La voix humaine, La Dame de Monte-Carlo, Jean Cocteau, Francis Poulenc, Poche Montparnasse
Juin10

La voix humaine, La Dame de Monte-Carlo, Jean Cocteau, Francis Poulenc, Poche Montparnasse

La Dame de Monte-Carlo : Une femme vient de perdre sa fortune au casino. Elle décide de se suicider en se noyant dans la Méditerranée. La voix humaine : Seule, dans une chambre, une femme téléphone à son amant qui lui annonce leur rupture et son intention d’en épouser une autre. Dévastée par le chagrin, elle se raccroche au téléphone, coupé par des interférences extérieures. Un seul personnage, un long monologue, pas d’action. A peine une suite de phrases, parfois inachevées, entrecoupées de cris, et au cours desquelles l’essentiel n’est jamais dit : en un mot, un langage téléphonique, mais d’une incroyable force dramatique. L’arrière-fond est quant à lui psychologique, émotionnel et affectif. Aussi, traduire musicalement tout ce que les paroles dissimulent, c’est certainement ce qui séduit autant le spectateur. Cette tragédie lyrique est magistralement mise en scène et orchestrée. C’est une suite de séquences, de phrases : il y a celle du souvenir, celle du mensonge, celle du suicide manqué. Jean-Christophe Rigaud ponctue chacune de ces phrases comme des segments musicaux ayant chacun sa personnalité propre. L’œuvre baigne dans une atmosphère intense et lyrique. L’interprétation de Caroline Casadesus exprime toute la force du texte et de ces phrases, exacerbant à la fois le pathétique et le déchirant de ce monologue. À travers les non-dits et un moyen de communication défaillant, la pièce présente une rupture amoureuse difficile, dans laquelle le téléphone devient le protagoniste d’un drame sentimental. Comment réussir à maintenir l’intérêt durant ce long monologue d’une femme délaissée par son amant qu’elle essaie de reconquérir dans une conversation téléphonique perturbée par des incidents techniques ? Jean-Christophe Rigaud laisse la voix à découvert. Aussi, le piano assure le rôle de l’amant absent en suggérant la teneur de ses réponses qui ponctuent le récitatif tourmenté de l’héroïne : La sonnette du téléphone retentit. Elle lui raconte sa soirée de la veille, son mal de tête, son déjeuner, ses courses. Il fait mine de raccrocher mais elle continue, lui indique qu’il peut venir chercher ses affaires quand il le souhaite, l’empêche de s’excuser. Elle endosse « C’est moi qui suis stupide » et le couvre de compliments, « Tu es gentil », « Je ne me croyais pas si forte » et se défend de jouer la comédie, de prendre sur elle. « Je n’ai pas la voix d’une personne qui cache quelque chose ». « J’ai décidé d’avoir du courage, j’ai ce que je mérite », « Tout est ma faute ». La ligne ne fonctionne plus, « C’est drôle parce que moi, je t’entends comme si tu étais dans la chambre…Allô, Allô ! (…) Allons bon maintenant, c’est...

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Le monte-plats, Harold Pinter, Poche Montparnasse
Nov25

Le monte-plats, Harold Pinter, Poche Montparnasse

  A Birmingham, Ben et Gus deux tueurs à gages, attendent leur prochain contrat et le nom de leur future victime. Mais cette attente est longue et oppressante. Pour « tuer » le temps, ils parlent sans communiquer, de tout et de rien. L’inattendu survient alors : la descente d’un monte-plats avec à l’intérieur, des commandes exotiques et absurdes. Le duo, incarné par des comédiens d’âge mûr, dévoilent au fur et à mesure leurs petites habitudes, leurs failles, leurs angoisses et leurs engueulades. Jacques Boudet et Maxime Lombard forment un couple à la fois inquiétant et touchant. La complicité de ces deux personnages atypiques révèle toute l’absurdité et l’effroi de ce huis-clos, mêlant le rire et le tragique. La mise en scène, sobre et intime les confine dans cette promiscuité. Les jeux de lumière magnifient les dialogues et met en valeur la puissance des mots. Ici, le pouvoir est au cœur de l’action avec un chef invisible qui délivre des ordres implacables, matérialisé spatialement par le monte-plats. Ce troisième personnage qui n’a pas de visage, incarne une présence déshumanisée. Ce pouvoir est aussi symbolisé par le son omniprésent qui brise inexorablement la complicité du duo. Chaque commande ponctue le récit, interpelle les personnages, les sort de leurs silences. La tension va crescendo jusqu’à la fin inéluctable des personnages… Laissez-vous surprendre par cette farce métaphysique entre burlesque et tragique. Jusqu’au 10 janvier 2016 Le Théâtre de Poche-Montparnasse Le Monte-plats   Traduction : Eric Kahane Mise en scène : Christophe Gand Avec : Jacques Boudet ; Maxime...

