Balance ton Pawn, stars !


F*** me i’m a Pawn stars vous me dites spontanément, et bien non bande de coquins bande de coquines, bande de malins vas-y Jeannine, vas-y Michel vas-y Jackie, ce soir c’est fête on fait zizi !
Bah toujours pas.
Non, c’est au détour d’un après-midi pluvieux d’un mois d’octobre naissant, un de plus, avec toujours la même question « le mois d’Octobre sert-il réellement à quelque chose ? Si oui alors qui l’a créé ? Si on sait qui alors qu’on m’amène de suite ledit créateur pour que je lui fasse part, au nom de millions de vulgum pecus, de notre mécontentement sur cette idée pourrie, issue à n’en pas douter d’un brainstorming entre mecs à tendance morose du signe pluie battante ascendant dépression burn out » Mais non pas Burnes out, vous insistez dangereusement sur la thématique plus porn que pawn, alors que moi, ange je suis, je vais bel et bien vous parler de Pawn Stars, découvert donc en ce début octobre, alors que oui je sais le truc est diffusé depuis 2009 aux United States de les Etats-unis et depuis finalement vachement longtemps aussi en France trop oulala sur Planète puis D8 puis D17 puis C8 puis Cstar, oui bah moi MONSIEUR j’ai pas que ça à foutre que de regarder la télé, comment ça c’est mon métier, oui un peu, oui bon bah, je me rattrape, donc Pawn Stars !
Pawn stars, émission qui met en scène une famille de gars brocanteurs prêteur sur gage bien loin du cliché de l’antiquaire gay friendly ou gay tout court de nos campagnes françaises, se passe à Las Vegas ; ahhhhhhhh LASSSS VEGASSSS, ses casinos, ses hotels luxes, sa Céline Dion en paillette robe stretch, ses Experts canal historique avec de l’Adn et de la science dedans, son rêve américain à grand coup de roulette et de black jack, ses clips de rap avec des bimbos qui twerkent en maillot fluo rose bum bum bum tam vas-y fais sortir ton boule et tes boobs et jette toi avec un sceau de flotte moussante sur la Cadillac de MC Dentd’Acier ! Cooommmmeeeeeee onnnnnn baby check check booty check.
Je m’égare ? Moi ? hein ? J’vois pas, non, pourquoi ?
Las Vegas, donc, en banlieue sûrement, ça ils ne le disent pas, et dans un grand hangar transmis de père en fils, de fils de venu père à leur propre fils, depuis 4 générations, se jouent tous les actes de Pawn Stars.
Des mecs barbus tatoués fans de mécanique de vieilles bagnoles et de motos, d’objets rares, nourris à la pizza burger à l’huile, qui reçoivent des ricains moyens venus leur vendre façon marchand de tapis des objets divers dont 95% sans aucun intérêt, le tout sur C8, en plein mois d’octobre, un dimanche, avec de la pluie dehors et avec à moitié la crève, autant vous dire que la probabilité du Match bip bip chef on a un adn qui correspond entre ma personne et Pawn Stars, bah c’était aussi près d’être gagné que la probabilité que je sois champion olympique de curling bâton aux JO de Tokyo en 2020…et pourtant…
…l’âge peut-être, le dimanche sûrement, la nostalgie d’une boîte à chaussure planquée sous un lit contenant mille souvenirs et un stylo vieux de 150 ans transmis par mon grand-père gamin (j’invente hein, en fait il m’a juste donné des lingots d’or pour une valeur de 2 157 963€), et bien figurez-vous que ma tronche casquette NY sur la tête, plaid sur les pieds, sofa rouge faisant corps avec moi, a vite fait partir mon frémissant « mais qu’est-ce que c’est encore que cette m**** » pour laisser place au fil des minutes à un « Nonnnnn le mec il vient leur vendre les pompes originales de Marty Mc Fly dans Retour vers le Futur 2 et ça vaut 4000$ !!! » et à un « Quoi, le type se ramène avec des dessins originaux certifiés de Basquiat sur des cartes postales qui auraient été trouvées dans un train que Basquiat aurait paumé lui-même dans ledit train en 1980… » ; au bout de 10 minutes, toujours dans le sofa, toujours casquette NY sur la tête, tu commences à devenir un expert du truc avec prise de partie pour les vendeurs et les acheteurs en fonction des objets et des raretés, tu beugles à demi-mot « non mais l’autre, 250$ pour ce foutu verre en porcelaine du South Caroline tout pourri non mais l’autreeeeee !!!! » et des « Non mais une Coccinelle de 1964 pour 9000€ mais y’a même pas de moteur, mouhahahahahaah »…t’as même envie d’un burger, d’un soda et de te faire des pancakes pour le petit dej du lendemain matin…aie aie aie, ils sont forts des LasVegassiens (si ça se dit !!!).
Voilà comment je me suis mis à regarder 5 épisodes à la suite de Pawn Stars, un dimanche, en octobre, en 2018. Alors du coup je vous balance mon Pawn, stars.
J’vous embrasse.
Le CV de Dieu, Fournier, Bénureau, Balmer, La Pépinière


