Cirque plein d’airs, Les Caramels Fous, Théâtre Le 13ème Art

 

 

 

Caramels, bonbons et sourires

Les Caramels fous, c’est une véritable institution. Une chorale atypique et tellement douée, qui surprend, réjouit et fait rire depuis plus de trente ans. Les titres amusants, de Pas de banane pour Lady Jane aux Dindes galantes et surtout le formidable Mme Mouchabeurre, attirent les spectateurs, devenus au fil des années des fans, voire des fidèles. Des inconditionnels. Ces comédiens ont deux particularités : ils sont gays et ils sont bénévoles. La recette de leur succès ? Des histoires décalées, inspirées d’opéras ou créées de toutes pièces, mais toujours accompagnées de chansons (très) détournées. Mais tout ça ne serait rien sans les costumes somptueux réalisés par les petites mains de ces messieurs. Et leurs voix, ah leurs voix !

Cirque plein d’airs, leur dernier opus, ne déroge pas à la règle. L’histoire ? Celle d’un cirque aux portes de Paris au début du XXe siècle. Sa vedette, la femme à barbe, meurt, et la faillite guette. Son fils, Fabio, tente de sauver le chapiteau et les numéros. Mais Hanna l’écuyère, Lola la dompteuse, Enzo le clown et d’autres ne l’aident pas franchement. Heureusement, un groupe de tziganes survient, qui pourrait tout changer. Oui mais voilà… Voilà quoi ? Le cirque est vendu, racheté et… Tout cela devient brouillon, on ne sait plus où on en est. Les rires se transforment alors en sourires et c’est un peu dommage.

Heureusement, les clins d’œil déjantés et les airs détournés de grands artistes parviennent à effacer ces petits travers. Abba, Mickael Jackson, Supertramp, sans oublier Bourvil et… France Gall. On fredonne, on applaudit. Bref, on retrouve les Caramels.

Avec des personnages extraordinaires, en particulier Hanna l’écuyère (Vincent Baillet), qui nous saisit par son talent, sa voix, son humour, bref ses multiples facettes. Quel comédien ! Bien des professionnels doivent être verts de jalousie. Il nous emporte, nous fait sourire, nous touche, nous épate avec ses acrobaties, nous amuse en « ultra-femme »  aux gestes à la fois subtils et outranciers.

Enzo, le clown au si beau costume (Miko Bouradier) et à la voix puissante, sans oublier Lola (Alexis Haouadeg), aux divins coups de fouet et aux pas de danse souples et sensuels -malgré un timbre de voix un peu faible­-  atténuent les toutes petites déceptions de ce Cirque plein d’airs.

Sans oublier la fidèle chorégraphe Alama de Villalobos. Bon, c’est vrai, il y a la petite leçon gentillette qu’on retrouve à la fin de chaque pièce : « On s’aime tous, on ne doit exclure personne ». Et aussi, « Soyez vous-mêmes ». Mais qu’importe au fond, le plaisir est là. Vous aussi, restez tels que vous êtes. Et faites-nous rire encore longtemps. On vous attend.

 

 Théâtre Le 13ème Art

Jusqu’au 4 mars 2018

30, avenue d'Italie

Tél. : 01 53 31 13 13

Durée : 1H45

Infos et réservations : www.le13emeart.com

 

Insidious la dernière clef

ON OUBLIE "INSIDIOUS 3", QUI NE TENAIT PLUS D'UN DIVERTISSANT MAIS PLUTOT D'UN SYMPATHIQUE TELEFILM ET ON REGARDE CE 4EME COMME UNE SUITE DIRECTE DES 2 PREMIERS VOLETS DE CETTE FRANCHISE HORRIFIQUE.

UNE SAGA PLUTOT CONFIDENTIELLE QUI FAIT SON PETIT CHEMIN ET QUI POUR MA PART SURPASSE DE LOIN "CONJURING", QUI JOUE SUR LE MÊME TABLEAU. AVEC LES MEMES PRODUCTEURS.

