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La Fabrique, Simone Van der Vlugt, 10/18

Vu de l’hexagone, un récit sur l’évolution industrielle de la transformation laitière en technique fromagère de pointe semble un terrain connu. Ainsi qu’une narration sur la Grande Guerre dont chaque français garde les cicatrices d’aïeux brisés.

Pourtant Simone Van der Vlugt réussit à nous garder éveillé, grâce à l’attachement que l’on éprouve pour quelques-uns de ses personnages. Elle nous prend par la main pour nous guider aux travers vingt années, parcourant les mœurs néerlandaises, du monde paysan à celui de la haute bourgeoisie, signalant ici les castes infranchissables, là les règles immuables et intransgressibles des comportements, le combat des femmes pour une émancipation, le couvercle imposé par les hommes pour les maintenir dans leur rôle inférieur, jusqu’à ce que la guerre révèle leur indispensable présence, évènement qu’elle ne lâcheront plus jamais, une porte vient de s’entrouvrir, le monde figé vient de changer brutalement.

L’écriture est fluide, facile, agréable, un beau roman pour une fresque joliment peinte, riche en faits historiques, ou anodins mais pénétrant, offrant au récit une véracité bien ficelée. Dommage qu’aucune véritable surprise ne nous remue les tripes pour accélérer la lecture. Les différentes aventures sont devinées avant la narration, et la fin convenue. Un joli moment donc, mais souvent déjà lu.

Toutefois, la comparaison annoncée avec Jane Austen ou Emile Zola me parait osée.

Date de parution : 02 juin 2022
Chez 10/18, collection : Littérature étrangère
Guillaume Deneufbourg (traduit par)

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