Avec le temps, Dieu s’est transformé en rentier qui se la coule douce au soleil (une création qui lui rapporte 92M€ de droits d’auteur annuels). Mais voilà, Dieu « s’emmerde tout seul là-haut ». Que voulez-vous, les couchers de soleil c’est bien joli mais ça ne comble pas son homme, et encore moins son Dieu.
« Moi la poésie, ça me les gonfle ! »
Pour tuer Son ennui, Dieu décide de chercher un travail et passe donc une semaine d’entretiens afin de tenter de convaincre le DRH d’une grande société de l’embaucher. D’abord impressionné par son interlocuteur et à la limite de l’obséquiosité, le recruteur s’enhardit rapidement et commence par reprocher à Dieu le kitsch de ses couchers de soleil. Il faut dire qu’il s’y connait en matière de bon goût, ce DRH qui est aussi peintre amateur : mettre ainsi du rose à côté du violet, c’est du grand n’importe quoi, comme Picasso.
Qui d’autre que Didier Bénureau pourrait incarner ce DRH retors et revanchard qui se paye le culot d’enguirlander Dieu ? Il Le jalouse, Le cuisine avec ses « questions pyscho », Le somme de s’expliquer sur les imperfections de Sa création avant de carrément L’engueuler. Parce qu’il ne faudrait pas s’y tromper : « Ici c’est moi le patron, on n’est pas à l’église ! C’est clair ? »
Face à lui, Dieu (un Jean-François Balmer blasé à souhait) tâche de faire bonne figure. C’est qu’il le veut ce job ! Alors face aux saillies de l’intraitable DRH, Dieu argumente et tente de Se justifier : « L’Homme est impossible à contenter ».
Faussement naïf, le texte de Jean-Louis Fournier est un petit bijou qui apporte des réponses aux critiques généralement adressées à Dieu (pourquoi mourir, pourquoi les catastrophes naturelles, pourquoi je perds mes cheveux etc.). Ce texte drôle et intelligent nous invite à voir le bon côté de la vie. Epurée et classique, la mise en scène signée Françoise Petit n’est pas miraculeuse mais se met agréablement au service du texte.
Jusqu'au 6 janvier 2019
Théâtre de la Pépinière
du mardi au samedi à 19h
Matinée les dimanches à 16h
In the blue light

C'est en 1964 que sort le tout premier album solo de Paul Simon. En 2018, il nous offre son 14e effort: Paul Simon prend son temps et c'est peut être cela que l'on entend dans ses chansons.
Car le camarade de Art Garfunkel est tout sauf un homme pressé. C'est un curieux, qui s'intéresse à tout et qui n'écrit pas tous les quatre matins. D'ailleurs son nouveau disque est une délicieuse arnaque.
Il fallait s'en douter. Il n'y a que deux années entre In the Blue Light et Stranger to stranger, son précédent disque. Il nous fait le coup de l'album de reprises? Pas du tout: Paul Simon reprend finalement des chansons à lui mais pas très connues.
Il a pioché dans son riche répertoire des tas de chansons mal aimées. Il offre une seconde jeunesse à ses titres. Paul Simon marche à l'envie et à la rencontre. C'est ce qui donne des disques aussi variés (bon sang, réécoutez Graceland, le disque le plus généreux de l'histoire du rock).
Cette fois ci, il collabore avec Wynston Marsalis ou Bill Frisell, des références du jazz. D'autres sont là. Il réinterprète ses chansons pour des pointures du genre. La rencontre était logique mais on devine encore la jouissance de ce fin songwriter, l'envie d'un ailleurs artistique. Entre folk, blues et jazz.
Des guitars élégantes, des instruments en écho, des mélodies astucieuses, on est vraiment bien sous la lumière d'un Paul Simon serein et de ses désirs simples. C'est beau. Pas nouveau du tout. Mais, sans nostalgie, il recycle idéalement son catalogue. En vieillissant, il perd rien de sa fausse candeur et de son doux humanisme, qui font de lui, un musicien important.
Legacy 2018
Look Now