ON Y RETROUVE ELISE CELEBRE MEDIUM DES AUTRES FILMS, CONFRONTÉE AUX PROPRES FANTOMES DE SON ENFANCE. UN RETOUR AUX ORIGINES DE SON DON, QUI POUR UNE FOIS S'INSCRIT PARFAITEMENT AVEC LES AUTRES: ON A CERTAINS ÉLÉMENTS DES AUTRES "INSIDIOUS" QUI VIENNENT APPUYER LE COMMENCEMENT D'UNE VIE DE CHASSE AUX DEMONS.

ELLE DOIT RETOURNER DANS LA MAISON FAMILIALE OU ELLE A GRANDIE, ENTOURÉE DE PLUSIEURS MONSTRES. L'HISTOIRE EST VRAIMENT BIEN CONSTRUITE, ET APPORTE TOUJOURS CE PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS, D'UN FILM D'ESPRIT LAMBDA. JE NE PEUX DEVOILER CE SPOIL MAIS IL EST TRES APPRECIABLE.

CELUI CI EST PLUS MALSAIN ET PLUS GLAUQUE QUE LES AUTRES. L'EFFROI, LE THRILLER ET LES FANTÔMES SONT DE LA PARTIE. CA JOUE DU JUMP SCARE CLASSIQUE MAIS TOUT AUTANT EFFICACE ET CA RECHERCHE DE NOUVEAUX ANGLES D'ATTAQUES HORRIFIQUE TOUT EN CONSERVANT LES BASES NÉCESSAIRES DE CE GENRE DE FILMS D'HORREUR. ALORS VIVEMENT LES PROCHAINS VOLETS. ET N'OUBLIEZ PAS "LES FANTÔMES DU PASSÉ HANTERONT VOTRE AVENIR SI VOUS NE LES COMBATTEZ PAS".

Avec Lin Shaye, Leigh Whannell, Angus Sampson et Kirk Acevedo - Sony - 3 janvier 2018 - 1h40

Downsizing

LOIN D'ETRE UN GRAND FILM, IL AVAIT POURTANT DE BONNES PETITES BASES, AVEC UNE IDEE ASSEZ BRILLANTE MAIS AURAIT MERITE D'ETRE CONSTRUIT DIFFÉREMMENT.

LES ACTEURS SONT JUSTES APPRECIABLES. MÊME AVEC 170 CM DE MOINS MATT DAMON RESTE L'ARCHÉTYPE MÊME DE L'AMÉRICAIN MOYEN AVEC DES REVES D'AVENIR COMME TOUS. KIRSTEN WIIG EST FADE ET CHRISTOPH WALTZ EST A SON HABITUDE, ENERVANT. ET LES PERSONNAGES SECONDAIRES SONT ASSEZ ENERVANTS ET CREUX EN FAIT. BREF ON NE S'AMUSE PAS VRAIMENT A LEISURELAND !

MAIS DANS LE REAL WORLD ON NE S'AMUSE PAS NON PLUS. SOIT ON FAIT UN FILM FUN ET COOL, SOIT ON SE FOCUS SUR LE COTE PRATIQUE ET MEDICAL MAIS MALHEUREUSEMENT ON A NI L'UN NI L'AUTRE. AU DELA DE L'ASPECT ECOLOGIQUE ET POLITIQUE DU DOWNSIZING, NON NÉGLIGEABLE, QUI EST DE FAIRE DE LA PLACE SUR CETTE PLANETE, EN RÉDUISANT DE FACON CONSIDÉRABLE LA TAILLE DE L'HOMME.

DES ECO-SYSTEMES SONT CRÉÉS ET ADAPTÉS A LEURS NOUVELLES MORPHOLOGIES. ON S'EMBARQUE ALORS DANS UNE AVENTURE QUI MET UN PEU MAL A L'AISE (ASPECT MEDICAL PLUS INTERESSANT FINALEMENT) PUIS ON S'ACCLIMATE ET TOUT COMME MATT DAMON ON APPRECIE L'IDEE ET LES DECORS.

C'EST PLEIN DE BONNES TROUVAILLES, D'IDEES HORS NORME...MAIS LE TOUT NOUVEAU MONDE A FORCÉMENT DES BONS COMME DES MAUVAIS COTES. L'ORIGINALITE DU SCENARIO VOUS FERA SOURIRE ASSURÉMENT MAIS LE FILM COMMENCE ET S'ARRETE LA. LE CHOIX DES INTRIGUES ET DES PERSONNAGES MIS EN AVANT EST MAUVAIS, ON FINIT PAR DECROCHER ET S'ENNUYER FERME.