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Noire ! Manufacture des Abbesses
Sep16

Noire ! Manufacture des Abbesses

Dans son magasin de perruques ethniques, Poppy, jeune femme française d’origine africaine, raconte son monde, devant son miroir : son amie d’enfance Sarah, sa mère dans la pièce voisine, ses clientes et ses amies, noires et blanches. Les grandes et les petites filles. Toutes les femmes qui ont traversé sa vie, son histoire mais qui ont également marqué l’Histoire : Joséphine Baker, Rosa Parks, Angela Davis, Oprah Winfrey jusqu’à la mère de l’humanité, Eve, elle aussi noire… Quant aux hommes, elle évoque Martin Luther King, Mohamed Ali et Roger Forman pour le combat du siècle à Kinshasa, Barack Obama ou encore Michaël Jackson. Mais Poppy a effacé peu à peu ses origines africaines, il ne lui reste que sa peau, témoin de son histoire. Poppy se déshabille comme elle met à nu sa vie un peu plus chaque jour. Elle change de perruque pour mieux changer de tête, à défaut de changer de peau. Comme ses clientes qui défilent en quête d’une autre apparence, pour (re)nier leurs origines. Seule sur scène, Nadine Zadi alternent ces portraits de femmes avec simplicité et force. L’éloquence de ce monologue interroge le spectateur, sur ses origines et sa place à la fois dans l’histoire et l’Histoire. Miroir de soi et de l’autre. L’originalité de la mise en scène de Christian Hahn réside dans la proximité et l’intimité instaurée avec Poppy : le décor resserré sur cette femme pleine de vie, sur ses interrogations et ses certitudes. Laissez vous emporter dans la boutique de Poppy, découvrez ses scènes de vies pleines d’humour et de réalisme, portées par une écriture à la fois grinçante, poignante et pleine d’humour.   Jusqu’au 1er novembre 2015 La Manufacture des Abbesses Mise en scène : Christian Hahn Avec : Nadine Zadi  ...

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J’vous ai apporté des bonbons, Brel, Saramango, Lucernaire
Juin24

J’vous ai apporté des bonbons, Brel, Saramango, Lucernaire

  Les chansons de Jacques Brel rythment et retracent, ici, l’histoire de trois amis d’enfance : Jef, Pierre et Jacky. A chacun son caractère, ses révoltes, ses peines, ses joies et ses déboires amoureux. (Re)découvrez les grands classiques de Jacques Brel mais aussi les chansons du répertoire moins connues du grand public, mis en scène par Sébastien Saramango, rendant un bel hommage à l’artiste mêlant à la fois, humour et poésie. L’originalité de la mise en scène de J’vous ai apporté des bonbons provient de sa forme : trois personnages issus du répertoire de Jacques Brel, croisant les femmes qui l’ont rendu si populaire : Mathilde, Madeleine et Frida. Trois destins racontés ici à travers les âges, de l’enfance à la vieillesse. Des tranches de vie en chanson, des chansons mises en scène, des textes qui prennent corps et vie le temps d’un délire festif et jouissif. Le public est convié à cette comédie musicale à la fois spectateur, personnage furtif participant le temps d’un instant à une valse ou simple témoin de ce que ressentent et vivent Jef, Pierre et Jacky. L’interactivité de la mise en scène renforce son originalité et ne laisse personne indifférent. Dans un décor intimiste, l’énergie et la passion débordantes des personnages occupent tout l’espace, faisant la part belle aux textes de Brel et au jeu des comédiens. La sobriété et la justesse de l’accompagnement révèle toute la puissance des chansons. Le spectateur ne peut qu’embarquer dans ce tourbillon musical et poétique. Venez découvrir ce trio chantant, vous en serez enchantés !       Jusqu’au 9 août 2015 Au Lucernaire, Paris  Chansons : Jacques Brel Mise en scène : Sébastien Saramango Avec : Sébastien Saramango, Guillaume Fortineau, Jean-Baptiste Schmitt Accompagnement : Clément Simon...

