3 Coeurs

Le personnage de l'infidèle semble passionner Benoît Poelvoorde. Après la comédie Le Grand Méchant Loup, le voici encore torturé par la passion pour une femme et sa fidélité pour une autre. Le problème est nettement plus dramatique lorsqu'il s'agit de deux soeurs.
Il est donc un mélancolique contrôleur fiscal qui fait une rencontre nocturne, après avoir raté un train. Un coup de foudre. Beau et pudique. Marc rencontre Sophie au hasard d'un voyage professionnel. Ils veulent se revoir. Hélas, un malaise cardiaque l'empêche d'arriver à l'heure.
Sophie imagine un goujat. Déçue, elle part pour les Etats Unis. Désespéré, Marc retourne en province pour retrouver ce rendez vous manqué. Il croise alors Sophie, une charmante antiquaire. Le charme agit. Ils tombent amoureux. Mais Marc tombe dans un piège cruel lorsqu'ils découvrent que ses deux dernières conquêtes sont soeurs...
Benoit Jacquot ne fait pas dans la finesse. De temps en temps, une voix off très littéraire nous rappelle que nous sommes dans le vrai mélodrame, la tragédie ultime et contemporaine, le jeu sans pitié du hasard et du destin. Il y a aussi une musique oppressante pour suggérer l'inexorable drame.
Quelques plans ne manquent pas non plus de panache, à la limite de la parodie. Heureusement le réalisateur d'Adolphe, respectueux du genre, a la bonne habitude de s'entourer de comédiens incroyables. Ce sont eux qui amènent la nuance, la nostalgie et la beauté des sentiments!
Benoît Poelvoorde est une fois de plus magnifiquement volage. Les rôles plus sérieux lui vont décidément très bien. Il a aussi de la chance de rentrer dans une chouette famille, entre la grande Catherine Deneuve, la diaphane Charlotte Gainsbourg et la subtile Chiara Mastrioanni.
Ils nous font oublier les références appuyés comme Maupassant, Tchekhov ou même Chabrol pour la vision aigre de la bourgeoisie de Province. Il y a un coté un peu scolaire chez Jacquot. Il a la bonne idée d'en jouer dans une dernière image qui remet tout en cause. Elève doué, sage, Benoît Jacquot est un petit malin. On aime son film mais une touche de cynisme est suspecte quand on réussit si bien les mélos! Faiseur ou artisan, ca reste à voir...
Avec Charlotte Gainsbourg, Benoît Poelvoorde, Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve - Wild Bunch - 17 septembre 2014 - 1h45
Le Royaume

Il est toujours intéressant d’observer le spectacle du pouvoir clivant de certains talents. Emmanuel Carrère, installé depuis une quinzaine d’années au sommet de la littérature française contemporaine (avec quelques autres – Echenoz, Houellebecq…) continue à susciter, à parts égales, admiration et exaspération. Admiration d’un lectorat toujours plus large qui a fait de son dernier ouvrage un succès de librairie immédiat (plus de 100 000 exemplaires vendus fin août, avant même la rentrée et son bruit médiatique).
Exaspération de certains professionnels au premier rang desquels le jury Goncourt dont certains membres se sont exprimés très tôt « contre ». Pierre Assouline sur son blog le 23 août avec un article titré « L’égo-péplum d’Emmanuel Carrère » y procédait à une exécution en règle de l’homme et de l’œuvre. Et le président du jury lui-même, Bernard Pivot, enfonçait le clou dans sa chronique du JDD le 31 août en accablant Carrère du péché d’orgueil et de vanité (« autant de moi moi moi, autant de satisfaction d'être ce qu'il est et d'écrire ce qu'il écrit est navrant. L'humilité chrétienne et la modestie laïque ne sont pas son fort. »). Pas vraiment une surprise, donc, que Le Royaume ne soit pas dans la première liste publiée des ouvrages admis à concourir au Goncourt !
Mais quelle importance après tout ? L’essentiel réside dans le bonheur du lecteur à retrouver, cet automne, le nouvel ouvrage d’un écrivain talentueux et érudit, égocentrique et drôle, iconoclaste et passionnant. Ouvrage est d’ailleurs le mot juste. A la fois « volume broché contenant un texte scientifique ou littéraire » et « objet produit par le travail d’un ouvrier ou d’un artiste ». Emmanuel Carrère est exactement ça : un ouvrier et un artiste.
