique, la nuit, la pluie, un flic désabusé qui en a vu d’autres.

On lit aussi un historique, une tranche récente de l’engagement politique de la jeunesse de l’après soixante-huit, des groupuscules acharnés, le Vincennes des années 70.

Cette décennie est aussi celle de l’organisation du trafic de drogue au niveau mondial, de la French connection au milieu parisien.

L’auteur poursuit dans son sillage vers une exploration de la guerre de Corée jusqu’au Kibboutz en passant par le SAC.

Tous ces évènements se doivent d’être liés pour nous offrir une intrigue de choix, et pourtant, ça ne marche pas.

L’histoire est décousue, la narration aléatoire. Le texte serait-il écrit à deux mains ?

Quelques belles pages, entrecoupées d’hésitations où règne en maitre une pauvre conjugaison. Les avoir, être, pronoms, se répètent à profusion, et finissent par agacer.

Dommage, les condiments sont judicieux et nombreux, mais la part d’épices est effacée par une bonne dose de maladresse.

Paru en poche le 16 juin 2022
Chez 10/18
282 pages / 14,90€

Ladies Football Club, Stefano Massini, 10/18

Le Ladies Football Club est la nouvelle itération de Stefano Massini, auteur des Frères Lehman, essai multi-récompensé et dont l’adaptation sur Broadway a été un très grand succès salué par la critique.

Massini reprend le système narratif particulier de son précédent ouvrage … des phrases courtes qui ne couvrent pas l’entière largeur de la page.

Le Ladies Football Club est un livre très court, idéal pour un long week-end.

L’auteur nous plonge dans l’Angleterre de la Première Guerre Mondiale, dans une usine d’armement où l’intégralité des postes, hormis la direction, est confiée à des femmes.

Lors d’une pause déjeuner, onze ouvrières s’évadent de leur quotidien en initiant une partie de football.

Cette partie en entrainera d’autres devant un public de plus en plus nombreux avec des enjeux de plus en plus grands.

Onze ouvrières, onze personnages ayant chacune des caractéristiques propres.

Onze personnages c’est beaucoup.

Le livre étant très court, le lecteur n’a pas vraiment le temps de s’y attacher et de retenir les caractéristiques de chaque joueuse.

Il en résulte un sentiment de flou et on ne retient que les actions principales sans retenir l’histoire profonde des joueuses.

En conclusion, il se passe peu de chose dans ce livre : trois ou quatre matchs.

Par sa concision, ce livre laisse un sentiment d’inachevé puisque l’action de ces femmes qui parait révolutionnaire a priori, retombe finalement comme un soufflet.

Paru en poche le 02 juin 2022
chez 10/18,
trad. Nathalie Bauer (italien)
168 pages / 7,10 €

Jurassic World, le monde d’après, Colin Trevorrow, Universal

On les aime beaucoup les dinos de Steven Spielberg et de feu Michael Crichton mais là, on est vraiment dans une maison de retraite hollywoodienne qui fait franchement mal au cœur. C'est Geriatric park !

Ce qui est bien, il faut l’avouer: retrouver le regard étincelant de Sam Neill, la dégaine élancée de Laura Dern et la silhouette rock’n’roll de Jeff Goldblum. Comme toute saga, la nostalgie a un fort intérêt commercial et retrouver les principaux protagonistes de Jurassic Park est un pur plaisir coupable. Le trio semble bien s’amuser devant des créatures de plus en plus belliqueuses. On s'inquiète un peu pour leurs hanches quand ils tombent mais ils sont certainement la meilleure attraction de Jurassic World, troisième du nom.

Le premier reprenait les thèmes du chef d’œuvre de Spielberg et n’arrivait pas à gommer la dénonciation sourde du mercantilisme et le capitalisme à tout prix. Intéressant. Tout comme le second volet qui devenait au fil des minutes un conte moral et horrifique aux accents gothiques. Pour ce troisième épisode, la production va à l’essentiel: une déferlante de dinosaures… et de sauterelles.