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Démons, Lars Noren, Lucernaire
Juin04

Démons, Lars Noren, Lucernaire

Démons et des maux

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Du domaine des murmures, Poche Montparnasse
Mai19

Du domaine des murmures, Poche Montparnasse

1187, le domaine des Murmures. Lothaire-le-brutal, le châtelain de ce domaine, a imposé à le mariage à sa fille Esclarmonde. Mais celle-ci, le jour de sa noce refuse et fait le choix de se trancher l’oreille et d’épouser le Christ. Protégée par l’Église, elle est emmurée vivante. Recluse. Neuf mois plus tard, elle donne naissance à un fils portant aux mains des stigmates. Seule en scène, Valentine Krasnochok révèle toute la singularité et la force de son personnage, Esclarmonde. Ce monologue libère le poids et la violence des mots entre révolte et chuchotement. L’audace du personnage est muée par son désir de liberté qui se caractérise par son en-murement et la solitude plutôt que la contrainte et la soumission aux hommes. Elle est maîtresse de son destin, celui de l’enfermement. Cette radicalité forge son don de soi. La parole est essentielle et exprime toutes ses vérités et ses secrets, ses désirs et ses doutes dans la douleur, celle de son amour pour son fils et l’espoir d’une vie meilleure pour lui. Cruauté de l’histoire, des sous-entendus, la voix est amplifiée, déformée. Le spectateur est confronté à cette violence, frontalement, plongé dans cette intimité. Intimité du décor : mur de pierres, sol recouvert de cailloux. Intimité des lumières, entre ombres et lumières : à la fois dans le domaine des vivants et des morts. Le spectateur devient le témoin de la souffrance et la douleur de cette jeune femme, confiné avec elle dans sa quête absolue de spiritualité et de liberté. Pari audacieux et réussi grâce au jeu, à l’énergie et à la justesse de Valentine Krasnochok. La mise en scène intimiste de José Pliya fait de ce spectacle, Du domaine des murmures une expérience mystique dotée d’une puissance poétique qui ne laisse pas le spectateur indifférent. La magie de cet univers singulier est à découvrir sans plus attendre ! Plongez sans retenue dans l’univers et la quête de liberté d’Esclarmonde !     Jusqu’au 12 juillet 2015 DU DOMAINE DES MURMURES D’après le roman de Carole Martinez Mise en scène de José Pliya Avec Valentine Krasnochok Théâtre de Poche-Montparnasse...

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Murmures des Murs, Rond Point
Mai14

Murmures des Murs, Rond Point

Mêlant danse, illusionnisme, théâtre, tour de passe-passe, chaque tableau devient sujet à interprétation, aux acrobaties entre poésie et frénésie des corps. Le rythme est millimétré, calculé, mesuré. Il n’y a ni faux pas ni contretemps : mouvement des décors, énergie des personnages

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Ubu Roi, Alfred Jarry, Lucernaire
Avr28

Ubu Roi, Alfred Jarry, Lucernaire

Caricature des puissants et de leur gouvernance totalitaire, Ubu Roi raconte l’accession au pouvoir jusqu’à la déchéance du Père Ubu, poussé par sa femme au meurtre du roi Venceslas. Trois comédiens, trois marionnettes vivantes, fabriquent dans leur « boîte » l’épopée de ce monde tyrannique : multiplicité des personnages, déguisements, postiches, accessoires délirants… Les voix sont explosives, les dialogues effrénés, le langage inventif, les corps conscrits dans cet espace révèlent cette furie verbale. Un poste de télévision devant cette boîte. Des flashes d’information ponctuent les différentes scènes : la prise de pouvoir, les émeutes, le retour du fils du roi déchu, le renversement. Mais c’est la main d’Ubu qui dirige cette télévision qui devient la parole du pouvoir. Le petit écran est un vecteur des stratégies utilisées pour contrôler, manipuler les peuples. Il évoque ainsi les rapports étroits entre le pouvoir et les médias. La mise en scène interpelle le spectateur dans sa relation aux médias, mais aussi celle du spectacle et de sa représentation. On est plongé dans une multiplicité des espaces et des cadres, façon poupées russes. Critique du pouvoir, critique des médias, Ubu roi livre aussi un point de vue sur le théâtre, son langage, sa gestuelle et sa représentation. Ce texte de Jarry prend toute sa signification dans sa contemporanéité, dans le monde actuel pour en révéler toute sa violence et sa décadence. Les comédiens nous emmènent dans ce rythme, ce tempo burlesque. Leurs tics, leurs langages, leurs expressions nous font naviguer entre la poésie clownesque et l’absurdité de leurs personnages respectifs. Grande performance ! Joute verbale jouissive ! La mise en scène est au service de ce discours et témoigne de toute la grandeur et le talent de ces comédiens-troncs ! Ce spectacle touche par sa créativité, son humour, sa modernité et surtout par son étroit rapport avec la violence de l’actualité. Pari réussi, courez voir ce « Jeu de mains jeu de vilains » !     Jusqu’au 6 juin 2015 Au Lucernaire, Paris D’après Ubu roi d’Alfred Jarry
 Mise en Scène et scénographie : Valéry Forestier
 Avec : Sabrina Amengual, Michaël Egard, Valéry Forestier 
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Independance, Lee Blessing, Manufacture des Abbesses
Avr21