Passé des débuts littéraires prometteurs jalonnés par cinq romans entre 1983 (L’amie du jaguar) et 1995 (La classe de neige, prix Femina), Emmanuel Carrère s’oriente à la fin des années 90 vers un travail plus personnel et original, mêlant enquête, biographie et… introspection.
Il inaugure ce virage avec L’adversaire (paru en 2000), reconstitution de l’affaire Romand, cet homme qui pendant 18 ans s’est inventé une vie de médecin et de chercheur auprès de l’OMS et qui, en 1993, a assassiné parents, femme et enfants sur le point de découvrir la vérité. Fasciné par le personnage, Emmanuel Carrère suit l’affaire, puis le procès. Visite Romand en prison et, sept ans après les faits, publie un livre-événement qui marque le début d’une seconde carrière. Il y parle de l’affaire, il y parle de l’homme, il y parle de lui, il y parle de son travail… Il y parle de la vie ! Et il y donne surtout à lire une langue exigeante et fluide, captivante de bout en bout, pénétrante, bouleversante – au sens propre du terme en ce qui me concerne. Ce choc littéraire sera suivi d’autre de la même qualité, de la même intensité.
Un roman russe (2007) chronique de son voyage en Russie, le pays d’origine de sa mère, pour un documentaire très personnel, Retour à Kotelnitch. Carnet de bord, règlement de compte familial, introspectif jusqu’à l’extrême, dénué de toute pudeur (ce sera désormais une des marques de fabrique d’Emmanuel Carrère)… Un roman russe est tout cela, mais par-dessus tout une œuvre littéraire contemporaine majeure.
D'autres vies que la mienne (2009), titre sublime d’autodérision au regard du narcissisme (assumé) de l’auteur et sans doute le chef d’œuvre d’un auteur qui prête cette fois sa plume à des hommes et des femmes croisés en chemin. 300 pages de beauté sublime et d’émotion intense.
Limonov (2011) se présente comme une biographie plus classique d’Edouard Limonov, écrivain, dissident, poète, punk et clochard, fondateur du Parti national-bolchevique. Classique jusqu’à un certain point puisque, comme à son habitude, il y mêle considérations personnelles, digressions sur les coulisses de son travail et sur sa vie privée. Du Carrère pur jus qui exaspère ou qui émerveille. Horripilante tête à claque ou écrivain libre et génial. Vous connaissez mon camp.
Changement de décor avec Le Royaume. Travail de longue haleine dont les racines plongent loin en arrière, à une époque (brève, 2 ans) où Emmanuel Carrère traverse une crise mystique qui le conduit à assister à la messe chaque jour, à prier avec ferveur, à se confesser régulièrement… et à étudier les textes sacrés, chaque jour, méthodiquement, compilant ses analyses et ses réflexions dans des cahiers qui s’accumuleront au fil des mois (18 au total) avant de finir dans un carton au fond d’un placard quand la crise (mystique) sera passée. Retrouvés longtemps plus tard, ils sont la base de ce travail qui nous emmène sur les traces des apôtres Paul et Luc qui, portant la parole du Christ, prêchant sans cesse chacun avec ses méthodes propres, ont contribué à transformer une petite secte juive comme il en existait tant à l’époque en une religion qui touche aujourd’hui le quart de l’humanité.
Il faut dire que la partie n’était pas gagnée d’avance : « Résumons : c’est l’histoire d’un guérisseur rural qui pratique des exorcismes et qu’on prend pour un sorcier. Il parle avec le diable, dans le désert. Sa famille voudrait le faire enfermer. Il s’entoure d’une bande de bras cassés qu’il terrifie par des prédictions aussi sinistres qu’énigmatiques et qui prennent tous la fuite quand il est arrêté. Son aventure, qui a duré moins de trois ans, se termine par un procès à la sauvette et une exécution sordide, dans le découragement, l’abandon et l’effroi. Rien n’est fait dans la relation qu’en donne Marc pour l’embellir ni rendre les personnages plus aimables. A lire ce fait divers brutal, on a l’impression d’être aussi près que possible de cet horizon à jamais hors d’atteinte : ce qui s’est réellement passé. » (page 556).