C’est à cause d’elles que les anciens reprennent du service. Des sauterelles préhistoriques ravagent les champs de blé et une société de génétique semble avoir les clefs du problème. Mais elle n’a pas de souci d’éthique pour collectionner les monstres d’un autre temps et semble prête à tout pour embêter les héros de la saga.

Donc cela court dans tous les sens à la recherche d’un sens à tout ça. Les dinosaures ont envahi la Terre mais les auteurs du film ne préfèrent pas s’attacher à cet événement mais plutôt aux micro événements qui vont emmener les personnages des déserts du Nevada jusqu’aux Dolomites en Italie en passant par l’île de Malte.

Le scénario est ridicule. C’est affligeant. On a droit à un joli bestiaire mais aussi à une histoire indescriptible qui tourne en rond. On a l’impression d’être pris dans un mauvais James Bond ou un ersatz de Indiana Jones. Avec des dinos pour emballer des scènes d’action que l’on a déjà vues mille fois. Certains plans sont dignes d’une bonne grosse série z réalisée par des cousins dégénérés, séchés par le soleil et la bière. C’est d’une mollesse inattendue.

Les comédiens se font bouffer par les effets spéciaux qui se font plumer par les vieux briscards du premier film, qui semblent se marrer d'être dans un nanar ultra coûteux qui se veut écologique et responsable. Ils vont se payer une retraite dorée. Mais est ce bien raisonnable de faire encore des blockbusters qui durent inutilement et qui n’ont franchement rien à dire? On espère que l’extinction de ce genre de produit est pour bientôt.

Sortie le 06 juin 2022
Avec Bryce Dallas Howard, Sam Neill, Laura Dern et des dinos avec des dents pointus - Universal - 2h25

Les hommes ont peur de la lumière, Douglas Kennedy, Belfond

Vous vous souvenez de Taxi Driver et son conducteur fou? Imaginez qu’aujourd’hui il pourrait presque apparaître comme la personne la plus raisonnée dans le monde post Donald Trump!

Le monde est taré, malade, en surchauffe, violent ou ce que vous voulez, mais il existe certains endroits où le constat est implacable. Prenez Los Angeles. Les illusions sont perdues depuis longtemps dans la chaude Californie. La ville vomit les inégalités et les folies américaines.

Le soleil cogne sur le système, et les âmes tourmentées deviennent maudites. En tout cas Brendan se sent un peu à l’abri dans sa voiture Uber. Il rumine ses échecs et devine ceux des personnes toujours pressées qui rentrent dans son véhicule.

Puis un jour, il assiste à une explosion. Un attentat contre une clinique qui pratique l’avortement. Sa vie sera bouleversée à tout jamais. Et Douglas Kennedy, auteur inégal mais sincère, appuie sur le champignon pour nous faire plonger dans nos enfers contemporains.

De l’uberisation des vies au fanatisme religieux, le romancier retrouve une écriture sèche, rapide et percutante. Pas de grands effets mais comme son héros, le style donne un air de gueule de bois à ce thriller suffocant.

Los Angeles est un piège poisseux. Les radicalités diverses et variées forment un crépuscule du rêve américain. Il sait être romanesque, mais ici Douglas Kennedy affronte sans fioriture une Amérique divisée et qui finit toujours par nous fasciner par son énormité.

Bien mené, sans temps mort, ce livre se lit rapidement et nous fait froid dans le dos tellement sa résonance avec l’actualité est impressionnante.

Paru le 05 mai 2022
chez Belfond
256 pages / 22€

Neil Young, Dorothy Chandler Pavillion 1971 et Royce Hall 1971, Citizen Kane Blues

Joyeux Noël ! C'est comme ça avec Papa Neil Young. C'est tous les jours la fête. Quand il ne cogne pas sur le streaming et les politiques, le Loner se lance dans une belle rétrospective de sa propre carrière.

Il sort donc des nouveaux albums avec plus ou moins d'inspirations mais il conserve sa farouche volonté d'en découdre avec le Monde. On l'aime beaucoup pour ça. Ce sens de la détermination et de la nouveauté font de lui un artiste prolixe mais rare !

