Still Alice

Un film bouleversant, sensible et touchant, traitant d'un sujet délicat, Alzheimer.

Julianne Moore interprète donc Alice qui se voit confronter de manière précoce à l'âge de cinquante ans. La particularité de son diagnostic est d'être porteuse héréditaire du gène et elle risque d'avoir transmise la maladie à ses enfants. Heureusement le film ne tombera pas dans le pathos ou l'exagération. Julianne Moore est simplement exceptionnelle et son Oscar, mérité.

Le niveau d'identification est incroyable. Cette Alice ressemble au delà du rôle à cette actrice facile. Il est aisé de se projeter dans cette maladie à long terme qui fait tous les jours des milliers de victimes.

Still Alice montre un combat essentiel: essayer de rester ce que nous sommes. Rester humble. Ne pas avoir honte. Essayer de conserver les souvenirs, coûte que coûte. Voici le combat de cette femme ordinaire et extraordinaire. C'est aussi le combat d'une mère qui voit sa vie basculer du jour au lendemain, qui se voit forcer de quitter son travail de linguiste, qui se perd dans son propre corps et son esprit.

Elle doit s'abandonner à son entourage, qui parfois lui semble inconnu et qui assiste, désarmée et impuissante à la déchéance croissante et inévitable. Au delà de la perte des mots et des douleurs, il reste l'amour, incontestablement le sentiment primaire, qui reste malgré tout.

Ajoutons à cela Kirsten Stewart, dont je ne taris pas d'éloge, et qui s'émancipe film après film tel un papillon. Elle a bien compris la force et l'importance du combat de Still Alice... Mon paquet de mouchoirs aussi.

AVIS AUX AMATEURS

Avec Julianne Moore, Alec Baldwin, Kate Bosworth et Kirsten Stewart - Sony - 18 mars 2015 - 1h35

Pichet Klunchun and myself, Jérôme Bel, Théâtre de la Commune

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Conversation en mouvements entre une étoile de la danse de masque thaïlandaise traditionnelle, le khon, et le trublion Jérôme Bel, inventeur de la non-danse...

Au début, c'est l'esthétique du premier qui paraît assez impénétrable; répondant à l'interview béotienne de Jérôme Bel, il explicite dans un anglais approximatif les codes de cette pantomime où chaque geste est le fragment d'un long récit mythique.

Danse-théâtre de doigts et de regards, pour quatre types de personnages (femme, homme, démon et singe), elle se déploie dans une fluidité extraordinaire selon un principe organisateur, le tracé d'un cercle puis le retour à des jonctions corporelles qui rassemblent et ramène l'énergie vers l'interprète. Ces spectacles, offrandes aux statues des temples, durent jusqu'à plusieurs semaines; la mort évoquée fréquemment au cours de ces longs récits ne peut être représentée directement sur scène...

Au fil de cette causerie, hypnotisés par la beauté et la fluidité de Pichet Klunchun, nous voyons de plus en plus claires les formes tracées par son corps, nettement imprégné de ce vocabulaire. Nous entendons que Pichet a été destiné à cet art dès la naissance, et que son nom même est intimement connecté à cette pratique...

Aujourd'hui le khon est en plein déclin en Thaïlande et se pastiche autour des piscines pour des touristes mis à l'écart de la société thaïlandaise... Pichet Klunchun explique son œuvre de reconnexion à la tradition, dans la nouvelle donne contemporaine..

Jusque-là Jérôme Bel, presque condescendant, semblait traiter cette Autre danse comme étrangère... Puis c'est au tour de Pichet de l'interroger, et le rapport de force bascule.

Jérôme Bel n'est plus un danseur; il n'arrive plus à l'être reconnaît-il, il n'est pas un chorégraphe non plus... Jérôme Bel est un chercheur qui a posé son doute sur scène: "qu'est-ce que c'est être face public; pour y présenter quoi?"

Alors il sidère Pichet, lui aussi dans un anglais approximatif, lorsqu'il tache d'expliquer que la non-danse est une rupture avec le spectacle classique, qu'elle vise à niveler la frontière entre le performeur et le spectateur... Qu'il y est question de la mort du corps, de comment s'arracher au rien pour devenir dansant... Que ce qui est bon à montrer c'est ce qui va amener le spectateur à penser; et que c'est un pari.
Et Pichet Klunchun dit qu'il y a des choses qu'on ne veut pas voir dans son pays et que ces choses-là on les montre aux touristes dans des lieux où les thaïlandais ne vont pas...