Independance, Lee Blessing, Manufacture des Abbesses

      Après quatre ans d’absence, Kim Briggs, l’ainée de trois filles, est contrainte de revenir dans la maison de son enfance. Elle y retrouve ses sœurs – Jo et Sherry – et surtout sa mère Evelyn, qu’elle avait fait interner avant de quitter définitivement le domicile familial pour construire sa propre vie. Ces retrouvailles ne se feront pas sans difficultés… ni heurts. Independence. C’est le nom d’une petite ville de l’Iowa. C’est aussi le désir de chacune de ces sœurs. L’indépendance affective, matérielle, intellectuelle. Quitter sa famille, s’en échapper, pour se construire soi-même, pour découvrir le monde. Telle est la quête de Jo et de Sherry. Leur épanouissement personnel ne peut se concrétiser qu’en échappant à cette mère tyrannique, autoritaire, sans concession mais aussi cette ville, au nom ironique. Jo, la cadette est sous l’emprise de sa mère qui ne sait montrer son amour que dans la violence. Celle des mots mais aussi des gestes. Soumise, elle pense trouver son salut et son échappatoire dans la maternité. Quitter sa mère en devenant mère à son tour, fuir avec le père de son enfant à venir… Mais Evelyn ne peut se résoudre à la laisser échapper à son contrôle. Sherry, quant à elle, multiplie les relations d’un soir, s’évadant comme elle le peut de cet univers matriarcal. Étudiante et sculptrice, elle rêve d’une autre vie, celle d’artiste. Grande gueule naïve, elle cherche sa place à la fois dans cette famille et dans le monde. Kim, l’aînée, a quitté la cellule familiale, pour le Minnesota. Elle vit en couple avec sa compagne. Elle réussit brillamment sa carrière à l’université. De retour suite à l’ « accident » de Jo, elle a déjà acquis cette indépendance tant enviée par ses jeunes sœurs. Evelyn, la mère, abandonnée par son mari, n’a jamais quittée sa maison. Elle rend tour à tour responsable chacune de ses filles de ses propres maux. Elle poursuit et manipule ses filles pour mieux les posséder, poussant l’instinct maternel jusqu’à l’asservissement. Cette famille nous renvoie à notre propre expérience, à notre difficulté à communiquer, à s’écouter et à s’aimer. Cette quête d’amour et du manque d’amour peut mener à la folie. Celle de la mère, de sa propre souffrance et de sa peur de l’abandon. Diriger son monde pour mieux l’avilir, le posséder et le contraindre à ses propres désirs et volontés. Le propos est certes profond mais les répliques sont légères. Parfois cinglantes, ironiques, décalées, elles contrebalancent avec l’âpreté des situations. Elles sont disséminées dans un décor unique, celui d’une arrière-cour, d’un lieu neutre où les échanges sont quotidiens. Les mots sont souvent forts pour mieux révéler les maux des personnages...