Il tente encore des explorations sonores. Il est curieux de tout et trouve dans son grenier des trésors que l'on ne pensait plus entendre. Il y a eu des disques - inaboutis selon lui - qui se sont révélés être des merveilles.

Il a retrouvé toute une série de concerts enregistrés qui montrent toutes ses périodes et expérimentations, électriques ou acoustiques. Le pape du grunge a une actualité permanente et nous le remercions de tous ces beaux cadeaux!

Cette fois ci il se montre facétieux avec trois sorties d'enregistrements de sets en solitaire. Lui et sa guitare. La même année quasiment. La même tournée. Et la même ambiance? C'est le petit jeu lorsque l'on écoute Dorothy Chandler Pavillion 1971 et Royce Hall 1971 

De belles chansons du début de son répertoire. De la musique folk hantée par les tourments du musicien, ravi de se promener seul dans son répertoire. C'est aussi ce que l'on retrouve dans le délicat Citizen Kane Blues, encore une captation solitaire et solaire aussi. La voix et la guitare se rejoignent dans les vertes vallées du blues assez nuancé de Neil Young.

Ça sent la répétition. Et on a une grosse pensée pour les fans de l'artiste qui doivent encore casser leur tirelire, comme tous les trois mois dorénavant. Mais le son si particulier est vraiment une douce tempête dans le monde de la musique américaine. La générosité du gars est singulière. Peut-être pas besoin des trois disques pour le (re)découvrir mais franchement pour l'été, ces disques sont des bouffées d'air!

Là où vont les belles choses, Michelle Sacks, 10/18

La couverture et le titre ("Là où vont les belles choses") nous laissaient espérer un récit beau et nostalgique, c'est en réalité une bien triste histoire qui nous est contée par Michelle Sacks.

Dolly a sept ans. Elle joue tranquillement avec Clemesta (son poney en peluche affublé d'un nom qui sonne comme un antidépresseur) lorsque son père la saisit et la jette précipitamment dans sa jeep. Ils "partent à l'aventure" rien que tous les deux, lui annonce-t-il ; une aventure dont on sent dès le départ qu'elle recèle quelque chose de louche.

Ayant choisi une enfant comme narratrice de son roman, l'autrice tâche de restituer le phrasé, la langue et l'état d'esprit d'une pipelette de sept ans. A mon avis, ce procédé est légèrement casse-gueule et, d'ailleurs pas toujours très convaincant. A la longue, la lecture du livre est parfois un brin fastidieuse, d'autant qu'il faut attendre 175 pages pour que l'écrivaine cesse (enfin) de tourner autour du drame. Heureusement, les choses s'améliorent nettement dans la seconde moitié du livre. (Le dernier chapitre est bouleversant, bien que l'on ne soit pas totalement surpris par le dénouement.)

Tout au long du livre, la petite new-yorkaise découvre par la vitre de sa voiture un paysage ponctué de mobile-homes posés sur des parpaings, d'églises protestantes aux slogans accrocheurs et de drapeaux confédérés étendards de la fierté blanche. La description de l'Amérique proposée en filigrane est saisissante et vaut le détour.

Ainsi, à travers les yeux d'une enfant, ce livre témoigne de l'effondrement du rêve américain et de la peur du déclassement, avec pour obsession d'échapper à l'obésité, la crasse, la vulgarité et la bêtise. Le paysage défile et nous en apprend finalement beaucoup sur les États-Unis. J'ai été particulièrement saisi par l'image de l'aigle dont le dresseur a coupé les ailes pour l'empêcher de voler. Tout un symbole pour l'emblème de l'Amérique.

Paru le 16 juin 2022
Éditions 10/18, Collection Littérature étrangère
Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Romain Guillou
309 pages / 8,20€

Hugo, l’Interview, Yves-Pol Deniélou, Charlotte Herbeau, Lucernaire

L'esprit du grand écrivain Victor Hugo répond aux questions posées par une journaliste de la radio que l'on ne voit à aucun moment. Yves-Pol Deniélou a su créer un merveilleux patchwork de textes à partir des poésies, des journaux intimes, des romans, des lettres de Hugo.

Un grand moment de théâtre.