La grande force d’Emmanuel Carrère, c’est de mettre son lecteur en confiance, en confidence. Pas question de se payer de grands mots ou de jargon philosophico-religieux abscons. Pas question non plus d’abdiquer une nécessaire exigence intellectuelle pour aborder ces questions qui, au cours des siècles, ont façonnées notre civilisation. C’est donc en bonne compagnie et sur le ton d’une aimable conversation érudite « qui ne se prend pas (trop) au sérieux » que l’on part sur les chemins rocailleux du bassin méditerranéen, au premier siècle de notre ère, dans les pas de Paul, le prêcheur infatigable, puis de Luc, le médecin devenu témoin de l’aventure et scribe du premier.
Ce qui passionne Emmanuel Carrère, ce sont les coulisses des évangiles. Qui a écrit quoi, à quel moment, dans quelles circonstances, avec quel état d’esprit… Qu’est ce qui est de l’ordre de la métaphore (ou de l’affabulation pure et simple) et qu’est-ce qu’il faut prendre au pied de la lettre (ou qui, du moins, est très plausible). Fort d’un travail long et minutieux sur les textes (et les exégèses qui en ont été tirées) et de son expérience d’écrivain («Je sais de quoi je parle. Après tout, je suis du bâtiment » dit-il quelque part), il met le doigt sur certaines ficelles narratives et, a contrario, valide d’autres passages qui « respirent l’authenticité ».
Et pour mieux imprégner son lecteur de la portée des événements dans lesquelles il les plonge, il n’hésite devant aucun moyen, aucune métaphore. Staline, Lénine, Ben Laden, le générale de Gaulle, Mel Gibson, Lucky Luke, Philip K. Dick parmi beaucoup d’autres sont convoqués pour les besoins de la cause. Des fort en thème aussi, bien sûr : Ernest Renan et Paul Veyne, notamment. Et pour que la mesure soit bonne, il nous fait témoin de nombreuses tranches de vie personnelle (jusqu’aux plus intimes) dont le rapport au sujet central, parfois lointain, n’en fini pas moins par faire sens.
Il faut être Emmanuel Carrère pour agencer tout ça avec naturel et élégance. Pour donner au lecteur cette agréable sensation de proximité avec ses « personnages » et avec lui-même. Surtout pour, au sortir de ces plus de 600 pages denses d’un livre « total », le laisser sur cette irrépressible envie d’y retourner voir (je n’ai pas dit « croire »).
POL - 630 pages
Le Monde Möö

Ils se déguisent ou se maquillent. Il y a trois filles et un garçon. Ils jouent. De la musique. Et pas seulement. Ils s’imaginent un univers joyeux, ouaté et mystique. Des extraterrestres sous extasie. Ils interprètent des voyageurs célestes allumés avec des chansons venues des années 70.
Pas de solo héroïque à la guitare ou de la sauvagerie électrique. Ils ont retenu le psychédélisme et la musicalité rêveuse du mystique King Crimson ou nos indécrottables Gong. Une séance de musique élégiaque, dans la lune ou dans les songes.
Cela donne donc un disque bizarre mais aux mélodies envoutantes. Moins cyniques qu’un Sebastien Tellier, le collectif français Moodoïd s’envole vers des plages lyriques où les voix et les harmonies nous bercent. Le titre de l’album souligne bien la mission d’immersion que s’est donné le groupe, Le Monde Möö.
De l’ambiance feutrée, il ne faut pas imaginer que le groupe est flemmard. Bien au contraire. On appréciera les constructions élégantes et pas si simples de leurs chansons mélancoliques et sophistiquées.
Certains vont trouver cela un peu trop précieux, mais il y a de la sincérité avec des textes en français et une vraie ambition artistique. Pablo Padovani et ses copines ont des airs de clowns pédants mais ils forment un groupe qui propose vraiment quelque chose de différent.