CA PASSE COMPLETEMENT A COTE DE SON SUJET ET CA C'EST VRAIMENT LE COMBLE. VOULOIR FAIRE UN GRAND FILM SUR DE PETITS HOMMES MAIS DE VOIR ET FAIRE LES CHOSES A TAILLE NORMALE. ON N'A PAS D'INTERACTION AVEC LES GRANDES PERSONNES DU COUP ON RESTE DANS CE MONDE SANS VRAIMENT VOIR QUE C'EST L'AUTRE MONDE, CE QUI ENLEVE TOUTE LA MAGIE DU SCENARIO ET TOUTE LA PARTIE ÉCOLOGIQUE EST ÉVINCÉE....

MAIS ALORS L'HERBE EST T-ELLE PLUS VERTE AILLEURS ? ET BIEN NON, LES INFOS SONT LES MÊMES, LES GENS AUSSI, LES VOISINS AUSSI, ET MÊME SI LE COUT DE LA VIE EST PROPORTIONNEL A LA TAILLE DE L'INDIVIDU, IL FAUT TRAVAILLER AUSSI. LA PAUVRETÉ EST BIEN REELLE AUSSI DE CE COTE DE L'AMERIQUE. EN FAIT CE CONCEPT EST PARFAIT POUR PROFITER PLEINEMENT DE SA RETRAITE.

ENCORE FAUT T-IL SAUTER LE PAS ET LA ENCORE L'ASPECT MÉDICAL EST VITE OUBLIÉ. QUITTE A VIVRE COMME UN HOBBIT, AUTANT SE FAIRE PLAISIR. EN TOUT CAS, ON EST LOIN DE LA COMEDIE, QUI MÊME TRES CYNIQUE, M'AURAIT FAIT VOYAGER. ALORS OUI GROSSIEREMENT L'HOMME S'ADAPTE MAIS FINIT TOUJOURS PAR PERDRE ET CA C'EST CYNIQUE MAIS QUOI QU'IL EN SOIT, JE SUIS BIEN PARTIE AILLEURS MAIS CA N'A RIEN DU PARADIS QU'ON M'AVAIT VENDU.

AVIS AUX AMATEURS

Matt Damon, Kristen Wiig, Christoph Waltz et Hong Chau - Paramount - 10 janvier 2018 - 2h15

KROUM, Théâtre Gérard Philippe, Hanokh Levin, Jean Bellorini

 

 

Vue de face sur un microcosme: six appartements d'un petit immeuble de trois étages dans la province ou la banlieue russe. Les occupants assistent au retour de Kroum, le fils de la résidente du premier, qui était parti tenter sa chance en Europe.

Dès l'instant où il retrouve sa mère, Kroum, magnifiquement interprété par Vitaly Kovalenko, préfère annoncer la couleur: la fortune, si elle existe pour d'autres, n'a pas croisé sa route, l'amour, non plus. Partant de ce constat, autant rentrer chez soi. Le décor est posé. Au temps des retrouvailles (avec la famille, les amis, le voisinage) succède celui de la routine, du quotidien, de l'ennui. Travailler? Se marier? Kroum partage ses doutes avec Tougati, l'ami de toujours, brillamment interprété par Dmitry Lysenkov, qui concentre à lui seul, tel une caricature, presque tous les maux de notre espèce: hypocondriaque, dépressif, terrorisé par la solitude et la peur ne jamais connaître l'amour, désarmé face à la médiocrité, la quête de sens, l'impossible sérénité. Terriblement humain, terriblement touchant, tel une métaphore universelle de l'homme.

KROUM au Théâtre Gérard Philippe, c'est donc une comédie drôle et sensible écrite par un auteur israélien (Hanokh Levin), qu'un metteur en scène français (Jean Bellorini) a choisi de faire interpréter, dans sa langue, par la talentueuse troupe de l'immense théâtre Alexandrinski (considéré comme le plus ancien théâtre de Russie) savamment habillée par Macha Makeïeff.