Jusqu'au 26 juin 2022
"Hugo, l'Interview", de et avec Yves-Pol Deniélou, d'après des textes de Victor Hugo,

mise en scène et voix off Charlotte Herbeau.
Théâtre Le Lucernaire, Paris

Zai Zai Zai Zai, Fabcaro, Paul Moulin, l’Atelier

Zaï Zaï Zaï Zaï, on connaît tous la chanson. Tous ou presque.

Mais qui connaît la bande dessinée ?

Qui connaît Fab Caro, facétieux et précis observateur des tics et dérives de notre époque ?

Qui connaît cet univers de pince-sans-rire où l’auteur se place au premier rang de ceux dont il exagère traits et manies ?

Je crois que nous sommes de plus en plus nombreux. Il me semble que chaque fois que j’en recommande la lecture, tous, y compris les plus résistants, sont emportés dans la tourmente du rire.

C’était donc pleine d’espoir et d’appréhensions mêlés que je me rendais au Théâtre de l’Atelier pour y découvrir la transposition de Zaï Zaï Zaï Zaï au déroulé délicieusement absurde, subtil et drôlissime en spectacle. Pour la petite histoire, la dernière pièce que j’avais vue à l’Atelier -provinciale que je suis, j’y vais trop rarement- était « La Douleur » de Marguerite Duras avec Dominique Blanc, autant dire une autre extrémité de la diagonale.

Alors, comme j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir le choix de mise en scène, très efficace à mon sens, je vous en laisserai la surprise - si toutefois elle peut être maintenue.

Les acteurs m’ont enchantée par leur engagement, leur précision, leur fantaisie, leur retenue jusqu’à l’excès.

Tout n’était que délice – exception faite du verre de Malbec consommé et non dégusté en terrasse avant la représentation.

Fab Caro était là qui dédicaçait sympathiquement quelques uns de ses opus. Évidemment, lectrice de son univers, je me suis abstenue de recourir à ses services. Trop de circonstances et remarques absurdes auraient envahi mon cerveau débridé. Avec l’amie chère qui m’accompagnait, à qui je dois la découverte de Fab Caro, nous nous sommes contentées de nos fictions respectives et mentales.

Qu’en est-il de la pièce pour ceux qui n’ont pas lu la bande dessinée ? Mystère.

Je peux simplement recommander de lire avant d’y aller ou de lire après avoir vu.

Si vous lisez avant de voir, peut-être apprécierez-vous autant que moi les quelques répliques spécialement glissées dans cette version actualisée.

PS: Cliquez ICI pour retrouver la critique d'une autre adaptation théâtrale de cette BD.

Prolongations jusqu'au 03 juillet 2022
Théâtre de l'Atelier, Paris
XVIII
Durée 1h
de 17 à 33€

Mise en scène : Paul Moulin
Adaptation : Maïa Sandoz et Paul Moulin
Création sonore : Christophe Danvin

Avec, en alternance :
Élisa Bourreau, Ariane Begoin, Serge Biavan, Maxime Coggio, Christophe Danvin, Aymeric Demarigny, Jean-François Domingues, Cyrille Labbé, Paul Moulin, Emmanuel Noblet, Maïa Sandoz et Aurélie Verillon
Avec la voix de Serge Biavan

La Fabrique, Simone Van der Vlugt, 10/18

Vu de l’hexagone, un récit sur l’évolution industrielle de la transformation laitière en technique fromagère de pointe semble un terrain connu. Ainsi qu’une narration sur la Grande Guerre dont chaque français garde les cicatrices d’aïeux brisés.

Pourtant Simone Van der Vlugt réussit à nous garder éveillé, grâce à l’attachement que l’on éprouve pour quelques-uns de ses personnages. Elle nous prend par la main pour nous guider aux travers vingt années, parcourant les mœurs néerlandaises, du monde paysan à celui de la haute bourgeoisie, signalant ici les castes infranchissables, là les règles immuables et intransgressibles des comportements, le combat des femmes pour une émancipation, le couvercle imposé par les hommes pour les maintenir dans leur rôle inférieur, jusqu’à ce que la guerre révèle leur indispensable présence, évènement qu’elle ne lâcheront plus jamais, une porte vient de s’entrouvrir, le monde figé vient de changer brutalement.