6 ans! Six longues années de discrétion totalement inhabituelle. Le touche à tout Elvis Costello avait disparu. Un fantome qui s'est tout de même fait remarqué en 2013 avec les Roots. Marié avec la chanteuse Diana Krall, il semblait se laisser aller. Heureusement, Look Now donne de bonnes nouvelles.
Malade, usé, âgé, papa tardif de jumeaux, Elvis Costello n'a plus grand chose à voir avec l'épingle à nourrice posée sur une grosse paire de lunettes qui aimait follement le rock'n'roll et ses impertinences.
L'artiste aurait plusieurs vies dans son parcours musical. Un peu punk, il est devenu l'ami des stars de Hollywood et un passionné de la musique: il a touché à tous les genres. Il collabore avec des gens éloignés de son style. Il essaie plein de choses. Ca fonctionne ou pas mais Elvis Costello est un type toujours intéressant à suivre.
Prolifique, il avait coupé les ponts. Et le revoilà enfin! Parce que son écriture a toujours quelque chose de jubilatoire. Ou de vitale, Costello, on l'aime. Depuis toujours. Il a changé mais finalement c'est toujours le même. Ce binoclard énergique à la recherche du refrain parfait!
Pour l'occasion il retrouve les Impostors. Les vieux complices connaissent le bonhomme. Et on retrouve ainsi tout ce qu'on aime chez Costello. Ce goût du vintage (on entend Burt Bacharach). Ce plaisir de l'esbroufe. Cette passion pour la mélodie. Cette envie d'être dedans et à coté. Cet humour doucement distillé. C'est un vrai disque de compositeur.
Le premier titre s'ouvre sur des cymbales énervées et la voix grelote de nouveau: c'est la patte de Costello qui aime tant les variations les plus osées. Mais sa pop est désormais armée de toute son expérience.
Il y a donc du piano, des cordes, des cuivres, des harmonies californiennes et des coups de folie. Ca pourrait partir dans tous les sens mais quand on connait le personnage, on sait que tout cela relève plus de la sensibilité et de la délicatesse.
le rockeur est devenu un songwriter. On entend un peu tout ca dans ces nouvelles chansons! Il y a pas grand chose de nouveau dans l'univers de Costello mais son effacement ces derniers temps rappellent la richesse et son talent. Un disque qui fait du bien donc!
Concord - 2018
Pourvu qu’il soit heureux, Francis Huster, Fanny Cottençon, théâtre Antoine


En vacances à Concarneau, l’heure est à la détente pour Maxime et Claudine. Lui va acheter le journal comme tous les matins, elle se fait une beauté. Mais dans le kiosque presse, en Une d’un magazine People voilà leur fils unique de 23 ans main dans la main avec un acteur de série d’âge mûr.
Dans une mise en scène moderne - le téléphone toujours à portée de main-, Francis Huster et Fanny Cottençon forment un couple de parents des plus vraisemblables avec la palette d’émotions qui va avec. Campés sur leurs positions, ils vont égrainer chacun leur tour tous les lieux communs, passant par les clichés les plus homophobes. Des propos d’un autre temps, à les entendre sur scène, et pourtant pas si datés pour ceux qui le vivent au XXIe siècle.
Laurent Ruquier, auteur de la pièce nous place dans le vif du sujet, en tirant le trait. C’est malin de sa part de tenter de faire rire sur un sujet qui fait encore grincer bien des dents.
Mais on aurait aimé voir le sujet traité plus en profondeur. Comprendre ce qui se joue dans les familles à l’annonce de l’homosexualité d’un enfant. Comment parler d’amour quand les parents se braquent ? Comment tuer l’idée que c’est-ce un choix qu’on peut orienter ? Qu’il y aurait un droit chemin. Qu’est-ce qui peut aider à assumer ? Pourquoi associer l’amour d’une personne à une faute? Comment éduquer à la tolérance ? Comment faire taire la peur du Qu’en dira-t-on ? Comment accueillir les réactions les plus virulentes ? Y aurait-il une façon de faire changer la société en faisant accepter la situation par sa propre famille ?
Le sujet des plus intimes souligne que la seule vérité est celle que l’on vit.
www.theatre-antoine.com/pourvu-quil-soit-heureux
Du Mardi au Samedi à 21h. Samedi et Dimanche en matinée à 16h
Until the lights fade

Elle a visité le monde entier. Elle copine avec Coldplay. Elle, c'est Juanité Stein, jolie mome qui s'y connait en matière de mélodies rock.
Elle vient d'Australie. Elle s'est offert un succès d'estime en Grande Bretagne avec son groupe Howling Bells. Elle défend un rock indé mais connait quelques pointures du rock. Elle se promène désormais tranquillement sur la surface du globe et nous en rend compte à travers des albums solo.
America, son premier opus toute seule, ne manquait pas de charme et désormais, on la retrouve dans les rues de Paris (du moins sur la pochette puisque l'enregistrement a eu lieu à Austin). Bon elle ne sort pas l'accordéon, le béret et le camembert. Soyez rassurés: il n'y a pas Kendji Girac ou Maitre Gims à l'horizon.
Le chanteuse reste dans son créneau: un rock mélodique et très humain. Les guitares répondent aux atermoiements de Juanita Stein et cela se fait avec une élégance rare. Si vous aimez les nanas comme Courtney Barnett ou Hurray for the Riff Raff (si vous ne connaissez pas précipitez vous), vous allez être séduit en quelques titres par Juanita et son rock un peu rétro mais saisissant.
Elle a le courage d'aller vite à l'essentiel. Ses chansons sont réalisés sans artifice (sauf l'écho) et sans grand telescopage. C'est une musique qui se love entre les instruments et les sentiments. Il lui faut trente minutes pour nous prouver toute l'étendue de son talent.
On aime donc son ouverture d'esprit, cette facon de reprendre les vieux trucs pour leur donner un nouvel éclat, son amour du rock sans gras... pour les personnes un peu romantiques ou romanesques, voilà la fille qu'il vous faut pour survivre à l'automne.