Cette confrontation questionne finalement les modes d'accès à la culture: quel sont les spectacles qui élèvent, ceux qui aliènent...

Qui est ici le touriste sur la scène?
Quel touriste de la danse sommes-nous dans l'audience?

 du 1er au 5 Avril 2015

Théâtre de la Commune, Aubervilliers

Durée 1h 45

pièce en anglais, traduction simultanée

 

 

 

 

 

Bonne Journée

Illustrateur breton, Olivier Tallec nous propose de passer un bon moment en sa compagnie.

Il est plein de bonnes intentions. Avec un titre comme Bonne Journée on ne pouvait pas s’attendre à autre chose. Cependant pour la politesse, ce n’est pas forcément son truc. Lui c’est plutôt le détail tout en décalage. L’ironie mordante mais pas agressive.

Visiblement il a beaucoup lu Gary Larson et ses petites illustrations en noir et blanc désopilantes. Comme lui, Tallec aime les bonnes blagues qui tiennent sur un seul dessin. Il gagne lui aussi en efficacité pour sonder le dérisoire et l’absurde.

Il y a donc des animaux qui se posent des questions existentielles et des hommes préhistoriques qui se révèlent plus tendres que leur réputation. On n’est pas loin du copié collé mais les dessins d’Olivier Tallec sont colorés et délicieux.

Il devient l’héritier de l’humour non sensique des Monty Python et d’autres dessinateurs qui se sont révélés par le dessin de presse. Il fait mouche et on lui souhaite une belle journée à lui aussi : il nous l’a éclairée avec quelques rires bien agréables !

Rue de Sèvres – 56 pages

Hawkdope

Hypnotise my soul with rock'n'roll. Juste pour le nom de ce titre, ce disque mérite tout notre intérêt. Encore un rock vintage et séduisant.

Ca cogne sévère. La batterie est maltraitée. C'est toujours bien. Une guitare crache un gros riff hargneux. La basse plaque ses accords. Tous les instruments préparent le terrain pour une voix nasillarde et fertile. Puis l'inévitable solo de guitare héroïque.

The Prophet ne révolutionne rien mais le premier titre de Hawkdope montre bien les intentions de ce groupe italien volontairement vintage. C'est du bon gros rock'n'roll énervé et carré. Ce que confirme Wolf Eyes et sa batterie assiégée par un batteur qui ne connait qu'un rythme: le binaire. Ca va tout droit et seule, la guitare a droit à des dérapages incontrôlées. Plus que vintage, on retrouve le goût du Stoner si cher au leader de Queens of the Stone Age.

Le troisième titre,Hawkdope se fait plus calme mais ca ne va pas empêcher le trio de bricoler solidement un mur de son assez impressionnant. Puis suivent d'autres morceaux musclés, spectaculaires et convaincants. Les Italiens arrivent à nous immerger de sons vintage mais jamais paresseux.

Ca sent la crasse et la sueur. Les instruments saturent de notes et d'effets flamboyants. C'est du rock de tatoués qui ne se posent pas de questions et qui vont jusqu'au bout de leur idée du rock'n'roll. Ce n'est pas nouveau mais comme dans un bon vieux Giallo italien, il y a de la conviction, du sang et du sensationnalisme.

Heavy Psych - 2015

Un métier idéal, Carreau du Temple

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A fortunate man est un récit de John Berger et du photographe Jean Mohr, publié pour la première fois en Angleterre, en 1967. La traduction française de Michel Lederer est parue en 2009 sous le titre Un métier idéal, aux éditions de l’Olivier. John Berger et Jean Mohr ont suivi pendant deux mois le docteur John Sassall dans son activité professionnelle.

Après avoir servi dans la Navy comme chirurgien durant la Seconde Guerre mondiale, John Sassall exerce en tant que médecin dans la campagne anglaise, dans une région dominée par la nature, au cœur de la forêt et au sein d’une communauté rurale et rustre.

Une toile dressée au milieu de la scène. Un décor campagnard. Deux chaises. Nicolas Bouchaud fait « l’appel » : le spectateur est un patient en puissance. L’audience est une immense salle d’attente en quête de diagnostic. La relation comédien – spectateur devient celle du médecin et de son patient. Les rôles sont redistribués, dans un autre espace – temps celui de la confession partagée dans ce qu’elle a d’intime, de personnel. Le spectateur, auditeur de ces bribes de vies, devient « acteur » et se fait « voix » shakespearienne le temps d’une respiration. La poésie n’est jamais éloignée d’un humour distillé au goutte-à-goutte pour mieux nourrir la réflexion du spectateur.

