Cinéma

Jurassic World, le monde d’après, Colin Trevorrow, Universal

On les aime beaucoup les dinos de Steven Spielberg et de feu Michael Crichton mais là, on est vraiment dans une maison de retraite hollywoodienne qui fait franchement mal au cœur. C’est Geriatric park !

Ce qui est bien, il faut l’avouer: retrouver le regard étincelant de Sam Neill, la dégaine élancée de Laura Dern et la silhouette rock’n’roll de Jeff Goldblum. Comme toute saga, la nostalgie a un fort intérêt commercial et retrouver les principaux protagonistes de Jurassic Park est un pur plaisir coupable. Le trio semble bien s’amuser devant des créatures de plus en plus belliqueuses. On s’inquiète un peu pour leurs hanches quand ils tombent mais ils sont certainement la meilleure attraction de Jurassic World, troisième du nom.

Le premier reprenait les thèmes du chef d’œuvre de Spielberg et n’arrivait pas à gommer la dénonciation sourde du mercantilisme et le capitalisme à tout prix. Intéressant. Tout comme le second volet qui devenait au fil des minutes un conte moral et horrifique aux accents gothiques. Pour ce troisième épisode, la production va à l’essentiel: une déferlante de dinosaures… et de sauterelles.

C’est à cause d’elles que les anciens reprennent du service. Des sauterelles préhistoriques ravagent les champs de blé et une société de génétique semble avoir les clefs du problème. Mais elle n’a pas de souci d’éthique pour collectionner les monstres d’un autre temps et semble prête à tout pour embêter les héros de la saga.

Donc cela court dans tous les sens à la recherche d’un sens à tout ça. Les dinosaures ont envahi la Terre mais les auteurs du film ne préfèrent pas s’attacher à cet événement mais plutôt aux micro événements qui vont emmener les personnages des déserts du Nevada jusqu’aux Dolomites en Italie en passant par l’île de Malte.

Le scénario est ridicule. C’est affligeant. On a droit à un joli bestiaire mais aussi à une histoire indescriptible qui tourne en rond. On a l’impression d’être pris dans un mauvais James Bond ou un ersatz de Indiana Jones. Avec des dinos pour emballer des scènes d’action que l’on a déjà vues mille fois. Certains plans sont dignes d’une bonne grosse série z réalisée par des cousins dégénérés, séchés par le soleil et la bière. C’est d’une mollesse inattendue.

Les comédiens se font bouffer par les effets spéciaux qui se font plumer par les vieux briscards du premier film, qui semblent se marrer d’être dans un nanar ultra coûteux qui se veut écologique et responsable. Ils vont se payer une retraite dorée. Mais est ce bien raisonnable de faire encore des blockbusters qui durent inutilement et qui n’ont franchement rien à dire? On espère que l’extinction de ce genre de produit est pour bientôt.

Sortie le 06 juin 2022
Avec Bryce Dallas Howard, Sam Neill, Laura Dern et des dinos avec des dents pointus – Universal – 2h25

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