Comment est-ce d'assister à une pièce en russe sur les planches d'un théâtre de Saint-Denis? Une expérience aussi géniale qu'inédite. Observer jouer des comédiens russes, dans leur langue, après avoir rapidement lu les surtitres français (qui sont projetés au-dessus et des deux côtés de la scène) s'avère fascinant et on est surpris de découvrir une technique de jeu d'une expressivité folle, incroyablement actuelle et complice avec les spectateurs, et de ressentir une proximité immense avec des personnages parlant pourtant une langue étrangère. Non seulement la barrière de la langue est gommée, oubliée, mais tout ce qu'il y a d'universel dans le théâtre à commencer par le jeu non-verbal, est magnifiquement travaillé et s'avère tout à fait jouissif (Yulia Marchenko excelle dans le genre). Comme dans tous ses spectacles, Jean Bellorini se montre d'une délicatesse folle. Exigeant du beau à tous les niveaux, il ne néglige pas non plus les lumières ni la musique - italienne pour la plupart - et ces dernières viennent subtilement ajouter les touches de légèreté et de rêverie nécessaires. Comment sombrer dans le désespoir devant autant de dérision et d'énergie et alors que résonnent déjà les premiers accords de Volaaaaare Cantaaaaare oh oh oh oh ? Au contraire, on s'envolerait presque de ce microcosme russe vers ce Capri rêvé. Quelle soit écoutée dans l'intimité du tourne disque du couple de vieux du troisième étage (Maria Kuznetsova et Vladimir Lisetkii sont splendides), jouée en piano live par Michalis Boliakis ou chantée en chœur par les comédiens face au public, la musique fait voler en éclats la pesanteur de nos vies et injecte la dose parfaite de beau et d'émotion en pleine confusion des sentiments.

Браво!

 

 

Jusqu'au 28 Janvier 2018
Au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis
Spectacle en russe, surtitré en français

Nothing feels natural

La première chanson va vous secouer. Une batterie et une voix féminine qui vous provoque. Du rythme. Du rythme. Du rythme. Puis d'autres instruments enragés qui s'introduisent. Appropriate rappelle que le punk peut avoir la classe. Surtout avec un saxo laché en liberté!

Venu de Washington DC, Priests est encore un (demi) groupe de filles qui veulent faire la révolution. Franchement, chouette alors car elles amènent quelque chose de nouveau et un souffle féminin ce qui ne veut pas dire rose bonbon et niaiseux. Katie Alice Greer est une sacrée hurleuse. En deux chansons on tombe amoureux d'elle.

Car elle sert idéalement ses chansons coups de gueule, éprises de liberté. La voix est forte mais assurée et s'amuse avec la moindre note qui s'échappe des conventions du rock. Ce n'est pas le punk de Green Day: c'est le rock qui défoule et qui décrit la morne existence avec une vitalité plus réjouissante: elle est salutaire.

Sur une base simple, la chanteuse et son groupe nous font redécouvrir les vertus simples et passionnantes du rock'n'roll. On entend la rage contenue dans des mélodies qui débordent des habitudes et des conventions. La colère est rentrée dans chaque harmonie et Priests réinvente le punk.

Avec une idée par titre, Priests parvient à renouveler le genre en profondeur et fascine par son aisance et sa maturité. Il ne cherche pas uniquement à bander les muscles: il fait appel à notre intelligence et notre envie de surprise. Ce n'est que leur premier disque mais ce groupe mérite déjà que l'on batisse une cathédrale.

2017 - Revolver music

My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point

"La femme est le présent de l’homme"

My Ladies Rock est un spectacle de danse contemporaine qui revient sur l’histoire du rock et de ces femmes qui ont réussi à casser ce plafond de verre qui ne leur donnait pas accès aux chemins du rock et du succès, de Wanda Jackson jusqu’à Tina Turner en passant par Brenda Lee, Betty Davis, Christine ou Aretha Franklin...

La scénographie didactique et simple–un diaporama de portraits sur le cyclo de fond de scène en alternance avec des ballets en musique sur un plateau nu- donne une réelle lisibilité à ces femmes du rock qui surplombent la scène et le public. Au-delà des figures du Club des  27, les photographies apportent une vision trans-générationnelle. Au-delà des visages vieillissants de Joan Baez ou Patti Smith, reste l’âme des musiques et l’histoire de combats pour être, chanter et transgresser, à l’égal du possible de l’homme et de la femme, parfois jusqu’à l’autodestruction.