Ils ont l’air un peu taré comme ça. Mais ces descendants de Magma naviguent sur toutes les musiques avec un entrain nouveau et une fantaisie appréciable car totalement aboutie. On décolle avec eux. Leur monde est habitable !
Entreprise - 2014
Amère Russie

Un conflit pousse l'autre et l'on zappe de l'Ukraine à l'Irak, du Mali à l'autre bout du monde comme pour un film ou une chanson...
C'est l'époque qui veut ça ma brave dame! Et voilà que 2 jeunes auteurs nous replongent 20 ans en arrière dans le conflit Tchétchène. Ducoudray et Anlor nous ramènent en plein conflit qui a coûté la vie à de nombreuses personnes et notamment à la journaliste Anna Polikovskaia. Faut-il évoquer la langue de bois et la main de fer de Poutine? Il suffit de regarder l'Ukraine d'aujourd'hui pour comprendre si vous n'aviez pas l'âge!
Alors bien sûr des histoires de geurre on en connait. Mais ici, l'originalité réside dans la démonstration qui passe, sans pathos, par la mère de Volodia, jeune recrue qui a disparu en Tchétchénie. L'album débute par l'insouciance d'un adolescent s'amusant avec son chien et ses copains et puis dès la troisième planche, on comprend que le conflit a enlevé le jeune homme à sa mère qui le recherche désespèrement.
Le héros de la guerre c'est bien cette vieille dame qui parcourt des centaines de kilomètres persuadée que son fils n'est pas mort. Elle est belle avec toute sa naïveté faisant confiance au premier venu qui ne manquera pas de la berner. Elle est merveilleuse face aux brutes de tous les camps qu'elle n'a pas peur d'affronter espérant leur soutirer quelques renseignements qui pourraient la rapprocher de son fils.
La collection Grand Angle des éditions Bamboo a pris l'habitude de commettre des albums de qualité, lançant de jeunes talents prometteurs qui souvent atteignent un certain degré d'excellence dès les premiers albums. On se souveint ainsi de l'excellent "Envolée sauvage" de Galandon et Monin qui abordaient la déportation ou "Bourbon Street" de Charlot et Chabert qui parlaient de jazz sur fon de ségrégation raciale ou le contraire, pour ne siter que cela.
Aurélien Ducoudray nous offre un scénario vivant et enlevé ou la petite histoire donne une bonne perspective sur la grande Histoire. Le dessin de Anlor est parfait semi réaliste, nerveux se mariant parfaitement avec ses couleurs ce qui n'est pas si fréquent de nos jours. Cette jeune dessinatrice avait déjà fait montre d'un talent certain dans une autre série parue dans la même collection "Les innocents coupables". On notera enfin la qualité du dossier figurant en fin d'album et qui complète admirablement bien l'album
C'est donc avec impatience que l'on attend la suite d'"Amère Russie" après ce premier tome "Les amazones de Bassaïev" qui promet le meilleur pour la suite. Les auteurs ont d'ailleurs de beaux jours devant eux. Ils pourront traiter par la suite la Géorgie avec le conflit en Ossétie du sud, s'en suivra peut-être quelques albums su l'Ukraine et d'ici là il y en aura peut-être d'autres...
46 pages - Bamboo Grand Angle
Stuck in a cruel world

Nantais, François Michel est visiblement hanté par les voyages. La ville est une porte sur l'Océan et tout ce qu'il y a de l'autre coté de l'Atlantique. François Michel a visiblement fixé le cap sur la Jamaïque et les îles chaudes et dangereuses. Parce que le soleil tape fort sur les sonorités. Le reggae est facilement cramé par des effets un peu trop faciles et un rythme trop répétitif.
Alors François Michel a eu deux bonnes idées. Il a mélangé tout cela avec du rock'n'roll à l'ancienne. Et il a effectivement mixé tout cela avec de vieilles sonorités. Le résultat n'a pas de frontière. On pense au rock primitif comme au ska des premiers temps. La combinaison des deux fait franchement merveille. Un style unique. Un son vraiment atypique, d'une originalité chaleureuse!