Les témoignages de John Sassall et ceux des patients alimentent ce récit d’apprentissage. Ce médecin est un héros « conradien » : faillible, désenchanté, ne renonçant jamais à affronter la vie, celle de la rudesse sociale et de la ruralité anglaise au XXe siècle. Nicolas Bouchaud se fait le « passeur » de cette parole, pour mieux révéler sa fragilité, sa sensibilité, sa délicatesse.

Ce spectacle, à la fois poétique et philosophique, social et politique est magnifié par la mise en scène délicate d’Eric Didry. Elle révèle la multiplicité des « rôles » de Nicolas Bouchaud : tour à tour conteur, acteur, « metteur en scène » pour mieux transmettre et partager cette intimité avec le spectateur.

 

Jusqu’au 18 avril 2015

Carreau du Temple

Un métier idéal

D’après le livre de John Berger, Jean Mohr

Mise en scène Eric Didry

Vanishing Point, Marc Lainé, Chaillot

Répétitions-Vanishing-Point@Tunde-Deak
visuels © Stephan Zimmerli

 

 

Le corps de Marie-Sophie Ferdane, ancienne de la Comédie française qui prend ici la place de la chanteuse Rosemary Stanley auprès des musiciens de Moriarty, évoque les créatures des films de David Lynch. Tentaculaire et musculeuse, tour à tour disparue, chamane ou sirène, elle se diffuse, erre vers un ailleurs qui fera peut-être céder le gel des émotions perdues.

C'est une pièce sur l'appel du lointain, pour retrouver la part manquante et inscrire enfin un deuil suspendu dans le temps qui empêche l'hiver de finir...

"Est-il possible d'être à la fois ici et ailleurs?"; coupé du réel...

La scène théâtrale se dédouble au profit de la scène de concert, à laquelle Marc Lainé ajoute une troisième dimension, la perspective de l'écran cinématographique. Cette mise en scène permet de suivre en même temps un récit de l'immédiat: un road-trip à travers le grand nord canadien pour retrouver l'amour perdu; et le récit d'un temps indéfini, du souvenir, ou à venir, auquel on accèderait par transparence.

L'écriture théâtrale, déjà affirmée dans Memories from the missing room en 2011, est figurative et sensorielle; le rythme y est scandé par la langue québécoise des acteurs Sylvie Léonard et Pierre-Yves Cardinal (vu chez Xavier Dolan), qui résonne autant que le chant de leur héroïne fantomatique est évanescent...

On aime cette fusion des médiums dans un spectacle fluide, au dynamisme nord-américain et sans académisme.

 

du 28 Mars au 17 Avril 2015

au Grand foyer du Théâtre National de Chaillot

Vanishing Point, de Marc Lainé,

Durée 1h20

La Confidente des Morts, Ariana Franklin

LaConfidentedesMorts

Au XIIème siècle, dans l’Angleterre d’Henri II, un enfant est retrouvé atrocement mutilé. Puis, les disparitions d’enfants se multiplient. La population juive, coupable idéale, évite le lynchage. Pour mener l’enquête, un enquêteur est dépêché sur place, accompagné d’une femme et d’un Maure.

Quand on se retrouve avec un thriller médiéval entre les mains, il est impossible de ne pas penser au Nom de la Rose d’Umberto Eco. Une atmosphère étouffante, des personnages hauts en couleurs, une intrigue habile… Difficile de ne pas espérer retrouver les mêmes ingrédients.

Le thriller d’Ariana Franklin, « la confidente des morts » se passe en 1171, dans une petite ville d’Angleterre. Des enfants sont assassinés dans d’atroces conditions. Les juifs sont accusés de ces abominations. La communauté juive participant grandement aux revenus du roi Henri II, ce dernier envoie sur place un détective de renom pour démêler l’enquête.

L’enquêteur juif, Simon de Naples, accompagné d’Adelia, médecin mais aussi « confidente des morts » ainsi que l’arabe Mansur se retrouvent confrontés à une population hostile qui ne facilite en rien leur enquête.

Simon, Adelia et Mansur se lancent sur les traces du tueur, qui lui, attend son heure. Chacun des trois enquêteurs devra combattre en cette terre chrétienne, à commencer par Simon le juif et Mansur le musulman. Adelia quant à elle devra cacher son savoir-faire en médecine légale si elle ne veut finir pendue pour sorcellerie.