Sur le plateau, c’est une explosion de joie et de sensualité qui s’exprime au travers des onze danseurs du groupe Emile Dubois. Les duos, trios, quatuors, dixtuors s’enchaînent avec énergie et fantaisie. Magnifique duo sensuel sur Sister Morphine de Marianne Faithfull, superbe sextuor sur le grave My Funny Valentine de Nico, provoquant Dread Love de Nina Hagen et si joyeux Proud Mary collectif de Tina Turner en tableau final. Une scène qui vibre de liberté et d’égalité.

Grâce aux costumes et aux corps des danseurs, Gallotta joue avec les genres et l’androgynie souvent présente dans le rock, de Bowie à Jagger, preuve que la question du genre n’est pas propre aux débats actuels mais transcende à travers l’art de nombreuses icônes du rock. Si on aurait sans doute aimé plus d’audace et de provocation pour retranscrire les routes ô combien chaotiques de ces femmes aventurières du rock, l’hommage rétrospectif est réussi. Les danses cherchent à faire du bien et ça marche.

Ce spectacle est d'utilité publique. La chorégraphie est à vivre et partager avec les plus jeunes pour comprendre le monde d'aujourd’hui et mieux le faire avancer. Ce combat courageux pour l’égalité des droits des femmes passe aussi par les chemins du rock et de la danse. Gallotta finit  la chorégraphie  en rêvant d’une « femme présent de l’homme », comme une volonté de ne pas différer dans le temps les droits de celle-ci. I have a dream…

https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/my-ladies-rock/ 

L.A. Witch

Les filles se rebellent. Elles balancent des porcs à Los Angeles et elles jouent un rock ancestral qui prend aux tripes et devrait faire plaisir à Tarantino et sa bande.

Elles s'appelles Sade, Irita et Ellie. Elles pourraient être les nouvelles drôles de dames. En tout cas, elles sont dans leur époque: des femmes qui se révoltent! Elles ne sont pas victimes de gros dégueulasses mais elles veulent s'accaparer le bon vieux rock garage des années 60 qui permet aux jeunes zicos de serrer des filles dans des soirées.

Elles ont tout compris du style. Le trio a une force incroyable pour faire remonter les vieux fantomes du rock, celui qui a fait Nick Cave, David Lynch ou Quentin Tarantino. C'est un rock de qualité mais de désaxés ou de rebelles. On est happé par les riffs tout en écho et la morne voix qui nous font remonter agréablement le temps et nous rappelle que le rock est une histoire indocile et dissidente!

Il y a quelque chose de religieux et de sauvage dans LA Witch, sorcières envoutantes et vintage. L'attitude est bonne, tout comme les morceaux de ce premier disque qui ne nous embarquent pas dans une Californie ensoleillée mais dans son inconscient insoumis.

Le trio de jeunes femmes soigne l'atmosphère aigre et forte. Les traditions du rock'n'roll sont joliment saccagées. L'intelligence vient de la concision des morceaux qui ne débordent jamais vers le grand n'importe quoi. Le diable est dans les détails. Le rock a de nouvelles prêtresses extrêmement excitantes!

2017 - Suicide squeeze

Dos Tios

Le vent, la pluie, les tempêtes, les avalanches... Tio Manuel vous propose de vous égarer dans un endroit un peu plus chaleureux. Ne refusez pas l'invitation.

C'est un plaisir simple. Une guitare dobro, un harmonica et une simple six cordes. C'est une valeur sûre. Derrière Tio Manuel, il y a Manu Castillo, une vieille connaissance du punk des années 80, avec La Souris Déglinguée. Il a eu plusieurs vie et découvert d'autres genres dont le blues, la racine de tout!

C'est donc en vieux loup que Tio Manuel rode désormais dans les prairies, les déserts et tous les décors du cinéma américain. C'est une sorte de caméléon, très à l'aise avec le trésor musical américain. Il descend même dans le sud car il y a une touche latine qui fait toute la différence.