L’écriture est fluide, facile, agréable, un beau roman pour une fresque joliment peinte, riche en faits historiques, ou anodins mais pénétrant, offrant au récit une véracité bien ficelée. Dommage qu’aucune véritable surprise ne nous remue les tripes pour accélérer la lecture. Les différentes aventures sont devinées avant la narration, et la fin convenue. Un joli moment donc, mais souvent déjà lu.

Toutefois, la comparaison annoncée avec Jane Austen ou Emile Zola me parait osée.

Date de parution : 02 juin 2022
Chez 10/18, collection : Littérature étrangère
Guillaume Deneufbourg (traduit par)

Top Gun Maverick, Joseph Kosinski,

Rappelons nous un peu le monde d’avant: il y avait des super héros qui envahissent les écrans et les sommets du box office. Nombreuses furent les stars de cinéma à finir dans des séries B sans envergure. Hollywood ne veut plus des acteurs à l'ego surdimensionné. Finis, les films d’action old school avec de la grosse vanne et des méchants risibles. Les effets spéciaux ont terminé de remplacer les cascadeurs…

Le dernier résistant semblait être Tom Cruise, éternel sourire d’un âge d’or d’Hollywood, qui se joue, tel un Belmondo scientologue, des dangers, pour de vrai, dans la série des Mission Impossible.

Puis il y a eu la Covid 19. Les plateformes sont devenues la règle. Les cinémas ont supporté une fermeture sans fin et les blockbusters se dégustent sur petit écran. Mais Tom Cruise, qui a souvent fait preuve de ténacité, veut encore y croire. Il revient avec Top Gun, son égo et cette incroyable croyance dans le film populaire, simple et efficace.

A 60 ans bientôt, le comédien devient le dernier dinosaure d’un cinéma qui échappe au numérique, et conserve l’idée du grand spectacle. Il y a donc tout cela dans cette suite du film pompier de Tony Scott qui a plus d’une trentaine d’années tout de même.

Le célèbre Maverick n’a pas l’âme d’un carriériste mais possède le regard clair d’un homme qui défie la mort avec un certain plaisir. Il est donc un capitaine appelé à la rescousse pour former des petits jeunes afin de réaliser une mission délicate dans un état voyou.

Tom Cruise ressort les lunettes de soleil, la grosse moto, les sous textes homos (mais plus lights), les mâchoires carrées, la belle nana à séduire et les uniformes bien repassés. Ce n’est pas vraiment une suite mais presque un remake dans lequel s’incruste le vieux Tom Cruise face à des têtes à claques qui se prennent pour les meilleurs.

Il visite sa légende et prend conscience de l’exploit du premier film: les avions. Les scènes sont spectaculaires. Cruise prend les commandes et poursuit son obsession: jouer les trompe la mort. Embarquer son public avec lui.

Il le fait bien avec un réalisateur (Joseph Kosinski) qui fait dans la virtuosité et un certain réalisme. On devine que la star et les jeunes qui tentent de le seconder ont pris des risques et des poussées aux fesses assez extraordinaires.

Après la pandémie, le comédien semble être là pour sauver le cinéma fait pour grand écran. Les clichés pleuvent mais rassurent comme un gros doudou que l’on ne trouvait plus dans nos écrans multimédias. Cruise fait le lien entre l’ancien (très jolie scène avec Val Kilmer diminué) et le récent (les moustaches de Miles Teller). Il rechigne à se plier aux dictats du Hollywood d’aujourd’hui et le film semble même se révolter contre les nouvelles normes. On pourrait être pris nous aussi par un certain tournis.

Tom Cruise se voit en guide d’un cinéma bigger than life. Ultime dans tous les points, Top Gun Maverick a tout pour agacer à commencer par sa star omniprésente. Il n’en est rien: on trouve ça renversant, marrant et (presque) intelligent.

Sortie le 25 mai 2022
Action  (2h11)

Paramount Pictures
De Joseph Kosinski
Avec Tom Cruise, Miles Teller, Jennifer Connelly

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