Dans un style haletant, l’atmosphère du livre, oppressante par moments permet au lecteur de s’identifier aux personnages et de s’introduire aisément dans ce village anglais de la fin du XIIème siècle. Toutefois, la longueur de certains chapitres peut poser problème dans le déroulement de l’intrigue et lui enlever de sa fluidité.

Entre Sleepy Hollow et Les Experts, l’enquête ne s’enlise pas dans détails historiques. Ariana Franklin se veut auteure de thriller avant professeur d’histoire et le lecteur y gagne. Un très bon livre qui se dévore plus qu’il ne se lit et qui a obtenu de nombreux prix littéraires.

Ariana Franklin, «La Confidente des Morts»

 éditions 10/18, 518 pages.

Woth

Violoniste belge, Liesa Van der Aa ose tout, avec un style baroque et complètement fou. Son second disque est un triple album labyrinthique et passionnant. Dépêchez vous de vous y perdre!

Ce sont d'abord les grands noms de la musique Classique qui se sont inscrits dans la tête de la blonde Liesa Van der Aa. Puis avec l'adolescence, sont venus des références plus rock, de plus en plus expérimentales. Elles façonnent alors les envies de la violoniste surdouée. En 2012, elle fait son entrée dans le Monde avec un disque qui lui ressemble: inclassable et culotté.

En 2015, elle ose le triple album. Liesa Van der Aa n'a pas froid aux yeux. Elle continue de maltraiter son violon, en l'utilisant de toutes les manières. Elle réalise un véritable périple.Car les possibilités sont infinies et impressionnent dès les premières notes du premier disque. Trois chapitres pour une même envie d'en découdre. Avec ambition et inventivité. Cela relève de l'expérience!

L'artiste sait bidouiller ses points forts et mélanger les styles allant effectivement du classique exigeant à la pop plus abordable en passant par des idées electro! Le premier disque est froid mais beau. Le second réchauffe les esprits. Le troisième rivalise avec Bjork et quelques maîtresses du genre qui vont rougir de honte lorsqu'elles entendront l'aventurière belge, qui nous charme en parlant du Coeur dans tous ses états.

C'est un album concept mais l'idée ne surpasse jamais l'émotion que provoque la musique. Baroque, chaque disque est une expérience différente et surtout déroutante. Elle a vraiment quelque chose d'unique, cette violoniste. Atypique, son disque nous promène aux frontières des abstractions les plus époustouflantes. Woth propose un monde à part, toujours basé sur la voix et l'instrument fétiche de Liesa Van der Aa.

La belle s'inspire de la mythologie égyptienne: c'est absolument incroyable comme elle réussit à nous transporter dans un ailleurs. Il est parfois bizarre ou agaçant mais le projet est tellement fou, d'une ampleur inédite qu'il faut saluer le courage et l'intelligence de l'artiste, barrée et passionnante dans sa démarche et la réalisation de ses trois disques qui s'opposent et se complètent. Une vraie claque!

Pias - 2015

Voyage en Chine

Le film de Zoltan Mayer, qui raconte le parcours en Chine d’une mère venue y chercher le corps de son fils mort dans un accident, est d’une pudeur et d’une force rares. A voir. Vite.

Un peu de douceur, un peu de tendresse, un peu d’amour dans ce monde de brutes. Cette expression détournée pourrait - presque – résumer ce très beau film. Une femme apprend la mort de son fils avec lequel elle était brouillée. Elle quitte tout pour partir à la quête de sa vie amoureuse et amicale là-bas. Elle a besoin de savoir c qu’il était devenu. On devine qu’ils étaient brouillés depuis très longtemps.

Et la femme part seule, sans son mari, qui se raccroche à elle, qui veut l’accompagner, mais il est trop tard, le fossé creusé entre eux est désormais trop profond. Yolande Moreau est cette femme, elle l’est réellement, totalement, elle l’incarne absolument. Chacun de ses gestes, chacune de ses intonations, chacun de ses regards, est juste, évident. On atteint ici la perfection, en particulier dans l ‘expression de la douleur, authentique, puissante et pudique à la fois. Oh, ce visage bouleversé dans les bras de son mari qui pleure, comme il nous semble poignant !

Yolande-Liiane part donc dans un périple incroyable. Elle ne parle pas la langue, elle a peu d’adresses, mais elle se débrouille avec des bribes d’anglais. Elle finira d’ailleurs par apprendre le chinois. Et c’est la Chine authentique qui nous est donnée à voir ici, sans propagande ni clichés, la Chine du peuple, qui lave encore son linge dans les rivières et mange dans des gargotes. Et accueille cette femme avec bienveillance et discrétion. Chacun exprime pudeur et respect face à la douleur de la mère et l’accompagne avec tendresse et retenue. Les amis, l’amour de son fils comme ses voisins lui font découvrir la vie de l’enfant disparu et auquel elle parle sans cesse, comme pour se racheter de ses défaillances.