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Un métier idéal, Carreau du Temple
Avr08

Un métier idéal, Carreau du Temple

A fortunate man est un récit de John Berger et du photographe Jean Mohr, publié pour la première fois en Angleterre, en 1967. La traduction française de Michel Lederer est parue en 2009 sous le titre Un métier idéal, aux éditions de l’Olivier. John Berger et Jean Mohr ont suivi pendant deux mois le docteur John Sassall dans son activité professionnelle. Après avoir servi dans la Navy comme chirurgien durant la Seconde Guerre mondiale, John Sassall exerce en tant que médecin dans la campagne anglaise, dans une région dominée par la nature, au cœur de la forêt et au sein d’une communauté rurale et rustre. Une toile dressée au milieu de la scène. Un décor campagnard. Deux chaises. Nicolas Bouchaud fait « l’appel » : le spectateur est un patient en puissance. L’audience est une immense salle d’attente en quête de diagnostic. La relation comédien – spectateur devient celle du médecin et de son patient. Les rôles sont redistribués, dans un autre espace – temps celui de la confession partagée dans ce qu’elle a d’intime, de personnel. Le spectateur, auditeur de ces bribes de vies, devient « acteur » et se fait « voix » shakespearienne le temps d’une respiration. La poésie n’est jamais éloignée d’un humour distillé au goutte-à-goutte pour mieux nourrir la réflexion du spectateur. Les témoignages de John Sassall et ceux des patients alimentent ce récit d’apprentissage. Ce médecin est un héros « conradien » : faillible, désenchanté, ne renonçant jamais à affronter la vie, celle de la rudesse sociale et de la ruralité anglaise au XXe siècle. Nicolas Bouchaud se fait le « passeur » de cette parole, pour mieux révéler sa fragilité, sa sensibilité, sa délicatesse. Ce spectacle, à la fois poétique et philosophique, social et politique est magnifié par la mise en scène délicate d’Eric Didry. Elle révèle la multiplicité des « rôles » de Nicolas Bouchaud : tour à tour conteur, acteur, « metteur en scène » pour mieux transmettre et partager cette intimité avec le spectateur.   Jusqu’au 18 avril 2015 Carreau du Temple Un métier idéal D’après le livre de John Berger, Jean Mohr Mise en scène Eric...

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La loi du marcheur, Carreau du Temple
Avr03

La loi du marcheur, Carreau du Temple

Janvier 1992. Quelques mois avant sa mort, Serge Daney s’entretient avec Régis Debray sur son itinéraire de critique de cinéma. Rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, journaliste à Libération, fondateur de la revue Trafic, témoin de son temps, Serge Daney (4 juin 1944 – 12 juin 1992) raconte ses expériences : son enfance, ses voyages, l’amour du cinéma américain, la Nouvelle Vague, l’irruption de la télévision et des médias. Car ce sont les images qui ont forgé son regard et son discours tel un « passeur » de notre temps. Le spectacle créé par Nicolas Bouchaud et Éric Didry, est issu de la transcription exacte de ces entretiens. Seul en scène, Nicolas Bouchaud est dos à un carré blanc. Écran ? Feuille blanche ? Face au public, il est le réceptacle de ces expériences, celles de Serge Daney. Il témoigne de ce que « voir des films » lui a offert du monde. Le carré blanc s’anime, retranscrit des mots, des thèmes évoqués par le critique, projette une séquence de Rio Bravo d’Howard Hawks, qui sera jouée, doublée, « vécue » par le comédien. La transmission des images, des émotions, de l’expérience passe par ce dispositif scénographique, à la fois résurgence du passé et regard poétique sur le monde actuel. Il interroge aussi notre propre rôle de spectateur : lequel sommes-nous ? Quel spectateur souhaitons-nous être ? Quelle expérience partagée ? Qu’acceptons-nous de recevoir de l’autre, du monde par extension ? C’est à notre propre rapport à l’art, à la culture, au monde en général qu’il nous renvoie. Cette figure du spectateur, du « passeur » est la question centrale du spectacle. Nicolas Bouchaud transmet le discours de Daney, il incarne véritablement « cet homme-spectateur » par le prisme de « l’homme-acteur ». Le spectateur devient alors « acteur », lui aussi, participant à ce dispositif. Il est interrogé, amené à réfléchir sur sa cinéphilie, sa propre expérience en tant que spectateur. Pari réussi grâce au jeu de Nicolas Bouchaud et à la mise en scène interactive d’Eric Didry placée sous le signe de la communicabilité. La loi du marcheur restitue fidèlement la pensée visionnaire, la morale cinématographique de Serge Daney demeurant très actuelle.       Jusqu’au 18 avril 2015 LA LOI DU MARCHEUR D’après Itinéraire d’un ciné-fils, un entretien de Régis Debray avec Serge Daney Carreau du Temple Itinéraire d’un ciné-fils   La Loi du Marcheur – Théâtre du Rond-Point from Le Carreau du Temple on...

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