Il reprend ici des vieux titres de son répertoire et les rejoue avec une volonté de dépouillement. Il croise donc son talent avec celui de Gilles Fégeant, et cela donne un bon disque de blues. On oublie le passé et le blues s'accroche avec une aisance déconcertante au présent.

Les instruments nous bercent. l'élégance des accords caressent nos oreilles. La colère est plus rentrée et la force des histoires prennent le pouvoir. Tio Manuel nous emmène dans un univers riche composé d'histoires différentes mais qui nous divertissent au plus haut point. Le baroudeur se fait sentimental et ca nous plait beaucoup.

Avec des mélodies presque candides, Tio Manuel nous transporte vers la mythologie la plus spectaculaire, la plus accessible aussi. Loin de tout, le chanteur semble poursuivre son rêve. C'est touchant et c'est ce qui fait toute la grace de cet album brut et tendre à la fois!

Closer - 2017

Le Portrait interdit

Le portrait interdit ou le casse tête chinois d'un cinéaste passionné par l'Asie.

Un jeune jésuite doit peindre le visage de la concubine d'un empereur chinois. Le jésuite est un aventurier il y a quelques siècles. Au nom du seigneur, il a tout de même quitter la France (Dole dans le cas de notre héros) pour arriver à la cour des seigneurs Chinois qui toléraient ses religieux. Une concubine est une aventurière. L'empereur aurait tendance à la délaisser. Pour sortir de la routine, elle lui demande une peinture exceptionnelle et originale.

Le film de Charles de Meaux a dû être une aventure. C'est un habitué et un passionné de l'exotisme asiatique. Il a produit tous les films (obscurs) du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, lauréat d'une Palme d'Or. Il a déjà tourné en Asie mais là, il pousse le plaisir un peu plus avec une imitation quasi totale d'un film chinois en costumes, avec grande foule dans la cour et petits pas dans le palais.

Il n'a pas le soutien du parti communiste chinois, donc son film reste intimiste. Il s'offre une méga star du pays mais doit tout de même faire dans l'évocation. Mais le bonhomme a de l'imagination, c'est ce qui fait généralement les grands aventuriers.

Ce n'est pas un grand cinéaste hélas. Il y a l'élégance. Du début à la fin. Mais il n'y a jamais vraiment l'opposition pourtant proposé par le sujet entre l'Asie et l'Occident. Entre l'émotion et le sentiment. Entre la femme et l'homme. C'est tellement retenu que parfois, il faut l'avouer, il ne se passe plus grand chose. Les acteurs sont très biens. Les décors comme les costumes nous permettent un voyage total dans le temps. Mais on s'ennuie car l'histoire est entendue. Cette dame de pouvoir est prise au piège tout comme notre pauvre Jésuite qui découvre la force du désir.

On aurait aimé un peu plus de lyrisme et d'inventions. Mais on devine tout de même la volonté d'un auteur, qui semble réaliser son drame historique et intime... à l'autre bout du Monde. Pour cela, Le Portrait Interdit est une oeuvre louable et que l'on vous interdira pas de voir. Bien au contraire.

Avec Fan Bingbing, Melvil Poupaud, Shi-Jye Jin et Yue Wu - rezo films - 20 décembre 2017 - 1h44

Coincoin bless you ou la vie Trump

 

On s’y attendait, on n’est pas déçus, on sentait bien que l’élection du gars Donald à la tête du plus puissant des pays laissait entrevoir un joyeux bordel sous l’impulsion de ce que l’Amérique pouvait fournir de plus beauf et pathétique, un an après son arrivée réelle au pouvoir, 25000 tweets de bas étage plus tard, 100 parties de golf après, 1000 citations de gros lourd after, nous avons les deux pieds dedans et ça commence même à sentir le derm de pitbull façon collante sous la godasse.

Elu sur base de démagogie primaire promulguée aux quatre coins des US à grand coup de « votre usine de charbon qui est fermée depuis 30 ans, bah chers amis du Kentucky on va la faire fonctionner de nouveau », de « après ta belle-mère qu’est-ce que tu détestes le plus, les mexicains ? ok, va pour les mettre derrière un mur, truc jamais refait depuis les timbrés de la Stasi Est-allemande », j’en passe, autrement dit promettre avec la certitude d’enfler tout le monde ce que tout le monde veut entendre, on pensait le truc éculé, qu’en 2016 ou 17 ou 18 c’est le genre de trucs qui ne marcheraient plus…bah si mon con.