Cadrages serrés, demi-teintes et clair obscur, le réalisateur choisit délibérément de filmer l’intime, tout en nuances et en expressions mêlées. Il sait faire passer mille sentiments en cadrant des mains, des regards, des larmes. Avec une justesse étonnante. Pas de mièvrerie ici, ni de sensiblerie.

Tout est filmé de façon si subtile qu’on est avec Liliane, on l’accompagne dans cette recherche, dans les moments douloureux comme lors des petites joies et des moments de paix qui lui sont accordés. Yolande Moreau a enfin le rôle qu’elle mérite, à la hauteur de cet immense talent qui est le sien. Juste, sensible, touchante, son jeu est d’une diversité qui laisse pantois. Et finit par nous arracher quelques larmes, tant l’émotion distillée par son personnage est présente de bout en bout. Ce n’est plus un film, alors, mais une leçon de vie, qui nous laisse bouleversés quand s’écrit le mot « fin ».

Avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Ling Dong Fu et Liu Ling Zi - Haut & Court - 25 mars 2015 - 1h35

Fast & Furious 7

Retour à beaufland. Un peu de chagrin cette fois: l'un des acteurs en carton a disparu! Ca ne va pas empêcher les gros cylindres de rugir et les petits strings de se faufiler à l'écran!

La saga Fast & Furious est une passionnante promenade dans le monde viril de l'Américain moyen. Ce dernier a quelques obsessions: les grosses bagnoles. Les nanas qui se déhanchent avec des jambes sans fin et des muscles tout partout. Depuis le premier volet, Fast & Furious soigne ces détails avec une énergie qui a fini par faire la différence.

Depuis quelques numéros, Fast & Furious est devenu un énorme barnum avec cascades spectaculaires, acteurs hypertrophiés et super bimbos aux commandes. C'est devenu le James Bond de la beauferie la plus totale: en gros des garagistes amateurs de musiques de zumba se voient confier des missions secrètes dans le Monde, pour le sauver par la même occasion, et casser des voitures onéreuses si possible en faisant des blagues avec des "Corones". Bond c'est la vodka martini. Ici, c'est la Corona tiède!

La tête d'affiche c'est Vin Diesel, de moins en moins expressif, qui assume ce coté populaire, gras de bide, et pousse un peu plus la saga dans les énormités. Une contrariété dans ce nouveau volet: Paul Walker, héros depuis les débuts de la série, est mort durant le tournage. Il faut donc se montrer un peu plus tendre cette fois ci et jouer avec les contraintes d'une disparition soudaine. Un peu d'émotion donc dans ce dernier film mais il ne faut déconner non plus: il y a des voitures qui brillent, des nanas qui font baver et un scénario écrit par un poisson bulle...

Il faut être un scénariste sans mémoire pour faire trois fois le même coup dans le même film. On résume: l'équipe de Vin Diesel est poursuivie par le frère du méchant du numéro 6. Pour le choper, il faut remplir une mission pour l’État (et Kurt Russell qui comme un camion, en fait des tonnes). Pour bien réaliser cette mission, il faut remplir une autre mission impossible (oups le lapsus). A chaque fois, le frangin revanchard fera une apparition explosive.

Puisqu'il s'agit de Jason Statham, le roi de la castagne, le comédien qui joue le même rôle du type pas content et bagarreur depuis quinze ans environ, avec une vraie rigueur, il faut le reconnaître. En face de lui, il y a donc Vin monoexpressif et tous ses copains musculeux et futés comme les petits gars qui ont grandi dans les embrouilles des quartiers chauds de Los Angeles. Le bon sens populaire peut déjouer tous les complots et mercenaires du Monde!

Et en plus on a encore droit à un joli couplet sur la famille et ses vertus. Il y a tellement de choses que l'ensemble finit par faire 2h15 pour voir donc quelques bourre-pifs entre mâles sous stéroïdes, des carcasses de voiture et entendre beaucoup de musiques insupportables. Pas sûr que la mort d'un des piliers de la série, va stopper le déballage de beauferie...

Avec Vin Diesel, Paul Walker, Jason Statham et Michelle Rodriguez - Universal - 1er avril 2015 - 2h17

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