Le son chaloupé des îles (on pense aussi à la musique hawaïenne) se marie très bien avec des accords simples et clairs d'un rock'n'roll faussement innocent. Le son vintage fait la différence sans trop faire dans le réactionnaire, le coup du c'était mieux avant. François Michel est plutôt un affranchi. Il se moque des modes et se fait plaisir sans oublier les auditeurs, avides de voyager avec ses petits airs exotiques et d'une fraîcheur stupéfiante.
Coincé dans un monde cruel, ce disque desserre l'étau autour de nous. Il nous convie à la découverte d'un monde sans fioriture, sans arrière pensée. Dans le vieux pot, il parvient à sortir une nouvelle recette qui fait du bien aux oreilles et à la tête. Un petit concentré de plaisir immédiat et d'enthousiasme simple. Un disque à posséder de toute urgence. Contre ce monde cruel qui voudrait nous enchaîner à la morosité ou au cynisme!
La baleine - 2012
Les Morts Perdent Toujours Leurs Chaussures

Pour certains, "un bon journaliste est un journaliste mort". Pour Juan Bermudez, un bon journaliste est un journaliste qui va au bout des choses.
Et c'est ce qu'il va faire lorsque son collègue Sebastian Murillo va être assassiné (même si la police soutient le contraire) pour avoir voulu enquêter sur une étrange course poursuite entre la police et des brigands qui s'est terminée dans un bain de sang.
"Une fusillade de première, vieux ! Aucun rescapé ! ça c'est terminé avec la bagnole sur le toit dans le canal. Comme au cinéma !". Bermudez va remuer ciel et terre (plutôt la boue de la corruption ordinaire) et, aidé de drôles d'amis d'un passé pas si révolu que ça, aller au bout de son enquête.
Le début de ce roman frappe par ses phrases courtes et sèches, une économie de mot qui donne tout son rythme au livre. Dans la deuxième partie, l'auteur change de ton, les souvenirs de Bermudez remontent à la surface et font perdre la concision du début (mais cela colle parfaitement avec les orientations que l'auteur a voulu donner à l'histoire). La fin, particulièrement noire, est musclée et ciselée, comme sait le faire Raul Argemi (pour ceux qui auraient manqué son premier livre traduit chez Rivages, il est temps de se rattraper), et récupère l'ensemble de cet auteur à suivre assurément.
330 pages - Rivages/Noir
Bastien et la magie des Pourkoipas

Un conte, une rencontre et un spectacle de magie interactif. (suite…)
The Mentalist

Mais c’est qui bordel ce John Le rouge !!!
J’avoue, si je suis assez fanatique de série US depuis de très très nombreuses années, de Six Feet Under en passant par The Shield, et autres Mad Men ou House of Cards ou même françaises quand elles piquent et claquent (Mafiosa, Engrenages…) et j’en passe… j’ai toujours eu un peu de mal avec la ligne éditoriale de TF1 ou de France 2 sur la thématique, non pas par snobisme mais par goût, c’est comme ça, m’emmerdez pas j’suis pas d’humeur.
Évidemment, je ne parle pas ici des bas fonds atteints avec des trucs de haute volée telle que Soeurthérèse.com ou Julie Lescaut, mais bien des séries où, en règle générale, les scènes se déroulent de façon obligatoire dans un hôpital ou font appel à des flics qui, à la différence de nos joyeux Braquo, sont assez propres sur eux, assez peu heurtés par la vie, portent la cravate 90’s comme personne et disposent de moyen qui rendraient jaloux James Bond.