Même un jeune boutonneux sur la base de promettre à tous ses potes de collège 8h de sport par semaine et 2h de math et non l’inverse pour se faire élire délégué n’y arriverait plus…lui oui. La FDJ proclamerait dans une pub la garantie de gagner au Loto 1 fois sur 2 plus et non plus 1 fois sur 5 millions, même le plus abruti des blaireaux hurlerait au loup…mais Donald, lui, en faisant pareil, s’est fait élire, hop là !

Depuis, il enchaine les outrances et les outrages, dont le dernier en date consiste à clamer haut et fort qu’Haïti ou Porto Rico (dont il ignorait l’existence il y a encore un an) sont « des pays de merde », tweete à tour de gros doigt sur tout et n’importe quoi, tend le plus gros d’entre eux de doigt pour un big fuck à l’écologie, à l’avenir du monde, rien n’a foutre de rien hein hein.

L’excellent bouquin « Fire and Fury » développe en mode investigation inside the White House que Trump est l’archétype du ricain moyen moins, bouffeur de cheeseburger, confins ignare, qui connait mieux son trou du cul et le bout de son nez en géo bien plus que de savoir placer un pays vieux de deux mille ans sur une carte. Quand le nombrilisme et l’ignorance sont attribués à un footeux surpayé, c’est déjà limite, alors président des US…ça fait un peu beaucoup mal au derch mais tu vis avec.

Mais cela ne fait qu’un an seulement, oui, et par déduction bande de futés il nous en reste trois avec sa tronche de raté ; alors tout porte à croire que nous ne sommes pas au bout de nos surprises…imaginons sans trop s’avancer, quoique espérons quand même que non, les dix trouvailles de Donald dans les mois et années à venir :

1. Vexé par la victoire des Toronto Raptors sur les New-York Knicks en play-off de la NBA 2018, il décide de construire un mur de 9000km le long de la frontière canadienne.
2. Après un tweet où il se montre entièrement nu avec 4 stagiaires naines en chantant de la country, il décide de déclarer la guerre à l’Irak ; de toute façon suite problème de mœurs d’un président américain, il faut faire la guerre à l’Irak, c’est la règle.
3. Les USA obtiennent la Coupe du Monde 2026 de foot et Trump annonce qu’il la transformera en Coupe du Monde de Football américain, what a fuck the soccer.
4. Après un entretien en off avec Kim-Jong-un, il trouve finalement le mec sympa, et décide de former une armée américano-coréenne, re déclare la guerre à l’Irak juste pour s’échauffer puis à l’Autriche, prétextant qu’Hitler s’y cache encore.
5. Il déplace l’Ambassade des Etats-Unis en France à Chantilly, parce qu’il y a un golf, et beaucoup moins de blacks qu’à Paris.
6. Il accuse Tiger Woods, Lebron James et Martin Luther King à titre posthume du meurtre de JFK et les fait emprisonner pour haute trahison en réouvrant Alcatraz juste pour les deux premiers.
7. Il renomme la Maison Blanche The Donald House, Disney s’insurge sur le plagiat de la Maison de Mickey, du coup il réquisitionne les parcs Disney d’Orlando, de L.A et de Paris, pour les renommés TrumpLand et Trumpland resort, et remplace les ventes d’oreilles de Mickey par des kiosques de vente de perruques blondes.
8. Confondant le Président de l’Inde et Angela Merckel avec un couple de personnels de ménage durant le sommet du G20 2019, il les séquestre dans une cave du Palais des congrès de Moscou ; on retrouvera leurs corps 8 ans plus tard.
9. Il se représente à sa propre ré-élection et la gagne…mouhahahahahahahahahaah, j’sui con des fois j’vous jure !
10. Il décide que l’Afrique ne sert à rien, de fait, la fait retirer de l’ensemble des livres de géo des petits américains, un emoji doigt d’honneur avec une chevalière « Donald bless you » la remplace.

Pauvre merde.

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