Le scénario se répète tous les 3 épisodes, grosso modo, un méchant (mais qui en fait au départ quand il a témoigné était gentil que non non non tu peux pas te douter que c’est lui tellement qu’il a l’air gentil avec une vie normale, au choix chauffeur-livreur ou employé d’un magasin de Hi-Fi) a tué une pauvre strip-teaseuse dans un troquet de Las Vegas tenu par un gars d’origine latinos mais qui en fait est de mèche avec les russes car les russes ils sont quand même toujours super méchants pas beaux. Seul indice, un cure-dent dans le désert avec rien autour à moins de 100km, grâce à un drone dernière génération, mais qui, une fois envoyé au labo, permet de trouver en moins de 2 minutes l’ADN du gars, avec sa photo qui s’affiche et un gros MATCH (bip bip bip, oui quand ça matche, ça bip et en rouge en plus). Et bam, en effet, c’était bien le gentil qu’est en fait bien méchant, chemise à carreaux et casquettes de pompistes, avec la complicité de son frère handicapé de la tête…et non le méchant latinos dont on découvre qu’il protégeait la fille contre les méchants russes…bref, après t’appelle ça Experts, t’appelle Police Spéciale, t’appelle ça FBIPortédisparu, t’appelle ça Enquête Criminelle Manhattan, Los Angeles, Vesoul ou Kentucky Chicken Dips Mega Royal…tu mixes le tout, tu vends ça à TF1 et tu fais 6 millions de téléspectateurs dans les mauvais jours.
Heureusement, de temps à autres, une série « hertzienne » arrive un peu à sortir du rang, de par un personnage et/ou un concept un peu original. Nous pouvons affirmer, en tous cas moi je l’affirme, c’est ma chronique je fais comme bon me semble et là il me semble bon de le faire, que The Mentalist appartient à cette rare catégorie. Il y aussi « fais pas ci fais pas ça » mais là rien à avoir avec le thème donc non, pas là, non.
Bon ok, on reprend aussi quelques recettes des familles en matière de série US policière grand public, car c’est souvent, aussi, un méchant (mais qui en fait au départ quand il a témoigné était SUPER gentil que non non non tu peux pas te douter que c’est lui tellement…vendeur en magasin de Hi-fi DVD, tout ça tout ça) a tué une pauvre strip-teaseuse prostipute dans un troquet de Las Vegas Sacramento tenu par un gars d’origine latinos indienne mais qui en fait est de mèche avec les russes mexicains car les russes mexicains ils ont quand même toujours SUPER super méchant pas beau. (Youuuhoooouuuuuuu, je viens de remplir ¼ de page grâce à un copié collé, z’avez rien vu hein !!!!).
Mais avec The Mentalist, y’a un fil rouge, d’ailleurs c’est pas un fil, c’est un John qu’est rouge. Un peu comme Fox Mulder dans X-Files qui, entre deux enquêtes paranormales, recherchait sa sœur qui avait été enlevée par des extra-terrestres méchants méchants (devaient être russes ou mexicains d’ailleurs). L’a jamais retrouvée…mais là Le Mentalist, l’est pas loin de le retrouver le John. Pour mémoire, c’est celui qui avait tué sa femme et sa fille y’a des années, pour ceux qui suivent pas, bref, on s’en fout.
Question, c’est qui ce John le Rouge, bordel. Bon, à l’heure d’aujourd’hui, y’a une short-list, a priori, ça serait un flic, et oui déception car compte tenu du nom du gars, on aurait très bien pu imaginer qu’il s’agissait :
- D’un vendeur de chez NICOLAS, spécialisé dans le Bordeaux Cru Bourgeois qui tâche, pour 2 cartons achetés 1 carton offert, à quelques jours des foires aux vins, ça aurait été commerçant.
- D’un communiste révolutionnaire adorateur de Salinger qui aurait échappé au McCartisme
- De l’inventeur des pions rouges dans le jeu Puissance 4, frère de Mickael Yellow, inventeur des pions ennemis
- D’un fan de
Jeanne Mas, mais qu’à moitié, sinon il se serait appelé John Rouge&Noir
- De l’auteur déçu de MC Solaar, qui avait changé une lettre à sa chanson originelle « Rouge de là », et que du coup fou de rage, il a bougé de là, parti aux States et a tué la femme et la fille du Mentalist en fredonnant le tube
- D’un bâtisseur de moulin de la même couleur dans des quartiers chauds de Paris
- Du fils de Rackham, frère de
David et beau-frère de Victoria. (vanne niveau 1 force 4)
- Ou encore un fabricant de petits chaperons, agacé par les contrefaçons des chinois, qui auraient, en plus, renommé le produit petit chaperon jaune.
Voilà, bah non, a priori, c’est pas ça…donc réponse bientôt dans The Mentalist, en attendant, bah bonne semaine, moi je regarde Mad Men.






